‹ Histoire de René d'AnjouChapitre 27 sur 41 · HISTOIRE (t44i · texte numérisé non relu

HISTOIRE (t44i

litaine» animée d'un honorable patriotisme , s'arma en faveur de René, qui se vit en peu de jours à la tête d^une garnison prête à braver tous les dangers et à défendre ses foyers jusqu*à la dernière extrémité.

Malheureusement , une effroyable £amine, qui moissonna la plupart des habitants de Napies, vint tout-à-coup se déclarer Pauxiliaire d'Alphonse^ comme la trahison l'était depuis long-temps. En vain Caldora, objet continuel de la défiance de ce prince, s'était rallié aux étendards d'Anjou et cherchait à introduire des vivres à Naples^ vainement on comptait sur Tappui et les secours de François Sforce. La flotte aragonaise redoublant de vigilance , ne permit à aucun bâtiment d'approcher et s'empara de tous les convois , tandis que les troupes de terre eh faisaient autant de leur côtéi

Pénétré de douleur à la vue de tant de maux, René parcourait à toutes les heures du jour et de la nuit , les places ou les rues de sa capitale, et apportant lui-même des secours aux indigents, il ranimait leur courage abattu , ou les consolait par des paroles touchantes. Cet exemple fut suivi par une foule de riches seigneurs de la ville, et tous cherchant à seconder l'active bienfaisance du souverain 5 cette vertu ingénieuse inventa sans cesse

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quelque moyen nouveau de soulager la misère générale.

Mais son pouvoir tutélaire devint bientôt impuissant contre un fléau qui y insatiable de victimes, les frappait dans les palais et dans les chaumières , menaçant à la fois Topulent et le misérable , l'adolescent et le vieillard ^ le soldat et le citoyen. Le roi lui-même , manquant de l'absolu nécessaire, se vit, malgré les sacrifices qu'il s'imposait , dans la douloureuse nécessité de suspendre tout secourjs'

public.

Ce fut , dit-on ^ au dernier péiiode de cette horrible famine qu'une veuve infortunée vint implorer la commisération de René, et que ce prince se trouva forcé de repousser sa prière.

Réduite au désespoir , cette femme se rend auprès d'un maçon nommé Annello, chargé de l'entretien des aqueducs deJNaplçs, et qui passait pour être attaché à la cause du roi d'Aragon j elle lui déclare qu'elle embrasse désormais avec ardeur le p^rti de celui qui peut seul ramener l'abondancç dans leur mal^ heureuse ville , et lui confie alors qu'une is-

Ctufridi. Fol. 5t<. RufR. Hist. dé» comtes de Ptovèiicc. Fol. 365. Dégl^. III. p. a38. Burigny. II. Morcri. III. Fol. 85. M«ru« na. Hist. d^Espagnc. 368.

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