LIVRE II
(I) BuUeinville, Bleinyille,Boullaiaville,BiillegncTiIleauxXhastelet, (Bellemale^ dît Martial d'Auvergne), oa plutôt Bulgnéville ,est un petit village agréablement situé non loin de la Meuse et dans Tancien ^ocèse de Tonl (département des Vosgjes). La seigneurie en a succès* sivemcnt appartenu aux familles de Beaufremont, da Châtelet el de Ludres. Elle fut érigée en marquisat, Tan 1708, en faveur de Louis de Salles, bailli de Pont-à- Mousson^ dont le quatrième aïeul commandait quatr» cents lances sous les ordres du sire de la Trémoaille eih voyé pa/" Louis XI au secours de René M.
Une tour crénelée de l'ancien château existe encore ; le moderne appartenait à la familière Ludres.
Le village de Saulxures dominé par un bois considérable, n'est qu'à vingt minutes de BulgnéviUe. Da côté opposé, on voit au loin s'élever sur l'horizon la vieBte tour de Beauf remont (ou Beffroymont) distant d'environ une lieue. Toutes les collines qui couronnent la plaine circulaire de BulgnéviUe sont entièrementboisëdi, et Ton y découvre les ruines de la forteresse dela9b)tli&, Sandrecourt, etc. (*)
{*) Voyez snr Bulgaéville et cette bataille ,
Abrégé chronique de Lorraine , teme II, p. 75. •» Voyageur firaii- Çais^ toute 38, p. laS. — 'Moostrelet, tome II, fol. 6a. — Boncbe, hist. de Provence, tome II, fol. 4^^* — Chronique de Prorenoe» ol. 5^7. — Art de vérifier les dates, fol. 67$. — Bonrdigiié, feli4i' Belleforest, 36o. — Tablettes historiques, tome V, p* 107 Rufn, — hist. des comtes de Provence, foL 354» — Gauiindi , felt 3pi« -** Fabcrt; hist. des ducs de Bourgogne, tome r«r, p. gSt -r
NOTES. 4o7
(2) (( Voici, (lit Monslrelel une, rimaille faicle au su- <( jet lie celle journée. )>
Deux jours après le mois de Juia^ Enlre Saulvure et Ileauffremont, Antoine comte de Vaudëmonl Avec le marcclial de Bourgogne, Gagnèrent la duie l)esQngne Oii le bon duc René fust pris, Avec plusieurs de ses amys.
Plusieurs furent morts sur la placer Je prie Dieu leur faire grâce.
Mais chascun devrait bien maudire Ceux qui laschement s'enfuirent...
Car pour eulx endurons grant paine^ ^ En Barroys et en Liorraine> Dont le noble duc estoît sire.
Qu'aux prisonniers doint délivrauce.
Et aux trespassés allégeance Et aux eschappés bon couraijge, De rempirer le dommaige.
(3) Talent ou Talant, village sur les hauteurs qui environnent Dijon, était dominé par un château très fort.
Près Dijon, valant maint Talent, Est le château nommé Talent , Lequel est quasi imprenable, dit Fauteur des blasons,
Ce château qui fut réparé en 1416 par le duc Jeansans-Peur, avait été habité par le roi Jean dont plusieurs lettres, sont datées de Talent en I36I.
Philippe-le-Bon y construisit deux tours en 1420, cl en fil consacrer réglise,le 7 Juillet 1430*
Dégly , hist. des rois des deux Siciles , towfe lil , p. i58. — Olivier , de la Marche, p. 5o. — Paradin.fol. 810. — DomCalmet.uotioes sur Ja Lorraine, lome I^foJ. 182. 'j/^5. — MontfauCQD, tome lll> fol. 707.
<o8 NOTES.
Lorsque le duc Jean fut exhumé et conduit à Dijoa eu 1420, ((( le visage couvert de son bonnet, yétn de K son pourpoint^ et ses houzeaux ou bottines aux jam-- « bes)^ » le maire de Talent fiil obligé de fournir six queues de vin au prieur des Ciiartreux^ le jour des obsèques du prince.
