TOME I
Bommë;^ la belle Alizon du May^ dont il eut plusieurs enfants.
(Il habitait alors une maison bourgeoise située dans h) grande rue). Cette conduite lui ayant aliéné Taffection des Lorrains, Charles mourut sans être regretté, le Î23 ou le 25 Janvier I43I. On assure même que le peuple de Nancy insulta à sa mémoire en accablant Alizon de mauvais traitements, ou en la faisant mourir.
Marguerite survécut à son époux jusqu'au 26 Août
Ils avaient eu, dît-on, trois fils, Charles, Ferry, et Robert (ou deux seulement nommés Louis et Rodolphe,) mais qui étaient morts avant I4I9.
Marie, Taînée de leurs filles, épousa Ënguerrand de Coucy et mourut sans postérité.
Catherine, la seconde, fut mariée en 1126 à Jacques, marquis de Bade, au quel elle était fiancée depuis longtemps; elle avait renoncé à la succession de lacouronne: d'autres ont aussi prétendu qu'Isabelle était l'aînée des princesses. Simphorin Champler assure même qu elle était fille unique.
Charles de Lorraine fut inhumé à Tentrce du chœur de Saint Georges de Nancy, où Ton voyait son portrait ainsi que celui de Marguerite, dans un bas-relief représentant r adoration des Mages. Leurs fils Rodolphe et Louis avaient leurs effigies sans inscription, auprès de l'autel Saint Michel.
Voici des vers composés sur la mort de Charles de Lorraine, que nous avons retrouvés dans uue note aiianuscrite de Dom Calmel:
L'an mil quatre cent et trente ans.
Le mardi, lendemain de la Saint- Vincent, * En commençant à faire moult grand bruit, Que c'estoit la plus grande merveille,
Qu oncques on n'en vit la pareille, Et en même jour et propre heure.
Car en peu d'heures Dieu la heure, Charles, nostreduc de Lorraine, Commença sa dernière haleine, A laisser et à prendre fin; Car le mercredi hien malin, De celtui siècle trespassa , Et de celui jour ne laissa, De faire le plus grand moleste De foudre, de vent, et tempeste, Que les tuiles, écaillent, ahattenl.
Tellement, à si grand brandon , Qu'on n'osoit issir des maisons.
Jusques au jeudi bien matin.
Que de Saint Paul fut lendemain, Et ce, vous ai dit tout le vray.
Prions Dieu, le tout-parfait.
Que son àme, cum omnibus sanctisj Veuille loger en paradis,
Amen (*).
(9) Le préambule de cet acte qui est très long et très détaillé, commence ainsi:
(( St.-Mihiel, 13 Août 14 19,
c( Ayant égard à la grant proximité de lignage, dont « nous atteint, tant par père que de par mère, nostre
( Hist. de 2a \ille de Nancy Tom. 1er, T*. 96. — ^otfri Tom. ÎII P. 861. Art. de vérifier les dates. Fol. 6^5 — Champier. Chroniques d'austrasie FoL65. — Abrégé cbronelogique de Thist. de Lorraine , tome le^. p. 184. — DomCalmet, histoire de Lorraine, tome IL foL 655 K 704- — Biographie universelle , tome VIIL p. i44- —Hist. d'' Allemagne, tome Vil. p. 99. — BcUeforest, annales de France, p. 36k. — Baleicourt, origine delà maison de Lorraine , ete. etc.
u très eliier et tpès amé nepveu messire René oomte d» « Guise, filz de feu nostre seig^neur et cousin , le roi de a Séçile, et est isseu de hault rang et lignage royal des a couronne de France, de Sécile et d'Arag;on; encor d« M. deux costez du sang impérial... Puis 9 plusieurs aultres K grandes causes, justes et raisonnables à ce nous mouce vant, etc., etc. »
Le mélange de cuivre et d'argent dans les monnaies de Lorraine ne remonte pas au-delà de HI9,qui fut aussi, dit-on , lepoqne où le duc Charles s'attacha à Alizon du May. .
