‹ Histoire de PrusseChapitre 56 sur 410 · II · texte numérisé non relu

II

82 TRAITÉ AVEC LA BAVIÈRE (l696)

ducs de Wolfeubuttel et de Wurtemberg, le landgrave de Hesse-Gassel, et les margraves de Bade, s'unissaient au Danemark et aux électeurs ecclésiastiques contre l'érection du neuvième électorat, Frédéric III resserra ses liens d'amitié avec les électeurs laïques. Il soutint de son mieux son beaupère, le nouvel électeur de Hanovre, tout en prenant ses précautions contre les prétentions exorbitantes de la Maison de Brunswick dans le cercle de Basse-Saxe ; il renouvela la vieille alliance défensive entre Brandebourg et Saxe, au lendemain de l'avènement de Frédéric Auguste à Dresde (30 octobre 1694) ; enfin il contracta avec l'électeur bavarois Max Emmanuel, gouverneur des Pays-Bas espagnols depuis décembre 1691, des engagements précieux : en vertu de divers articles séparés, secrets et très secrets, le Brandebourg devait aider son confrère à se faire donner à vie le gouvernement des Pays-Bas, et recevoir en échange la partie inférieure de la Haute Gueldre, avec Gueldres et Venloo; le Bavarois promettait, moyennant d'infimes avantages, d'appuyer éventuellement les prétentions brandebourgeoises sur l'héritage d'Orange et sur celui de Neubourg (à Berg et Juliers) ; les deux électeurs se donneraient mutuellement secours pour s'élever à la dignité royale (1 ). Ce traité, qui ne fut pas ratifié, représentait du moins une vague assurance de bonne amitié. Frédéric du reste ne négligeait aucune occasion de flatter l'orgueil de Max Emmanuel, et il avait brillamment reçu, lors de son passage à Berlin en décembre 1694, sa fiancée, fille du roi de Pologne, Sobieski; prévenance admirable, car la princesse Thérèse Cunégonde était une sorte de sauvage, mal éduquée, qu'il fallut presque contraindre à l'entrevue, et qui surprit la cour de Berlin par ses bizarreries. Chwalkowski, chargé de la recevoir à Francfort-sur-l'Oder et de l'escorter à travers le Brandebourg, l'avait trouvée presque muette de timidité, et Frédéric III dut certainement prendre beaucoup sur lui pour féliciter

(1) Traité de Grandmont du 15 septembre 1696.

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