‹ Histoire de quatre ans, 1870-1873Chapitre 3 sur 13 · AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AU PEUPLE

« Citoyens,

ce Le peuple de Paris a secoué le joug qu'on essayait de lui imposer.

« Calme, impassible dans sa force, il a attendu sans crainte, comme sans provocation, les fous éhontés qui voulaient toucher à la République.

« Cette fois nos frères de l'armée n'ont pas voulu porter la main sur l'arche sainte de nos libertés. Merci à tous, et que Paris et la France jettent ensembleles bases d'une république acclamée avec toutes ses conséquences, le seul gouvernement qui fermera pour toujours Tère des invasions et des guerres civiles.

« L'état de siège est levé.

« Le peuple de Paris est convoqué dans ses sections pour faire ses élections communales.

« La sûreté de tous les citoyens est assurée par le concours de la garde nationale.

« Le Comité central de la garde nationale :

• « Assi, BiLLiORAY, Ferrât, Babice, Edouard Moreau,

G. Dupont, Varlin, Boursier, Mortier, Gouhier,

Lavalette, Fr. Jourde, Rousseau, Ch. Lullier,

Blanchet, J. Grollard, Bahroud, H. Géresme,

Fabre, Pougeret. »

Le 19 était UQ dimanche, les promeneurs circulaient en foule dans les rues. Ils examinaient placidement les barricades élevées par les fédérés, autour de l'Hôtel de ville et sur d'autres points. Ils s'attroupaient pour lire les affiches du Comité central. I^a seule impression qu'ils manifestassent était l'étonnément de voir à la tête du parti vainqueur des hommes absolument obscurs et inconnus. La population restait ainsi dans l'apathie et l'indifférence, comme si les événements ne l'eussent point concernée. Le Comité central faisait successivement occuper les ministères, la plupart des mairies et des édifices publics. Il allait trouver évacués les forts du sud de Paris, Ivry, Bicôtre, Montrouge, Vanves et ïssy. Le château de Vincennes lui fut remis trois jours après, par les artilleurs que le gouvernement y avait laissés.

La retraite de l'armée de Paris sur Versailles avait eu toutes les apparences d'une fuite. Les soldats étaient si mal disposés qu'ils insultaient les gendarmes et les gardiens de la paix qui cheminaient avec eux (1). Versailles était dans la plus grande agitation. 11 recevait simultanément les députés à l'Assemblée nationale, les membres du gouvernement, les employés des ministères, les fuyards de toute sorte qui abandonnaient Paris. Tous arrivaient pleins de colère et d'indignation, mais surtout saisis de panique, craignant de voir apparaître à chaque instant la garde nationale parisienne. M. Thiers n'avait qu'une pensée, réunir au plus vite d^s forces suffisantes pour repousser une

(1) Marseille, Enquête parlementaire, p. 263.

62 LA. COiMMUNE.

attaque. Il avait donc prescrit d'abandonner non seulement la ville de Paris, mais encore les forts. Le Mont- Valérien lui-même fut évacué. Dans la nuit du 19 au 20, sur les représentations du G'^ Vinoy, M. Thiers se décida cependant à le faire réoccuper. On y dépêcha un bataillon du 11 9" de ligne, qui devança les gardes nationaux envoyés par le Comité central et le conserva (1). M. Thiers fit camper les troupes autour de Versailles, il s'appliqua à les visiter, à satisfaire tous leurs besoins, à les rappeler au sentiment du devoir. Lorsqu'on vit que le moral des troupes se relevait et que les renforts commençaient à arriver, on revint de la panique de la première heure et on se considéra désormais à Versailles comme en sûreté.

Le 18 mars au soir les maires et les adjoints des arrondissements de Paris s'étaient réunis à la mairie du 2* arrondissement, avec un certain nombre de députés de la Seine (2). M. Jules Ferry, en évacuant l'Hôtel de ville, les invitait à s'entremettre pour sauvegarder les archives et la caisse municipale. A minuit, ils reçurent du ministre de l'intérieur un décret, appelant le colonel de la garde nationale Langlois à commander en chef la garde nationale. C'était une concession que le gouvernement faisait à la population. Le colonel Langlois se rendit à l'Hôtel de ville, mais les membres du Comité central refusèrent absolument de le reconnaître etdès lors, impuissant à exercer aucun commandement, il renonça à la mission qu'il avait acceptée. Le 19 mars

(1) G«i Winoy^ Enquête parlementaire, p. 217. i'I) Frédéric Damé, La résistance, p. 66.

les maires reçurent de M. Picard une délégation en règle, pour administrer la ville de Paris, à défaut de Tautorité régulière. Les maires et les adjoints élus du peuple de Paris, et remplaçants autorisés du gouvernement, se trouvent ainsi constituer avec les députés de la Seine, entre leGomité central et le pouvoir légal, une sorte de troisième puissance ou corps intermédiaire; et ils vont s'efforcer d'amener une transaction, afin d'éviter la guerre civile.