Devenu tuteur de René , ce prince admit dans ses états la monnaie noire ou de bas-billon^ en usage dans le duché de Bar, et les barbeaux accolés aux alérions de Lorraine y parurent également alors.
Le cardinal permit à René de porter Técusson d'Anjou sur les armes pleines de Bar.
Le traité^ ratifié par Yolande d'Aragon 9 an sujet da douaire dlsabelle de Lorraine > était ainsi conçu:
Louis, etc., salut...
« Le bien de la paix est le plus excellent de tons « biens. Isaye> le prophète ^ le démontre en ses prophé- « ties> où il appelé N. S. J. C. pour lors à venir, prince de K paix 9 en la nativité duquel la compaignie des angei « chantent gloire au ciel et paix en terre.. »
a Désirant de tout nostre cuem* icelle paix, et pour « ee que es dutîhés, pays et seignouries de Bar et de a Lorraine qui sont joignant, enclavés et marchisants <i Vun et Taultre, en plusieurs parties d'iceux» comme « chascun sait du temps passé , par pluineiirs fois et n longuement j par hayne , méfaicts et autrement, par (( linstigation de Vesprit malin, effusion de sang, fea K bouttez et aultr«B maux innombrables se sont ensuis; K et semblablement se pourraient ensuir de jour en
« jour si remède n'y csloil mis ponr à ce obvier, ré- •( sister, et entretenir les dits deux pays et seigneuries <( en bon amour, accord, paix, unité et tranquillité, <( avons appointé le mariag;e de René d'Anjou et d'iaa- « belle de Lorraine , etc. eic. »
René devait î^voir Pont-à-^lousson et d'autres terres pour l'entretien de sa maison. On assigna comme douaire à Isabelle une somme de cinq mille francs de rente, réductibles à quatre mille, si le duc de Lorraine avait un fils. Plus quarante mille francs une fois payés (*)»
(10) Henri de Ville ( Valla-sor-Illon, ou Ville-surlUon ) était allié aux maisons de Lorraine et de Bour« gogne par un de ses aïeux, Érard de Ville, régent de Lorraine sous Thiébaut L**^ et marié à Élizabeth de Bourgogne. Montagu-Raoul, duc de Lorraine, dans un acte de LliS, appelle Jean IR de Ville son cousin ^ et Charles II nommait de même cousins et parents ^ Philippe et Henri, évèques de Toul.
Ce dernier, qui succéda à son frère en 1409, étail le dernier enfant de Jean, sire de Ville, et de Humbertu de Parrois.
Elevé avec le plus grand soin auprès de sa vertueuse sœur Phillipe, doyenne de Remipemont, le jeune Henri fit de si rapides progrès dans ses études, que le duc de LoiTaine demanda pour* lui , quoiqu'il fût encore très jeune, un canonicat et la dignité de trésorier de r église de Toul. Le chapitre Payant dispensé de sqn stage , lui fit une pension de quarante florins d'or.
Henri se trouvait clerc de chambre du pape Benoit
(*) Hist de la ville de St. Mihiel, fol. 170, — Archives d« Lorraine, Layette, Bar. Jérôme Viguier , véritable ori{;iu« de la maison de Lorraine, p. i-j^.
XII, lorsque son frère mourut à Perpignan. Ce souverain pontife seconda aussitôt le désir manifesté par le duc de Lorraine , de voir Henri occuper le siège de Toul; il lui donna une dispense d'âge, et lui fit expédier ses bulles où il est dit, «que le jeune prélat tirait « son extraction d'une famille fort illustre alliée àceld. les de Bourgogne et de Lorraine. »
Sacré le 20 Mars 1109, à Perpignan, devant kpape^ et toute sa cour> Henri arriva à Toul au mois de Mai,, et peu de temps après, par des motifs qui nous sont in-^ connus, il se brouilla avec le duc de Lorraine. Mais le cardinal de Bar les avait réconcilia avant le mariage de René, et depuis ils furent pleins d'attachement Vwot pour Vautre.
