L'ELECTEUR MENAGE LA SUEDE
La réserve de l'électeur de Brandebourg se conçoit, vu ses rapports amicaux avec Charles XII, l'heureux capitaine qu'il se félicite déjà d'avoir ménagé, étant donné d'autre part le projet qui domine sa politique. On a pu lui reprocher, et encore plus à son favori Wartenberg, d'avoir subordonné à l'acquisition de la dignité royale tous les intérêts du Brandebourg, d'avoir renoncé pour cela à des avantages plus précieux. Peut-être, en s'alliant aux ennemis de la Suède, l'électeur eùt-il pu conquérir dès 1700 les bouches de l'Oder; mais peut-être aussi y eût-il échoué, attirant sur ses États des maux incalculables. On se trouve là en pleine conjecture. Par contre, le « grand dessein » a fini par se réaliser, et il faut reconnaître qu'il a puissamment servi la fortune du Brandebourg.