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J LA GRANDE ALLIANCE

payables moitié par l'Espagne, moitié parles puissances maritimes. Il fallait faire peu de fonds sur la parole de l'Espagne, et un engagement, pris pour les Anglais et les Hollandais, avait besoin d'être ratifié par les intéressés. Cet engagement n'avait d'ailleurs qu'une valeur restreinte, l'argent des subsides devant être fourni par des contributions levées en France. L'acte du 7 septembre 1690 fut du moins une base de négociations, et les États Généraux ne tardèrent pas à le confirmer en ce qui les concernait (Maëstricht, 23 décembre 1690).

Un mois après, Guillaume III, vainqueur en Irlande, revenait sur le continent et débarquait à La Haye, accueilli avec enthousiasme par les princes ennemis de la France, ou par leurs ambassadeurs et leurs généraux. Frédéric III fut un des premiers à le saluer et à le féliciter; il resta même en Hollande près de deux mois, attendant d'être admis dans la grande alliance qui, en 1689-1690, avait groupé successivement l'Empereur, les Provinces-Unies, l'Angleterre, l'Espagne et la Savoie. Le 23 mars 1691, on consentit enfin à l'introduire dans cette auguste société; on ne lui promit du reste rien de plus qu'aux autres contractants, à savoir la défense de ses droits; comme presque toute son armée était employée dans les Pays-Bas, les puissances maritimes prenaient ses États sous leur protection; Guillaume 111, en particulier, prévoyait des mesures contre une attaque suédoise ; l'électeur devait en revanche coopérer à la lutte contre la France, et la continuer avec les alliés sans interruption, jusqu'au rétablissement des clauses de la paix de Westphalie et de celle des Pyrénées. Le traité fut signé par Schmettau qui, depuis le milieu de l'année précédente, représentait le Brandebourg au congrès des alliés à La Haye, et qui allait y rester.

L'histoire des relations de Frédéric III avec les puissances maritimes de 1688 à 1691 prouve le peu de cas que celles-ci faisaient de ses intérêts; durant près de trois ans, elles n'avaient cessé de réclamer ses secours et d'utiliser ses troupes, sans lui accorder en échange l'argent qui lui man-

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