Ce fut Henri de Ville qui vint présider aux obsèques: de Charles, en 1430.
Après la bataille de Birigné ville, ce prélat n'épargna rien pour obtenir la liberté de René. Quoique très incommodé de son excessif embonpoint, il alla le voir à Dijon, partit pour Lyon où se trouvait le roi de France et fut aussi membre de la dêputation envoyée à Arras.:
Ce fut lui qui baptisa Marguerite d'Anjou à Pont-à- Mousson.
Nommé prince de Tempire par Vempereur Sigis» moud, (ainsi que l'avaient été ses prédécesseurs), Henri obtint du pape et fit approuver par le concile de Constance, une bulle ordonnant qu'on ne pourirait être reçu chanoine de la cathédrale de Toul, si Ton ne prouvait quatre degrés de noblesse^ à moins qu'on ne fut docteur, ou bachelier en théologie et en droit.
Ce vénérable prélat mourut le II Mars 1136, dans son cliâteau de Livcrdun , entre Toul et Nancy. Son corps d'abord déposé en Téglise de cette petite ville, fut transféré à Tabbaye de St. Mansuy, et enfia
le 18 Mai's à Toul, où l'on érigea son tombean dans le chœur de la Cathédrale ^ avec une longui^ épitaplie.
Henri avait léjjué à son église un tiers de son patrimoine^ (soixante florins d*or), un tiers aux pauvres , le reste à ses parents.
Les armes de Ville sont de {jueules à la croix d'or C')- (II) Antoine de Vaudémont épousa, en 1417, Marie d'Harçourt , comtesse d'Aumale , dame d £lbeuf » Krionnc, Lisle-Bonne, Mayenne, etc.
(( Surnommé V entrepreneur ^\<i ee prince, dit Cham- « pier-, estoit hardy et preux, que c'estoit chose mer* (( veilleuse, car en guerre- il ressembloit ung aulti^e « Themstocles athénien*
Antoine qui s'était trouvé à huk batailles rangées-^ et avait eu le rare bonheur de n'être jamais battu, était d'une riche et haute taille^ d'un port grave,maje:ïtueux, et s'était endurci de bonne heure aux travaux.de la guerre. « Ami de justice et de droiture, ajoutent leshis- « torieas, il estoit sensible aux misères des pauvres. »
Mort en IM7, ilfut i^ihumédaus un caveau du chœur d© l'ancienne collégiale de Vaudémont.
Marie d'Harcourt, sa veuve, (née en 1398, et qui lui survécut jusques au 19 Avril 1476 )j avait pris une part active aux expéditions guerrières d'Antoine. On racontt que nouvellement relevée de couches, elle monta è cheval, arma plusieurs seigneurs et contraignit les ennemis à lever le siège de Vaudémont.
Comblée d'honneur et de gloire, Marie d'Harcourt mourut avec le beau titre de mére des pauvres,
(*^)Ilist. delà ville deToul. 5i3. — Antiquités delaGauIc Lcigir|ue, fol. 480. - Ooiû Calmet , hist. de Lorraine, tome II. loi. 74'^* "47* — IJist. ecelaftiastique de Tout par le père Benoit, p. Soi.ôa^ •*«•
5^1 KOTlîS.
Ii8 caveaa dam lequel elle avait été ensevelie au près de son époux ^ ne fut point fouillé lors do la démolitiim Ses murs de la collégiale; mais un éboulement le mit à découvert^ et Ton vit les deux corps posés sur la même planche. Les habitants de Vaudémont le^ regardèrent avec une religieuse vénération^ et Tun deux ayant voulu s'emparer d'un d^s ossements^ on l'obligea à le replacer sur le champ ^ et le caveau fut comUé (*).
