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LA QUESTION DES SUBSIDES

résigna pas seulement à renoncer au maréchal de Schomberg; il autorisa aussi son fils, le comte Ménard, à passer en Angleterre (août 1689). Après d'Espense, Spaen et Schmettau, sans parler de Bonnet de Saint-Germain, neveu de Spanheim, qui correspondait de Londres, il expédia encore outrée-mer son chambellan, Kolbe de Wartenberg (novembre 1689), puis Thomas Ernest Danckelman, un des frères du premier ministre : Danckelman, chargé surtout d'insister sur le besoin urgent de subsides, devait remplacer Schmettau près de Guillaume III, mais il s'arrêta assez longtemps à La Haye pour conférer avec lord Portland, l'ancien Bentinck, et n'arriva à Londres que le 28 mai 1690. Deux jours auparavant, Schmettau avait signé à Westminster avec les ministres anglais un traité d'alliance, offensive et défensive contre la France, défensive contre tout autre agresseur; seulement, on n'y parlait toujours pas de subsides, et Danckelman trouva le roi, qu'il suivit en Irlande, peu soucietix des embarras pécuniaires du Brandebourg.

Cette question essentielle allait être réglée dans les Pays- Bas, par l'initiative d'une tierce puissance, bien plus pauvre que l'Angleterre et les Provinces-Unies, mais à laquelle les promesses, peu sûres il est vrai, ne coûtaient pas ; je veux dire l'Espagne, qui depuis un an était en guerre avec Louis XIV. Déjà, en mars 1689, Frédéric Guillaume de Diest, l'envoyé électoral en Hollande, avait conclu, avec le ministre de Charles II à La Haye, une convention pour introduire dans la Gueldre espagnole quelques centaines de soldats brandebourgeois; en 1690, le même envoyé négocia avec le marquis de Gastanaga, gouverneur des Pays-Bas espagnols, un« série d'actes stipulant d'importants subsides, non seulement au nom du roi d'Espa'^ne, mais encore au nom des États Généraux et de l'Angleterre. En vertu du principal accord, signé le 7 septembre dans le camp espagnol, l'électeur s'engageaità entretenir, étéethiver, une armée de 20 000 hommes sur la rive gauche du Rhin et de la Moselle, moyennant 40 000 thalers (ou 100 000 florins hollandais) par mois,

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