Le Comité central, le 20 mars, avait dans son journal officiel répudié toute prétention à être un gouvernement. Il s'était simplement saisi, disait-il, de l'autorité abandonnée, pour permettre au peuple de constituer un pouvoir municipal. A cet effet, il avait déjà rendu le 19 un décret, qui appelait les électeurs à élire, le 22 mars, un conseil communal, devant lequel il promettait de s*effacer. Cette attitude modeste et ce rôle restreint qu'il s'attribuait donnèrent une grande . force au Comité central. Les craintes de violence révolutionnaire et d'usurpation de la souveraineté que le mot de Commune avait suscitées semblaient dès lors sans fondenxent. Tout paraissait réduit à une affaire locale, au self government de la ville de Paris. Or la question ainsi posée entraînait l'adhésion de presque tous les Parisiens, car ils poursuivaient depuis longtemps avec passion la revendication de franchises mu- ^ nicipales. Sous l'empire, le préfet de la Seine, avec un conseil d'homtoes nommés par lui, avait, dans son omnipotence, démoli et rebâti une partie de la ville, en accroissant les charges des contribuables et en modifiant

toules les conditions de l'existence. C'était là Texer cice d'un pouvoir qui aTait paru odieux aux habitant de PariSy attentatoire à tous leurs droits et à tou leurs intérêts^ contre lequel ils n'aTaient cessé de prc tester. Il est vrai que Paris était alors le siôge du gou yemement, des Chambres, delà Cour, et ce fait, qui lu assurait une situation priTÛégiée et des avantage spéciaux, avait servi d'excuse pour le priver de repré sentation municipale. Mais maintenant que TAssem blée nationale a transporté ailleurs le siège du gou vernement et des Chambres, il n'existe plus de prétext qui permette^e lui refuser les franchises municipale et il est bien juste, pense-t-on dans son sein, qu'on l laisse constituer sa propre administration. Ce son donc les élections municipales qui vont former h point de départ de toutes les tentatives de transaction Les maires et un certain nombre de députés de h Seine se réunirent le 19 mars à la mairie du 3* arron dissement, avec une quarantaine de chefs de batail Ion de la garde nationale. Le. Comité central, Tayan appris» délibéra sur la conduite à tenir à leur égard (1) La majorité de ses membres pensa qu'il fallait chercher à s'entendre avec les maires : s'ils voulaient s( prêter aux élections on les ferait en commun ; ou obtiendrait ainsi en France un effet moral considérable et, à Paris, on verrait un plus grand nombre d'électeurs se rendre aux urnes. Le Comité délègue donc un des siens, Arnold, à la mairie du 3* arrondissement, ' qui offre aux maires, s'ils consentent à participer auK

(1) Lissagaray. Histoire de la Commune^ p. 106.

élections, de leur rendre l'Hôtel de ville et les mairies d'arrondissement occupées. Le Comité central se transporterait à Tétat-major place Vendôme, en conservant le commandement de la garde nationale et Texercice de Tautorité militaire dans Paris. Les maires et les députés envoyèrent, au reçu de ces propositions,, un certain nombre des leurs à l'Hôtel de ville. Ces commissaires engagèrent avec les membres du Comité central une vive discussion : ils leur dirent qu'ils ne représentaient que l'insurrection et ils protestèrent contre le pouvoir qu'ils s'arrogeaient ; pour eux l'Assemblée de Versailles était la source de toute autorité légale et ils ne pouvaient reconnaître ailleurs le droit de décréter des élections. Les membres du Comité récriminèrent contre le gouvernement et l'Assemblée de Versailles qui avaient abandonné Paris à lui-même après l'avoir provoqué et qui, si on ne les tenait en échec, détruiraient la république. Le débat dura jusqu'à neuf heures et demie du soir sans qu'on parvînt à s'entendre (1). On décida que les pourparlers se poursuivraient à la réunion des maires et des députés, qui se tenait maintenant en permanence à la mairie du 2* arrondissement. Varlin, Moreau, Jourde et Arnaud, envoyés par le Comité central, trouvent les maires et les députés réunis sous la présidence de M. Tirard, à la fois maire de l'arrondissement et député de la Seine. La discussion recommença des plus vives, ceux du Comité offrant toujours de rendre l'Hôtel de ville, en cas d'accord sur les élec-

(1) F. Damé, la résistance^ p. 79.