(12) (( Le duc Philippe ayant appris que Charles de (c Lorraine était en marche pour lui rendre visite ^ en- « voya devant luijusquaNeufchâteau,^//iié£ottr^eoû (( et deNoidant, son trésorier, pour le recevoir et ledé* « frayer. Il ordonna en même temps à Gérard de Boora bon^ bailly de Châlon, de lui remettre tous les har- « nois et ornements des joutes, afin qu'il pût faire une <t entrée plus brillante à Dijon. A son arrivée» Philip « fut à sa rencontre > VaceueilUt avec toute sorte de <c politesse, et fit célébrer de grandes fêtes pendant son « séjour. »
a Dans un tournois qui eut lieu à cette occttaioB, k « duc de Bourgogne parut habillé de tafiEetas vert, avec a cette devise: Pour la servir. Il {portait un autre jour « sur ses vétemens gris et blancs, ces mots: /îo^deGonJ.»
Le duc Charles fut si satisfait de cette réception, qœ dans des lettres du 5 Mai I42I, il promit de^serrô Charles VI et le roi d'Angleterre, quoiquiln'y fat point tenu par son duché etc. etc. (*)
( 13 ) Le bâtard de Vaurus ou Vauru, gouvemear
(^) Hist. gén. des maisons souveraines de TEurope. M. Viton, tome II. — Le père Anselme, hist. des gr. offî* II. fol. i96i. Mo» tévi , tonibler. foi; i5a. — Id. III. fol. i3i. 356. 8oo — ^hist.deU maison d^Harcourt, tome II. p. 4^3.
{**') Don Plancher , histoire de Bourgogne tome IV. p. 5t. — PrCH' Tes P. XSL
N0TE6. SqS
deMeaux^pourCharles YII, guerrier sombreet féroce, se signala surtout par ses cruautés. Il faisait suspendre ses TÎctimes à un orme qui perpétua pendant plusieurs années le souvenir de sa barbarie ^ dit M. Lebrun desCharmettes.
Ce monstre reçut enfin le sort qu'il méritait.
f( Le S Mai 1131^ fust le bastard de Yauru, trainé « par toute la ville, et puis la teste copée^ et son corps <c penduàun grosorme. (le même qui portait sonnom). » n Tout auprès de luy fust pendu ung larron murdrier a (meurtrier ) appelé Denis Vauru, lequel se nommoit « son cousin, par la grant cruaulté dont il estoit plein ^ (c car on n'ouist jamais oncques parler de plus cruel « chrestien. w
Le père Montfaucon dit que le roi d'Angleterre fit couper la tête au bâtard de Vauru et à son frère Pierron deLupy, gouverneur de Meanx, puis pendre leurs corps à un arbre. Mais selon le savant Bénédictin^ cet acte de justice aurait eu lieu en I122.(*)
( 14 ) Née en 1404 , Marie d'Anjou promise à Jean de Baux, prince de Tarente > à l'âge de cinq ans, fut fiancée en I4I3 à Charles YII, alors comte de Ponthieu, qui Tépousa en 1422.
On conaît les services que rendit a son époux et à la Frane^^ cette reine au-dessus de tout éloge, mais qui ne fut point heureuse dans son intérieur. Supportant cependant avec une rare patience et une dignité non moins admirable,la froideur de Charles VU» poussée au point quelquefois de ne pas lui adresser la parole, jamais on ne vit Marie d'Anjou s'en plaindre ni en murmurer. Sa conduite trompa ionjours les coupables espé-
{*) ( Hist de Jeanne d^Arc, tome !•% P. 63. — Journal d^an bourgtois de Paris , p. 84*— Monimieiits de la monardne. ^. III foh 1 78)*
rnnces du dauphin et des mécontents qai voulaient lui faire quitter la cour. Adorant Charles, inconsolable de ba perte 9 elle ne passa pas un jour de son veuvage sans allor pleurer sur sa tombe.
