‹ Histoire de RennesChapitre 12 sur 25 · HJSTOIBS DS KBIflIBft · texte numérisé non relu

HJSTOIBS DS KBIflIBft

Le$ états , qui se rëunireot oette année à Rennes , virent uaître une discussion pour, la présidence entre l'évéqoe de notre YxUe et celui de Dol. Il fut décidé que nette présidence serait altematiTe; mais cette dédsioift deyait plus tard être modifiée par les réclamations d^. l'évéque de Nantes.

(4605.) L'invention de l'arquebuse .avait-, nous Tavon^ vu y modifié le jeu du papegault , en substitMant rarme à feu à l'arc et à l'arbalète. Il avait fallu adme^i« mk troi*. sième tir; mais peu à peu on senpt que le# deux dernj«ff$ devenaient inutiles y et ua édit intervint qui 1^: supprima, en se basant sur cette raison : « que. nos ditf subjets ont » besoin de s'exercer à l'arquebuse pour , la défense du )• pays. » L'édit ne.se bornait pas à la suppression de l'axtc et de l'arbalète^ comme il était ra^pnnel ; il profit tait de l'occasion pour réunir au domaine dn roi, qui le» baillerait à ferme, au plus offrant , les privilèges et immunités déjà énnmérés de ce jeu du p^f>egault» Le$ habÂtapt^ réQlamèrent;,4e. nouveaux édifâi mai^itîiirent l'usurpation royalie^ et ce fut sur les produits -de ce bail du papegault de l'arquebuse que te parlement alloua aux Jésuites les 5,000 1.. promises. sous la .condition d'admettie gratuitement 25 gentilsbommes bretons au collée, comme boursiers.

Les Jésuites , qui ne furent pas toujours fidèles à nemplir l'obligation imposée, à en juger par les nombreuses réclamations qui s'élevèrent contre eux, recevaient de jim iO,000 . 1. par an du fermier des impôts et billots , comme condition de son t>ail , sans préjudice de l'auge mentation qu'ils espéraient , dit le registre des états«

Nous rencontrons ici un. fait qui sigm^e a^seas nett^ ment jusqu'à quelle limite il £aut étendre le diemiu fiiit à cette époque par les idées philosophiques. Un arrât di| parlement enjoignit à rexécutemr de la haute justioe. qui résidait à Bennes, de porter d'ime. manière apparente .«ur

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ses TétémeDts le dessin d'une potence et d'une échelle , afin qu il put être reconnu facilement. C'était la rouelle jaune des IwSsl et pourtant celle-ci tombait en désuétude.

Pendant que Henri lY mftrissait son impossible et gigantesque projet politique sur l'abaissement de rAutriche pour arriver à la paix de l'Europe , Rennes sollicitait et obtenait son approbation pour la concession nouvelle qu'elle venait de faire aux Jésuites des prieurés de Notre-> Dame de Breguin, dans l'évéché de Dol, de Saint-Martin de Noyai et de Notre-Dame de Livré; elle faisait estimer et acquérait les maisons qui se trouvaient sur la ligne que devait parcourir \a rue d'Orléans et le quai projeté du Pré-Botté; elle commençait aussi l'acquisition des terrains pour la construction du palais. La communauté ne reculait, on le voit y deyant i^ucuQe dépense d'embellissement ou d'utilité publique. .

liCS états de {leur côté 9' oubliaient rien de ce qui pouvait favoriser le commerce de la Bretagne. Ils obtenaient la suppression de l'édit du sol pour livre sur les toiles. Attentifs à ne pas laisser croître l'impôt sans mesure , ils fiiîsaieot des remcintranoes et une sérieuse opposition quand on voulait augocieoter la levée des taxes pour l'entretien des garnisons.

(4607.) Le consentement du général des Jésuites étant enfin parvenu à Rennes , la communauté régla les obligations des pères, qu'elle avait établis au collège, et ratifia de nouveau les diverses cessions qu'elle leur avait faites. lU: s'engagèrent, à OAivrir l^rs cksses au jour Saint-Luc HH^ant, et à commencer à la ntéme date, AS octobie^ à* vendre leurs redevances .& la communauté en qualité de leu^ fondfttrioe^ Ces redevances, nous le verrons plus d'une foib 9 n'étaient gu^ que des. actes de pure fonne et de •in^lè veoonnai^senee des droits honcmfiques de fondatrice, que ae raserrait la communauté.

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Le 48 octobre suivant, comine il avait ëtë réglé y- le corps de ville se rendit au coll^«e, après l'invitation prescrite pour entendre la messe d'ouverture des classes. Le Prévost et le procureur-syndic , Jean Louvel j sieur de la Chauvelière, marchèrent à la place des connétables absents.

A cette époque, la communauté avait établi des mes-* sagers-piétons de Rennes à Paris , qui négligeaieht à ee qu'il paraît leurs obligations, car elle les fit comparaître devant elle pour leur adresser des réprimandes en pleine assemblée , et l'un d'eux , Jacques Lambert , tecut spécialement l'ordre « d'aller au logis de M. de Béthune à » Paris , à chacun de ses voyages , pour savoir s'il avait » quelque chose à écrire à la conmiunauté* » On s'étonnera peut-être de l'existence de ce mode. imparfait de correspondance, quand Louis XI avait déjà' établi les- postes. L'institution n'avait pas prospéré pour nous.

La police était moins arriérée. Conformément à «me délibération des bourgeois , le 4îapîftaitie et gouverneur dé la ville fit fkire sommation par le trompette-sergent ; à tou)S vagabonds et gens sans aveu de se retirer dans vingt-quatre heures , sous peine d'être saisis et incarcérés par les dixai* niers, à qui il fut enjoint d'en faire perqdE^tion.

(4608.) Le corps de ville fut bientôt appelé à délibérer sur les honneurs à rendre à M. de Vendôme, ce gouverneur-enfant donné à la Bretagne par Henri IV comme un des gages de sa paix avec Mercœur. U était alors âgé de dix ans ; il était temps qu'il fît son entrée solennelle dans la ville principale de son gouvernement qui ne le connaissait pas. Grand fut l'embarras des bonrgeois; la plupart n'avaient point de robes écheuinales. Pour prévenir tottîe excuse à cet égard , on supplia Messieurs de la cour « d*en- » joindre auxdits bourgeois de se trouver avec leurii robes » aux assemblées de la maison de ville y sous peine de » telles amendes qu'elle aviserait. » Ceci nous montre un

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o6té faiërardiique inaperçu jusqu'à ce moment. Le parlement avait une autorité sans doute mal définie^ et produit des circonstances sur le corps de ville qui s'y soumettait ^ comme s'il eût obéi i une coutume ayant force de loi. - Quoi qu'il en soit, on s'habilla seloa le règlement, et l'on fit des préparatifs pour recevoir dignement et suivant les honneurs traditionnels le délégué de la royautés Les rues qu'il devait traverser furent tapbsées; les compa** gnies de la milice se rangèrent en bataille sur son pas« sage, près le tertre de Joué, dans un champ préparé ex.«v près.

Ce fut alors que la ville commença l'établissement de l'hôpital de la Santé, près le faubourg de la Groix-Rocheran, dans un lieu où nous avons dit qu'on enterrait les pestiférés. Une procession générale eut lieu pour poser la première pierre de la chapelle : l'évéque de Rennes, le président de la cour, M. de Bréquigny, le lieutenant du gouverneur et le procureui^yndic vinrent y iîrapper tour à tour. Cet hôpital devait , d'agrès son règlement, demeurer sôus la dépendance de celui de Saint-Yves.

La communauté admit dans son sein , avec voix délibérative, les capitaines cinquanteniers , dérogeant ainsi au principe électif de son institution , et peut-être par extension de la coutume qui donnait la présidence de droit au capitaine de la ville. Il est vrai que ces nouveaux membres étaient eux-mêmes le produit d'une autre élection, et que leurs voix réunies ne furent comptées que pour une. Ceux qui jouirent les premiers de ce nouveau privilège se nommaient Lenrivain , Le Duc et Poirier.

M. de Béthune , qui présidait alors , demanda et obtint que la nouvelle rue que l'on perçait dans la direction du Pré-Botté, serait nommée d'Orléans , en reconnaissance des bienfaits dont l'avait comblé le duc de ce nom. La ville crut sans doute gagner un protecteur puissant , en se cbaj(w géant d'acquitter ainsi les dettes d'un autre.

294 HUTOniE DB ABH1VB8.

Le même M. de Béthuoe fit mettre en délibération la constractioD d'une nouvelle porte, qui (ut ouverte au Champ-Dolent.

(4609.) La communauté supplia le roi d'ordonner que le palais fttt construit ailleurs qu'au courent de Saint-François, et des lettres patentes de Henri lY l'autorisèrent à en choisir l'emplacement au lieu , place et jardins de Touriel , hors ville y près des fossés et de la contrescarpe , entre les portes aux Foulons et Saint-Georges; espace qui devait être compris dans le nouveau projet d'accroissement de la ville y que nous avons déjà décrit et qui envelopperait toute la partie nord jusqu'à la rivière d'IUe , terrain occupé aux premiers siècles par la ville romaine. Quant à ce lieu de Touriel , c'est celui où s'établirent depuis les YisitandineSy lorsque la ville revint à son premier projet d'enfermer le palais dans les anciens murs. Mais en ce moment on avisa sérieusement aux moyens d'exécuter le double projet de construction du palais et d'accroissement de la ville. Ainsi l'on obtint du roi la continuation pendant huit ans du subside d'un sol pour pot de vin et de trois deniers pour pot de cidre vendus en détail dans le diocèse. Tous les propriétaires des terrains et édifices situés dans l'enceinte projetée devaient être expropriés et indemnisés à dire d'experts. Les murailles et le palais élevés, 4es rues et les places une fois tracées, la ville pouvait revendre des emplacements pour bâtir, afin de s'indemniser elle-même. Toutes les métairies, dans un rayon de deux lieues autour de la ville, furent taxées à deux journées de harnais et chevaux par an , tant que durerait le travail, « si mieux les propriétaires desdites » métairies n'aiment payer la somme de 60 sols qui est » à raison de 50 sols par chaque journée. »

Ce gigantesque travail devait cette fois dépasser , sinon le zèle, au moins les ressources financières de la cité. Le produit de l'impôt, toujours donné à ferme selon l'usage ,

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suffit à peÎM aux dépenses- do palais, ainsi que nous le rwrons , car il s'éooula encore bien des annëes avant que la premiàre pierre en ftit posée , et que ce projet, déjà vieux, reç&t .eofin un commencement d'exécution. Henri Vr et Sully qui TuTaient ordonné ne devaient pas même le "voit commenoer.

