‹ Histoire de René d'AnjouChapitre 34 sur 41 · TOME X · texte numérisé non relu

TOME X

Murguerile de Bavière, (troisième fille d'Albert, comte de llainaut), naquit à Dijon le 3 Juin 1396^ et fat élevé sous les yeux de sa mère jusqu à Tâge de huit ans.

11 était déjà marié à Miclielle de France, fille de Charles VI, lorsque Jean-saus-î^cur [)érit à Montereaa> et en voyant arriver cette princesse auprès de lui: « Ma chère (( épouse, s'écrîa-t-il, votre frère vient d'assassiner mon K père! » Philippe se remaria à Bonne d'Artois et ensuite, «a 1429, à Isahelle de Portugal. Ce fut pour elle qu'il ifistitua Tordre de la toison d or et prit la devise: auhre n'aurai, «[u'il fit peindre, broder ou graver sur tous ses meubles, tapisseries et bâtiments; on la voyait jusques dans leglise des Chartreux et à la Sainte Chapelle de Dijou^ où elle était conçue en ces termes: Aultre n aurai toute ma vicj dame Isabelle/ Peu de princes ont joui d autant de puissance que Philippe. Il fut appelé le grand duc d'Occident^ et le concile de Baie lui donna le premier rang après les rois. En effet, il surpassait la plupart d'entre eux en magnificence et en générosité.

Protecteur des lettres qu'il cultivait avec succès , encourageant les arts^ fondant des universités^ appelant autour de lui les poètes et les savants^ Philippe rendait aussi ses sujets riches et heureux, « car il n'y avait si K petite maison, dit St. Julien de Baleure, qui, grâce au « bon duc, ne bût en vaisselle d'argent.» On regrette au milieu des traits nombreux qui honorent sa carrière que, malade et porté dans une chaise, il ait voalu assister lui-même à l'horrible vengeance qu'il crut devoir tirer des habitants de Dinant.

Ainsi que nous venons de le dire^, Philippe encourageait les lettres et cultivait la poésie. Ce fut par ses ordres que Guyot d'Angerans écrivit le roman de Gérard, comte (le Nevers, ( superbe manuscrit en vélin exécuté en HISO, etqui contient cinquante-cinq miniatures par*

faitemeut conservées ). Philippe possédait également le livredes chasses, de Phœbus deFoix, manuscrit de 1387»

Charles, duc d'Orléans, entretint avec ce prince une correspondance poétique commencée pendant sa détention à Londres. Philippe répondit à Tune de ses ballades par une autre dont le refrain était le même. ^

Pliilippe mourut à Bruges le 15 Juillet 1467. Isabelle de Portugal, qui lui survécut avait une cellule à la Char* treuse de Champ-Mol, près de Dijon 9 et elle allait la visiter tous les Lundis des quatre temps. Elle y pétrissait alors elle-même des pains au lait^ et y foisait des pâtés de poissons qu'on distribuait aux religieux. Elle légua des fonds en mourant^ afin qu'on pût donner à pareil jour, à chaque chartreux , un pain au lait , et un pâté qui s'appela depuis yc7d^e à la duchesse.

On conserve au musée de Dijon quelques objets curieux qui ont appartenu à cette princesse.

Un portrait colorié de la collection de trente-huit princes de la maison de Bourgogne ( possédée par M. de la Mézangère, homme de lettres à Paris)repré8ente Philippe vêtu d^me tunique rouge et or. Son bonnet et le voile qui y est suspendu , sont de la même couleur. Sa physionomie est mélancolique, et son visage maigre et long, comme dans le dessin de M. de Gaignières.

Les historiens rapportent cependant^ qu'il était d^une (f taille robuste 9 d*un air guerrier et majestueux 9 Tas^ c( pect civil et bénin, le teint entre blanc et bazannë> « les cheveux et la barbe châtains-blanc, et le menton « raz. »

Nous croyons qu'à la suite de cette notice, on ne lira pas sans intérêt les circonstances peu connues de l'exhumation des ducs de Bourg(^e en 1791^ lorsque la Chartreuse deCkamp-Mol fut vendue par iuite de la amp-) pression des corps monastiques,

4io lîïOTES.