Modèle des épouses et des reines^ femme héroïque» mère des pauvres et des infortunés , elle jouit toute sa vie de cette vénération que la malignité- ne peut arracher aux nobles vertus^
Après avoir fondé deux hôpitaux et un collège à Bourges, Marie d'Anjou eut le désir devisiter en pèlerinage l'église de St. Jacques de Compostelle. A son retour eUc tomba malade dans labbaye de Châteliers en Poitou, et V mourut le 29 Octobre 1163. Elle fut ensevelie àPàrû, dans la chapelle de Charles V,
Un. dessin gravé dans les monuments de la monarchie française j (d'après un original appartenant à M. de Mautour) représente Marie d'Anjou. Elle parait très blanche , maigre , avec de grands traits et peu de (îheveux. ( M. d'Aigrefeuille^ président à Montpellier, possédait le poëme manuscrit des douze périls iTenfer présentéà la reine en 1438, par messire Chapelain, goaverneur du duc de Berry^ son fils. On voit cette'princesse assise sur son trône ^ dans une des miniatures de ce manuscrit ).
Ou a prétendu qu'elle était désignée sous le nom d'Argine^ ou Régina^ de la reine de trèfle, dans les jeux de cartes devenus fort à la mode pendant le règne de Charles VI. Agnès Sorel était^ dit<on^ la dame de carreau , Isabelle de Bavière la dame de cœur, Jeanne
(Hist. gén. (le la maison de FraiiccLe père Anselme, tome , I*«rfoI, 117 —• Dreux du Radier, Anecdotes des reines de France, tome ,111,
P. 173. -^ Hist, de France. tome , XVII , P. i5. — Heures mamiscri* es du roi René. Ste. Paiaye tome. III. — Honneurs de la [cour, Ste
Foix , essais sur Taris. Montfaucon.t tome, JII , fol. oSo, pi. Co^etc^
NOTES. SgS
d^Arc, la dame de picpie, Charles VU, la Hite^ Danois ^^ Hector de Galard etc. les rois et les valets ).
Marie d*Aujbu avait pour grand maître d'hôtel, Har* doin de IVIailli, et pour grand pannetier, ëcuyer d'écurie, Jacques Odon de Maulevrierque Bené aimait beaucoup. En 1436, son écuyer tranchant était messireFran-^ çois Duplessis, seigneur de Richelieu.
Charlotte Bourgoing et Anne de Beauvau furent ses dames d'honneur. La première épousa Jean Soreau ou Sorel^ frère de la célèbre Agnès ; la seconde, Philippe de la Rochefoucault.
( 15) Sa mère étant enceinte de lui, avait séjourné quelque temps à BrignoUe où les comtes de ProvenccL possédaient un palais; mais elle accoucha à Angers lei 23 Septembre 1403.
Fiancé successivement à Catherine de Bourgogne, à Isabelle de Bretagne, fille du duc Jean yi,età Margue^ rite de Savoie , il épousa cette dernière princesse par procuration^ le 31 Août I43I> et£ut représenté par Ber-^ trand d^ Beauvau.
n mourut dans la disgrâce de Jeanne n, reine de. Naples, pour lui avoir parlé aveaune rare franchise sur sesdéréglement3.Elle le pleura cependant^ et se repro-^ cha les chagrins qu'elle avait pu lui occasioner. Ce fut le 13 ( ou 21 Novembre 1434 )^ que IiDuis III mourut à Cosence en Calabre, d'une fièvre pourprée, ou selon d'autres auteurs, de la grande chaleur qu'il avait ressentie dans ses voyages. On attribue aussi sa mort à un excès d*amour pour la reine son épouse. Jeanne ne voulut point que le corps de ce prince fût transporté hors du royaume y et la noblesse d'Anjou n'obtint qu'avec peine que son cœur serait envoyé à Angers.