> On ne s en doutait guère alors. Il paraît néanmoins que le oèle de MM. les membres de la communauté se ralentissait par fois sous le- ferdeau de tant d'entreprises , car le premier syndic crut devoir se plaindre « que les bour- • geois méprisaient d'assister aux assemblées de ville, » malgré l'arrêt et règlement de la cour, attendu qu'on » ue tire à rigueur les amendes ordonnées contre les dé- 9 faillânts. » C'était à tel point que le procureur , Louis Deshayes, ne trouva un jour dans l'assemblée que 48 ou do personnes , que plus tard sou substitut , Yves Garnier du la Bergetais, n'y en trouva que 45, sans compter le miseur et le greffierr On poursuivit les absents; le sergent Davy fut chargé de les contraindre par toutes ies voies à payer l'amende» Il y en eut jusqu'à \\ qui avaient passé par la charge de miseur, de condamnés à 20 s. chacun. Cette mesure arrêta pour un temps les progrès du mal , qiie nos jours ont malheureusement recueilli dans toute son intensité.

Pour combler apparemment les lacunes , on eut recours à une innovation , en suppliant MM. du siège présidîal de Rennes de députer deux membres de leur compagnie pour assister aux assemblées. C'était une nouvelle atteinte volontaire au principe de l'élection , dont on comprenait ^ il semble , fort peu l'importance.

U n'en était pas de même de la présidence , dont le droit fut maintenu avec fermeté par M. de Lombart , au gouverneur dont il était le délégué.

Les tentatives d'usurpation , sans cesse renouvelées , firent sentir la nécessité de prendre quelques précautions

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pour le bon ordre de rassemblée. Le sefgeût de yUle placé à la porte du conseil ^ était chargé d'interdire l'entrée « à toutes personnes qui n'ont voix délibàntiye, et » il ne pouvait y entrer lui-même que lorsqu'il serait ap» » pelé. • U était obligé de porter sa casaque, siA hallebarde et une épée au côté quand il allait avartir les mem^ bres de se rendre à l'assemblée , dont les séances avaient lieu tous les vendredis à une heure, du 1^ novembre jusqu'à Pâques, et à deux heures le reste de l'année.

(4640.) Un triste et cruel événement allait enlever notre ville à ses soins d'intérieur, et la plonger de nouveau dans un morne effroi de l'avenir. Henri IV était mort assassiné le 44 mai à Paris, dans sa voiture, en se r^idant chez Sully, malade à l'arsenal. Rennes, comme toute la France^ éprouva un deuil profond et sincère. Les maîtresses de Henri IV avaient fait moins de tort au pays que ne lui avaient fait de bien ses vertus et les grandes qualités de Sully. On craignait le retour de l'anarchie à laquelle ils avaient arraché le royaume.

Cependant notre ville n'avait pas encore célébré le service du roi, qu'elle regrettait comme un père, qu'elle apprit la r^ence de la reine Marie de Médicis, etbientAt le sacre du roi mineur Louis XIII , pour lequel il fallut bire des réjouissances publiques, quand tous les cœurs étaient encore pleins de tristesse et d'inquiétudes.

Ces tristes présages ne tardèrent pas à se réaliser. La Bretagne pourtant ne ressentit pas immédiatement l'influence des désordres inséparables d'une r^nce, grâce à la protection de ses états et de son parlement.

L'adjudication pour la construction du Pont-Neuf et de l'écluse de la Poissonnerie fut faite cette année (4640), moyennant la somme de 20,500 1.

N'ayant pas reçu en même temps que la cour des lettres du roi pour'lui donner avis de son sacre, la conununauté refusa d'assister au Te Deum chant^ à cette occasion en

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\[éf^m Saint-Pierre. Mab à peine ce Te Detm é|aitril finiy Jes litres qtti fusaient défaut arrivèrent daoa Taprèarnidi. Le lendemain, le corps de. ville à aon tour se rendit à la cathédrale pour ouïr la messe etYejseudiai, et à risfiue de la cérémonie ^ il fit faire des feux de joie dans tous les carreSours.

(4644.) La communauté, ^pii avait moutré tant desvs^ ceptibilité dans ses relations avec la royauté de Louis XIII , ne tarda pas néanmoins à recevoir des lettres de confir^ mation de ses anciens privil^es , parmi lesqueU était rappelé surtout le droit de fùre dresser par son greffier tous les actes qui concernaient les intérêts de la ville.

Bientôt après elle reçut une requête de l'abbesse de Saint-Georges, qui réclamait l'exemption du droit de guet et de garde pour tous les valets de l'abbaye , tels que seiK gents y boulangers , lavandiers , charretiers , forestiers, etc.^ en vertu des lettres des ducs de Bretagne confirmées par les roi^ de France.

Après avoir fait droit à ce privilège, reste de l'ancienne protection du seigneur sur ses vassaux, la communauté s'occupa d'un règlement en quarante-deux articles sur l'administration intérieure de l'hôpital Saint^Yves.

Ce fut dans la même année que commença l'exécution de la promesse royale, qui avait fixé au 25 septembre de chaque année la réunion régulière des états. Ils furent convoqués le 22 décembre, et depuis l'époque "varia sans cesse, comme nous le verrons.

Rennes profitait du calme politique pour continuer ses nombreux travaux publics. Un sinistre arrivé dans ses murs vint l'agiter plus que tous les orages lointains, dont elle n'éprouvait pas l'influence immédiate.

Vingt-sept barils de poudre avaient été entassés imprudenunent dans la halle du Cartage , auprès du poids du roi « où il y avait déjà grand nombre de bois, paille, « foin, graisse, suif, cire et autres matières combustibles. »

SI8T01AS DE Ksmmê.

Le 48 déeembre, entre 4 et 5 heures du sdir, une Iiop- TÎble détonation se fit entendre ^ et- un violent incendie se manifesta dans ce fc^er , où disparut non seulement la halte y mais une partie dès maisotis voisines. Après le désastre, les plaintes des victimes se firent entendre. Etienne Bachelot et sa sœur présentèrent une requête au parlement pour £atre condamner la communauté de Rennes à rebâtir une partie de leur maison ruinée par l'incendie.' La comtnunanté à son tour pn^senta requête an siège présidial pour (aire condamner le fermie^ à reconstruire là balle incendiée par sa faute. Deux ans après , la justice renvoya les parties hors de cause; le fermier , suivant son contrat , tie fut obligé qu'aux travaux de réparation et d'entretien.

Ce fut alors qu'eut lieu l'introduction illégale des avocats dans l'assemblée de ville. Le procnrenr^jndic se vit obligé de se plaindre qu'ils y venaient faire des brigues , et qu'ils prenaient part aux délibérations.

On ne put les expulser; on transigea. Il fut arrêté que « dorénavant ceux de ces avocats qui seraient fils de bour^ » geois de qualité et ancienne famille de la ville seule- » ment y auraient voix délibérative en ladite assemblée , » et y avertis par le sergent,' seraient tenus de s'y trouver » à toutes occasions , du moins une douzaine de fois Tan . »

Les heures d'assemblée que nous avons indiquées cidessus furent un peu modifiées , et fixées à 2 heures aprèsmidi de la première semaine de carême jusqu'à la Tous« saints , et à 4 heure de la Toussaints au mercredi des cendres.

Lé bureau des pauvres , institution mal comprise et peut-être mal administrée , excita des réclamations j quand il n'aurait dû faire naître que des réfcMrmes. On n'y vit peut-être aussi qu'un double emploi des hôpitaux; on parla de supprimer la taxe qui l'alimentait. Une députation fut envoyée à ce sujet à Messieurs de la cour, et une délibération même eut lieu un dimanche chez M. de Rennes y

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révêque François Larchiver. La suppression fut rejetée , et Ton s'occupa Tannée suivante^ de iaire un nouveau r^lement pour le bureau des pauvres. G*était la mesure par laquelle on eût dû commencer.

Avant d'avoir fixé les bases sur lesquelles on asseoirait k répartition et l'administration de la taxe des\ pauvres, la communauté eut à répondre sur une nouvelle demande de fonds. Les tours du portail de Saint^Pierre , dont les fondements avaient été jetés en 4544 , étaient loin encore d'être terminées. On proposa à la communauté d'y contri* buer, et elle donna 4,800 1.

Les droits et devoirs du greffier furent tracés à cette époque , et parmi ceux-ci il lui fat interdit de prendre le titre de député de la communauté.

On traça de même les obligations des miseurs; car l'oi^nisation du corps municipal ne s'achevait que len«tement et par des modifications successives, qu'il est impossible de grouper, comme si elles étaient nées à la même époque, et pour ainsi dire à l'origine de l'institution. Nous pensons que les laisser à leur place, c'est donner une idée plus juste et d'elles-mêmes et du temps qui les a amenées, comme une nécessité.

Les miseurs, qui n'étaient que les receveurs de la communauté, comme le greffier en était le secrétaire , n'avaient point fait primitivement partie du conseil. Peu à peu cependant, comme ils y assistaient, et qu'ils y avaient pris l'habitude des affaires, leurs fonctions devinrent un titrepour être admis plus tard dans cette assemblée , dont ils^ n'avaient été qu'un des agents. Pendant l'année de leur charge, et les six mois suivants qui leur étaient accordés^ pour rendre compte, ils étaient privés de voix délibéra^ tive. Us ne pouvaient même siéger dans l'enclos du par* quet ; ils s'asseyaient sur un banc derrière; mais si leur compte était rendu avant les six mois de délai , ils prenaient aussitôt rang dans le conseil. Si au contraire ils^

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tardaient à reudre leur compte y et a <^isftaieot pas à la première sommation qui leur en était faite après le délais ils étaient déchus des honneurs, droits et privil^es concédés par sa Majesté aux bourgeois de la communauté.

