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RAPPORTS AVEC LA MAISON DE BRUNSWICK

Tandis que les conting^ents électoraux se battaient vaillamment sur tous les champs de bataille, fondant leur renommée dans les victoires comme celle de Salankemen en Hongrie (1691) où la cavalerie de Barfuss fit une chargée décisive, et même dans les défaites aux Pays-Bas, à Steenkerke (1692) ou à Neerwinden (1693), Frédéric eut à résoudre en Allemagfne plus d'un problème. Ce ne fut pas sans peine, et l'attitude de l'Empereur ne laissa pas de compliquer les choses. La principale difficulté vint d'une Maison allemande, dont l'ambition remuante était sans cesse en éveil, la Maison de Brunswick. Elle était alors partagée en deux lignes principales, ligne aînée de Wolfenbûttel que dirigeaient ensemble des frères, Rodolphe Auguste et Antoine Ulric, ligne cadette de Lunebourg, subdivisée en deux branches sous Georges Guillaume de Celle et son frère cadet, Ernest Auguste de Hanovre ; l'union de tous ces princes était d'ailleurs assurée par des pactes de famille, et celle des deux derniers par des engagements spéciaux, destinés à rassembler prochainement sous un seul chef les divers territoires de la ligne cadette. Placés au premier rang parmi les princes du Saint-Empire, les ducs de Brunswick, rivalisaient avec l'électeur de Brandebourg dans les vallées de l'Elbe et du Weser; leur politique ondoyante, qui passait de l'alliance française à l'alliance impériale, suivant l'intérêt du moment, leurs appétits territoriaux et leur esprit d'intrigue faisaient d'eux des voisins parfois dangereux, toujours incommodes. Le Grand Électeur les détestait et ne s'était résigné qu'à regret à un rapprochement; son fils, gendre d'Ernest Auguste et neveu par alliance de Georges Guillaume, eut fort à faire pour demeurer en bons termes avec eux. Il n'y réussit qu'au prix de maint sacrifice. Au lendemain de son avènement, il avait témoigné son désir d'entente en faisant évacuer une petite localité sur la frontière, Gartow, dont l'occupation avait irrité le Hanovre ; en 1689, lors de l'extinction de la Maison de Saxe-Lauenbourg, il laissa Georges Guillaume enlever aux Saxons le duché, ainsi que le comté de Ratzebourg qui en dépendait, et

AMITIÉ A.VEG SAXE ET HESSE-GASSEL 77

pourtant le Brandebourg^ avait, lui aussi, des prétentions sur l'héritag^e (1) ; de 1690 à 1693, il travailla de son mieux à faire entrer ou à maintenir les ducs de Brunswick dans l'alliance contre Louis XIV.

Il craig^nait autant que l'Autriche la formation d'un tiers-parti allemand qui, sous prétexte de neutralité, aurait favorisé les desseins de la France. L'électeur de Saxe, le landgrave de Hesse-Cassel, et certains membres de la Maison de Brunswick étaient avec la Suède les principaux tenants de l'idée. Frédéric chercha à les en détourner l'un après l'autre. Avec le nouvel électeur saxon, Jean Georges IV (1691-1694), il eut une entrevue cordiale à Torgau, suivie du renouvellement de l'alliance défensive de 1681 (janvier-février 1692) ; des liens d'amitié personnelle furent même établis par la création de l'Ordre de la Bonne Amitié; mais Jean Georges IV continuait à écouter les avis de Schœning, l'ancien général brandebourgeois, tout acquis à la France; ce danger ne fut écarté qu'après l'enlèvement de Schœning en Bohême, au milieu de 1692, et son emprisonnement dans une forteresse autrichienne. Avec son cousin, Charles de Hesse-Cassel, Frédéric eut la tâche plus facile ; il avait confiance dans les sentiments « patriotiques » du landgrave; cependant, en 1693 encore, il redoutait l'effet des menées de Louis XIV. On en a la preuve dans les nombreuses missions diplomatiques, envoyées alors de Berlin à Cassel (notamment celles du colonel du Rosey et de Clamor von dem Busch, en janvier et février 1693) (2). Les W^elfs étaient les plus malaisés à rallier, à cause d'une question qui les divisait, en même temps qu'elle inquiétait tous les princes allemands (3) . Je veux parler des efforts tentés depuis quelques années pour introduire dans la Maison de Brunswick le droit de primogéniture et ériger en électorat le duché de Hanovre.

(1) Ce fut une faible compensation lorsque, le 6 décembre 1695, Frédéric se fit payer quelques milliers de thalers.

(2)'Cf. A. B-, Hessen, R. XI, n 117 a, conv. 4.

(3) Busch écrivait, le 26 février 1693, qu'elle arrachait « de gros soupirs » au landgrave de Hesse.

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