Dans son testament en date du 13 Novembre 1433^ Louis m veut que k tout honneur soit porté à Margue-*
Sgô NOTES,
« rite de Savoie, jusqu'à ce qu'il lui plaise de retonr- « ner chez le duc son père. »
( Peu d'années après elle, se remaria avecLouisIVdt Bavière, et eu 1132 elle épousa Ulric YII^ dit le Bien- Aimé, comte de Wurtemberg. Elle mourut à Sttittgard le 30 Novembre 146!). )
11 existait à Aix dans le cabinet de feu M. le président
de St. y inceus, un manuscrit in-folio , intitulé ;/?d|g;^^nim
Ludovici III ^ ou recueil des lois et lettres émanées de
1 autorité de ce prince. Il commence à Rome le 10 Août
1423, et finit le 6 Septembre 1434.
La devise de Louis m était un bras sortant d'an nuage, et tenant une balance. On lisait ces mots en«deisous: jEqua durant semper.
Dans un dessein publié par le père Montraucon, le prince est assis sur une chaise d'une forme élégante, en robe longue, le front ceint du bandeau royal, et tenant ses gants à la main. Le fonds du tableau- est un azur semé de fleurs de lys- Marguerite de Savoie était représentée sur Fiin dei côtés du tombeau de son père et de Marguerite de Bourgogne. Ses vêtements ressemblent à ceux des princesses d'Orient. Elle portecomme elles un turban entouré d'un voile attaché sous le menton^ et un grand manteletà marches ouvertes (*).
(16) Jean IV (ou VI), dit le Bon et le Sage, époux
('*') (Le père Anselme tome !«■'. fol aBo. Heures mannscrîteft deReotf» Bouche, histoire de Provence , tome II. fol. 4Si* — (vanfridi, hÛL dt Provence, fol. 297 , Liv. VII. Pitton, hist. de la ville d^Aix, loi aai. — Pàpon, hist. gën. de Provence terne III. P.S14» Morëri tome. 3, loi. 558. — Burigny^hist. des deux Siciles JI. P. 3i8. — llonth». coTi, III. fol. 378. )) auche XXX. fîg. -a. fol. 5a.
de Jeanne de France, fille de Charles Vn, mourut en 1U2.
L aine de sies fils, François P% avait épousé en IlIO Yolande, sœur de René; mais étant mort le Vendredi 17 Juillet 1450, Pierre 11 > son frère cadet lui succéda. Celui-ci étant ég^alement mort sans enfants, le 22 Sep. tembre 1457, Artus, comte de Richement, le troisième des enfants de Jean lY, hérita du duché de Bretag;ne. Il était encore alors connétable de France, et ses barons cherchant à lui remontrer que ce titre était au-dessous de son rang: — Je veux, répondit Artus, (c honorer dans ma vieillesse, une charge dont « j'ai fait gloire pendant mes jeunes années. »
Artus mourut le 26 Décembre 1438, ne laissant point d'enfants de ses trois femmes, Marguerite de Bourgogne (veuve du dauphin Louis de France), qn*il avait épousée en 1423; de Jeanne d'Albret, en 1442, et de Catherine de Luxembourg, en 1445.
François 11, fils de Richard, comte d'Ëtampes, qua^ trième fils de Jean II, succéda à Artus. Ce prince avait épousé sa cousine germaine, fille du duc François I***, et d'Isabelle Stuart sa. seconde femme. Il se maria en
secondes noces à Marguerite de Foix, dite Sein^e-Lys,
dont il eut Anne de Bretagne.
11 mourut le 21 Août (on le 9 Septembre) 1488,
ayant pris part à toutes les guerres comme à toutes
les intrigues de son temps (*).
(17) <( Fust icelle pucelle baillée à la royue de Si-
<( cile, mère de la royne nostre souveraine, et à cer-
K taine dames y estant avec elle, dont estoient les da-
K mes de Gaucourt, de Fiennes et de Trêves, (selon
« Jehan Pasquerelle). »
(*^) (Anselme hist. des gr. ofT. tome, Ier.fol. 4^7. — Ârl de v«rite le» dates, foL 701. — Moréri. lit. ûil. 8i5.