On oubliait trop souvent que cette concision n^était que la reconnaissance d'un droit ancien , et l'on en faisais trop bon marché aux nouvelles capacités qu'on ne cessait de s'adjoindre ; on semblait plus chatouilleux sur de vains droits de préséance , même entre eux , dans les cérémonies publiques.

On prenait l'emblème du pouvoir pour le pouvoir luimême. La communauté eut souvent , à l'égard de ces droits honorifiques, des reprodies à faire aux Jésuites. Ils de* vaient, un mois avant l'ouverture des classes, inviter ladite communauté comme fondatrice, à entendre la messe de rentrée , . et lui présenter comme redevance , par les mains de son recteur , un cierge de cire blanche aux armes de la ville. Le catalogue des livres adoptés pour les études était soumis en même temps à la communauté , à laquelle on offrait de plus un régal, à l'issue de la messe de la Saint-Luc, où les violes étaient surtout exigées. Quand arrivait la distribution des prix , la même invitation « de » se trouver aux jeux des écoliers » était adressée à l'assemblée en corps, et non pas au procureur-syndic seulement; on lui présentait le programme des jeux imprimé sur un tissu de satin blanc. Elle avait accordé une somme de 60 1. pour le prix de l'églantine décerné aux lauréats.

Mais les Jésuites, par oubli ou à dessein, tentaient souvent de se soustraire à ces petites obligations , qui perpétuaient les droits de la ville, déjà constatés par deux plaques de cuivre établies l'une à la maison commune, l'autre à la chapelle des Jésuites, comme à celle des Capucins, et indiquant par une inscription que les habitants de Rennes étaient seigneui-s et fondateurs du collège.

(1615.) Le monde chrétien était occupé alors de la

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canonisation de Saint^-^nace , k fondateur déà Jésuites. Rennes voulut à son' tour témoigner sa joie par des réjouissances publiques. Elle' était loin de- penser alors que cinquianté ans plus tard ia puissance dont elle fétàît l-'arénement , serait bannie de ses ihbrs avec le même enth6u«* giàsme.

Gè mourément ]^assé, dleirëtouma k ses paisibles de* ▼oirs'de famille, laissant^ désormah à la France le soucr des événements' pôliliqudi. ' * ^

On n'avait pà^' encôi^ détémiiné la place * où' serait constroHt le palais. Aprèi 'bien des* hésitations , que nous avons êéjk 'signsfléêsi y une « côtnfnîssion fut nommée pour informér^ hur le Kéu le *plui propre ' à l'édifice projeté. Cette conàmissiôn ifut co^^sée de i|Uàtre bouif;ieois et dé quatre membres du parlement.

L'entretien des fontainéi' publiques' était ? l'bbjet des séi^s constatits de la eomtimnaute. Une 'tiouveliè pompe fut établie priSde réglistf'SdlrttîBefmaïnVet^rôn y aliéna Teaù d'une source ^tùée dahs'lès fbssrà Vie la ville, au pied de la toilr Le Bat^L'dqiiédûépaksaiir devant Féglise Sftint-^Gébrges, longeait' Ik Iriie Corbin et arrivait devant le portail sud dé Saiiît^Germâici, où était IHincièn cimetière" de cette paroisse/' * ' '•< ',

Henri IV avait ordonné^ on se le 'ra{)pelle, % démolition des châteaux qui avaient servi de répàlré à la guerre civile. Parmi ces forteresses proscrites, il avait compris les tours où logeaient à Rennes les connétables , ainsi que lés gouverneurs et liéûtefisTnts. ' Cet ordre ne fut pas complèteitaent suivi che2 nous, comme nous l'avons pu -voir, sous prétexte que c'eût été nuire' à* la défhise' de !a ville. Mais- du moins on n'aocorda plus aut officiers en question qu'une indemnité de logement sur les deniers d'octfoi , qui élevait leurs' gages à 260 1.

Dès 4609 , les état^ avaient voté 0,000 1., promiscfs en 4580, pour la publication d'une nouvelle édition dé

509 HISTOIBB pE JUBHHItS.

rtÛAtoire df Bretagae par à'Axgmtréj et confiée à son fib Charles y sieur.de la Bpissière, conseiller au parlement. Ce dernier reçut ^ en 464$, 5^000 1, à yaloir sur ce travail y qui devait être remis en 4646 au. greffe des états, poury subir^ avant rimpression, lexamen d'une codh mission des trois ordres ; mais comme l'ordre du tiers ne figurait là, comme ailleurs, que pour mémoire,, il s'est trouvé tout naturellement qu'il q'a pu combler la lacune qui le concerne. Editeurs de leur proprei. histoire, les états n'opt eu garde d'y rien l^fsser qui leur fiit contraire. Nos efTorts doivent dpnq. tendre à suppjiéer pe vide 4ans, les annales d'une partie de nos anoStres. lie devoir, de la critique moderne est de traînailler à cette restitution emportante dpnt elle s'occupe, jl faut le. dire, ayeo un zèle consciencieux. .....

L^ étf^t^ y j<gi\i n'avaiept payé qu*4 regret Les dettes de Ift royauté, p'î^ésitèrent jas à f^n^ vpe c^iqnon^ de 5,000 1. àjceux d9iit les maisa^ ou meubles ay^i>f été incen^ diés*près 1,6 can^ef^pr ,Jougfili, dans^ la s^uit ^u.'4 au 9 novembre. IjCs. sinistres de ce^C; nature, devepaientrfréquenis à Rennes. On ne fut pas asse^ attentif à ces tristes présages;- il fallut qu'un plus grand désasù*e vînt recommander les précautions qu'on eût pu prendre dès lors»

Le produit, des aniendes fut affiççté à l'achèvement des tours Saint-Pierre par le parlement. Le millésiqEie de cette année, 4645, fîit inscrit par reoonnaissajnce sur Tune des colonnes de l'édifice.

La lettre de convocation des états à Nantes ne denao* dait que deux députés à notre ville j on en .élut cinq.

Les villes qui députmnt à ces états furent d'aboi^ au nombre de 42. Celui de 25 , fixé {urimitivement, avait été peu à peu dépassé par de nouvelles. concessîoQS acqwdées à la fiiveur ou à des services lendns^Bans ces états méaM^ il fiit porté à44, vais on supplia le roi de pe?pl«s ïmag- OMnter i TaveDir, comme ù Ton eût cniot Vc

ment, du.^fir^.. Qa voîl^Mfi^'^l u^m^ du ch^oiîti;.» paiy^it-r rir .^vsK^t .d'arcivar à .VD4 ^i^nutioii égale/ à celle de» dettx'^ukriBs ordresi, . . ; ..

Notre ville cependaat ne cessait de poursuivre son mou^ vjBioeiftjaJMiri^r;, dpot .l'^apiilsiofi 4ult d^Ponoais .toute sa. vje» £U«| avs^it prcm^i^^i^o^) ^lisa .aux Jésuites ; il fallait oun^.de DOuveltes resf^uitQe0.> t>es lettres patentes ordonnèrent quç. le tiers 4u;produit dk Timpôt d^sol et lia^d stirles boissons. ^rait attribué à la consUiiction de ladite ^lise,. et;. qu'un autre- tiers i.s^ait consacré à ccille du

, Un.qonnétabl^i U fi^W de jla Touche^rippart , venais de mourir. La communauté résolut de supprimer cet of*^ fiçe, désormais plus ^éreuif^» qu'utile , mais.« 'M. de la » Chalottab (4) s'en fit pourvoir , et le sieur d^ Brouta j, » lie^tepant du gouvfrnens., prétendit île. recevoir et Tins- » taller dao^ fça:fonçtionf|, sans: prendre l'avis delà coqûk », pagine.. » La Jutte paraissait devoir. 4eyenir sérieuse» Lea lettres d^nofMoatton fur^t: communiquées au procureur-syndic, çt après mûre: réflexjoB, \a communauté s^ désista de son opposition , ^en considération de ce que le sieur .d<)|& Chalottais était de la ville, et sou^ la cotaditipn qu'en l'absence du gouverneurf et de son lieutenant , foules les .cle6 de la ville seraient portées au. plus ancien des connétables , sans que l'un d'eux pût prétendre avoir les clefs de )a haute ville, et l'autre ^selles de la basse ville* La communauté réclama de plus le droit de nommer les o^j^étables, puisqu'ils étaiept à ses gage», sauf à eux ,à se faire approuver piit le roi«

Elle ayait de toutes- f^n$ à repctus^er des .tentatives dJusuifiation.ja n^élftit paa jiiisqu'au grtmd portier qui n'eût v^fîisé de JiM prés^tar ses defr , selo« la^coutume, le 4^'

(I) F. 10» Mânteê. 4ê''MÉi>l4MMi, iliiir de k ChàtfrdMtf , prommué 4»^ iMQflMlt; p. 8, 11 , », 87 40 ffsMIre 4« «itife d« la e^wmpmvM^iiaéè ISM,

S04 Httmntii m «bitiibs.

jauger, sou» prétexta* qoe le oomëlable les possédsk et ne Toulnit s'en dessaisir. On lui ordonna 4*slier les chercher, et (le se conformer à l'usage, sous peine d'être priy^ de ses gages.

Peu confiante dans toutes les promesses qu'on iul airait faites par lettres royales , la conlmunauté ayait députe en cour le connétable de la Qialottais, avec de nourelles réclamations^ qui n'étaient que trop fondées , sur les Tiolences continuelles des gens de guerre commandés par te marqms de Gamors , et cantonnés aux environs de Rennes. Le connétable arriva bientôt avec une lettre de la reine régente. -Ce ne fut néanmoins qu'après la tenue des états dont nous avons parlé plus haut, que cessèrent les désordres dont souffrait le peuple de la campagne voisine de Rennes.