U LA coaxuxE.

tioDSy et les maires et les députés mâskl le droil da Comité d'appeler les élecleurs au scnottîn ei refusant de s'associer arec lui dans aucune ooQTOcaftîon électorale. Eafio les maires et les dépulés s^eu^ageut à user de toute leur inilueDce, pour oblenirdu gouTeruement à Versailles des électious municipales à bir^ délai. Les eDToyés du Comité central tiennent compte de cette promesse, mais ils exigent des garantie et u*offreQt plus que le partage de THôtel de ville (1); en outre raccord serait rendu public par une affiche faite eu commun. M. Louis Blanc s^élère TÎTement contre cette dernière prétention, il tiaîle les membres du Comité d'insurgés, et déclare qu'il se gardera de tout acte qui rex[x>3erait à passer pour leur auxiliaire. Jourde répond avec violence quVn r^usant de s'associer au Comité central, ils déchaîneront une guerre terrible ; que, s'il venait à être vaincu, son parti pe laisserait rien debout et transformerait certainement le pays en une seconde Pologne (â i>* M« Tirard proteste, au nom de ses collègues, contre de semMables paroles. Varlin cherche à atténuer le mauvais d£îl produit par le discours de Jourde. A la fin, apnè& plusieurs heures, les envoyés du Comité central déclarèrent qu'ils se contentaient de la promesse de demander au gouvernement les élections à bref délai, les maires et députés porteraient en outre leur démarche à la connaissance du public par une affiche signée d'eux

(l) Lissagaray, Histoire de la Commîmes p. 11?» (2; F. \)sim6, Larésislance, p. 82.Tirar<i, En^f^i^^ fnAriitmentaire^ p. 325.

seuls. Eq échange l'Hôtel de ville serait rendu. Mais, le 20 mars au matin, quand le maire M. Bonvalet, avec deux de ses collègues , se présenta pour l'occuper, les membres du Comité central s'écrièrent que leurs envoyés de la veille avaient agi sans mandat en les engageant. Le Comité s'était ravisé ; rendre l'Hôtel de ville était un pas en arrière que ses partisans n'eussent point toléré. Le Comité des vingt arrondissements, en séance à la Corderie, se prononçait en effet absolument pour le garder (1). Les membres du Comité central refusèrent donc de céder la place à M. Bonvalet qui dut se retirer.

L'Assemblée nationale tenait sa première séance à Versailles le 20 mars. Ce jour-là même M. Clemenceau,' maire du 18® arrondissement et député de la Seine, fidèle à la promesse faite aux envoyés du Comité central de demander à l'Assemblée de promptes élections municipales, déposait sur le bureau le projet de loi « suivant : « 1® Il sera procédé, dans le plus bref délai, à « l'élection d'unconseilmunicipal pour la villede Paris, te composé de quatre-vingts membres. — 2^ Le conseil « nommera, danssonsein, son président, qui aura le tia tre et exercera les fonctions de maire de Paris. » Un second projet de loi portait que les officiers de la garde nationale seraient nommés à Télection directe, jusqu'au grade de capitaine et ensuite, jusqu'à celui de général en chef, par le suffrage, au second degré, des officiers. Enfin M. Millière présentait un

(1) Lissagaray^ Histoire^ p. 115.

projet de loi, prorogeant de troi» mois le paiement des efTets de commerce. Après explications de MM. Clemenceau et Tirard disant que, si on voulait les mettre à même de rallier la population de Paris, il fallait adopter les mesures qu*ils proposaient, les ministres acceptèrent qu'on prit en considération les projets de loi.

Le lendemain 21 mars l'Assemblée vota une adresse au peuple et à Tarmée pour les rappeler à la fidélité :

ce Citoyens et soldats,

« Le plus grand attentat qui se puisse commetti e « chez un peuple 'qui veut être libre, une révolte ou- « verte contre la souveraineté nationale, ajoute en ce « moment, comme un nouveau désastre, à tous les « maux de la patrie. Des criminels, des insensés, au « lendemain de nos revers, quand l'étranger s'éloi- « gnait à peine de nos champs ravagés, n'ont pas « craint de porter dans ce Paris qu'ils prétendent « honorer et défendre, plus que le désordre et la a ruine: le déshonneur. Us Tout taché d'un sang qui « soulève' contre eux la conscience humaine, en même (( temps qu'il leur interdit de prononcer ce noble mot « de République, qui n'a de sens qu'avec l'inviolable « respect du droit et de la liberté.

«Déjà, nousle savons, la Franceentièrerepousseavec « indignation cette odieuse entreprise. Ne craignez « pas de nous ces faiblesses morales qui aggraveraient (( le mal, en pactisant avec les coupables. Nous vous <c conserverons intact le dépôt que vous nous avez

« commis pour sauver, organiser, constituer le pays^ a ce grand et tutélaire principe de la souveraineté « nationale.

« Nous le tenons de vos libres sufirages, les plus libres « qui furent jamais; nous sommes vos représen- « tants et vos seuls mandataires; c*est par nous, c'est « en notre nom que la moindre parcelle de notre ^ sol doit être gouvernée; à plus forte raison cette tt héroïque cité, le cœur de notre France, qui n'est (c pas faite pour se laisser longtemps surprendre par « une minorité factieuse.