Le seig^neur de ViHars^ sénéchal de Beaucaire > déclare daus sa déposition a que la susdite dame de Sicile <( rapporta sur sa foi et conscience que la vertu de « Jeanne n'avoit souffert aucune atteinte^ et estoit (( présent le seig^neur qui dépose quand la royne fist « le rapport. »
Scliakesp'êar> sans doute d'après quelque tradition contemporaine , fait jouer à René d'Anjou le personï\a.ge de Charles YII, lorsque Jeanne se présenta devant ce monarque qui avait voulu se déguiser afin de s'assurer de la réalité de sa mission.
Dans la tragédie de la Pucelle d'Orléans par Schiller., il est aussi souvent question de René; mais le poète germanique n'en parle que comme d'un vieux prince occupé à garder ses troupeaux et à envoyer ses clian- 4eurs à Cliarles VII.
Au reste^ cet anachronisme n'est pas ce qui doi frapper le plus dans une pièce où Théroïne meurt au milieu d'un combat (*).
(18) Voici la teneur de ce traité:
« Henri, par la grâce de Dieu, etc., savoir, faisons: « que par considération de ce que nostre chier et très t( amé cousin, le cardinal de Bar, tant pour lui» et « pour ses terres et seigneuries qu'il tient de nostre a royaume de France^ comme pour et au nom de nos- (( tre chier cousin et amé le duc de Bar, son neveu, et <( des terres et seigneuries qu'il tient de nous au dict « duché de Bar^ par vertu du pouvoir donné en ceste (( partie par lettres d'icelui nostre cousin, le duc deKar, x( nous a aujourd'hui ( es mains de nostre ti*ès chi^
(^jHist. de fraBce,tome 14. p. 3n8. — Bellefbrest foL 897. Bist de Jeanne d'Arc, I«^ p. 411*
( Voyez Tlicâtre de Schakcspëar Henri VI , I" partie. — OEanet de Schiller, tome, III. Acte II scène II. p. 24 etaS. ( traductiioa d^ M. de Barantf. )
NOTES. 5f)Ç)
(1 el 1res amé oncle Jehan, régent noslre royaume de (( France, duc de Betford), faicl la foî et hommage (( que iceulx nos cousîns esloient tenus de nous faire « comme leurs prédécesseurs ont accoustumé de faire « ez temps passés, à nos prédécesseurs les roys de (( France....
« Accordons, et permettons par ces présentes, bonnes a amitiés, union, voisinage, concorde, et communica- « tion estre et demourer dorénavant entre nos subjects (( aux royaulme de France, et iceulx desdicts pays de u Barroys, non comprises en ce, les consentants el les « coulpahles de la mort de feu nostre cousin, le duc (( de Bourgogne dernièrement trespassé (*). 5 Mai 1125.
(19) Arnaud ou Renaud^ baron de Barbazan en Bigorre, était fils de Meinaud, sire de Barbazan, et de Rose de Menas. Attaché de bonne heure à Charles Vï, Arnaud se signala le 4 mai 1404 dans un combat singulier de sept Français contre sept Anglais devant Montendre en Saintonge, où le chevalier de l'Escale, chef des Anglais, fut étendu par terre d'un coup de lance de Barbazan.
Le I" Janvier 1414, ce guerrier fut choisi par Jean de Bourbon, comte de Clermont, pour l'un des seize chevaliers français qui devaient répondre avec lui au cartel de seize Anglais, u afin, dit le défi, d'eschever « oysiveté, expiée ter sa personne, et la grâce de la « très belle dame dont on est serviteur. »
H Les \aincus devaient porter à la jambe senestre un (( fer de prisonnier, pendant à une chaîne d'or ou fi d'argent, chaque dimanche, et l'espace de deux ans « entiers,à moins qu'ils ne trouvent pareil nombre de
(*) Trésor des chartres, archives du royaume, tome, VII i. N°. 27.
4oo NOTES.
« chevaliers de nom et d'armes sans reproche, qu'ib c( déconfissent à oultrance, et avec lesquek ils eschan. H geront les fers contre un bracelet dor ou d'argent. »
La bataille d'Azincourt où périt Jean de Bourbon avec la plupart des chevaliers désignés, empêcha lexécution de ce défi.
