‹ Histoire de PrusseChapitre 70 sur 410 · CHOIX DU TERRITOIRE ROYAL · texte numérisé non relu

CHOIX DU TERRITOIRE ROYAL

niqua ses visées dans une conférence secrète, et demanda leur avis. Gelait à la fin de 1692 ou au commencement de 1693. Tous trois, d'un commun accord (EinerleiJ, furent d'avis que l'entreprise était périlleuse et qu'il serait prudent d'y renoncer. Malg^ré celle opposition unanime, T électeur ordonna de profiter de toute occasion propice pour faire réussir le projet, et l'on se mit à étudier les divers moyens d'y parvenir.

On hésita longtemps pour fixer le territoire qui serait érigée en royaume. En î699 encore, Fuchs voulait que son maître essayât d'obtenir le trône d'Ang^leterre ou celui de Pologfne. En laissant de côté ces idées assez chimériques, il restait à savoir «i l'on prendrait la Marche de Brandebourg ou le duché de Prusse pour base de la future dignité. Dans son mémoire de 1699, Fuchs opinait pour le Brandebouig : le nouveau roi aurait été dans la même situation en face de l'Empire que le roi de Bohême. Frédéric repoussa énergiquement une combinaison qui aurait fait de lui non un roi souverain, mais un roi vassal (Cm Lehnkœnig). Restait le duché de Prusse, indiqué naturellement par sa situation en dehors de l'Empire, et l'abolition des anciens liens de vassalité polonaise. Sans doute la République de Pologne maintenait soigneusement ses droits éventuels, en cas d'extinction des descendants mâles de la Maison de Brandebourg; d'autre part, l'Empire pouvait faire valoir une théorie, très mal fondée il est vrai, et réclamer la Prusse comme un fief d'Empire; enfin l'Ordre Teutonique. dont le grand maître résidait à Mergentheim en Souabe, ne cessait de revendiquer l'administration du duché. Ces prétentions avaient en somme peu de valeur, et tout destinait la Prusse à devenir un royaume. Elle avait la superficie du Danemark, se trouvait sur le bord de la mer, était sillonnée de grandes rivières, émaillée de lacs, couverte de forêts; sa » terre noire " produisait de magnifiques moissons, son ambre était une source précieuse de richesse, et le port de Kœnigsberg rivalisait avec celui de Danzig pour le commerce du Nord. De plus, on découvrit qu'elle avait eu

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autrefois des rois, argument archéologrique qui portait sur les hommes du temps : le ministre impérial, Harrach, ne déclarait-il pas en 1 700 que l'affaire serait bien plus facile, s'il ne s'agissait que d'une rénovation!

C'est seulement en 1699 que le duché de Prusse fut choisi définitivement pour être érigé en royaume. On s'était décidé auparavant sur la manière de négocier en vue du titre royal. A qui devait-on s'adresser? Le dix-septième siècle avait conservé la tradition moyenâgeuse de la grande communauté chrétienne dirigée par l'Empereur et le pape, porteurs des deux glaives. Telle était encore la force de cette tradition qu'il sembla nécessaire d'avoir l'approbation de l'un des deux pour oser se faire roi. L'électeur, protestant zélé, jugeait impossible de s'adresser au pape. Mieux valait se tourner vers l'Empereur, dont les ancêtres avaient déjà créé des rois (au moins en Bohême) , et auquel revenaient, en tant que chef temporel de la chrétienté, ces élévations de rang (Standeserhœhungen) . Donc, avec l'Empereur seul, furent entamées les premières négociations pour le <i grand dessein » .

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