Pliilippe-le-Hardi fut un des premiers dont on transpor* ta le cercueil sous les deux tours du portail de St. Beooit.

Fondateur de la Chartreuse^ ce prince avait désiré y être enseveli 9 a ne voulant ^ dit-il ^ dans son testament <c du 13 Septembre 1386, user de lasépultui*e des ducs « de la première race^ qui estoit à Citeaux. » Tombé malade à Bruxelles 9 il se fit conduire sur les bras de ses domestiques dans la ville de Halles où il mourut le 27 Avril 1401. » Comme il avait laissé ses états obérés, Marguerite de Flandres, sa veuve ^ renonçant à la communauté de biens, vint, suivant Tusafj^e, déposer sa ceinture, ses clefs et sa bourse sur la tombe du doc.

On s'occupa alors d embaumer ce prince ^ et pour cette opération, Jean Pise demeurant à BruxeUes» fournit les aromates nécessaires, consistant en aloës, niuscis^ cole* phane, safran ^ mirrhe, lavande , garpois, fleurs de laurier et girofle. Ensuite le corps et les entrailles furent enve. loppcs de trois cuirs de vaclie ainsi que de trente aunes de toile cirée *, puis on le revêtit d un habit de religieux tout neuf 9 acheté six écus à un moine d'un couvent voisin. Le cercueil de plomb pesant sept cents livres ^ fut couvert d'un drap brodé de six aunes de velours, et placé sur un chariot décoré aux angles d'une bannière bleue aux armes du duc.

Soixante hommes vêtus de voiles et chapeaux neirs, garnis de cent cinquante écussonsde Bourgogne, portant une torche à la main, fermaient le cortège i^i s arrêta dans douze églises en venant a Dijon.

Philippe avait laissé six mille florins d or pour faire dii^ des messes, et deux cents écus d'or que Ton devait distribuer aux pauvres, le tout pour Vavcmcement du salut de son âme.

Toute la dépense du convoi coula deux mille deux cent cinquante écus.

Les caveaux où ce prince et ses desoeiidants furent inhumés, étaient au nombre de trois, communiquant ensemble. A Vëpoque de Texhumation^ils contenaient huit grands coffres de plomb , et celui d'un enfant. En différents temps la curiosité avait porté à ouvrir ces son* terrains^ et lorsque M. Baudot (auteur de ces notes qu il a bien voulu nous communiquer ) y descendit le 5 Mai 179 1, il s'aperçut que les tombes avaient été dégradées. Le 6 Mai 1674, la reine Marie Thérèse d'Autriche parcourut ces sombres demeures avec une nombreuse suite, et tous les corps qu'on lui montra étaient absolument secs, tandis que quarante-cinq ans auparavant ils trempaient dans un baume liquide. Le prince de Condé visita ces lieux en 1745 et 1763. On les monstra aussi en 1766. Eh 1789^ au rapport des Chartreux, un ouvrier s'y introduisit, fit un trou à la bîerre du duc Jean, et y trouva le corps nageant dans une liqueur aromatisée . qui se répandit au dehors. Le cercueil de Fbilippe-Ie Hardi ofh*ait encore, le 5 Mai I79I, des restes de ce baume liquéfié. Il était ouvert du côté de la tête, ainsi que ceux de Jean-Sans-Peur, de Philippe-le-Bon, de Bonne d'Artois et d'Isabelle de Portugal. Mais depuis le 7 Mai jusqu'à la fin du mois, les curieux ayant pu pénétrer dans ces tombeaux , ils furent tellement remués, qu'ils se brisèrent, et qu'on n'y distingua plus qu'un amas informe d'ossements. Le cercueil de Phi" lippele-Hardi résista seul. Celui de sa fille Catherine morle au berceau, fut perdu ou volé dans la translation . Les monuments qui couvraient ces souverains, avaient cependant été conservés avec lefpis grand soin, et déjà le 25 Juillet, la statue de Philippe I«^, celle de Jean. Sans-Peur et de son épouse, étaient replacées dans l'é. glisede St. Bénigne. Le 19 Août de Tannée suivante (1792), un dimanche, ces précieux chefs^'œuvre furent

4*i'î NOTES.

niis en pièces. On u eu sauva que quelques fragmenta faits pour ajouter aux rejjrets des amis des arts.