« Citoyens et soldats,

« Il s'agit du premier de vos droits, c'est à vous do « lemaintenir. Pour faire appel à vos courages, pour ré- « clamer de vous une énergique assistance, vosreprétf sentants sont unanimes. Tous à l'envi, sans dissipe dence, nous vous adjurons de vous serrer étroitement «autour de cette Assemblée, votre œuvre, votre « image, votre espoir, votre unique salut. »

Une longue discussion s'engagea ensuite. MM. Clemenceau, Tirard et autres députés de la Seine demandaient que l'on accordât à Paris les concessions qu'ils avaient réclamées la veille et que, surtout, on votât une loi spéciale, lui permettant de faire immédiatemen t des élections. MM. Thiers et Jules Favre répondaient qu'ils ne voulaient point priver Paris de libertés municipales, mais qu'il n'obtiendrait que le droit commun, et, puisqu'on allait déposer une loi s'étendant à toutes les' communes de France et appelant à y faire des

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V ^^ Pâifi.^ e* <^I^ ({Sèfxajrsemenits sur la hase «les (osso&siùls -v ^ÎHî.«<, jyak'se à lV>]ndrc du jour. »

fy^r IffwUmskïn M. Vacheroi lisait le rapjport de la r/jmmi9i^ïon chargée d*esamiuer les prx>jels de loi â(tiffMn par le»» députés de la Seine. La commission.

se fondant sur Tordre du jour voté la veille, déclarait qu'il n'y avait pas lieu de légiférer exceptionnellement pour Paris. Elle écartait donc les projets de loi. Mais aussitôt le ministre de l'Intérieur déposait la loi promise pour constituer les conseils municipaux dans toute la France. Paris obtenait un conseil municipal de soixante membres; cependant le gouvernement nommerait le préfet chargéide l'administrer ainsi que les maires de ses vingt arrondissements. Les députés de la Seine s'empressèrent d'informer leurs électeurs, par une affiche, qu'ils avaient obtenu un conseil élu et les élections à bref délai, et ils grossissaient ces avantages le plus possible. Aux yeux des Parisiens, ils n'en parurent pas moins avoir subi un échec, car ils avaient demandé que l'Assemblée fît à Paris des concessions spéciales, telles qu'un maire et un général de la garde nationale élus, et elle s'y était refusée.

Pendant ce temps, les maires s'étaient préoccupés, à Paris, de grouper les gardes nationaux demeurés en dehors de la fédération, pour opposer une force armée à celle du Comité central. -Ils avaient commencé à organiser la résistance dans la journée du 20 à la mairie du 2® arrondissement, près de la Banque de France, où ils se réunissaient. Sur les neuf bataillons que comptait l'arrondissement, trois seulement obéissaient au Comité central, les autres s'étaient offerts pour garder la mairie (1). Le lendemain les bataillons fidèles du 1^' arrondissement se mettaient également sous les armes et occupaient leur mairie.

(1) F. Damé, La résistance^ p. 101.

Dans le 16°arrondissemeat, les bataillons dévoués aux maires interdisaient l'entrée de Passy aux fédérés. Le 21 mars M. Thiers nommait un des députés de la Seine, Tamiral Saisset, général en chef de la garde nationale. Les maires ratifièrent sa nomination et il prit la direction de la résistance. Il s'établit au Grand Hôtel, fit occuper d'un côté le palais de la Bourse, pour se rattacher aux mairies des 2* et 1*' arrondissements, et de l'autre la gare Saint-Lazare, pour avoir une communication ouverte avec Versailles. Avec les hommes venus isolément se rallier aux bataillons déjà réunis, il disposa d'environ 12 mille hommes (1). En môme temps, trente et un journaux de toute opinion politique déclaraient, dans un avis collectif, absolument illégale la convocation des électeurs faite par le Comité central, et ils engageaient les citoyens à n'en point tenir compte.

Le 20 mars, un capitaine de la garde nationale, M. Bonne, avait placardé une invitation aux hommes d'ordre de s'unir contre la révolution. Par suite, plusieurs centaines d'hommes sans armes, rassemblés le 21 sur le boulevard des Capucines, se livrèrent à une manifestation pacifique. Après avoir parcouru le boulevard en criant : Vive l'ordre : et s'être rendus place Vendôme, à Tétat-major des fédérés, ils s'ajournèrent au lendemain, dans l'espoir d'être alors plus nombreux. Le 22 mars ils se retrouvèrent en effet sur le boulevard des Capucines, augmentés de quatre à cinq mille nouveaux venus. L'amiral Saisset était présent de sa

(1) Amiral Saisset, Enquête parlementaire^ p. 308.