François P^ dîna au château de Talent, le Mardi 26 Février I52I, en allant à Dijon.
La garnison de Talent^ occupée par les ligacors, et' commandée par le vicomte de Ta^'annes, osa tirer sur Henri IV,. en 1593, quand ce prince fit son entrée à Dijon. Tavannes exigea mille^écus pour la reddition da ehâtcau de Talent que le roi fit démolir en 1607. lin en reste plus de ruines.
Tout auprès de Talent, dît André Favin^ était le manoir des Druides; la fontaine et le four des Fées, son^ aussi dans les environs (*).
(4) Bracon, château fort près de Salins, paii^t dans Torigine avoir été bâti pour protéger les salines de cette ville, mais oi> ne connaît pa» l'époqne certaine de sa fondation. Le titre le plus ancien où il en soit question j et une donation faite par Slgismond, roi de Bourgogne en 515, à labbaye d^Argonne, ( St Hanriee en Valais y, où parmi les nombreux domaines dont ce prince enrichit ce monastère, on troiive> a Salinum K Cum castra Bracon. ))Ce château fut ensuite inféodé à Albéric de Narbonne, comte de Maçon, dont le fils cadet devint sire de Salins.
Celui-ci ayant épousé Christine de Bourgogne, quitta le séjour de Bracon, ou ses successeurs ne vinrent plus que rarement.
( Dictionnaire de Bourgogne. — Courte-Epée, tome H , p. Sgt)* — BUsons, p. 362. — Dom I JancherIV,i6. — F avio^ théâtre d*boii^ neur, p. 35i.
La décadence de cette forteresse remonte au XIÏF siècle, sous Jean de Châlons, mort en 1269. Elle ne fut plus alors qu une prison. Une procédure de Tan I39I, prouve qu on y faisait subir des interrogatoires aux criminels d'état^ et qu'on les y mettait à la question dans une (c chambre de costé le gi^and palais. »
Eu 1 431, ce château était assez bien conservé pour y enfermer des prisonniers^ 11 fut détruit et rasé en 1492, après la bataille de Dornon. Il s'en allait tout en ruines, en 1592^, dit GoUut^ un des plus anciens historiens de la province. Toutefois^ à Tépoque de la guen^c des Suédois en 1636, on en voyait encore une partie. A peine y trouve-t-oa maintenant quelques pans de murs- La ville de Salins ayant été inoendiée à plusieurs reprises, le plus vieux registre des délibérations ne remonte quà Tannée 1452 > et les archives n offrent rien de relatif au séjour de René à Bracon.
Ce château était situé sur un plateau qui domine la vallée de la Furieuse en ayant de Salins.
St. Claude naquit, dit-on, sur la montagne au fut bâti le fort Ihacon. L abbé d'Olivet était de Salins (*).
(5) Littre du conseil de Bourgogne séant à Dijon > contc*nant la garde du duc de Bar au ci)àteau de Bracon:
« Trcs cher et spécial amy, tantost ce soir, environ « neuf heures de nuict, sont venus nouvelles par per- « sonne seure et subjette de Monsieur ( Philippe ) qui « vient devers Bar-le-Duc, et a parlé à un homme por- <i tant la potence ( bannière ) de monseigneur St. Ance thoyne, comme messager d'icelle religion, qui ayme (( bien Monsieur^ et lui dict: qu'il avoit aceupour cer-
(*) Notice manuscrite suf Bracon. — Gollut, hist. de Bourgpgue^ p. 96. — Hist. de Salins, tome II, p. 9. — l'iganiol de Ja Force, tome XIII, p. vS; .
