NEGOCIATIONS AVEC GUILLAUME III
saBces maritimes, par exemple, que dirigeait son cousin, Guillaume d'Orange, depuis février 1689, comme stathouder de cinq provinces en Néerlande et roi en Grande-Bretagne, avaient bon besoin de son aide; elles ne songeaient guère pourtant à l'en récompenser (1). Le rêve de Frédéric était une Triple-Alliance, purement protestante : ses envoyés à La Haye et à Londres avaient ordre de la proposer, et se heurtaient à une mauvaise volonté évidente. D'autre part, le Brandebourg était besoigneux et quémandait des subsides; on ne disait pas non, mais on ajournait l'échéance : Guillaume III ne voulait pas pour ses débuts imposer à ses nouveaux sujets anglais de trop lourdes charges financières, et parlait d'attendre la soumission de l'Irlande. L'électeur se rabattait-il sur le retour de Schomberg qu'il réclamait pour commander ses troupes : Guillaume assurait Spaen et Schmettau à tour de rôle qu'il ne pouvait se passer du maréchal pour son expédition d'Irlande (mars et avril 1689). En réponse à ses protestations de dévouement, car il faisait dire au roi d'Angleterre de disposer des armées du Brandebourg comme des siennes, Frédéric n'obtenait que de vagues compliments et remerciements ; tels ceux que lui apporta lord Lexington au milieu de 1689. Les demandes positives étaient passées sous silence. 11 est vrai que quelques-unes étaient assez indiscrètes et durent déplaire à Guillaume III : ainsi Schmettau était chargé, dans ses instructions du 1" mars 1689, d'aborder la question du statlioudérat, en insinuant que, si Guillaume ne gardait pas cette charge, elle pourrait être avantageusement conférée à un membre de la Maison de Brandebourg, à un des fils de l'électeur, si l'électrice lui en donnait un second, ou bien à un de ses frères, au margrave Albert ou au margrave Charles. Sur ce point qui fut souvent traité par ses ministres, les désirs de Frédéric trouvèrent peu d'écho à Whitehall.
Loin de se rebuter, l'élecleur multiplia les avances. Il ne se
(1) Ce qui suit, d'après les actes des Archives de Berlin, England, R. XI, n 7.3, conv. 11 et J2.