personne. Pendant que le gros [du rassemblement stationne indécis sur le boulevard et la place de rOpéra, les plus ardents s'engagent, en masse compacte, dans la rue de la Paix, voulant encore une fois se présenter devant Tétat-major, place Vendôme. Ils refoulent sans peine les quelques gardes nationaux détachés, en avant-garde, dans la rue (1). Par derrière, Bergerel, qui commande les fédérés, pour empêcher Tenvahissement de la place Vendôme, fait appel à toute sa troupe. Les hommes restés stationnaires sur le boulevard et la place de l'Opéra étaient des gens paisibles et sans armes, venus pour prendre part à une manifestation réellement pacifique; mais les autres^ marchant en avant, étaient beaucoup moins calmes et retenus, et si la majorité d'entre eux encore était sans armes, un certain nombre était muni d'armes cachées, poignards, revolvers, cannes à épée. Les manifestants engagés rue de la Paix veulent à toute force pénétrer place Vendôme, malgré la défense des chefs fédérés et la sommation de se disperser, accompagnée de roulements de tambour (2). Poussés par la pression, ceux des premiers rangs serrent de plus en plus les fédérés, qui barrent le passage et résistent. Des clameurs s'élèvent, on en vient à des injures, à une mêlée. Ici les partisans de la Commune disent que les manifestants ont d'abord tiré des coups de revolver et ceux-ci le nient; ce qui

(1) Edouard Moriac, Patois sous la Commune^ p. 29. John Furley, Épreuves et luttes d'un volontaire, p. 310.

(2) Abbé Vidieu, Histoire de la Commune^ p. 96.

74 LA COMMDNE.

est certain, c'est que les fédérés dirigent, sur la masse, humaine en face d'eux, un feu irrégulier et prolongé et qu'eux-mêmes, soit avant^ soit au même moment, reçoivent quelques coups de revolver (1). Les manifestants s'enfuient terrifiés, laissant sur le terrain huit tués et un plus grand nombre de Liesses. Le gros du rassemblement demeuré sur le boulevard se dispersa à la hâte. La plupart de ceux qui le composaient, pleins de colère et d'indignation, allèrent se joindre aux gardes nationaux de l'amiral Saisset.

A mesure que le temps s'écoulait, le Comité central se livrait à des actes et à des déclarations absolu* ment contraires à la promesse qu'il avait faite, au début, de ne point s'attribuer les fonctions d'un gouvernement. Il s'emparait de tous les services administratifs, le départ d'un grand nombre d'employés les avait désorganisés, il en remettait la direction à ses membres ou à des hommes à lui. Il s'était saisi de l'argent renfermé dans la caisse municipale, il percevait les droil^ d*octroi, prenait un premier million à la Hatîque de Franco et continuait ainsi à payer la solde de U ^Aixlo nationale. Il suspendait la vente des objets oui^A^i^â au mont-de-piété, prorogeait d'un mois les i^ohèances, interdisait aux propriétaires de congédier leurs locataires. Dans le Journal officiel^ il laissait insérer des articles qui cherchaient à démontrer le caractère rénovateur et socialiste de la révolution nouvelle et qui témoignaient de l'intention de s'emparer de la pleine souveraineté. Toutefois la résistance organisée

(I) Voyez la note H.

par les maires, la protestation des journaux Tobligeaient à retarder les élections. Il leur assignait comme nouvelle date le 26 mars, pour avoir le temps de vaincre les résistances. Il publiait un avis menaçant ai;ix journaux qui avaient nié son droit d'appeler les électeurs au scrutin. En réponse aux prises d'armes organisées par les maires, il doublait les bataillons de garde à l'Hôtel de ville, entourait la place Vendôme de barricades, interceptait, à la gare des Batignolles, les communications de l'amiral Saisset avec Versailles. Les députés acquis au parti de Tinsurrection, Delescluze, Minière, Malon, qui jusqu'alors avaient assisté à la réunion des maires et des députés, la délaissaient.

Les maires n'en persistaient pas moins à rechercher une entente. Ils s'efforçaient toujours d'obtenir du gouvernement et de TAssemblée des concessions qui leur permissent de rallier la population de Paris.

M. Desmarest, maire du 9® arrondissement, était allé avec quelques collègues trouver M. Thiers. Il en avait obtenu une lettre, qu'il publiait, promettant de ratifier les mesures de pardon et d'oubli que les maires pourraient prendre. Le ministre de l'intérieur s'engageait, en même temps, à appeler les électeurs au scrutin le 3 avril (1). Un certain nombre de maires et d'adjoints se rendirent à Versailles le 23, désireux d'entrer en rapport avec l'Assemblée et de s'expliquer avec les députés. M. Arnaud (de TAriège), maire du 7* arrondissement et député de la Seine, se leva dans l'Assemblée, pour annoncer leur démarche et faire connaître le

(1) Damé, La résistance, p. 162.