- fl n'entrait pals tlans notre sujet de décrire le cérémonial de rentrée du roi et de k reine aux états terius à Nantes ; cepenfdatit nous ne pouvons omettre un fiiii qui s'y passa et qui tient à' l'Mstoire de notre tiUe. Les ^ pûtes de^ Rennes , en entrant -dans la' éàlle, avaient pris posse^ion du premier banc'>de Tordre du tiers. Les députés de Nantes qui arrivèrent après, réclamèrent ta même place; on la leur refusa. -Louis Charrette, sénéchal et maire de Nantes , se fit apporter un escabeau et le plaça violemment pour s'y asseoir en tête du banc en litige; mais Ecuyer Guy Jouauk, sieur de Sauvegrand, député de Rennes, qui occuptdt la première place suiroe banc, et l'avait vivertient disputée , prit la parole et fit maintenir à sa ville les droits qu'on lui* déniait, di^ita anciens et fondés, dit-il, sur les privilèges de oapitale. Il est vrai que Nantes s'appuyait sur le même.priiri|i^e,qui iiVippar^ tenait guère moins à F une qu'à l'autre, d'après tout oe que nous avons vu précédemment, et les dédarations des rois mêmes qui donnaient indiffiiremmeiit oe titre à l'une et à l'autre dans leurs lettres patentes.

HiSTOiaS DE HBNNE8. 305

Rennes, pendant ces débats, s'occupait de ses cons» tructions, et continuait de s'enfermer dans les soins de son administration intérieure. Nous l'y suivrons, non pas la loupe à la main, afin de ne rien laisser échapper des petits faits qui constituent désormais son existence, mais en récoltant çà et là les plus importants, ceux qui nous semblent le mieux révéler ses progrès.

Parmi ceux-ci, sous le rapport matériel, il faut noter en première ligne le commencement de la construction du palais destiné au parlement. Son emplacement venait d'être enfin fixé (4645) dans l'intérieur des murs, près de l'enclos de Saint-François. Parmi les propriétaires indemnisés et expropriés à ce sujet, on trouve le nom de M. d'Argeatré, le fils de rhistorien, dont l'hôtel occupait une partie du terrain désigné. Trois ans après (45 septembre 4648), la première pierre fîit posée solennellement. L'architecte du roi. Desbrosses, avait été envoyé sur les lieux pour faire le devis. Il fut remplacé par l'architecte Cormeau qui dirigea les travaux ; Merault et Chauvel furent les receveurs des deniers destinés à la construction du nouvel édifice , dont le projet, déjà vieux de plus d'un règne, devait en voir naître un autre avant d'atteindre sa complète exécution.

Pendant que le palais parlementaire sortait du sol, le chapitre du benoît moustier de Saint-Georges s'était ras- •semblé et avait élu un des chapelains « pour représenter » l'abbesse et les religieuses aux assemblées de l'hôtel de » ville , et y donner voix tout ainsi que pourraient faire » lesdites dames , si elles pouvaient y être en personne. » Un contemporain affirme que ce fut la première fois qu'elles usèrent de ce privil^e, qui avait sans doute pris naissance dans leur ancien titre de seigneurs d'une partie de la ville, comme l'évêque et le capitaine-gouverneur.

Une nouvelle admission se fit encore à cette époque en la communauté , celle du controlle , comme on disait alors.

Le sieur de» Grouaseliers-Boulogne , qui occupait alorâ ces fonctions , fut autorisé à siéger clans l'assemblée , au bout du bureau , revêtu de la robe et du bonnet d'usage. Eutil dès-lors voix délibérative? Cela est probable.

L'évéque , chaque fois qu*il s'y présentait , occupait seulement la première place des ecclésiastiques.

Le bureau des pauvres s'était enfin organisé. La com-^ munauté donna pouvoir aux députés qu'elle avait chargé de son administration de nommer et choisir, dans chaque cinquantaine 9 avec l'avis du procureur-syndic « des périt sonnes capables pour recueillir les aumônes des pauvres. » Nos pères ne songeaient pas à nous donner une leçon dont nous n'avons pas su profiter.

Tandis que Richelieu arrivait au pouvoir, les avocats dans notre ville tentèrent d'envahir la communauté. Non contents de la concession qu'on leur avait faite, en admettant ceux qui seraient fils de bourgeois de qualité, ils demandaient de nouvelles faveurs municipales. On limita celles qu'ils avaient obtenues; il fallait être originaire de la ville, et avoir passé par la charge de procureurnsyndic pour avoir droit de suffrage.

Après les avocats, vinrent les capitaines de la milice qui prétendirent entrer , avec l'épée au côté , en la chambre du conseil de ville. Il fut arrêté que le gouverneur seul , ou celui qui commanderait en son nom , aurait le droit d'entrer armé, mais que les capitaines-cinquanteniers quitteraient leurs armés avant de délibérer. Quelquesuns obéirent, les autres préférèrent de se retirer. D'après le règlement, le procureur-syndic devait opiner le premier, et après lui ceux qui l'avaient précédé dans la même charge et qui, pour cette cause, étaient invités à siéger au banc d'en haut de la chambre du conseil, près de la cheminée.

L'un des droits de la communauté consistait dans la nomination des officiers de la milice. Le connétable ayant

HnTOIRB DB RS1VNB0. 507

expofié que la cinquantaine de la rue Vasselot manquait de capitaine-enseigne ) on appela le capitaine Mallet et les dixainiers de ladite cinquantaine. Après les avoir consultés, Claude Maxère y dixainier, fut élu enseigne , et Georges Jannier fut nommé dixainier à sa place. Les sieurs de la Retardais et de la Chalotais étaient alors connétables de la TÎUe haute et de la ville basse.

Une des plus utiles fonctions de la milice, celle de la patrouille de nuit, fut créée à cette époque. On avait déjà le guet; mais aes devoirs ne s'étendaient guère qu'à la garde des portes et des murs. Onpla^ trente hommes sous le commandement d'un capitaine du guet pour veillera la sûreté des rues pendant la nuit.

Les états, dont nous ne pouvons noter toutes les sessions dans notre ville, y furent réunis en 4647, et nommèrent une commission prise dans les trois ordres pour examiner la nouvelle édition de l'histèire de d'Aigentré , dont le manuscrit avait été déposé au^greflGe. Ce ne fiit que Fannée suivante que le rapport fiit fait par MM* des requêtes, et que la permission d'imprimer fut délivrée par le garde des sceaux.

Un procès-verbal que la communauté fit faire à cette époque (1648) de l'état des fontaines publiques, nous apprend que quatorze robinets en fonte répandaient l'eau dans les diverses parties de la ville. Quatre sources les alimentaient; celles de Qninoé, du Coupant, de Goulle- Brune et de Cueille. On ne se plaignait pas qu'elles fussent insuffisantes, et quand elles le devinrent, on n'hésita pas à en ajouter de nouvelles qui ne , manquaient pas aux environs. L'avenir, qui est devenu notre présent, eût mieux fkit d'agir ainsi plutôt que de laisser périr, sous prétette d'insuffi^nce , un établissement utile, qui dut réellement sa première ruine à une tout autre cause , comme nous le verrons dans la suite. Pour réparer cette perle réelle , et ramener les eaux qui manquent dans notre ville , il

508 mtroiRB m BsifiiBa.

nous reste à profiter des ressources' puissantes et peu dispendieuses que nous offrent de nos jours les progrès de la science hydrodynamique.

Mais revenons au XYII* siècle. Les établissements religieux vont croître dans notre ville : nous devons un souvenir à chacun d'eux. Les Carmes, après s'être adresses préalablement à révéque , présentèrent au conseil de ville , par l'intermédiaire du père PhiUppe Thébault , provincial, assiste du père André , une requête tendante à permettre aux Carmélites « de bâtir une église et une maison con- » venable à l'observance de leur règle, au lieu le plus y commode désigné enlavilleou près d'icelle par MM. les » bourgeois. » Ceux-ci accRieillirent favorablement la demanae, et , pour demeura fondateurs , ils donnèrent le fonds du couvent, « sous la condition que les religieuses » ne pourraient mendier, m faire mendier dans la viUe » ni au-dehors. » La communauté leur accorda de plus # une sAmme de 6|,000 1. payable en trois ans ; mais l'arrtt de la cour des comptes qui autorisa ce don, ajouta ces mots : x sans que les habitaos se puissent dire fondateurs » d'icelui couvent. » C'était détruire 1^ conditions de la donation. L'abbé de Saint-Midaine à son tour approuva l'établissement des religieuses dans son fief , à l'endroit nommé leTouriel, près le faubourg d' Antrain ou Reverdiais.

L'année suivante (4610) le révérend père Camart, religieux minime , demanda l'autorisation d'établir un couvent de son ordre dans l'un des fauboui^ de Rennes, « se » soumettant à acquérir un emplacement, à y bâtir et à » s'entretenir, sans être à charge au public, ne voulant » ériger à leurs dépens qu'un petit couvent. » La communauté consentit à l'établissement des Minimes « aux » charges et conditions portées dans ladite requête, et » non autrement. » Il fut stipulé de plus que les pères Minimes ne pourndent choisir le lieu de leur établissement que sur l'avis de la oonununauté , et en présence de ses députés.

HlftTOI&B DE BSNNBS. 500

Par saite sans doute de leurs discuMions avec l'université, les Jésuites avaient transféré le collège de Rennes de la province de France dans celle de Guyenne. La communauté de ville se plaignit de n'avoir pas été consultée , comme fondatrice , pour cette translation , utile au vues particulières des Jésuites, mais qu'elle n'approuvait pas. Elle refusa en conséquence de se rendre à l'invitation d'usage du père recteur , lors de la rentrée des classes, jusqu'à ce que lepèro général eàt rétabli les choses dans l'état primitif , ce qui n'eût lieu que deux ans après.

