‹ Histoire de PrusseChapitre 77 sur 410 · AUGUSTE II, PATKUL ET VOTA · texte numérisé non relu

AUGUSTE II, PATKUL ET VOTA

privilèges, subissaient l'influence du voisinage. Si Ton ne pouvait arracher l'approbation de la diète, il fallait au moins, sous peine de complications dangereuses, s'assurer l'appui du roi et des principaux nobles.

L'électeur s'en préoccupa de bonne heure. Sans doute il faut rejeter dans le domaine des légendes l'assertion de l'évéque d'Ermeland, Zaluski, prétendant que le bruit du projet électoral se serait répandu en Pologne dès le mois de mai 1690. Jusqu'en 1696, Frédéric se contenta d'entretenir de bons rapports avec la cour de Varsovie et certains « magnats " . Mais au lendemain de la mort de Sobieski, il profita des compétitions en vue de sa succession pour insinuer son dessein à quelques candidats ; c'est du moins ce qu'a dit Eberhard Danckelman dans un mémoire de décembre 1700. On ne sait si l'électeur de Saxe, qui l'emporta le 28juin 1697, ayait approuvé le projet; cela parait probable, vu l'attitude favorable qu'il adopta dès le début à l'égard du Brandebourg. Son humeur toutefois était inconstante, et il importait de raffermir sans cesse sa bonne volonté par l'entremise de son entourage.

En dehors du comte Jacques Henri de Flemming, le ministre et confident favori, qui était bien disposé, deux hommes furent particulièrement secourables : le Livonien Patkul et le jésuite Vota. Le premier, échappé des prisons du roi de Suède, dont il aspirait à se venger, était resté reconnaissant de l'hospitalité reçue autrefois à Berlin, et, devenu conseiller secretdu roi de Pologne, se montrait prêt à servir Frédéric lll. Le second, confesseur d'A.uguste II après l'avoir été de Sobieski, unissait à des idées très conciliantes en matière religieuse des sentiments hostiles à la France; partisan d'une alliance entre Pologne et Brandebourg, il était entré de bonne heure en correspondance avec l'électeur, et n'avait cessé de favoriser ses intérêts. Il allait être à Varsovie ce que le P. Wolf était à Vienne.

Dans les années 1698 et 1699, on ne sortit guère des promesses vagues d'amitié réciproque. A l'entrevue de Johannis-

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