sentiment de déférence qui la dictait. Le président et les questeurs avaieat mis une tribune à la disposition des maires. Ils entrèrent ceints de leurs écharpes ; les députés de la gauche, comme témoignage de bienvenue, les saluèrent, debout, du cri de : Vive la république, aussitôt répété par eux. Cette manifestation républicaine indigne les monarchistes de la droite. Ils réclament le rappel à Tordre, interpellent violemment le président, se couvrent et quittent leurs sièges. M. Bazc, un des questeurs, déclara qu'il désavouait absolument ce qui se passait et le président, ne sachant comment sortir d'embarras, leva brusquement la séance. Le soir, à une nouvelle séance, on chercha à effacer l'impression fâcheuse, que cette scène ne pouvait manquer de produire à Paris. M. Arnaud (de l'Ariège) demanda à l'Assemblée de prendre un certain nombre de résolutions, convaincu, disait-il, que leur adoption assurerait le rétablissement de Tordre dans Paris. «.1<» Que l'Assemblée se mette en comma- « nication plus directe et plus intime avec les munici- (( pâli tés de Paris ; 2** qu'elle autorise les maires à « prendre les mesures que les circonstances exige- « ront ; 3** que les élections de la garde nationale aient (( lieu avant le 28 mars ; 4° que les élections du con- « seil municipal aient lieu le 3 avril. » L'urgence était déclarée à l'unanimité. Les maires étaient de nouveau présents dans une tribune, cette fois silencieux et sans écharpes. Le président expliqua que, s'il avait levé la séance précédente à leur entrée, c'était uniquement parce que Tordre du jour était épuisé.

Toutes ces réparations n'empêchaient point que Tesprit de la majorité, hostile à la république et à Paris, ne se fût montré au grand jour. La plupart des députés monarchistes considéraient en effet d'un très mauvais œil Tœuvre de conciliation entreprise par les maires. Ils suivaient avec inquiétude M. Thiers dans ses moindres actes et craignaient toujours qu'il n'inclinât à des concessions. Ils voyaient très bien que toute transaction avec Paris insurgé, permettant de rétablir la paix, sans avoir au préalable écrasé la ré* volte, ne pouvait intervenir qu'au profit de la république. Le travail des maires et des députés de la Seine auprès de M. Thiers et de l'Assemblée tendait en effet à leur arracher, pour apaiser Paris, la reconnaissance de la république comme gouvernement définitif. Que fût devenu alors le pacte de Bordeaux qui réservait la forme du gouvernement, et que fût devenu surtout l'espoir des monarchistes de rétablir la royauté I Au contraire si l'Assemblée soumettait purement et simplement Paris, la citadelle de la Révolution serait entre ses mains et la république, croyait-elle, à sa merci. Paris s'insurgeait, disait-il, pour défendre la république contre l'Assemblée qui avait l'arrière-pensée de rétablir la monarchie ; eh bien ! soiti les monarchistes acceptaient la question posée en ces termes et ils se promettaient, en domptant l'insurrection, de préparer le terrain au gouvernement de leur choix. Aussi bien, l'Assemblée refusait de légiférer séparément en faveur de Paris, elle ne lui concédait aucun avantage spécial, elle ne lui accordait que le droit commun. Or dans

l'état d'orgiieil et de oonfiance ea sa force où l'avait mis la résistance qu'il Tenait d'opposer aux Prussiens, pareil traitement lui semblait une Téritable indignité. De telle sorte que les tentatives de transaction, loin de produire l'apaisement espéré, ne faisaient que confirmer Paris dans son antipathie pour l'Assemblée.

Dans ces conditions, la résistance au Comité central ne pouvait ni s'étendre ni durer. Cette partie de la population que les maires se flattaient de rallier, si M. Thiers et l'Assemblée eussent fait droit à leurs demandes, continuait à se désintéresser de la chose publique et s'abstenait ; les classes populaires, déj à acquises à l'idée d'une Commune, en lisant les discours tenus à Versailles pour stigmatiser un mouvement révolutionnaire auquel elles avaient participé, voyaient leur colère grandir et adhéraient d'autant plus au Comité central. Il ne restait doue aux maires que les quelques mille gardes nationaux groupés autour de Tamiral Saisset. Mais ils étaient mal armés (1), presque sans munitions et découragés, par le sentiment qu'ils avaient de leur faiblesse en face de l'immense armée des fédérés.