Rennes perdit, au coomiencement de cette discussion, son évéqne François Larchiver, qui fut inhumé dans le diœur de la cathédrale , et dont le père Camart prononça l'oraisod funèbre. Pierre Cornulier lui succéda, après avoir été transféré du siège de Tréguier à celui de Rennes , où il fit son entrée solennelle au mois de septembre.

Un arr6t du. parlement publia pour la première fois à cette date un règlement de police au sujet des incendies, du curage des rues, des messagers, boulangers, hôteliers, bouchers, etc. Ce iut une espèce de code de police, où Von réunit les dispositions isolées qui , naissant avec chaque besoin et selon l'intérêt du moment, avaient jusqu'alors réglé l'administration intérieure de la cité.

Une nouvelle histoire de Bretagne fut offerte aux états par le père Dopaz, jacobin, et ils votèrent 900 I. pour l'impression déjà commencée de Touvrage. Ce fut à la même date qu'ils attribuèrent d'abord exclusivement la présidence de l'ordre du tiers au sénéchal de Rennes , puis au sénéchal de la ville ou du ressort où se tiendrait rassemblée.

Pendant que Louis XIII guerroyait dans le Poitou contre les protestants , notre ville célébrait avec une pompe inusitée les funérailles, du maréchal de Brissac , son gouverneur (4621). Le cœur du maréchal, placé dans une boîre de plomb, enfermé dans une pierre de taille qui portait

840 m$TùiRB M uamMB.

une inscriptioD sur plaque de cuivre , fut déposé sous Voi^gue de la cathédrale, daos la chapelle de la Vierge^ Son corps fu^ transporté en Anjou au château de Brissao, liC comte de Vertus lui succéda dans sa chai^.

Mais une préoccupation bien plus grave vint s'emparor de la ville. La contagion qui s*y était déclarée depuis quelques mois (4624) y avait fait de tels progrès, que la cour ordonna de congédier le collège avant les vacances • On était au 29 juillet, et la communauté dispensa les J^ suites de la distribution des prix. Ce fut par suite de cette contagion , qui dura plusieurs années , que Ton fit vœu d'offrir à la Vierge un plan en relief de la ville, tout eu argent, et que l'on institua une procession , dont la pve* mière n'eut lieu cependant que douze ans après , lors de l'inauguration de Vex-voto à Bonne-Nouvelle. Nous la décrirons à sa date. En attendant on fit des prières pu-* bliques, et une procession générale fut renouvelée pendant trois jours (4627). La communauté y marcha en habits de cérémonie , avec tous les corps judiciaires et militaires.

Une solennité bien différente succéda à celle-ci. Le nouveau gouverneur , marédial de Thémines , fit son entrée d'usage en notre ville la même année. Madame la maiédiale, qui était fille de Lanoue, Bras de Fer , était arrivée la veille et avait reçu des honneurs particuliers. Us allèrent habiter la maison de la Muce sur le Ghamp- Jacquet.

A peine quitte de ces hommages toujours dispendieux , la communauté, réglementée ccmtre son gré par un nouvel édit royal , eut à s'occuper d'une requête qui lui était présentée par dame Renée du Quengo de la Haultaye , pour obtenir son consentement à rétablissement d'un couvent de Visitandines. La ville y consentit sous la condition imposée à d'autres de ne demander aucune dotation , de ne <aire aucun acte de mendicité , enfin de prendre

HiSTons DE BBivn». 544

Tavis de la communauté '^sur le choix du Heu où elles voudraient s'établir. Les Carmélites, qui s'étaient fixées dans les jardins du sieur de la Daulphinois et autres particttlin», près la Reverdiais, Tendirent aux Yisitandines le lieu de Touriel , où celles-ci formèrent leur premier éta* blissement (4628).

Le grand éTenementde cette année est le siège et la prise de la Rochelle. Rennes , comme quelques autres yilles bretonnes, avait prêté des canons pour ce siège , où tomba la dernière puissance des protestants. Elle fut obligée de les réclamer avec instance par l'intermédiaire des états pour les recouvrer.

L'arrivée presqu inattendue du prince de Guise qui allait présider les états à Vannes (4629) , et son retour quelques semaines après, vinrent mettre de nouveau notre ville en émoi y au sujet des honneurs à lui rendre , par un débat de préséance entre, deux membres de la communauté. Le sieur de la Chalotass, premier connétable, et le sieur Radnoux ^ ancien syndic, avaient été nommés députés pour aller au-devant du prince; mais on avait omis d.e r^Ier lequel des deux porterait la parole. Ils se la disputèrent, et le prince faillit entrer sans être harangué. Le connétable cependant l'emporta.

Une compagnie de vingt-huit archers , qui n'étaient pas encore armés de fusils à pierre , mais d'arquebuses à mèche, étaient alors chargés de la police dans notre ville sous les ordres du grand prévôt.

Une lettre du roi (4650) vint denuinder à la communauté une autorisation d'établissement pour les religieuses de la congrégation du Mont-Calvaire. On y consentit, mais hors de l'enclos de la ville. On leur offrit et elles acceptèrent l'ancien couvent de Saint^Cyr , à l'extrémité du faubouig de l'Evéque. Comment cette maison avait-elle cessé d'appartenir à la congrégation religieuse qui l'avait fondée? C'est ce que ne nous apprennent pas les documents contemporains.

542 HI8TOIRB DB EBHHM.

Le maréchal de Thémines étant veno à mourir sur ceê entrefaites (4654), le cardinal de Richelieu se fit pourroir du gourernement de Bretagne , et nonmia pour son lieutenant-général un de ses faroris et son parent , messire Charles de la Porte , chevalier , seigneur de la Meilleraye, huguenot converti.

La conununauté de ville luttait en vain contre l'établissèment des ordres religieux qui l'envahissaient, et dont les états eux-mêmes devaient bientAt tenter d'arrêter l'essor. Les Carmes déchaussés vinrent à leur tour présenter requête pour obtenir la permission de s'établir à Rennes •t en offrant de ne point mendier et de ne point être à > charge à la ville. » (4652.)

Enfin l'hôpital de la Santé se terminait et allait s'ouvrir aux nombreux malades que frappait la contagion , toujours aussi intense; la communauté de ville projetait de percer un canal pour arriver de la Vilaine à cet établissement. Pierre Glet, sieur de la Hurlaye , était alors connétable.

La ville était alors exclusivement préoccupée du vœu qu'elle avait fait pour obtenir du ciel la fin de la oonta- ^on qui la décimait. Un plan figuratif de la ville avait été envoyé à Paris, comme modèle ^ à l^uvrier chargé dé la contection de l'ex-voto en argent. Bientôt une lettre d'avis écrite de la capitale à MM. de la communauté leur apprit qu'on avait remis a la messagerie et à leur adresse deux caisses qui contenaient le vœu. Aussitôt une délibération régla le cérémonial de la procession qui devait avoir lieu pour sa translation de la maison de ville à la cathédrale et de là au couvent de Bonne-Nouvelle, où il devait être déposé sur l'autel de la Sainte Vierge, sous l'intercession de laquelle se plaçait la ville. Des marchés llurent passés pour la construction de cet autel en marbre.

Enfin le monument attendu arriva (4654), et fut déposé à l'hôtel de ville pour y rester jusqu'à la fête de la Nativité ^e la Sainte Vierge, jour fixé pour la cérémonie.

HISTOIRE 1» RBHIIBS. 545

n représentait en rdîef la ville avec ses remparts , ses tours et ses édifices publics , le tout surmonté de Timage de la Yiei^ étendant la main sur la cité, et pétant TeiH fimt Jésus qui la bénissait. L'ouvrier demandait deux mille livres pour son travail , dont il avait fourni la matière ; mais attendu qu'il ne pesait pas cent vingt marcs, il su* bit une réduction.

Le 8 septembre , un cortège solennel sortit de l'hôtel de ville. Les hérauts ^ vêtus de leurs casaques de velours blanc semé d'hermines, ouvraient la marche, suivis de violons et de cent en&nts en costumes éclatants , rangés sous douze guidons. Le vœu venait ensuite , porté sur un brancard couvert d'une housse de satin blanc semé d'hermines, précédé des musettes, de la grande enseigne, des hautbois , et accompagné de vingt-quatre enfants vêtus en anges , portant chacun un écu où était figuré l'un des mi* racles de la Sainte Vierge. Le corps de ville en habits de cérémonie fermait le cortège, qui se rendit à la cathédrale. Un autel avait été dressé au haut de la nef pour recevoir le vœu. Les chanoines , les religieux de l'abbaye de Saint- Melaine, le parlement, le présidial, en robes, étaient placés autour. Le corps de ville, après avoir fait déposer le vœu sur cet autel, se rangea au bas du parquet , immé* diatement après le présidial.

L'évêque, Pierre Cornulier, fit alors un sermon, puis célébra la messe. Les échevins^ après Toffice, présentèrent le vœu au prélat sur l'estrade de l'autel. Les deux conné^ tables et le procureur-général-syndic prirent la parole suc^ cessivement pour exposer le sujet du vœu , supplier l'évêque de le bénir et l'offirir à la Sainte Vierge, comme un hom«» mage pieux de la ville et de ses habitants pour son saint nom. La bénédiction terminée, on chanta le Te Deum en musique, et l'on fit une procession à Notre-Dame-de- Bon ne-Nouvelle pour y transporter le vœu.