Membre du conseil de Charles VH, alors dauphin, Barbazan avait été, dit-on> présent à la mort de Jeansans-Peur à laquelle il ne prit aucune part. En 1420, il défendit Melun avec Bertrand de la Tour-d'Auvergne, contre le dub de Bourgogne, et plus tard Helan avec le duc de Bourbon. Béduit à la dernière extrémité, n'ayant plus de trompettes, il faisait sonner les cloches de la ville, donnait Tordre de la chevalerie à ses officiers pour les encourager, et combattait avec eux dans des contremines. Il se rendit enfin, à condition d'avoir la vie sauve et la liberté sans rançon. Mais le roi d'Angleterre, faussant sa promesse, fit la garnison prisonnière et jeta Barbazan dans un des cachots de la forteresse de Château-Gaillard. Il v demeura neuf ans, dit Martial d'Auvergne:
Et là fut trouvé enferré, Dans une fosse, Barbazan, Où neuf ans avoit demeuré.
Par lettres patentes de Charles VII, Barbazan, proclamé le restaurateur de la couronne^ eut le droit de porter les armes pleines de France au lieu des siennes qui étaient d'azur à la croix d'or. Cet illustre capitaine avait épousé Sibille de Montant. Leur fille unique Odine (ou Oudine) s'étant mariée à Louis de Faudoas (dont les ancêtres se disaient les premiers barons de Gascogne),Charles Vn permità ce dernier, le 28 Juillet 113 !• d éearteler ses armes de cellos de France sans brisure
Eeraud de Fodoas fut ainsi que son père Louis^ sénéchal d'Agenaîs et d'Armagnac (*). '
(20) Voici la teneur de la déclaration de René.
<( Hault et puissant prince, duc de Betford, je René, « fils du roi de Jérusalem et de Sicile, duc de Bar, t< marquis de Pont, comte de Guise, vous fais assavoir, « que comme très révérend père en DieUj mon très a chier et très aimé oncle^ le cardinal de Bar^ se a soie depuis peu de temps en çàj sojren sa personne j, « transporté par devers vous, pour plusieurs besoif( gnes et affaires, et entre autres choses ait par mqy c( et en mon nom et par vertu de certaines mes let^ « très de procuration par moi à lui données, fait en M. vos mains, comme vous disailt régeiit le royaulme de « France, foi et hommaige des terres, et seigneuries « que je tens en fiefz de la couronne de France, et de « ce, vous ayt promis obéissance, comme mes prédé- « cesseurs oilt aecoiistumé faire an temps passé au royd <( de France, ainsi que mon dit onde, m'a de ces choie ses certifié par ses lettres closes, ( et que depais cet (( choses ainsi faictes, aye tout ce que en ceste partie a (( été faict par mon diet oncle nu regard de ce que dict « est, confirmé, ratifié et approuvé par mes lettres pa- « tentes, à vous sur ce envoyées), Je ^ peur certaines « causes qui ad ce mont meu et émeuvent , aj dès « maintenant et pour lors renoncé et renonce, par « les présentes, pleinement et absolument à tous les
(♦) ( Vojcz Moréri , tome , I«^ fol 6a4 , ib. t II , fol 16 . 1 V, fol. 8a6,— Méthode de blason p. 3 1.— Essais historiques sur Paris, II < p. 3a!i. — Art de vérifier les dates, fol ^aS. — Monstrelet, III. fol. 53. — Alaii» Chartier hist. de Charles Vil , p. 4. — hist. de Jeanne cTArc, tome . Ie>- , p. 7a «tome II .p. 38 i. — Andrë Duchesûe hîst, de la maison de Hichclieu.— Octavien de St. Gelais «séjour d'honneur.— Dict his.. ^^riquctome II, p 228. Chn de St. Denis. \ igiles de Charles Vil etc.