(( tain, que ung Allcmant qui fusl prisminier de M', lo « maréchal à la bataille ilc Bar^ avoit esté k Ssdias, er <( avoit Ycu monsieur rie Bar, quand on le trahit de la (( siulnerie pour le mener à Uracon.. lequel Allemaat « disoit et se ventoil, que s'il povoit finer de huit hom- (( mes d'armes, qu*il ne fer oit point de doubte qu'il ne (( trahît ( sortit) W, de Bar du dict Bracon^ et qu'il ne (( le rendît dans la ville de Bar, veu la garde qu'on y (( faisoit.. et disoit, celui qui a apporté les dictes nou- (( velles, que desjà, W. Robert de Beaudricourt avoit « assemblé au lieu de Gondrecourt cent quinze hom- (( mes d'armes j et disoit que le dict AUemant avoit faiet u deux à trois bâtons, chascun d'ung pied et demi de « long, du gros d'une lance... et lesquels bâtons on eu- (( velopait par peliles liesses de parchemin ou de papier^ (( enroulées autour de iceulx bâtons. Ainsi couverts. Ton « escrivoit dessus l'entreprise qu'en vouloit faire, et (( puis ron délioit les dicts bâtons, et eu envoyoit-on les « liesses escriptes^ comme dict est, là où l'on vouloit: « et par ce moyen, n est homme qui pût savoir ce qu il (( auroit escript ez liesses, se il ii'avoit le pareil bâtoD^ (( comme celui sur qui seroipnt esté escriptes îcelleâliessesi (( et faict moult doubler, que mon dict seigneur de Bar, « n'ait ce pareil bâton, et qu'il ne sache cette entre* (( prise. »
« Pour ce, nous vous faisons scavoir ces choses^ afin ,« que vous soyiez advisé du faict 5 de faire bonne garde a et bon guet, du dict duc de Bar et de la Place, telle « que vous scavez qu'il appartient, afin que Dieu ne « veuille, leur maulvaise entreprise ne vienne à cet (( estât, et que inconvénient ne s'en puisse en suivre.... (( et se le dict monseigneur de Bar auroit point ce pai- «reil bâton que dessus est dict.... en tenant cesle ma-
NOTES. 4 ï I
(( tière la plus sccrelle que vous pourrez, el nous signi-
<( fiant de la réception de ceste. »
(( Chose ensemble vous plaist^ que nous puissions^ et
(( nous le ferons de bon cœur. Cher et spécial amy,N.
« S., soit garde de vous. »
(( Escript à Dijon le dernier Novembre I43I, environ « neuf heures de nuycl; Charles^ évesque de Langres el (( les aullres gens du conseil. »
(( Au dos: A nostre très chier et spécial amy, Gérard {( de Bourbon, baillv et maistre des foires de Châlons, et <c en son absence, à ceulx qui ont la garde de la personne (( de M. de Bar Ç"). »
(6) Érard du Chàtelet, maréchal de Lorraine, fait prisonnier à Bulgnéville par les sires de Vergy, composa ensuite pour sa rançon moyennant douze mille florins du Rhin. Mais n'ayant pu en payer que le tiers, même avec le secours de René, il se rendit lui et toute sa postérité , homme vassal et sujet des sires de Vergy ^ promettant de les honorer en hauteur et noblesse*
L'acte est du 21 Mars 1432.
« Érard, dit la chronique, ti'cspassa en Aoust 1439 <( (ou le 29 Octobre), garny très catholiquement de « tous ses derniers sacrements, et fina si doulcement, c( et en si grande mémoire de son benoit Créateur, (( qu'il sembloist qu'il s endormist. »
Son tombeau se voyait aux Cordeliers de Neufchâteau Cl-
(7) Le palais des ducs de Bourgogne, qui s'appelait aussi le Logis j, offre encore deux tours parfaitement conservées. La première, nommée la grande tour,/acaraffe ou la terrasse, fut commencée par Philippe-le-»
(*) Dom Plancher, IV. Preuves, Ci 7.