Les confréries marchèrent en avant avec leurs bannièpes^

54i msioiBB DE wnoBft.

et celles de toute la ville. Os étaient suiTis de la coiii«pagoie des ceat enfants ^ d'uae troupe de musiciens vêtus de coton, et de quatre hautbois en robe de flanelle blanche rayée de rouge , et couronnés de fleurs , faisant retentir Tair du chant de Yjéi^e maris steUa. Le clergé régulier marchait ensuite ^ chaque paroisse sous sa croix; puis ver naient les prêtres séculiers avec des cierges, les religieux de Saiot-Melaine, en ornements de fête , suivis de quatre hautbois en casaque de futaine blanche rayée de soie bleue et incarnat, couronnés de fleurs et jouant l'hymne Ogl<H riosa domina! Après eux paraissait un grand étendard de taffetas blanc, de dix-huit pieds carrés, semé de fleura de lys et d'hermines , représentant d'un côté la sainte Yieige avec l'enfant Jésus planant au-dessus de la ville, de l'autre saint Sébastien et saint Roch avec les armes de France et de Rennes. Vingt-quatre enfiints en anges , vêtus d'étoffes d'or ou d'argent, et la tête couronnée de petits soleils entourés de lauriers, accompagnaient le vceu qui suivait l'étendard. Précédé d'une nouvelle troupe de musiciens, le chapitre venait ensuite avec le parlement, le présidial et le corps de ville, escortés de plus de cinquante mille personnes. Les rues étaient tendues de tapisseries; un arc de triomphe de vingt-cinq pieds de haut , orné de sept tableaux, s'élevait à l'entrée du cimetière Sainte-Anne. Un chœur de musique s'y faisait entendre. Les armes du pape, du roi, de la Bretagne, du cardinal de Richelieu, de l'évêque et de la ville ornaient la porte du cimetière de Bonne-Nouvelle. A l'entrée de l'église, un portique à trois colonnes était décoré de deux flgures d'anges vêtues de satin blanc brodé d'or, qui présentaient de l'encens et des fleurs.

Lorsque la procession eut parcouru lentement les rues qui séparaient la cathédrale de l'églbe des Jacolûos, et qu'elle fut entrée et rangée solennellement à Notre-Dame^ de Bonne-Nouvelle, on plaça le vœu sur un autel- de

BttvoiBB fis Bamwm. 31S

marbre noir , soutenu par des oolonnes de marbre jaspé de Tordre corinthien , à chapiteaux dorés. Une plaque aussi de marbre noir portait, sur cet autel, ces mots grayés en lettres d'or et en latin : « Vosu consacré à Dieu et à la o sainte Vierge mère, pour aToir déliyré de la peste la » ville de Rennes, Tan 4652. » Après avoir déposé le vœu à la place qu'il devait désormais occuper , la procession retourna à la cathédrale dans le même ordre. Chemin fai* sant , on mit le feu à un bûcher préparé sur les Lices» I^ fête dura jusqu'au soir, et l'on commença des prières de quarante heures.

Le lendemain une nouvelle procession eut lieu et se di* rigea vers Thêpital de la Santé , où Tévê^e célébra une messe pour les morts. Les clefs de l'hôpital, et celles des maisons des morts pestiférés furent portées devant l'image de Notre-Dame-de-Bonoe^Nouvelle. Pendant les quatre jours que dura la sdiennité , n il se rencontra une si grande » affluencede personnes étrangères, que le pain blanc man* 9 qua.à Bennes ces jours-là. » Ogée porte à 250,000 personnes la population de la ville en ce moment.

Cette procession du vœu se renouvela pendant quelque» années , puis finit par tomber en désuétude, et une messe fondée le 8 septembre par le corps de ville dans la cathédrale , resta le seul souvenir de cette solennité religieusCi. Une dispute de préséance entre le présidial et la commu» nauté , le refus de l'évéque de laisser mettre les armes de la ville dans la chapelle du vœu, furent les véritables^ causes qui firent renoncer à la cérémonie publique. Le cierge offert par les Jésuites le jour de la Saint-Luc, iut donné à Bonne- Nouvelle le jour de la messe annuelle,, pour laquelle les Jacobins obtinrent une exemption de droits d'écluse.

Les Visitandines demandèrent à cette époque un second établissement, sous prétexte qu'elles ne pouvaient être plus^ de trente-trois religieuses dans chaque couvent de leur

546 RI8TOIHE DE RBlinSS.

ordre y qui seul admettait les iofinnes. Elles s'appuyèrent d'ailleurs de la protection spéciale du roi ^ et la commu* nautê consentit à leur ouvrir un second monastère, dit du Colombier, en la rue de la Verrerie, près le faubourg de la Magdeleine.

Les avocats , que l'on nommait pères dés pauvres , et qui étaient à peu près ce que l'on a appelé depuis administrateurs des hospices, obtinrent voix déKbérative an conseil de ville. L'hospice Saint-Yves reçut alors quatre religieuses hospitalières de la Miséricorde , de l'ordre de Saint-Augustin , venues à la requête de la communauté du monastère de Dieppe en Normandie. L'évéque les installa lui-même en ^1644, sous les conditions prescrites par la communauté.

Notre ville avait reçu avant cette époque un nouvel ordre religieux. Les Catherinettes de l'ordre de Saint-Dominique vinrent de Dinan à Rennes (1656), sous la protection de M. Delanoue des Aubiers, doyen du pariemént, et présentèrent requête à la communauté , qui permit leur établissement dans les faubourgs de Rennes , sous la condition d'avoir « un fonds assuré et suffisant pour se nour^ » rir , s'entretenir et se loger sans mendier , malgré l'op- V position formée par l'abbesse et les religieuses de Saint- » Georges. » Elles s'établirent en la rue Hue, et y firent élever la maison qui depuis est devenue l'hôpital général.

Les lettres qui venaient de produire le Gid , firent naître en Bretagne une œuvre nouvelle dédiée aux états. Le père Albert Le Grand , de Morlaix , avait écrit la vie des Sainte bretons , et l'avait présentée à l'assemblée souveraine , qui la fit déposer dans ses archives, en envoyant 4,000 1. de récompense au couvent des Jacobins de Morlaix.

L'eniant royal , qui depuis fut Louis XIV, venait de naître (1658), et cet événement, qui assurait un héritier à la couronne, fut célébré par des témoignages publics d'allégresse dans notre ville. Une grand'messe fut chantée avec

le Te Deam à la cathédrale « en actions de grâces de

V l'heureux accouchement de la reine et de la naissance » de Monseigneur le Dauphin, à Sain^-Germain-en-Lajey » le 5 septembre à. onze heures du matin. » Une procession se forma, après l'office où aTaient assisté tous les coxps de la Tille , « qui allèrent ensuite mettre le feu au » bûcher dressé dans le GhamprJaoquet, Toutes les comr » pagnies de la milice s'y rendirent et' saluèrent le feu en

V passant, puis elles se retirèrent trois par trois aux » chantiers, où les attendaient des feux de joie particu- » liers, auxquels les trois capitaines des cinquantaines mirent » la torche embrasée. »

Le Tœu de Louis XIII qui venait de placer la France sous la protection de la Sainte Yiei^e , fit céléluer cette môme année la première prOo66sioa de l'Assomption dans notre ville.

L'évéque, Pierre CornuUer, mourut l'année suivante, et Henri de la Motte-Houdanoourt lui succéda. Docteufç proviseur du collège de Navarre, théologal de Paris, plus tard premier aumônier de la reine Anne d'Autriche , il ne parut guère dans son diooèse.

§ vra.

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(4645). Louis XIII avait suivi de près son ministtre Ri* chelieu dans la tombe. Rennes célébra avec la pompe ordinaire un service pour le roi qu'elle perdait sans beaucoup de regrets. Mazarin gouverna la France squs le nom de la reine régente , et son administration racheta par des victoires au dehors les vices qu'on lui reprochait justement à l'intérieur* Eocroj, qui vit nattre la puissance de l'iufanterie,' amena en Bretague des prisonniers espagnols qui j furent traités avec cette humanité que les Français cap-

tifs à leur tour , sons l'empiw ^ ne reooontrèreot pas sur les pontons de Cadix.

Le maréchal de la Meilleraye eontinoa de gouvemer k Bretagne, comme lieutenanlrgéDéral , après la mort du cardinal de Richelieu. Il n'y eut point de gouverneur jusqu'au moment où Anne d'Autriche ambitionna ce titre pour elle-même en 4647.

Sous le titre de charte des marchands , la communauté publia des règlements sur les confinéries qui résumaient les anciens priyiiéges accordés par les ducs de Bretagne et les rois de France ^ et dont la rédaotiot» tm confiée aux treize maitres élus de la confrérie , assemblés- en leur maison commune. Sans rerenir sur ce que nous avons déjà dit ailleurs de l'origine et de l'organisation de cette féo*dalité industrielle qui succédait à celle dee seigneurs , nous ajouterons que la chapelle Saintp-Jamea était le lieu de leurs réunions religieuses. L'assemblée mensuelle où étaient discutés les intérêts de la frérie, aTok Heu le premier jeudi -de chaque mois. Les treise maîtres élus la présidaient revêtus de leurs robes , sous peine de trois livres de cire d'amende à la chapelle. Ces mÉhres ou provôts étaient chargés d'une surveillance qui s'exerçait spécialement quatre fois l'an sur tous les marchanda privilégiés ou non , dont ils vérifiaient les poids et mesures , en se faisant toutefois assister d'huiàsiers et sergents du présidial dans leurs visites de jour et de nuit. Les serges de Renues formaient un des articles les plus împortanu du oommerce de la confrérie.

La fronde était maîtresse de Paris (IM&)f mais cette guerre d'émeutes , résultat de' passions particulières, plutAt que de blessures faites à l'intérêt général, ne ponvatc avoir de prise sur notre ville, bien que le' lieutenant de la reine, ïff maréelAt de la Meilkiraye, s'y tronvftimMé «« y fil preuve de dévouement à la royanié* Les lettres écrites par lat4 la communauté témoignent smkment des inquiétudes

HiSTonuB in BxiniBS. 549

que faisaient naître kê assemblée» du sieur de Rohan et de la noblesse y réunions qui aboutirent loin de nos murs à la réyolte et au siège d'Angers.

Quand la (ronde se calma, une lettre de Louis XIY, en ordonnant la réunion des états de lapro^finoe, annonça une convocation d'états généraux du royaume pour le 8 septembre en la ville de Tours. C'est ici une des rares occasions où la monographie peut compléter ou rectifier l'histoire générale. Si , comme il est vrai , les états gêné* raux en question n'eurent pas lieu , on ne peut nier du moins que le projet n'en ait été sérieusement formée puisqu'on l'annonçait officiellement à une communauté de ville. Les- lettres postérieures n'en firent plus mention , et tous les historiens ont affirmé qu'il n'y eàt que de vagues propoBÎtiops à ce sujet.

