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ATTITUDE DES PRUSSIENS ET ALLEMANDS

antidaté da 6 juin) . Grâce à ces négociations multiples et aux embarras où la guerre suédoise jetait le roi et la République, Frédéric put préparer son voyage en Prusse à la fin de 1700, sans trop en redouter les suites du côté polonais.

Il n'avait pas eu moins de soucis du côté du duché de Prusse même, terre à demi polonaise, attachée à un étroit luthéranisme, où l'opinion était ombrageuse et se manifestait par des doléances continuelles au Landtag (surtout contre la construction d'églises et d'écoles de la confession réformée). Il y expédia Christophe de Dohna, au milieu de 1700. Le comte, aidé par les membres de sa nombreuse et puissante ftimille, et par les conseillers de régence (notamment Alexandre de Rauschke) , travailla si bien qu'il rallia les Prussiens au projet de royauté. L'électeur l'en remercia dans un billet amical et sans façon, où perçaient à la fois sa joie et sa reconnaissance : (i Cher comte Dohna ! . . . comme vous avez eu un bon électeur, vous pouvez être assuré que vous aurez dorénavant un bon roi . »

Dans l'Empire, à part quelques électeurs, Frédéric n'était sûr de rien, les différents États ayant pour la plupart des motifs, soit politiques, soit religieux, pour contrarier ses plans. Les envoyés du Brandebourg à la Diète de Ratisbonne, le comte de Metternich et le conseiller Henniges, deux ministres très versés dans les questions de cérémonial, n'entamèrent pas de véritable négociation : jusqu'à la fin de 1 700, ils se bornèrent à déclarer que rien ne serait changé dans les rapports du futur roi et de l'Empire. A côté de ces pourparlers généraux, il y eut des tentatives particulières, sinon auprès des électeurs ecclésiastiques, tous accessibles à l'influence française et peu enclins à favoriser un protestant, du moins auprès de certains électeurs ou princes laïques. J'ai déjà parlé des électeurs de Bohême et de Saxe. Celui de Bavière, Max Emmanuel, gouverneur des Pays-Bas espagnols, et fort ambitieux lui-même, avait été sondé dès 1696, et par le traité de Grandmont avait promis, moyennant réciprocité, d'aider Frédéric à acquérir la dignité royale ; mais le traité II. 8

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