On sait que le prieur des Chartreux montrant à Fran^ cois 1er l'énorme blessure faite à ia tcte de Jeau-Sans- Peur^ lui dit: a Sire, c'est par là que les Anglais sont « entrés en France. »

La main de ce prince est conservée à Dijon dans le cabinet d'un curieux. Elle est remarquable par la longueur de ses ongles (*),

(13) « L'an 1434, fust le roy de France à Vienne y a tenant les estats;et là vindrent vers luy, les cardi- (c naulx de Cliyppre et d'Arles, de par le concile, pour (( le bien de la paix, et les vyst le roi moult bien vo- « lontiers et leur bailla doulce et bonne response. Puis « se partirent, et s'en allèrent à Basic ou se tenoit le « dict concile.. Et au dict lieu, vinrent aussi devers le « roy, le comte de Clermont^( le fils du duc de Bour- (( bon ), le comte Jehan de Foix, le comte Arlus de Ri» (c chemont, ht comte de Commingesel Dunois.. Et aussi « y vint la roy ne de Sicile, fille du duc de Savoye, femme « du roy Louis dWnjou , laquelle estoit grandement acte compagnce de chevaliers, escuyers, dames et damoi- <( selles, et raccompagnèrent le marquis de Saluces et (c le comte de Villars, S^^ de la Roche.. Le roy luy fist « grant chière, et \inl après souper: et après que la

Registre de la chambre des comptes de Dijon. Notes maouserittt de M. Baudot , homme de lettres.

(*)Dcbiirc bibl. instructive, tome II, p. i58. — Méwray. tome III, P . 404 > — Le père Anselme , tome I , fol. a37 , — Morëri , tome IV, loi. 29. x* Courte-dpée, Vr. chr. de Bourgogne, tomel, p. aa^, ' — ib. dictionnaire de Bourgogne , tome /I , p. 253, — Gaule poétique , tome VIII , p. 4^1 ,— Dom F lancher , hist. de Bourgogney tom® ÏV,p. 348,— L'abbé Goujet^ tome , IX,p. ^57, — Art de ▼ërifie*' (es dates, fol, 676 — Mém. sur l'ancienne chevalerie, tome IIlj p'« X90,*^Moiitfaucou, fol^ 260, tome, lll; pi 49»6'c.etG*

NOTES. - 4a5

« diclc roynecttst faiclc la resvércncc au roy, daBcè-; (( reat longuement et après on apporta les espices^ et K servit le roy 9 ïF'.de Clermont le vin , et M. le connesta- « ble les espices.. et après^ la royne de Secile print a congié du roy et se mist en ses vaisseaulx dedans le <^ Rosne, et s'en alla en Avignon. .. et là, fust grande-* « ment reçue du cardinal de Foix, (lequel estoit vicaire (( du pape et frère du comte de Foix qui là estoit à celle « heure,) et de celui de Comminges, et de ceulx de la H dicte ville d'Avignon qui lui donnèrent à dinçr et à « souper, et à tous ses genfs et les deffrayèrent. Puis^ K se partit et s en alla à Tarascon qui est moult bel « chastel, et là fust grandement reçue, et entra en ^gj^ « dict chastel, et la receust le gouverneur de Provence, (( accompagnée de grands seigneurs et dames du pays, « et luy donnèrent cinquante mille florins. . Et au partir « de la messe, luy donnèrent de chascune ville du chas-^ . « tel, vaisselle d'or ou d'argent selon leur puissance... « et y eust grant fête et habundance, qui dura trois « jours à tous venants.... puis monta en ses gallées, qui « estoient dedans la Rosne, au pied deson dict chastel. »

Cette princesse essuya sur mer une furieuse tempête en partant de Nice, et arriva à Sorrente, fort indisposée de ce trajet. Jeanne II voulait la faire venir à Naples avec le roi Louis III, pour les recevoir avec tous les honneurs dus à leur rang^ mais la duchesse de Sessa^ ^ favorite, l'en détourna. Jeanne se contenta d'envoyer quelque^ présents à Marguerite, qui continua son voyage jusqu'à Cosence où se trouvait son époux (*).