(**)Hist. de Ja maison de Vergy. André Duchesae, p. aîg,— Hist de la maison du Châielet; fol. l\o» *
Hardi en 1367. Jean-sans-Peur la continua et y fit sculpter son rabot ^ lorsque le duc d'Orléans prit poui* devise un bâton noueux.
Pliilippe-le-Bon, qui acheva la grande tour, fit élever ensuite celle où René d'Anjou fut enfermé. Elle cliang^ea son nom de Brandon en celui de tour de Bar en U3L
Dom Calmet a pensé que le trépied en fer qu'on voyait sur la cliemince de celle tour^ ainsi que les grillages placés sur les degrés, avaient été ordoiftiés pour la sûreté du prisonnier. Ils existaient déjà en I4lâ, et pour empocher, dit-on, les cygognes de pénétrer dans le palais. La tour de Bar, contigue à l'ancienne liaLitation des ducs 9 est de forme quarrée à trois étages > et est flanquée aux angles du sud-est, de deux tourelles inégales, ayant chacune un escalier tournant dans Tinlérieur. L'appartement de René qui fut enfermé dans le premier étage, consistait en une seule pièce de trentecinq pieds de long, sur environ vingt-cinq de large. Au milieu était, placée une grande cheminée soutenue par deux colonnes ; en face étaient trois larges fenêtres treillissces de fer. La seconde et la troisième salle audessus, servaient aux gentilshommes faits prisonniers et à ses gardes. Ses domestiques logeaient dans un galetas obscur où Ton montait par une échelle.
Les fenêtres par lesquelles René voyait le jour, donnaient sur l'ancienne Ste;-Chapelle de Dijon, et sur Téglise gothique de Saint-Michel. Il est probable que le prince entendait la messe dans une petite chapelle voûtée qui existe encore dans Tintérieur de la cour.
I^ tour de Bar est maintenant habitée par quehiues particuliers de Dijon.
(8) Pour donner un échantillon de la bonne foi de M. Chcvrîer (auteur de l'hist. littéraire de Lorraine ,
dont nous aurons plus d'une fois occasion de relever raniinosilê contre Bené,) nous rapporterons ici ses propres paroles :
(( Ilenc s'abaissa jusqu'à demander la vie... les exce pressions humiliantes dont il se servit pour implorer (c une {jrace [dont il devait être sûr , ternissent autant « sa vie que les fondations ridicules qu'on lui reproclif*. « Le faible René employait à faire ces fondations un « argent qu'il aurait dû ménager peur sa rançon. La « Sainte-Chapelle est son ouvrage. »
M. Chêvrier ignorait apparemment que ce monument de piété fut fondé en I Ï72 par Hugues lîï, duc de Bourgogne, qui fit vœu de le consacrer à la Vierge pendant une afTreusc tempête qui Tassaillit en se rendant à Jérusalem.
C'était son fils Eudes III, qui commandait l'avantgarde à la bataille de Bouvines. 11 avait pour cri de guerre : Montjoje au noble duc! (*)
(9) Nous ignorons si c'est de cette princesse ou d'Yolande d'Arragon sa belle-mère, dont parle Martial d'Auvergne, à l'occasion du séjour de Charles VII à Vienne €nDauphiné(Mai 1432).
Aussi vint en icelîc ville, Accompaignée de dan^oiselles, La noble royne de S cile, A qui l'on fist chière à merveilles, A cause d'icelle veûue, Chascun après souper dança....
On sait que les anciens historieils ont presque toujours appelé Isabelle royne de Sicile y du vivant même de la reine douairière^ et notre supposition s'accorderait parfaitement avec le rapport de ceux qifi ont
(*) elle vricr , hist. de Lorraine . tome II , p. 2^5 . — Ibitt . 288.
])lîieé en 1432 Tarrivée de la duchesse, de Lorraine pour y solliciter Tappui de Charles VIL
(10) Fille de Jean de Surel\SureaUy Sorel ou pluloi Surellc écuyer, et de Calherine de Magnelais dite Trislan, Agnès naquit à Fromenleau près Loches en Touraine, vers l'an 1409.
