RELATIONS AVEC LA POLOGNE
tilités immédiates, sans régler définitivement l'interminable conflit des deux branches de la Maison d'Oldenbourg. A diverses reprises encore, des bruits de guerre éclatèrent dans le Nord et tinrent en suspens les résolutions du Brandebourg.
La Pologne était, comme la Suède, un sujet de préoccupations. Non seulement le roi Jean Sobieski, mais aussi les nobles et magnats qui dirigeaient la « République » , étaient plutôt malveillants pour l'électeur, duc de Prusse. Ce dernier, après avoir offert 1 200 hommes contre les Turcs, avait réclamé suivant l'usage et obtenu le renouvellement des anciennes alliances (juillet 1688) ; mais ses envoyés, le comte Alexandre de Dohna, Christophe de Wichert et Scultetus, eurent beaucoup de peine à calmer l'irritation soulevée par l'affaire Radziwill et à empêcher une intervention en Prusse. Ils n'hésitèrent pas à rechercher contre le roi l'appui de certains magnats, comme le grand général de Lithuanie, Sapieha. Par malheur, la manœuvre fut révélée par une lettre de Wichert interceptée; Frédéric dut désavouer son agent, le rappeler (en septembre 1689), et même le punir de quelques mois de prison à Peitz. Finalement, la médiation du pape ayant réglé l'affaire Radziwill, la guerre turque continuant, et la crainte salutaire d'une invasion suédoise en Livonie aidant, l'effervescence polonaise s'apaisa ; par cela même également l'humeur rebelle des sujets prussiens. Lorsqu'en 1690 Frédéric III vint se faire prêter à Kœnigsberg le serment de foi et hommage, la cérémonie eut lieu sans incident, et deux envoyés polonais, le prince Lubomirski et Stanislas Sczuka, y assistèrent pour recevoir l'hommage éventuel dû à la couronne de Pologne (1). Les relations avec Sobieski, sans devenir excellentes, s'améliorèrent dans la suite, grâce à l'habileté du baron Jean d Hoverbeck, qui passa alors de l'ambassade de Copenhague à celle de Varsovie.
Menacé par ses ennemis déclarés ou secrets, l'électeur n'était pas toujours bien traité par ses amis. Les deux puis-
(1) En vertu de l'article vii des traités de 1657.