(Il)Ce prince, qui descendait de la maison de Luxembourg, fut élu roi de Hongrie et de Bohême^ le 31 Juin

(*) Chartier, hist. de Charles VII, p. 89,— hist. chiledu rojaor me de Naple§, tome, III, li?. XXV, ch. VI, p 453.

I4II, et parcourut ensuite l'Europe pendant ti-ois ans.ll reçut la couronne de fer à Milan /le 25 Novembre I43I, ei celle d or à Rome, le 31 Mai 1433. Celle d'argent loi avait été décernée le 8 Novembre I4I1.

Sigismond arriva la nuit de Noël au concile de Constance, (ouvert le 5 Novembre I1I4, par Jean XXIIi), et y chanta Tévang^ile de la première messe en habit de diacre.

Parmi les autres circonstances singulières de ce célè« bre concile, on remarqua que Jean de Nassau, arche* vèque de Mayenc«, y était entré à la tête de deux cents {gendarmes, et que Thibaud de Rougemont, archevêque de Besançon, prétendit que par un privilège de son église, le pape devait s'avancer de trois pas pour le sa* luer.

Le concile de Constance fut fermé le 22 Avril I4I8' Celui de Râle ouvert le 23 Juillet I43I, dura jusqu'en 1443, ou Ton se sépara en déclarant qull n'était point dissous.

Le pape Henoît XIII (Pierre de Lune) voyant arriver deux moines de St.-Benoît, envoyés par le concile, pour le sommer de se rendre à liàle : a Oyons, dit41, les <( corbeaux du concile. — C'est la coustume de ces oi-« a seaux, répondit aussitôt un des religieux, de s^adres- « ser aux charongnes. Benoit XIU, ayant dit «isuite: « Ce concile est l'arche de Noë. — U y avoît plusieurs (( grosses bestes, reprit le même moine. »

Sigismond ne vit pas la (in du concile de Râle. Il moor rut le 8 ou le 9 Décembre 1437^ âgé dx^ solxante^x ansj même de quatre-vingt-dix, selon quelques auteurs* t Vêtait un prince généreux, savant, pacifique et ami des lelti'es (*).

(^) Moréri , tome IV, fol. 6i5 , — - Art de vérifier les dates fol. 4^j

— Dom B.oinuai'ul, tréàoii' chr. tome Ilf, fol. 287.

NOTES. 4«i5

(13) (( C*est d'après ma prc^e demande, disait Au* (( toine de Vaudémont^ que le comte de St-Paal, escn-^ <( vit à ung nommé le grand Martin, pour me secourir > (( ce qu'il fist.... Le dict grand Martin fust tousjours^ <( losgé en ma compaignie, print livrée et vivres en « mon hostel, et se réputait le dict grand Martin» « mon familier et domestique.» 0

Le comte Antoine ajoutait ensuite, a qu après la bâte taille de Bulgnéville, il vint lui demander ce qu'il « fallait faire de René ; mais que malgré son ordre on « l'avait amené en Bourgogne, rançcmné et délivré c( contre son gré«

Passant ensuite à la justice de sa cause, il accusait René d'être entré dans ses états à main armée, « tan« K dis qu'il estoit à cent lieues et Iny prist plusieurs « bonnes places.... /item, en continuant ses propos et « volontés déraisonnables, et soi monstrant adversaire K formel et capital de mon dict seigneur, le comte Be- « né mist et posa le siège devant Vaudémont..«EtiZfec, « et à l'environ, coupèrent les gens du dict Heaé, les (( bleds, extirpèrent et assertèrent les vignes, et oou-' « pèrent tous les arbres portant fruits. ^

/tem 9 madame la comtesse « (lors estant au dict pays « ou assez près), alla quérir secours, et à sa ^ière, ti comme parents, amys, et bienveuiUants, vindrent le « comte de Fribourg^ MnAfaoineetJehandeVer^y ji et chevaliers et escuyers de Bourgogne, Savoye, c^là (( environ.... qu'alors lui, le comte, fut trouver le duo « Philippe à Hesdin, qui l'envoya avec des lettres pour « Toulongeon, en lui commandant d'aller en sa com- « paignie avec ce qu'il pourrait finer de gens de guerre... <c Que près de Neufchâtel, Antoine desploya son pente non armoyé de ses armes, comme chef de la troupe, u parmi laquelle estoit le maréchal de Toulongeon lui-

4i6 NOTES.

