‹ Histoire de règne de Louis-PhilippeChapitre 29 sur 38 · II. lo · texte numérisé non relu

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L'aïueudeiiieut du général

Schneider.

226 UISTÛIHB: du règne de LOUIS-PUILIPPE. année 18il.

savantes considérations, le maréchal Soiilt donna à entendre que, si, comme ministre, il se ralliait à l'ensemble du projet, comme militaire, il préférait de beaucoup les forts détachés à l'enceinte continue ; c'était chez lui une opinion ancienne. On vit là comme un indice d'une sorte d'intrigue intérieure. Le roi dut intervenir auprès de son premier ministre pour l'obliger, en quelque sorte, à faire amende honorable dans le sein de la commission. Et comme, le lendemain, M. Béchard combattait le projet de loi en se prévalant de l'opinion développée la veille par le maréchal, M. Thiers l'interrompit pour déclarer que, depuis, une explication avait eu lieu entre la commission et le gouvernement, et que le président du conseil avait de nouveau reconnu l'indispensable nécessité du double système d'ouvrages. Le maréchal ne contredit pas ; mais sa contenance embarrassée indiquait assez son mécontentement.

Les choses en étaient là quand le général Schneider proposa de substituer à l'enceinte de la commission une ceinture d'ouvrages permanents construits à4, 000 mètres du mur d'octroi. C'était en revenir, sous forme d'amendement, à l'opinion du maréchal. M. de Lamartine se rallia à cet amendement comme à un pis-aller. Mais il fut énergiquement combattu par MM. Thiers, Arago et de Ré musa t. Peu suspect de sympathie pour la personnalité politique de M. Guizot, l'ancien ministre de l'intérieur du 1" mars déclara nettement qu'il aimait mieux contribuer à raffermissement du ministère du 29 octobre que de voir rejeter le projet des fortifications de Paris.

Le maréchal Soult ne pouvait se dispenser de donner son avis, on l'attendait impatiemment à la tribune; il y monta comme contraint et forcé. Ses explications incertaines causèrent un étonnement général, il ne dit ni oui ni non. Quel que lût le vote delà Chambre, déclara-t-il,

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le gouvernement du roi saurait remplir son devoir. On Janvibk 184i. ne savait que penser de cette déclaration à double sens. M. Guizot se crut obligé d'intervenir pour couvrir, en quelque sorte, le président du conseil. Le gouvernement, dit-il en substance, maintenait le projet tout entier, parce qu'il y voyait à la fois une garantie de paix et de conservation, un acte d'énergie morale de la part de la France et une preuve de ses immenses ressources militaires et financières.

Mais M. Guizot ne se contenta pas de cette déclaration. M. de Lamartine s'était vivement préoccupé de l'approbation que le projet de loi avait reçue de la part des partis extrêmes, et il s'en était servi comme d'un argument pour en demander le rejet, comme si, au contraire, il n'aurait pas dû se féliciter de voiries partis extrêmes oublier ce qui les séparait de la monarchie de Juillet pour se concentrer dans une grande pensée de défense nationale. M. Guizot ne fut peut-être pas très bien inspiré en relevant les paroles de M. de Lamartine pour dresser contre les partis extrêmes un acte d'accusation implacable. (^ Que les élections se fassent, s'écria-t-il, que la garde nationale agisse, que la tribune parle, que la presse écrive, que les fortifications de Paris s'élèvent, toutes ces forces tourneront contre les partis extrêmes Ils y trouveront peut-être des champs de bataille, mais certainement des défaites. » Or c'étaient là d'inutiles et dangereuses jactances, trop familières à M. Guizot, et dont l'avenir se chargera de le châtier.

Dans une pensée patriotique, une partie des repu- L'opinion de

blicains s'étaient franchement ralliés, quelgues-uns M. Garmer-

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