Elle était îijjéc d'environ vingt-deux à vingt-trois ans, lorsqu'elle accompagna Isabelle de Lorraine à la cour de France, alors à Vienne en Dauphiné> et ses prières ne contribuèrent pas peu à décider Charles VII à embrasser a vec chaleur la cause de René. On a dit que Marie d'Anjou, en fut tellement charmée, quelle pria elle-même sa belle-sœur de la lui céder et de ne pas TamenerenSicile. M. Delort rapporte que Charles VH l'avait déjà vue en TouiTaine dans son extrême jeunesse chez sa tante M*^*'. de Magnelais.
(( El parceque Ton voyait, dit Belleforest^ que le roy « esloit fort pensif et imaginatif et peu joyeulx, et (( qu'il cstoil expédient de l'esjouir, par la délibération (( du conseil fust dict à la roy ne, qu'il estoit expé- (( dient que le dict seigneur fist bonne chière à la dicte (( damoiselle, et qu'elle ne montrast aucun semblant (( d'en estre mal contente... ce que la bonne femme fist « et dissimula, combien qu'il luy grevast beaucoup: « etpource que la dicte Agnès, (ajoute Monstrelet) avoit « esté au service de la roy ne par l'espace de cinq ans ence viron, où quel avoit eu toutes ses plaisances mondai- (( nés j comme de porter grans et excessifs atours^ de ro- <( bes fourrées, de colliers d'or et de pierres précieuses, et (( que le roy le véoit volontiers, il fut commune renomce niée que la roy le maintenoit en mauli/aise conduite.!»
Le père don Romuald s'est vivement éleyé contre celte opinion , et il assure (jue « beaucoup d'auteurs ont a écrit que Charles VU aima chastement la damoiselle
jNOTES. 4 i J
<( lie Fronienleau, encore que la beaiiltë de son corps <i fnst bien telle qn'on la lenoil pour miracle du mondes (( vn ((ui loulcs grâces estoienl assemblées, afin d eslon- « ner les hommes par son esprit et les élever à la con- « Icmplalion des puissances de la terre. »
Malheureusement pour le bon père, trois filles d'Agnès Sorel reconnues par Charles, viennent démentir ses bienveillantes assertions. Charlotte de France, la première, épousa en 1464 Jacques de Brézë, comte de iMaulevrier. Surprise en adultère par son mari, elle en fut poignardée en 1477. (Leur fils Louis de Hrézé épousa Diane de Poitiers).
Marguerite sœur de Charlotte, fut mariée en 1430 à Olivier de Coëlivi, et mourut en 1473. Jeanne, la troisième fille d Agnès, fut unie à Antoine de Beuil, comte de Sancerre, qui reçut de Charles VU quarante mille écns pour sa dot.
Objet des malignes railleries, et des mauvais traitements de Louis Xï alors Danphin, Agnès ne vécut pas toujours heureuse à la cour de son maître. On assure que Louis s'emporta un jour contr elle au point de lui donner un soufflet. On Ta accusé de l'avoir faite empoisonner.
Elle avait été trouver Charles VII àHonfleur, en Décembre 1449, pour lui découvrir une conspiration j ou se plaindre à lui des propos qu'on tenait sur elle...
(( Elle en print si grant courroux, dit Jehan Bouche t, (( qu'elle en eust la fièvre continue, de laquelle mala- (( die meslée avec un flux de ventre, trespassa le 9 Fé- (( vrier 1430 à onze heures du son' à son ehasteaudu (( Mesnil-la-Belle, prèsderabbayedeJugnièges. ))(Elle venait de mettre au monde une fille qui ne lui survécut ((uesix mois.) Elle mourut, assure le père don Romuald, grandement contrite et repentante, invoquant sou-
4i6 NOTES.
vcMil Sainte Madelaîne. Sa taute Antoinette de ViDfqiiier, était auprès d'elle: a Dieu, ajoute-il, la fil mou. « rir jeune afin qu'elle fut toujours belle. »
Étieniîe Chevalier, trésorier du roi, passa pour avoir «té son amant. 11 se fit peindre avec un louleau sur lequel était peint ce rébus:
Tant (aile d'oiseau) \'nut ( une selle ) pour ipû je (un mors)
(( Tant elle vaut celle pour qui je meursl * On voyait aussi dans la maison de ce trésorier, me de la verrerie > oes mots qui, dit-on, se rappoi^nt à Agnès.
