NOIXS
Les ai*mes de cette famille qui est éteinte^ étaient : de gueules à trois annelets d'argent.
(19) Le château de Tarascon (Tarasco^ Taurnscns ou Niger Locus^ cité par Strabon et Ptolémée), est construit sur les débris d'une antique forteresse commencée sous Charles II, comte de Provence. Il y existait autrefois une citadelle romaine ^ consacrée à Jupiter ^ et que les Bourguignons agrandirent au cinquième siècle.
Des chartes de 1283 el des lettres patentes de la reine Marie de Blois en date de 1387^ prouvent qu'on Ëdsait contribuer la Provence à lentretien de ce château qui ne fut entièrement achevé que sous le roi René, d'après le plan présenté par André de Sainte«-Màrîe. Ce prince fit construire la chapdle souterraine qui se trouve à côté du vaste appartement désigné encore sous le nom de chambre du roi René jet de Jeanne de LavaL Il y ordonna encore quelques embellissements en 1169, le meubla avec beaucoup de luxe pour ce temps, et cefbt sans doute alors qu'on y plaça son buste avec celui de la reine.
Tarascon soutint un siège contre le comte de Garces, le 10 Juin 1652 > et sept ans après, il fut question de démolir le château. L'assemblée des états avait mêmevoté une somme de 34>000 fr. pour cet objet; mais le roi annula heureusement cette singulière délibération Ç").
(2U) César Nostradanius prétend qu'Isabelle condmsait à Naples Jean d'Anjou; mais ce jeune prince partageait en ce moment la captivité de son père.
Un trait que rapporte ce chroniqueur au sujet du voyage de la reine > peint trop bien les mœurs ainsi que la superstition de ce siècle ^ pour le passer sous silence.
(*) Auticpiités pliocéènes. Itiuéraire de la gaule narboonaise, etc.
« Au mesme temps, dîl4l, que ces choses se déme- « noient, deux sorcières sont appréhendées dans la ville « d'Hières... Ces maudites circés, pour certaynes inimi- (( tiés conçues contre deux jeunes mariés, les ensorccr « lèrent si puissamment au moyen d une certayue a bource ( qu'elles ouvroyent et fermoyent avec quelce ques eslranges paroles marmottées entre les denîs), ^< que leur amour se changeoist aussitost en hayne ex- (( trême, et en furieuse mélancolie.,.. Et pour ce que (( ces meschantes fées^ se doubtèrenl bien d estre appré- « hendées et saisies, gaignèrent le hault, et s'enfuirent « secreslement tout de nuist, et s'en allèrent jecter dans (( Tharascon^ où elles cuidèrent bien estre cachées^ et H en saulveté, parmy la grande foule de peuple^ etl'af- <( fluence de gens^ qui là, avoit abordé de toute part, a pour veoir ces tant belles et tant excellentes créatutt res, le duc de Calabre et V infante Marguerite, « que la peste d'Aix y avoit fait retirer pour fuir la H maladie.
« Les officiers d'Hières, entrèrent enfin dans les ca- « h nettes de ces deux pestes, où après avoir fouillé tous « les endroits el recoins enfumés, ils ne trouvèrent <( qu'une vieille bource de peau de chat toute velue, « avec quelques meschantes attaches et longes.... mais « il ne trouva aulcun qui l'osa seulement touschier, <( (pour l'opinion conçue de longue main parmy le vul- « gaire, que ces méchantes femmes se muent volontiers <( en chat ), de peur d'encourir quelque triste ensorcel- « lerie et malheur. Au moyen de quoi, ils s'advisèrent (( d'envoyer quérir un vieil rabbin de la ville, (car la « loy de Moyse leur défend particulièrement d'adjons- « ter foy aux enchantements, charmes et fascinations).
(( Ces honnestes dames, cependant, furent recognues^ « à leur bonne mine. D'un mesme pas appréhendées à
45o NOTES.
(( Tharascon, et de là priuses et conduites à Aîx, ou sans <( plus long délai, le cas et maléfice confessé, la bource (( avérée et reconnue avec infinité de sorcelleries déteste tables, elles furent condamnées d estre arses et brù- <( lées toutes vives, et leurs corps réduits en cendres à (( Hières Ç"). »
(21) Charles 1er, duc de Bourbon, comte d'Auvergne, pair de France etc., était petit-fils de Louis, dît le Bon, fondateur de l'ordre de Notre-Dame du Chardon. Quoique gendre de Jean-Sans-Peur, il se dévoua invariablement à la cause de Charles VU, et se trouva à toutes les guerres contre les Anglais.
Zélé partisan de Jeanne-d'Arc, il déclara, (lorsqu'on fit la révision du procès de la Pucelle) , avoir entendu la voix qui Tinspirait.
