GUERRES ET NÉGOCI ATION S
circonstance, qui jusqu'en 1700 ne cessa d'influer, et fortement, sur tous les actes de l'électeur.
Ayant régulé l'affaire de Schwiebus, le Brandebourg s'attacha plus que jamais à la coalition de l'Empereur et des puissances maritimes. Jusqu'à la fin de la guerre, il remplit fidèlement ses engagements militaires, augmentant même son contingent, notamment en Italie (traités des 2 janvier et 2 mars 1694 avec le duc de Savoie). Les résultats furent médiocres, et la grande alliance, renouvelée à La Haye en août 1695, se trouva impuissante à écraser Louis XIV. Tandis que l'Autriche poussait vigoureusement les opérations contre les Turcs, une sorte de lassitude s'empara des belligérants à l'ouest, et aucune action décisive ne marqua les dernières campagnes.
Durant ces années de lutte, l'électeur réussit à terminer certains différends et à contracter quelques alliances, mais il vit se former une ligue de princes contre le neuvième électorat en 1695, et fut mal payé de son dévouement à l'Empereur. Les difficultés pendantes avec la Suède au sujet des frontières en Poméranie furent en partie tranchées par des actes de 1692, 1693 et 1694 : la petite ville de Gollnow et ses dépendances, sur la rive droite de l'Oder, furent notamment rendues aux Suédois, contre 50 000 thalers. C'était un sacrifice prévu depuis la paix de Saint-Germain. Il permit d'ailleurs un rapprochement avec le roi Charles XI pour la protection de la religion évangélique et l'exécution de la convention d'Altona (juillet 1696). D'autre part, un pacte de confraternité, promesse d'annexions futures, fut conclu le 30 novembre 1695 à Nuremberg avec les margraves franconiens, et les princes et comtes de Hohenzollern : le négociateur, Samuel Chwalkowski, y obtint pour l'électeur une sorte de droit de tutelle sur les pays de Hohenzollern (1).
En face des princes qui, comme l'évéque de Munster, les
(I) On peut signaler encore un acte analogue, conclu à Nuremberg le 10 mai 1696 avec le comte et la comtesse de Geyer, dont les possessions en Franconie furent assurées au Brandebourg après leur mort