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LE TITRE DE ROI EN PRUSSE

ses bénédictions. II ordonna en outre que Tanuivcrsaire du couronnement devînt une grande fête, et publia une amnistie dont il exclut seulement " ceux qui étaient coupables de lèsemajesté divine, humaine et royale, comme aussi les prisonniers pour meurtres et pour dettes » . L'ancien ministre, Danckelman, était-il dans la première catégorie? Peut-être, puisque autrefois il avait combattu le projet de royauté; quoi qu'il en soit, il ne put obtenir sa grâce.

On a souvent discuté sur le titre pris par le nouveau roi. S'appelait-il roi de Prusse, ou roi en Prusse? Le premier de ces titres inquiétait les Polonais qui y voyaient une menace pour la partie polonaise de la Prusse. Quoique rien n'eût été bien fixé à cet égard, Frédéric emniova presque exclusivement le titre de roi e.-i Prusse (Kœnig in ou zu Preussen) ; la dénomination était plus exacte, puisqu'il ne possédait que la Prusse orientale. Plus tard seulement s'établit le titre de roi de Prusse.

RECONNAISSANCE DU TITRE ROYAL

A peine couronné et revêtu de la pourpre, Frédéric s'occupa activement de se faire reconnaître par tous les États étrangers; il n'en oublia aucun en Europe, et songea même à notifier son couronnement au chah de Perse. La réponse fut rapide ou lente, bonne ou mauvaise, selon les intérêts religieux ou politiques de chacun. Les événements antérieurs ont déjà montré les dispositions des puissances; mais il fallut négocier même avec les plus favorables, et le nouveau roi dut nouer, pour apaiser les autres, des intrigues dont il ne vit pas toujours la fin.

La reconnaissance de l'Empereur ne fut pas immédiate, bien qu'elle fut certaine. Frédéric désirait l'envoi d'un ambassadeur spécial. Léopold, de son côté, tenait à proclamer qu'il avait autorisé l'érection de la Pru;<se en royaume, et des

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ministres impériaux réclamaient, surtout Kaunitz, le paiement des sommes qu'on leur avait promises. Le résultat de ces complications fui que le comte de Vaar, chambellan de lEmpereur, désigné de bonne heure pour porter les félicitations de son maître, n'arriva à Berlin que le 20 avril 1701. On ne se mit d'accord que plus tard (en juillet) sur les termes de la déclaration publique à laquelle tenait Léopold : celui-ci aurait voulu et Frédéric repoussait une rédaction représentant la royauté prussienne comme une création de l'Empereur. Quant aux ministres, Hai-rach et Kaunitz, auxquels on offrait 40 000 thaler», aprèsleurenavoir fait espérer 100 000, ils finirent par se contenter de 52 000. Tous les ennuis furent ainsi écartés à Vienne, en septembre 1701 .

Le roi de Pologne avait précédé l'Empereur. Pourtant il avait dû agir contre l'opinion de la majorité de ses sujets. Le Sénat polonais, réuni à Varsovie du 18 au 23 janvier, fut le théâtre de vives discussions, et le cardinal-primat, Radziejowski, empêcha à grand'peine une protestation contre le couronnement de Kœnigsberg, en déclarant qu'on se trouvait en présence d'un fait accompli et qu'il appartiendrait à la diète de sauvegarder les droits de la République. Hoverbeck et Marschall de Biberstein multiplièrent les cajoleries et les menaces auprès du roi, les promesses de présents auprès des magnats; finalement, le 13 février 1701, le grand échanson de Pologne, Towianski, neveu du cardinal-primat, partit pour Kœnigsberg; le mêine jour, Auguste II donnait une audience solennelle à Varsovie au comte de Wallenrodt, envoyé du roi de Prusse.

Reconnu par le roi de Pologne, Frédéric n'avait qu'à moitié gain de cause. La République était souvent en conflit avec le roi, et son opposition pouvait tout gâter. D'ailleurs Auguste II était obligé de flatter les Polonais pour se les attacher dans sa lutte contre la Suède; il n'hésita pas, dans les lettres de convocation pour la diète, à qualifier l'affaire de la royauté de « nouvelle intrigue de l'électeur de Brandebourg » . En dépit de nombreux émissaires prussiens, qui prodiguaient

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