TOME I
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(( estime,en se refusant à sanctionner un traité « déshonorant; que jamais il ne Pauraif signé « lui-même et qu'il préférait demeurer tonte Sa « vie prisonnier que d'acheter sa liberté à des « conditions aussi onéreuses pour ses peuples. « Au reste , ajoutait- il , si je meurs dans cette <( cruelle captivité, celui qui m'y retient, n'y f( gagnera qae la honte d'avoir traité ainsi un i< prince qui n'est pas d'ailleurs son propre pri- - « sonnier. Je remets, au surplus^ ma confiance « dans le ciel et dans mon bon droit. »
Après tant d'espérances déçues, au milieu de ces nuages qui semblaient s'amonceler chaque jour sur la tête de René; quand tout enfin annonçait une explosion prochaine, ce prince fit l'expérience que la vertu ne perd jamais son empire sur les cœurs généreux* Venant de prolester avec une si noble dignité contre un acte qu'il regardait comme funeste à ses états, il s'attendait sans doute à denou't'elles rigueurs; mais son courage avait désarmé Philippe et produisit peut-être plus d'impression sur son esprit, que les instances du pape, du Concile de Bfde, de Charles VII et de tous les princes du sang, qui s'étaient réunis pour tenter un dernier elïort.
Chronifpie de BeiTy, héraut d'armes P. 396. Uist de Cliarle* VII. P. 89.
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Toutefois, en se décidant à rendre René à la liberté, le duc de Bourgogne ne fit que de légers sacrifices à ses prétentions.
A travers l'obscurité qui règne dans une foule d'écrits contradictoires de cette époque, on serait porfé à penser que René avait quitté le fort Bracon pour être conduit à la tour de Bar, et de là dans un château de Lille, puisque au mois de Novembre, le duc de Bourgogne l'autorisa à sortir de cette dernière prison, sous les conditions suivantes;
« I^ De prêter serment entre les mains du « chancelier Rolin, d'être de retour le lendete main de la Noël;
« 2**. De remettre son fils aîné eu otage, et « de fournir en même temps la caution de plu* « sieurs de ses grands vassaux;
« 3**. Enfin, de donner pour garantie, la ville « de Neufchâtel, le donjon de Clermont en Ar- « gonne, et le château de Gondrecourt, qui « seraient rendus quinze jours après la rentrée « de René dans sa prison de Lille.
Mal(^ré des détails aussi précis, nous adop-^ terons cependant comme plus vraisemblable le témoignage des historiens qui ont fixé à Dijon l'entrevue des deux princes. Il parait du moins
Archives de Bnurgogae. Toin. X. P. 707. — ^ Charlier. Hist. do Charles VIL P. 89- — Papon. Tom.Ut. P. 347.