Malgré la supplique des états à l'évéque , au sujet de la multiplicité des maisons religieuses k Aennes; malgré la mesure plus ferme prise par la communauté, mii arrêta qu'elle n'en recevrait plus, notre ville en vit naître une nouvelle en 4653. Il est vrai qu'elle était destinée à une oeuvre de charité. Madame Yvonne Le Métayer , veuve de M. Siméon Brandin, sieur de Belestre, conseiller à la cour, présenta à la coimnunauté de ville « une requête dans » laquelle elle exposait qu'ayant adieté les maisons et » jardins du Plessis-Goueré, situés près de la rue Sainfr- » Etienne, dans l'intention d'y construire des logemeota » conveoables pour les filles et fenunes qui , par fragH » lité ou libertinage, étaient tombées dans le péché, et » qui désiraient s'en retirer, elle demandait la permission » d'y fonder une maison de charité sous le nom de oou- » vent de Sainte*Magdeleme. ». Cet établissement j qu'autorisa la communauté^ fut transieré treiae ans plus tard de la me Saint-Etienne an contour de la Motte, ety prit plus tard la dénomination de Bonr^Pusteur y lors de la création de la promît maison de ce nom à Paris vers 4ê86.

SaO HISTOAB DE BBIINBS.

Pendant que Mazariii ressaisissait le pouvoir , et que les derniers efforts des grands contre la royauté tombaient avec la fronde , pendant que le comte de Rieux, rebelle pardonné, rentrait à Rennes avec les honneurs dâs à sa naissance, notre ville fondait au tertre de Joué (4653), un nouvel hôpital sous le nom de Saintp-Meen, ffAœ aux bienfaits de Guillaume Renier , qui dotait rétablissement destiné à recevoir, lors de leur passage, les pauvres attaqués du mal Saint-Méen, et qui se rendaient au grand Saint*Méen. Les fous et autres malades des deux sexes étaient aussi reçus dans cette maison du tertre de Joué , sur Tordre des directeurs et administrateurs,

La religion protestante avait survécu dans nos murs à la persécution. moins longue et moins rigoureuse qu'ailleurs. Elle possédait un temple au village de Gluoé , paroisse de Toussaints (4654). On ne songeait point à la troubler dans Texercice de son culte , lorsque la procession de la Fête- Dieu venant à passer au puits du Mesnil , devant la maison d*un réformé y celui-ci eut Timprudence de réveiller, par un acte inconvenant, le fanatisme populaire, qui peutêtre était Tagresseur. Le dimanche suivant, les écoliers , suivis de la populace qu'ils avaient soulevée , allèrent incendier le temple de Cluné , croyant venger ainsi la majesté divine par un acte contraire k ses préceptes. Ce n'était là qu'un prélude des nouvelles persécutions qui attendaient les réformés sous le règne du grand roi. Sept ans après , le temple protestant relevé de ses ruines fut encore incendié dans une émeute, et la communauté fut condamnée , par arrêt du conseil , à le relever à ses frais.

Un fait qui se rattache à ceux que nous venons de citer, se manifesta dans l'opposition que fit le clergé à l'enregistrement des lettres de provisions obtenues par le marquis de la Moussaye , conmie gouverneur de Rennes, parce qu'il faisait profession de la religion réformée. Les états ayant cédé à ces réclamations , le nurquis leur demanda une indemnité de 50^000 1.

Le palais du pailemeot était enfio achevé, après trenteiAx ans nie trayaux, sinon dans tous ses détails , au moins dans son ensemble. On en admirait le grand escalier , les payillons et les galeries intérieures garnies de splendides magasins de marchands. Le parlement n'y fut installé que l'année suivante (4655). Les Gordeliers, où il avait si longtemps tenu ses séances, furent abandonnés, et l'inauguration de sa grande salle se fit avec une solennité extraoïdinaire. Le corps de ville, en costume officiel , reçut les conseillers sur le perron , et les harangua par l'oigane de son procureur^ndic. Après une messe qui fut dite dans la chapelle du palais, le parlement se rendit à la grande chambre, où le corps de ville, admis dans le parquet, fit constater le droit qu'il avait de mettre les armes de la ville au haut du perron. L'audience finie, le corps de ville alla mettre le feu au bâcher dressé devant le palais , aux acclamations du peuple et au bruit de l'artillerie.

Cette autorisation de placer les armes de la ville sur le haut du perron demeura sans résultat. L'année suivante , la communauté ayant fait sculpter l'écusson municipal sur une pierre, et reproduit son droit, le parlement ne se ressouvint plus de sa promesse, qui n'ayant point été consignée sur ses registres, ne put être exécutée.

Ce n'était pas la première fois que la ville éprouvait l'ingratitude de ceux qu'elle obligeait de ses deniers. Une nouvelle dépense, non moins urgente , allait tomber encore à sa charge. Vannonnerie , que par une vicieuse cousonnance on nommait la nonnerie , ou halle au blé , menaçait ruine , et la communauté songeait à en construire une nouvelle sur le Pré-Botté. Néanmoins la pénurie des finances de la ville fit longtemps ajourner le projet , et l'ancienne halle, quoiqu'en mauvais état, resta dans la rue de là Cordonnerie.

Notre ville ,/qui n'avait pris aucune part aux agitations

582 HliTOIAB DB ABNHBS.

de la Fraoce sous Mazartn, se sentit tout à coup émue au moment où le calme renaissait ailleurs sous la SMiin de Colbertetde LouisXiy. Les vexations de ceux qui, en pillant le peuple 9 percevaient Timpôt et le dilapidaient, seloa l'exemple donné sous Mazarin , avant que le trésor pût en recevoir une faible partie , telle fut sans doute la cause d'une émeute qui éclata à Rennes au mois de mars 4661 , et se vengea sur les traitants de l'absence de la protection royale. Celle-ci s'éveilla bientôt ; une lettre du roi fut adressée aux lieutenant, connétables, échevins et habitants de Rennes. En conséquence, dès le lendemain, le duc de la M eilleraye , gouverneur, fit une ordonnance qui prescrivait au marquis de Coetlogon , lieutenant , aux comiétables et échevins, de faire prendre les armes aux compagnies de la milice pour prévenir le retour des désordres. Grftceaux efforts de cette garde nationale du XYII* siècle, l'ordre public ne fut plus troublé, et si l'impôt ne devint pas plus léger, au moins fut-il perçu d'une manière plus équitable et plus humaine.

Rennes vit naître à cette époque , et à peu de distance l'un de l'autre, René-Joseph Tournemine qui devint célèbre dans l'ordre des Jésuites par sou érudition et sa collaboration au journal de Trévoux, et le bénédictin Guy-Aleiis Lobineau, qui devait être un des historiens les plus estimés de la Bretagne.

La résistance de la communauté contre l'invasion des maisons religieuses éprouva , en 4662, encore un échec, qui ne fut pas le dernier. Les Augustins réformés de la communauté de Bourges, munis de lettres patentes du roi , présentèrent au conseil de ville une requête tendante à leur permettre d'établir un hospice hors du faubourg de l'Evéque. La communauté , cédant aux désirs du rm ec à ceux de la reine mère, accorda l'autorisation qu'on lui demandait, en stipulant que les maisons et jardins du nouvel établissement seraient situés hors des burrieres du

HI8TOIRB DE BBlflŒS. 825

faubourg. Neuf ans après , ils s'établirent au carrefour Jouaust.

A peine avait-elle fait cette concession , qu'elle fut obligée d'en faire une autre du même genre au nourel évéque de Rennes. Son prédécesseur, M. Henri delà Motte-Houdancourty avait été transféré à Tévéché d'Âuch ; Charles* François de la Vieuville lui avait succédé en 4665. Ce dernier donna à deux religieuses de la Trinité, venues de Gaên sur son invitation , une maison et un jardin situés vis-à-vis du manoir épiscopal , près des murailles de la ville. Une dame Charlotte Constantin , douairière du Boisfévrier, légua aux mêmes religieuses une somme de 5,000 1. pour élever un édifice destiné à servir de retraite aux filles et femmes pénitentes. Il fut bientôt commencé près de la tour Saint-Mauran, qui servait alors à renfermer, par ordre de police , les femmes de mauvaise vie.

La célèbre compagnie des Indes, établie à Paris à cette époque (4664), faisait adopter son nom et une nouvelle organisation à la société commerciale instituée sous Louis XIII à Lorient. Une lettre du roi adressée aux échevins et habitants de Rennes, les invitait, à s'associer à cette puissante compagnie , qui devait leur apporter les richesses de l'Inde en échange de leurs produits.

Il ne paraît pas qu'ils répondirent bien vivement à cet appel. Ils formèrent le projet d'élever un cellier ou salorge près de la Vilaine, à l'extrémité en dedans de la contrescarpe qui aboutissait à Salleverte. Ces bâtiments existent encore, mais pour peu de temps, à l'extrémité des quais près Saint^Yves , vis-à-^vis du bassin qui occupe la place de l'ancien port. L'édit sur la* gabelle , de 4625 , avait fait du ccHumerce du sel en Bretagne un monopole royal , en •créant des greniers à sel , sorte d'entrepôts où , de peur de la firaude, lesprovinœs voisines devaient s'approvisionner. Quant anx particuliers , indigènes ou habiunts de la Bretagne , ils avaient le chou: de s'approvisionner a sur les

524 HISTOIRE DB RBNNBS.

» marais ou dans ia ville avec les marchands fournisseurs » du grenier du roi. » Les amendes , la confiscation et les galères perpétuelles étaiejit les peines prononcées contre les faux saulniers qui tentaient d'exporter ou de vendre à leur profit dans l'intérieur le sel privilégié, dont le roi se réservait la vente exclusive partout ailleurs qu*en Bretagne. Ajoutez à cette prohibition contre tout ce qui dépassait la consommation intérieure ^ ajoutez les vexations , la violence même de la douane des archers de la gabelle établis sur la frontière bretonne, vous veirez que le privilège primitif avait été resserré dans des limites aussi étroites que possible, et que Ton tendait par tous les moyens à sa suppression.