Bien sur L (Svrel) na regard.
M' . Delort a réfuté avec sagacité des conjectures ba> sées sur de si légers fondements. On peut consulter à cet égard Touvrage intitulé: Essai critique sur l'histoire ^de Charles VA, d'Agnès Surelle. etc.
On sait qu'elle eut pour ami le célèbre Jacques Cœur. Ce fut chez Arthur de Gouffier, son ancien gouverneur, et grand maître de France, que François I*. composa son joli quatrain en l'honnenr de gentille Agnè. . Ce prince s'amusait à feuilleter le porlefeuâle <le madame de Boissy (née d'Hangest) qui avait dessiné les portraits d'une ibule de personnages historiques ; il «composa des vers pour la plupart, et les écrivit de sa propre main en dessous des portraits. (*)
Le tombeau d'Agnès est encore conservé dans une des tours du château de Loches. Lors de son exliumalion, ses cheveux blonds se trouvèrent presqu'en entier et d'une longueur surprenante. Quelques personnes en gardèœnt. Un témoin oculaire qui se trouvait à Lâches
{*) Ce quatrain a clé imprimé parmi les poésies de Me&i de SU Tiilats.
«n ce moment, a vu les ossements d'Agnès Sorel déppsës pendant plusieurs jours dans un grossier vase de terre. (*)
(II) Voici leur déclaration:
(Rodolphe comte deLinange et de Richeçourt, Simon comte de Salm, Arnould de Siergues, Philibert etÉrard du Châtelet, Jean d'Autel, sire d'Aspremont, Ferry de Chambley , Jean et Jacques d'Hausson ville, Char^ les et Gérard de Haraucourt, Ferry de Farroye, Feny de Ludres, PhiUibert de Brissey, Philippe de Confîans, Jean de St. Loup^ Guillaume de Lignéville, Ferry de Savigny, Jean de Paligny, Thiedric Bayer, Simon des Armoises, Arnould de Ville , d'Ëspinaulx, Colard de Saulin, Guillaume de Dommartin, Wari de Fléville, Philippe de Lenoneourt, Henry tiaze, et Ro^ bert de Harronich^)
« Nous qui ne faisons aucun doubte que mon dict « seigneur de Bar ne vueille et ne doye loyaument te^ « nir et acquitter sa foy et accomplir sa dict promesse. (( comme il a offert , avons d'abondant, de nostr^^ li- « bérale et franche volonté, promis et juré, et jurons « loyaument, que monseigneur de Bar rentrera en pn- « son. S il advenoit le contraire^ nous nous rendrons « prisonniers.
« 16 Avril. Avec le sçel de tous les seigneurs susnoni** mes. » (**)
(12) Philippe, dit le Bon, fils de Jean-sans-Peur et de
(*)Moréri,toine,VI,fol. 647, — DomBomua'd, trésor cbr. tome ÎÎI, fol. 298, 336, — Moustrelet,II,fol.25, — Dreux du Radier, anecdotes des reines de France, tome, Ilï, p. 181. — Bourdigné. Belleforest, fol, 38, — Le père Daniel , hist de France, tome VU , p. 5Q, — Annales d^Acquitaine, iol, n6. — Mézeray. tome. [II, p. 419. — Le père Anselme, hist. des grand» officiers delacouronne, fol, 1435* — Mémoires sur Tanc. cheTaierie, III, p. «208.
(*♦) Don Plancher, lome IV Preuves XIV.