‹ Histoire de PrusseChapitre 46 sur 410 · RELATIOINS AVEC LA SUEDE · texte numérisé non relu

RELATIOINS AVEC LA SUEDE

Frédéric poussait de son mieux une intrig^ue, en vue d'acquérir pacifiquement Stettin, le gfrand port de l'Oder. Un gentilhomme, envoyé à Rome à la fin de 1687, Frédéric- Bogislas de Dobrczenski (I), avait sollicité l'ex-reine Christine de céder au Grand Électeur, son plus proche héritier, certaines prétentions sur la couronne suédoise, notamment 2 millions de ihalers de créances; on aurait ensuite exploité la situation, pour obtenir peut-être une partie de la Poméranie. Frédéric III n'avait pas abandonné l'idée; il avait même fait proposer à Christine de venir se fixer à Clèves où il lui fournirait une pension de 15 000 thalers. La mort de la princesse à Rome, en avril 1689, n'arrêta pas l'intrigue, dont Falaiseau à Stockholm, Dobrczenski en Italie, tenaient les fils. Durant plusieurs mois on tenta de s'entendre avec le cardinal Azzolino, légataire universel de Christine, puis avec son neveu, Pompée. Ce n'est qu'en 1690 qu'on abandonna le plan chimérique, cause de perpétuels tiraillements avec la Suède (2) .

Entre temps, une question délicate avait été tranchée, qui avait manqué provoquer une vaste conflagration sur les rives de la Baltique. Le duc Christian Albert de Holstein-Gottorp réclamait en vain depuis 1684 la restitution de ses possessions etde sesdroits de souveraineté en Schleswig, dontl'avait dépouillé le roi de Danemark. Comme il était apparenté à la famille royale de Suéde, la querelle menaçait de mettre aux prises les deux royaumes Scandinaves. Un congrès, réuni à Altona près de Hambourg, travaillait à un arbitrage, mais Paul Fuchs, qui y représentait Frédéric III, était peu rassuré sur l'issue : Charles XI rassemblait des troupes et on craignait un débarquement de Suédois en Holstein. L'électeur, quoique favorable aux Danois, s'employa à leur arracher des concessions, et l'accord d'Altona (30 |uin 1689) rétablit le duc de Holstein-Gottorp dans tous ses droits et biens. L'acte, que Frédéric III ratifia et garantit, écartait la menace d'hos-

(1) Ou Dobrzinski.

(2) Falaiseau, assez mal vu en Suède, en fut rappelé fin novembre 1689

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