<( même.... que tous les barons desployèrenl leur peu- (( non le jour de la bataille à Vimitation du comte de (c Vaudémont, mais que celuy de BourgO{jne ne le fusl « point.... qu enfin, les gens du sire de Yarembon, du « duc de Savoye et aultres, s'approchèrent de lui, et lui K dirent, que s'il n'estoit pas le seul chef, ils s'en (( iroient.... ( Il^n prenoit pour témoin pleige, messire c( Antoine de Vergy et messire Humbert, maréchal de (( Savoye. »

(16) Balthazar de Gérente, baron de Monclar, fut nommé conseiller d'état, le 3 Août 1433, et msdtre d'hôtel de René, le 23 Mars 1438. Il avait épousé Delphine de Pontevez,

Guigonet II, son fils, devint chambellan dç René. Jean, petit-fils de Balthazar, fut aussi chambellan et gardes des sceaux en 1479. Charles du Maine renvcp en ambassade à Rome avec François de Luxembourg, Van I48I. Louis XI le nomma grand sénéchal. U mourut sans eafanls (*).

(17) Il est curieux de voir comment M. Chevrier raconte Tentrevue de René et de Cabanis, d après un ouvrage apocryphe (Faitset Gestes des princes, par Ricodi)> ou plutôt d'après un manuscrit intitulé : Mémoires de Florentin le Thiriat:

(( Vidal, fils d'un juifprovençal qu'on avait fait catho- « lique et gentilhomme a la fois, fut député vers le duc « de Lorraine, par la ville de Naples, iti fut fort sur- ^* pris de rece\'oir son audience dans un cachot.

(( L'âme de René ^ insensible aux gi*ands événements»

('^) ni &t. héroïque (le la noblesse proveuçaJc, tome I^*^. ibl 4^4 1 47>^, ~ l^obcit, élat de la noblesse de Provence ; tome II ^.p» iSy» Tilres uiauiiscrKs dv la maison de Gérenlc.

(( n'était touchée que de petites choses. Plein d'honneur, (( mais incapable de régner, occupé de minuties, roi (c duc malgré lui, ce prince s'avilissait par les actions « qui attirent la considération aux autres. 11 était oc- « cupé à peindre sur des verres une image de la Vierge, <( quand Vidal entra, et il ne lui demanda pas même ce (( qui pouvait l'amener auprès de lui. Il continua de « peindre.... L'envoyé impatienté lui dit : Monseigneur^ (( la bonne rojne Jehanne^ vostre belle-sœur ^ à luj, a Dieu Va appelée,.,, — Son âme ajrt Dieu! dit René... (( Après quoi^ le duc leva sa barrette, se signa, dit le (( de prqfuTidis, et besongna dcrechief. Vidal enfin^ « hors de lui, força le duc à l'écouter, etc., etc. (*)

René donna une portion de la terre de Perricard, et le fief de Lignane à Vidal de Cabanis, qui devint juge mage de la cour de Provence en 1437.

(Itt) La famille deCastillon est, assure-t-on, originaire de Naplesj où Charles devint secrétaire du roi Louis III qu'il suivit en Provence. 11 y acheta, le P*" Novembre 1437, la baronie d'Aubagne qui avait appartenu à la maison des Baux. Charles Vil, qui le vit à la cour de René, le prit en affection, le nomma son conseiller le 7 Janvier 1443, et lui accorda une pension, le 6 Mars 1444, pendant son séjour à Nancy.

Charles de Castillon mourut en I46I , laissant de son mariage avec Madelaine de Quiquerauj^ un fils nommé René, cpii devint écuyer de Louis XI, et qui épousa Jeanne de Villeneuve-les-Arcs,

Colla, ou Colin de Castillon, frère de Charles, fut ambassadeur de René en 1443. Leur sœur Marguwite, était dame d'honneur de Marguerite de Savoie, reine de Sicile,

{'') Chèvrier, hist. litt. et pol* de lorraioe, tome, U, p. a^i.

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