‹ Histoire de PrusseChapitre 59 sur 410 · RAPPORTS AVEC FRANGE ET ANGLETERRE · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC FRANGE ET ANGLETERRE

Férudit que La Rosière loue comme « un homme qui n'ig^nore rien » , d'aller reprendre son poste à Paris (dès la fin de 1697) ; Louis XIV répond à cette avance par l'envoi du marquis Des Alleurs, gentilhomme aimable et « point formaliste » , qui réussit mieux près de l'électrice que de son époux. Les rapports, corrects et même amicaux en apparence, restent an fond peu cordiaux : dans la grande partie qui va se jouer pour la succession espagnole, le Brandebourg est évidemment du côté autrichien; il élude en 1700 l'offre de garantir le second traité de partage conclu entre Louis XIV et les puissances maritimes.

Avec Guillaume III la vieille amitié est conservée, non sans traverses : le roi intercède à plusieurs reprises, par l'intermédiaire de Stepney, en faveur de Danckelman, et s'offusque de ne rien obtenir ; l'électeur peste contre le « coquin « (Schelm) dont la disgrâce trouble la bonne entente , et demeure inflexible ; il demande qu'on ne parle plus de Y Ober-Prœsideyit, et Christophe de Dohna, envoyé auprès de Guillaume en 1699, finit par avoir gain de cause. Les subsides dus au Brandebourg sont en partie versés par les puissances maritimes, et Dohna, après s'être fait, par son esprit et sa belle humeur, des amis dans tous les milieux, à Londres et à La Haye, reçoit les félicitations de son maître, lors de son retour; il n'a pu cependant faire insérer dans le testament de Guillaume III les dispositions désirées, ni détruire les préventions du roistathouder contre le nouveau favori, Kolbe de Wartenberg (1). Le projet de royauté, communiqué par Tettau et assez mal accueilli d'abord par Guillaume III, amène au printemps de 1700 un nouveau refroidissement, suivi il est vrai d'un rapprochement en automne : les États Généraux renouvellent leur alliance défensive de 1688 (31 août 1700), et Guillaume va garantir l'union perpétuelle du Brandebourg avec Hanovre et Celle. Malgré tout, Frédéric est peu satis^'ait de son cousin à héritage : Alexandre de Dohna, envoyé près

(1) P<Hir ce dernier point, il faut dire que Dohna s'est employé sans convielion à défendre un homme qu'il méprisait.

Page 1