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ALLIANCE AVEC AUGUSTE II

par le traité de Varsovie (décembre 1G99) : rélecleiir s'engage à évacuer Elbing, consent à n'exiger pour le rachat que 300 000 tJialers, et reçoit en gage, en attendant, des joyaux de la couronne de Pologne; il pourra aussi, après un certain délai, occuper le territoire d'Elbing. L'évacuation, accomplie en février 1700, calme les Polonais, qui ne sont pas pressés d'ailleurs de payer leur dette : le Grand Frédéric verra encore à Kœnigsberg les « bijoux russiens » , engagés à son aïeul.

Le projet de royauté du côté brandebourgeois, la coalition anti-suédoise du côté saxon, demeurent les préoccupations essentielles du moment. On ne cesse d'en causer. Wartenberg, Schmettau et Marschall de Biberstein pour Frédéric 111, Bielinski et Flemming pour Auguste, vont et viennent entre Berlin, Dresde et Varsovie; les deux électeurs eux-mêmes décident une seconde entrevue, afin de renouveler « leur vieille amitié de frères n . Ils se rencontrent cette fois à Oranienbaum, près de Dessau, chez la princesse douairière d'Anhalt (19-23 janvier 1700) : Auguste II promet de seconder le dessein favori de Frédéric, mais il le presse en même temps d'entrer dans la ligue contre Charles XII de Suède, lui faisant entrevoir la conquête de la Poméranie suédoise; bientôt un traité secret, daté de Leipzig (2 février 1700) et conclu en réalité à Berlin, prévoit une alliance éventuelle en cas de rupture des rois de Pologne et Danemark et du tsar avec « certaine puissance voisine » ; l'article V promet au Brandebourg, s'il adhère à la coalition, la reprise des territoires dont ses ancêtres ont été dépouillés « injuria temporum » , et qui lui reviennent de droit.

Par ces actes et d'autres qui resserrent leurs liens (par exemple, plusieurs conventions postales, et un accord du 27 octobre 1 700 pour la défense éventuelle des pays saxons), Frédéric III et Auguste II témoignent de leur sympathie réciproque ; ils ne sont cependant pas pleinement satisfaits l'un de l'autre, et le second en veut au premier de reculer devant une déclaration de guerre aux Suédois, de n'être par conséquent son allié qu'à demi.

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