‹ Histoire de RennesChapitre 11 sur 25 · VII · texte numérisé non relu

VII

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(4600.) Henri IV achevait, par l'or et la diplomatie, la conquête de son royaume commencée par les armes. Les huit cent mille écus que lui avait promis la Bretagne pour acheter les soumissions n'étaient pas encore votés définitivement, et les états , réunis à Rennes , semblaient y mettre une condition. La taxe sur les blés était encore l'objet de leur attention la plus vive. Ils insistaient pour qu'on la réduisît, après avoir obtenu la liberté d'exportation d'une province à l'autre.

Notre ville obtint à la même époque la concession de

l'une àe ces taxes , qui avaient pris le nom d'octrois , parce qu'en effet elles étaient alors octroyées sur la requête des bourgeois. Le roi accorda à ceux de Rennes pendant neuf ans la levée d*un sol pour chaque pot de vin qui se vendrait en la ville et faubourgs., et le produit devait en être employé dans la proportion des deux tiers pour le bâtiment du palais, jet d un tiers pour les besoins de la ville. L'impôt et billot levé depuis sur les débitants au profit de la conununauté par les fermiers des octrois , dut son origine à cette taxe dont l'établissement fut oc-^ troyé par Henri IV, qui se faisait ainsi un titre pour s'immiscer dans l'administration des revenus communaux. Continuons de noter , sans les dédaigner, si petits qu'ils soient, ces événements de notre existence municipale, seuls témoignages de nos progrès.

(4604.) La cour ordonna aux habitants de Rennes de s'assembler en communauté afin d'aviser d'avoir des seaux de cuir pour les incendies. On négligeait trop ces soins prudents qui auraient épargné un grand désastre à notre ville.

Guy Eder de la Footenelle, saisi comme compliee de Biron, fut amené à Rennes et déposé en la maison de la Butte, près du Champ- Jacquet, sous la gatde du séné* ehal , qui le fit surveiller jour et nuit par deux sergents jusqu'au moment où il fut transféré à Paris pour y être jugé et exécuté. Sa tête, envoyée à Rennes, fut placée sur la porte Toussaints par ordre de la cour, qui tnlL bientôt obligée de diriger des poursuites sans résultat contre ceux qui l'eulevèrent.

Notre ville allait enfin av<Hr un évoque breton et qui daignerait se fixer dans ses murs. Séraphin Olivier , qui n'y était jamais venu , eut le bon esprit de se démettre de sa dignité honoraire en faveur de François Larchiver, de Tréguier , qui n'hésita pas à quitter Rome ou il résidait en qualité de grand pénitencier des Bretons. Il fit son

entrée solenndle à Rennes, le 4^ sepiembre, dans la forme et avec les honneurs accootumës. Précédé du dei^ séculier et régulier, il se présenta à la porte Mordelaise qui était ouTerte. Le clergé entra , mais imnoédiatement^ après lui la porte se referma et le prélat resta dehors. Le guichet cependant resta ouvert; les échevins se placèrent en dehors des deux côtés du pont-levis, que Ton devait traverser pour y arriver. Le seigneur évéque y fut complimenté par le procureur des bourgeois, qui devait plus tard prendre le titre de maire; il prêta serment de maintenir et garder les privilèges de la ville, et de préTérer aux étrangers , dans la nomination des bénéfices , les enfants de Rennes « lorsqu'ils se trouveront capables de les 9 posséder ». Il lui fut permis alors de pénétrer dans la ville et d'aller se faire sacrer dans la cathédrale.

n existait alors à Rennes, sous le nom de sacre , une autre solennité religieuse, qu'ailleurs on nommait plus justement Fête-Dieu , et à laquelle assistait le corps de ville ef> habits de cérémonie. Nous trouvons néanmoins que ce iîit en l'année 4608 qu'il marcha pour la première fois à la procession , ainsi désignée par une expression locale dont l'origine n'est pas facile à retrouver. Il fut offert à cette occasion à MM. les échevins un déjeuner qui coûta 24 1. 4 1 s. Ce fut un précédentqui ne se perdit pas.

(4605.) A peine le nouvel évéque avaitnil pris possession de son siège qu'il se vit dans l'obligation de plaider contre la conununauté, pour entrer au manoir épiscopal. Le maréchal de Brissac s'en était mis en possession, et l'absence continuelle des évèques avait empêché qu'il s'élevàt.aucune plainte contre cette occupation ill^le.

La communauté , mise en demeure de chercher un autre domicile pi>ur le gouverneur de la ville, eut recours à l'hôtel Montbarot , qui prit alors le nom de Brissac , et l'évoque recouvra son manoir épiso^al.

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« La lÎTière de Tillaigne fut déclarée à cette époque » publique à toute personne , sans qu'il s* y puisse lever • aucun droit ou devoir, fors pour construction des » écluses j chaussées y bardeaux, y — Les gentilshommes furent assujétis à Rennes aux devoirs sur les boissons , malgré leurs réclamations contre ces impositions roturières, sauf à eux à se pourvoir ainsi qu'ils verraient.

Mais la grande af&ire de cette époque à Rennes fut l'établissement des Jésuites au collège Saint-Thomas. Dès 4S86, la communauté leur avait abandonné cet établissement , et les états avaient ajouté à ce don celui d'une somme de 5,000- 1. Un édit du mois de septembre vint confirmer toutes ces faveurs. Des lettres patentes furent délivrées aux frères de la société de Jésus à la requête des bourgeois, qui avaient aussi adressé une supplique au pape (4604). Le clergé voulut ajouter son tribut, et donna une année des dîmes du diocèsel Plusieurs particutters, stimulés par l'exemple, apportèrent aussi leur offrande. 4,800 1. d^abord, puis bientât 4 ,200 I. furent empruntées par la communauté à l'hôpital Saiht-Tves pour la construction du nouveau collège. Elle indemnisa les propriétaires voisins qu'il fallut exproprier; enfin 42,000 1. furent accordées par les états pour la même cause. On y mit seulement une condition qui blessa les Jésuites , et contre laquelle ils réclamèrent longtemps , mais en vain ; c'est que la conununauté aurait l'administration et surveillerait remploi de ces 42,000 1.

Un autre ordre religieux , celui des Capucins , s'établit dans nos murs le 26 aoAt 4604. On acheta pour eux, moyennant la somme de 2,-820 1., vm terrain situé près de la rue dé la Reverdiais , et sur lequel se trouvait un grand cot^ de logis au nord , un jardin nommé des Septliuiêy jrfus quelques sillons de terre labourable. La communauté de ville y fit construire à ses* (rais le couvent et relise , planter et enclore le jardin des nouveaux religieux.

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