De môme que René, il entretenait une correspondance poétique avec le duc d'Orléans. Lui ayant adressé un rondel i\m renferme des conseils de morale, et commence ainsi :
(Du bien, du mal, le bien faire l'emporte. N'est-il pas vrai?.. Ainsi le dist Chascun.)
Charles donna à sa réponse une légère teinte d'ironie: Quand oyez prescher le Regnard (le renard.} Pensez de vos oyes garder, Sans à son parler regarder.... etc.
Charles de Bourbon mourut à Moulins le 4 Décembre 1436.
Un des dessins gravés du père Montfancon noiontre ce prince vêtu d'une longue robe*, coiffé d'un bonnet singulier, et ayant un gros chapelet autour du cou. Da autre dessin le représente avec des haut-de- chausses très serrés, un pourpoint d'azur, et un chapeau à plup
(♦) Chronique de Provence, foi. 597
mes. La même planche (figure 3), offre les traits d'Agnès de Bourgogne, sa femme, morte en 1476.
Charles de Bourbon eut pour fils Jean II, «jeune lion , <( disentles historiens, qui suivit les traces de son père. » Il signala son courage dès Tàge de dix-huit ans, et surtout à la bataille de Fourmigny où il fut élevé à la dignité de chevalier.
Jean II de Bourbon qui avait épousé, le II Mars 141*7 (ou le 23 Décembre 1446), Jeanne de France, sœur de Louis XI, se déclara néanmoins contre ce roi dans la guerre du bien public. Charles VIII le nomma connétable de France. Son troisième frère Pierre II, sire de Beaujeu, se maria à Anne de France, fille de Louis XI.
Charles de Bourbon avait pour frère Lquis, comte de Clermont, de Vendôme et de Chartres, (mort le 2 Septembre 1446). dont le fils, Jean II, épousa à Angers, 1« 9 j\ovembre 1434, Isabelle de Beauvau, fille unique de Louis et de Marguerite de Chambley (*).
(22) Le traité de ce mariage^ rédigé à Lille, commence en ces termes:
H Nous, René, etc.... Charles de Bourbon, etc.. savoir « faisons, que considérant le lignaige, grandes amitiés, (( et affinités que par ci^devant ont esté faicts entre (( ceulx de bonne mémoire nos prédécesseurs, dont Dieu « ait les âmes, et sont à présent entre nous, etc....
(( Le duc (le Bourbon donne pour dot cent cinquante « mille écus d'or^ de bon or, et juste poids, à la dicte (( Marie, qui, suffisamment autorisée par son mari, re- <( nonce à tout héritage.
(♦) Olivier tle la Marche, p. 87.— Anselme, hist. générale, tome ^r, fol. 307. — Ibid. tome II, fol. 1229. — Moréri, tome 548. — Chronique de Normandie. ^Goujet, tome XI >p. a5i. — Montfaucon m, fol. 36ï , pL 5o, fig. 3o.
NOTES. 45s
Jean Manget ordonna par son testament (1472), « que « sur sa fosse fut mise une tombé de marbte ûoir, si « elle peust se trouver, et une épîtaphe..,. Il veut que « son livre du Maistre des sentences fut mis et en chaî- (( né âu-devant le siège du grand doyen. Item^ le « nouvel testament en grant volume, avec la tierce parce tie de St. Augustin sur les pseaumes.
Le doyen de St.-Dié mourut vraisemblablement vers le milieu de 1474, car une lettre d'Yolande d'Anjou^ du 8 Août de la même année , apprend qu'après le « trespas de Jean Manget, jadis escolatre et chanoine, « elle ordonna de faire saisir ses biens à cause qu'elle H estoit informée que le dit estoit illégitime et défec- « tueux de nativité.... Mais qu'ayant sçU qu*il avoit ob* « tenu dispense j elle renonce à tous ses droits au moyen <( d'une somme de huit vingt francs, une pièce d'or « appelée fubiletj et une paire de cousteaulx à manefje « cristallin, la gayenne (la gaine), et manche argen- (c tés, donnés et manuellement délivrés. »
Il paraît que le chapitre de St,— Dié possédait tin riche trésor dont il lui était permis de disposer. Il ofiFrit entre autres, au marquis de Bade, une tasse d*argent doré> pour en faire présent à la femme du bailli des Vosges, (alors en couches à Bruyères).
(24) Jean de Lalande, jurisconsulte très estimé à Aix^ mourut dans cette ville le 23 Mai 1477, ainsi que le prouve son épîtaphe découverte en 1790 dans l^église des Cordeliers, par feu M. le président de St.-Vincens.
Lalande était représenté sur sa tombe, revêtu d'une robe à longues manches , couché dans une niche à hrnements gothiques, la tête appuyée sur un coussin à glands, et coiffé d'un bonnet rond dans la forme de celui que portait ordinairement le roi René.
Son épîtaphe était ainsi conçue: