‹ Histoire de règne de Louis-PhilippeChapitre 4 sur 38 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

poussent l'abnégation jusqu'à servir, de plus ou moins bon cœur, le gouvernement de la République ?

Assurément les ministres qui les ont nommés n'ont pas voulu faire au parti républicain cette suprême injure de croire qu'il ne contenait pas dans son sein un personnel capable de représenter la République au dedans et au dehors. Ils ont tenu à prouver sans doute que la République était la chose de tous, et non celle d'un parti. C'est là déjà une des supériorités les plus appréciables du régime républicain. Eh bien ! je le demande aux partisans de la monarchie, qu'ils répondent en toute sincérité : Confieraient-ils à des adversaires les fonctions les plus importantes de l'Etat, si le hasard des événements venait à remettre de nouveau les destinées de la France entre les mains du gouvernement qui leur est cher ? Leur réponse ne saurait être douteuse.

Il n'y a rien là dont se puissent offusquer les partisans désintéressés de la République. Je le répète : il est bon qu'on sache que, justifiant son nom, elle n'est le domaine exclusif d'aucun parti ni d'aucune coterie. A tous les hommes de bonne volonté, d'où qu'ils viennent, elle ouvre libéralement ses bras. C'est un signe de sa puissance et de son impartialité. Elle seule peut puiser dans son droit absolu la force nécessaire pour dompter les factions et obliger tout le monde à s'incliner devant la loi.

Que les personnes qui ont servi la Royauté ou l'Empire demeurent, par un sentiment d'honneur tout à fait respectable, fidèles à leurs anciens attachements, et refusent de pactiser avec un autre régime, cela se comprend à merveille. Ce n'est pas à elles que ce livre s'adresse.

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