‹ Histoire de René d'AnjouChapitre 14 sur 41 · HISTOIRE (14.H · texte numérisé non relu

HISTOIRE (14.H

cérémonie, (*) se transporta à la rencontre du jeune prince, et dès qu'on eût aperçu René, les seigneurs s'avancèrent près de lui en s'écriant: ce Vous estes nostre duc;» puis, ils leconduisirent, toujours à cheval et dans le même cortège , jusques devant le péristîle de l'église de St. Georges, qui était alors celle des princes de Lorraine. Là, René mit pied à terre, entra d^ns la cathédrale, is'agenouilla devant le grand autel, et jura, sur les livres saints, d'observer fidèlement tous les privilèges de ses nouveaux états. Aussitôt que cette cérémonie eut été terminée, le duc de Lorraine (ayant, suivant l'antique usage, (aS) donné au chapitre de St. Georges le cheval qui Tavait amené), fut reconduit dans son palais aux acclamations de toute la noblesse et des habitants de Nancy,ceux-ci> de même que les enfants, faisaient retentir les rues des cris : Noël ! Noël ! vive le duc ! vive la duchesse!..

(*) « Tanstostjdit la Chronique de Lon'aine, Béné a belle comte paignic vint se présenter. Tous les nobles au-devant de luy s'en « sont ores adez, les seigneurs de St. Georges aussi* Tous Pont « fait bienveignants: Koiis estes nostre duc. Ores en ayant dans Nao. « cy J'ont tous amené , et devant St.-Georges l'ont faict démouterj « enl'esglisc, devant le grant autel, l'on mené, et de luy ont pris le « serment de bonnement entretenir les droits de Lorraine. Les « dicts seigneurs ont eu son cheval et s'y l'ont emmené, et les pe- <i tits cufans ont crié: Noël! Noël! . . la dame Marguerite qui « de la mort de son mari estoit marrie, elle fust joyeuse de veoir « sa fille ainsi honorée, le ducBéné partout. "

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Ces témoignages unanimes qui se renouvefèr^at pendant plusieurs jour s, adoucirent sensiblement la douleur récente de Marguerite, dont la tendresse maternelle était vivement émue de l'accueil touchant avec lequel sa fille Isabelle et René étaient reçus dans leur capitale.

Il est juste de remarquer à cette occasion, que le sentiment profond d'allégresse qui s'y manifesta , provenait autant de la brillante réputation du jeune prince, que de l'absence des regrets donnés à Charles , dont la conduite privée, sur la fin de sa vie surtout , avait fini par lui aliéner l'estime et l'affection des Lorrains.

Dès le vingt neuf janvier, »( quatre jours après la mort de son beau-père) René assura la ville de Toul de sa protection spéciale, en déclarant ec qu'il prenait sous sa garde les « terres du chapitre enclavées dans ses états 5 « qu'il reconnaissait aussi, que l'Église de Toul « est la mère Église de son duché , et qu'il « devait aller la visiter tous les ans pour y re- « cevoir les sacrements. »

Le lendemain, 3o, le nouveau duc et Isabelle confirmèrent également de la manière la plus solennelle, les privilèges de l'ancienne chevalerie de Lorraine, auxquels Charles II

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