Lorsque Timpuissance des maires à obtenir des concessions fut démontrée, le Comité central crut le moment venu d'agir. Dans son Journal officiel du 24 mars, après avoir récapitulé ses griefs contre l'Assemblée, il déclarait que, pour faire triompher la cause du peuple et assurer la victoire de la république, il y avait lieu d'élire et de constituer immédiatement la Gom-

(1) Amiral Saisset, Enquête parlementaire ^ p. 308.

mune. Il rendait donc un décret qui appelait trois généraux à commander la garde nationale, Brunel, Eudes et Duval, avec mission de mettre fin à toutes les résistances. Le jour même, à deux heures, le G*^ Brunel se présenta, avec quatre bataillons de gardes nationaux fédérés et quatre pièces de canon, à la mairie du i" arrondissement. Les gardes nationaux fidèles aux maires se rangèrent en bataille devant l'édifice qu'ils ^gardaient. Les fédérés s'arrêtèrent. Leur chef entra et invita le maire, M. Méline, à lui remettre la mairie. Celui-ci répondit que, comme élu des habitants de Tarrondissement, lui seul avait le droit d'occuper les lieux. Le G*^ Brunel n'osa point insister, mais il demanda à M. Méline, puisqu'il refusait de so retirer, de ne pas s'opposer plus longtemps au:^ élections, de les faire faire au contraire, dans son arrondissement, à la date du 26. M. Méline répondit que le délai était trop court. On finit par transiger, entre la date du 26 mars fixée par le Comité central, et celle du 3 avril, promise par le ministre de l'intérieur au nom du gouvernement, en prenant celle du 30 mars. Une convention dans ces termes est signée d'une part par le maire et ses adjoints, de l'autre par le G*^ Brunel. Lorsque la nouvelle de l'accord conclu se répandit, elle produisit une vive explosion de joie dans le quartier et parmi les gardes nationaux des deux partis, qui avaient été très près d'en venir aux mains,

M. Méline, ses adjoints et le.G*^ Brunel se rendent ensemble à la mairie du 2° arrondissement, où se tenait la réunion des maires, pour faire ratifier l'arran-

gement. Les maires et les députés présents acceptent les élections à la date du 30, et signent à leur tour la convention (1). Mais à minuit deux membres du Comité central, Ranvier et Arnold, viennentleur déclarer que le G*^ Brunel s'était engagé sans autorité. Le Comité le désavouait donc et maintenait plus que jamais la date du 26 pour les élections. Les maires et les délégués du Comité central, après avoir longuement discuté sans résultat, s'ajournèrent au lendemain à onze heures. Le 25, à l'heure convenue, Ranvier et Arnold étaient à la mairie du 2° arrondissement et la discussion recommença; les maires voulant toujours faire prévaloir, pour les élections, la date du 30, et les délégués du Comité central maintenant absolument celle du 26. Mais, puisqu'on transigeait avec le Comité central, personne dans Paris n'eût consenti à soutenir les maires au risque d'une lutte, dans le seul but de retarder les élections de quatre jours f Les délégués du Comité central se montraient donc inébranlables, déclarant au reste que si les maires ne voulaient consentir au vote le lendemain, ils étaient assez forts pour accomplir sans eux les élections. Les maires résistaient encore, lorsque le rapport d'un incident survenu la veille à l'Assemblée les fît céder.

L'amiral Saisset était, personnellement, fort préoccupé d'éviter la guerre civile, aussi cherchait-il tous les moyens d'apaiser la population. Lorsque la démarche entreprise par un certain nombre de maires à l'Assemblée sousTégide do M. Arnaud (del'Ariège) lui fut

(1) F. Dame, La résistance^ p. l9iU

LE 18 MARS. 8i

connue, il s'empressa de Tannoncer par une affiche. Mal renseigné et se méprenant sur les dispositions de TAssemblée, il se laissa entraîner à une série d'assertions absolument erronées : « Je m'empresse de porter « à votre connaissance, disait-il. aux Parisiens, que, c< d'accord avec les députés de la Seine et les maires « élus de Paris, nous avons obtenu du gouvernement « de l'Assemblée nationale : 1® la recoijinaissance « complète de vos franchises municipales ; 2** Télec- « tion de tous les officiers de la garde nationale, y <c compris le général en chef; 3** des modifications à la « loi des échéances; 4® un projet de loi sur les loyers « favorable aux locataires, jusques et y compris les « loyers de 1,200 francs. »

Cette annonce causa dans Paris une vive satisfaction, mais lorsque, le 24 au soir, elle fut connue àl'Assemblée, elle y amena au contraire une violente explosion de colère et d'indignation. Les monarchistes, qui soupçonnaient déjà le gouvernement de M. Thiers de faiblesse envers Paris et qui redoutaient un arrangement nuisible à leurs desseins, ne doutèrent plus qu'ils ne fussent trompés, en lisant l'affiche de l'amiral Saisset, car elle les engageait contrairement à leurs vues et préjugeait à faux de leurs résolutions. Ils se réunirent en grand nombre dans un bureau et, surexcités comme ils l'étaient, ils auraient agité la question de préparer les voies à la monarchie, en nommant le prince de Joinville lieutenant général. Le bruit de cette proposition se répand, il grossit, et le 25 au matinrAssemblée passe, à Paris, pour avoir comploté la veille le rétablisse-

82 LA COM:ilL'NE.

ment de la monarchie. Sur cette nouvelle, la majorité de ceux des maires et adjoints qni coatinualeat à se réunir à la mairie du 2* arroadissement cède au Comité central et s'engage, de concert avec lui, à appeler le lendemain 26 les électeurs au scrutin ; six des députés de la Seine, MM. Clemenceau, Floquet, Greppo, Lockrov, Schœlcher et Tolain, parlicipent à cet accord. Les maires et les adjoints, opposés à toute action commune avec le Comité central, se retirent en refusant leur adhésion.

La résistance des maires avait pris fin. L*amiral Saisset renvoya les gardes nationaux groupés autour de lui, et retourna de sa personne à Versailles. Désormais le Comité central et la garde nationale fédérée possédaient Paris sans conteste.

Les maires avaient cru que rentrés dans leurs mairies, prenant part à la convocation des électeurs et aux opérations électorales, ils contrebalanceraient rinfluence du Comité central. Ils espéraient donc que la majorité du conseil municipal élu pourrait être formée d'hommes d'une certaine modération. Ils furent sur ce point complètement déçus. Un grand nombre d'électeurs des classes riches, naturellement conservateurs, étaient absents de la ville, d'autres ne prirent point part au vote, niant le droit des maires et du Comité central de décréter les élections, ou se maintenant dans cette insouciance née de Tégal mécontentement inspiré par TÂssemblée et le Comité central. Les abstentions furent donc nombreuses et le parti de la Commune eut le champ libre.

Les maires, les adjoints ou leurs partisans, qui s'étaient offerts comme candidats, n'obtinrent la majorité que dans quatre arrondissements, les 1", 2®, 9® et 16'. Ils se trouvaient une quinzaine dans le conseil élu. Les autres membres appartenaient aux diverses fractions de Textrême parti révolutionnaire jacobin, blanquiste, socialiste et, par la grande majorité qu'ils possédaient, allaient exercer une autorité irrésistible. Dès les premières séances de la Commune, les maires virent adopter une série de mesures attentatoires à tous les droits de l'Etat, qui faisaient absolument perdre au nouveau conseil le caractère d'un corps municipal. Ils donnèrent donc leur démission de membres de la Com- ^mune et quittèrent presque tous la ville, en butte aux accusations et à la malveillance des deux partis, pour s'être employés à des tentatives d'accommodement d'un succès impossible.

CH.VFrrKJ£ UI

Le résultat du vote pour TélecHaa des mteaihn^iMlak Commoue fut proclamé en grande pompe le ^ maes à r Hôtel de ville. Une estrade ornée de drjjpeHES rouges s'élevait devant le palais* Les membres (fii Comité central et les nouveaux élusToccupaient, œmïls de récharpe rouge. La garde nationale fédérée rannH plissait la place de THôtel de ville et les rues Toismes. Deux membres du Comité central, Ranvier, Lavalette, prononcent des discours fréquemment interrompus par les applaudissements et les cris de : Vive la Commune. Puis un autre membre, Assi, s*écrie: « Au nom du peuple, la Commune de Paris est déclarée! » Des salves d'artillerie retentissent, la garde nationale s'ébranle et les bataillons défilent pleins d'enthousiasme au cri de : Vive la Commune.

 rissue de cette cérémonie, la Commune tenait sa première séance à THôtel de ville. Le citoyen Beslay, pa'ésident d'âge, expliquait, dans un discours, le sens qu'il fallait attribuer aux élections parisiennes ; selon lui, la Commune devait se restreindre à Fexercice d'un "^uyoir purement municipal :

« Citoyens,

« Votre présence ici atteste à Paris et à la France (f que la Commune estfaite^ et Tafiranchissement de la ce commune de Paris c'est, nous n'en doutons pas, <c Taffranchissement de toutes les communes de la

a république Vos adversaires ont dit que vous frap-

« piez la République, nous répondons, nous, que si « nous l'avons frappée, c'est comme le pieu qu'on

« enfonce plus profondément en terre Oui, c'est

« par la liberté complète de la commune que la Repu-

a blique va s'enraciner chez nous L'affranchisse-

« ment de la commune est donc rafTranchissement de «la République elle-même. Chacun des groupes va tt retrouver sa pleine indépendance et sa complète « liberté d'action. La commune s'occupera de ce qui « est local ; le département s'occupera de ce qui est «régional; le gouvernement s'occupera de ce qui est « national. Et disons-le hautement, la commune que

«nous fondons sera la commune modèle Voilà à

tt mon avis, citoyens, la route à suivre ; entrez-y har- « diment. Ne dépassons pas cette limite fixée par notre « programme, et le pays et le gouvernement seront « heureux et fiers d'applaudir à cette révolution si « simple.

« Vive la République I Vive la Commune 1 »

Le même jour, le Comité central déclarait ses fonctions gouvernementales terminées par Tiustallation de la Commune élue. Cependant il restait constitué, mais

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