Mais les esprits, confiants dans la vigilance des états , ne s'inquiétaient pas beaucoup d'un avenir si éloigné, bien qu'inévitable. Toute à ses intérêts privés , la communauté ouvrait alors (4665) la poterne Saint-François, dont le passage ne devait être permis qu'aux piétons , quand le parlement serait rassemblé. On abandonna aux Cordeliers les terrains voisins de cette nouvelle porte en dedans des murs , à la condition qu'ils diraient tous les ans , le jour Saint-François, une messe solennelle à laquelle serait invitée la communauté , qui y assisterait en habits de cérémonie.

Le maréchal de la Meillerayese démit, en 4669, de ses fonctions de lieutenant-général, et fut remplacé par le marquis de Lavardin, auprès de Charles d'Ailly, duc de Ghauines, qui allait devenir gouverneur de Bretagne.

Mais un événement beaucoup plus important aux yeux des habitants de notre ville, allait en 'renouveler l'un des plus notables édifices. L'abbaye de Saint-Georges tombait de vétusté; Magdeleine de la Fayette , alors abbesse, entreprit de la reconstruire complètement, et fit élever le vaste bâtiment qui sert aujourd'hui de caserne, ainsi que l'attestent les deux inscriptions qui nous ont été conser»

HISTOIBB DB ABNIOÏS. 525-

yées, et qui seraient au besoin corroborées par les lettres de fer retraçant le nom de la fondatrice sur toute la &çade du monument. La première de ces inscriptions est ainsi conçue : « In nomine Domini altissimi, illustrissimus » D. Garolus-Franciscus de la Yieuville , episcopus Rhen donensis, harum sedium inchoationi adfuit, benedixit, » omnibusque Jesu-Christi sponsis eas habitaturis veram » pacemexoptavit. ÂnnoGhristiM. DC. LXX. Ind. VUI. » ÏX. kalend. april. »

La seconde , réservée en l'honneur de la fondatrice , s'exprimait en ces termes : « Deo optimo maximo iavente j n D. Magdalena de la Fayette , natalibus virtutibusque » clarissima , hujus monasterii Sancd-Georgii abbatissa , » bas œdes vetustate ruentes y in ampUorem formam à iîin- » damentis renovandas singulari zelo suscepit, închoavit- » que anno Ghristi M. DC. LXX. Indict. YIIL TX. kal-. » april. »

Pendant que le nouveau monastère de Saint-Georges s'élevait lentement sur de plus larges bases cpie l'ancien , dont l'église romane était seule conservée , les Jacobins , Garmes , Cordeliers et Minimes présentèrent une requête pour être exemptés des droits d'entrée sur le vin et autres denrées ^ en qualité d'ordres mendiants. Afin d'éviter l'abus, ils furent admis par édit royal à déclarer leur provision annuelle devant le procureur au présidiàl, le procureur» syndic 9 et les habitants siégeant en communauté de ville.

L'imprimerie , qui avait fait jusqu'alors peu de progrès à Rennes , commença à nous indiquer des noms que nous devons recueillir avec intérêt, comme une des preuves de la marche de la civilisation dans notre cité. Ainsi l'on trouve à cette époque la veuve Coupard , établie comme imprimeur-libraire rue Saint-Germain.

L'abbaye de Saint-Georges était loin d'avoir terminé sa dernière restauration , quand celle de Saint-Melaine fut entreprise par l'évêque deCondom. Elle tombait en ruines,

326 HIMEOIBB DE EBHNB6.

abandonnée depuis un siècle par ses aUiés. L^évéque de Gondom, Jean Destrades , en fit choix pour ses esereices de piété , et la releva en moins de deux ans. Les parties restaurées furent notamment le dernier côté du cloître , la maison abbatiale (aujourd'hui réyéché) , l'ancienne tour serrant de portail et de clocher , masse dont les débris s'élevaient encore à cent dix pieds , depuis sa chute au commencement du siècle. En fouillant la terre pour la reconstruction de cette tour , on découvrit trois tombeaux, dans l'un desquels on trouva l'inscription suivante, gravée en traits dentelés sur une croix de plomb de dix-neuf pouces de long sur quatorze de lai^ : « Anno ab incamap tione Domini millesimo XC , indictione XIII , epacta » XXVIII, concurrente uno id. augusti, obiit Gon8tan« • tia, Britanni» Comitissa, comitis Alani Fei^ns oonjux » nobilissima, Willielmi régis Anglorum filia. » La tombe en maçonnail était formée à trois pieds sous terre de deux petits murs, à la distance de vingt pouces ,- et d'une hauteur de quinze, rapprochés vers l'une de leurs extrémités comme les châsses. Le peuple, attiré par le bruit de ces découvertes, se jeta avidement sur les restes qu'enfermait la tombe, et les pilla comme des reliques, avant que les religieux eussent pu les recueillir.

Les deux autres tombeaux , juxta-posés et séparés par un mur commun de six pouces d'épaisseur , étaient à la même profondeur dans le même lieu. L'un d'eux contenait une hache d'armes , des ferrailles , un bout de fourreau d'épée et des os cariés. Le mémoire signé P. H. (Pierre Hévin) auquel nous empruntons ces détails, et qui fut imprimé chez Pierre Gamier, marchand libraire à la Bible-d'Or , vis-à-vis le palais , ne dit rien du nom des personnages inhumés dans ces deux derniers tombeaux , où l'on ne trouva pas d'inscription. D. Lobineau pense que c'étaient ceux de Gonan II et de son épouse.

Si la restauration de l'antique abbaye de Saint-Melaine,

BiavoniB DB ammu. 527

qui nous «st parvenue telle que la fit 1 evèque de Coadoniy ne coûta riea à la ville de Rennes , . il nen fut pa* ide même de 1 etabliaseaaent des Jésuites. Le duc de Chaulnes lui imposa y aux fins d'ordre d« roi , un nouveau sacrifice en leur faveur. Oa leur alloua , sur les deniers d'octroi , un revenu annuel de 2,000 1. qui devait durer douze ans, sous la condition d'entretenir un régent pour enseigner les mathématiques , la chirographie et la science de la marine en langue française , plus uù père chargé de diriger la congrégation des artisans. L'année suivante (4674) une transaction arrêta d'une manière irrévocable toutes les clauses pnécédentes , et les Jésuites renoncèrent à jamais rien demanda, et s'obligèrent à placer dans leur église 9 élevée aux.irais de la communauté ^ un banc privatif portant sculptées les armes de la ville.

On dirait qu'à cette époque toute l'existence adminis^ trative de notre cité est dans ses relations avee les maisons religieuses qui j naissent de toutes parts. Apès les Jésuites , la communauté eut à délibérer sur le monastère des filles pénitentes. Quinze religieuses seulement , dites de la Trinité, y furent admises sous la direction de l'évêque. Les filles pénitentes présentées par les juges de police devaient 7 être reçues sans nombre limité.

Cependant d'autres faits plus graves se préparaient dans un avenir prx^chain. La guerre de Hollande n'aypt produit que des victoires stériles , une retraite honteuàe, et des impôts qui avaient fait éclater l'émeute à Nantes. Le duc de Chaulnes , malgré son habileté vantée par Sainl>- Simon , était devenu le but de toutes les haines ^ et M^® de Sévigné nous en a conservé plus d'un curieux témoignage. Bennes ne pouvait tarder à prendre sa part de cette émotion populaire, qui fait foi, ainsi que beaocoup d'autres circonstances, que le grand règne ne fut pas aussi calme qu'on se l'imagine à la lecture de nos historiens enthousiastes.

528 HISTOIRE DE RBKlfBS.

Deux nouveaux impôts (4675) venaient d'être établis dans notre ville, Vun sur le timbre , Tautre sur le tabac introduit en France en 4560, et devenu peu à peu matière imposable à Rennes, notamment depuis 46A4. On l'avait soumis alors à un de7>oir comme les boissons (4). Cette première tentative ayant réussi à la volonté rojale, elle osa davantage, et ne craignit pas de violer les privilèges de la province. Les états eux-mêmes auraient, eu peine à créer les nouvelles taxes exigées sans leur concours. La puissance de Louis XIV le fit, mais non sans violence et sans d*faorribles cruautés , d'autant plus barbares qu'elles étaient inutiles. Le peuple se souleva, e€ croyant fiûre disparaître l'impôt en détruisant le bureau où se faisait la perception, il le pilla et l'incendia. Le duc de Cbaulnes marcha contre les rebelles avec ses gardes , et fut repoussé à coups de pierres. La communauté intervint avec la milice et parvint à étouffer l'émeute ; mais la perception de l'impôt restait suspendue. L'insulte faite au pouvoir royal dans la personne du gros duc de Cbaulnes ne pouvait demeurer impunie. Des troupes furent dirigées sur la Bre*» tagne, sous le commandement du gouverneur et de son lieutenant, M. de Lavardin.

Ces derniers écrivirent et ordonnèrent à la communauté de rétablir le bureau du papier timbré, et de faire les -dispositions nécessaires pour le séjour des troupes qui seraient mises en garnison à Reunes aux frais des habitants. Le temps de la résistance était passé; on se soumit humblement, et le peuple contenu par la milice n'osa plus bouger. Les troupes arrivèrent bientôt avec une nombreuse artillerie, et vécurent, dit M"^ de Sévigné , comme en un pays de conquêtes. La potence et les galères furent prodiguées aux rebelles soumis , avec un luxe qui faisait dire à la spirituelle marquise que l'on a accusée d'indifTé-

(I) Registre des éXaUU, 1641 * 1642.

HfSTOIU DE RBNNfifl.

renoe : Je prends pan à la tristesse et à la désolation de toute la profince. Le duc de Chaulnes se vengea plus cniellement que ne l'exigeait le service du roi, des injures que les Bretons avaient adressées à son volumineux embonpoint.

Une taxe plus lourde que l'impôt repoussé, fut exigée des bourgeois dans un court délai , comme dans une ville conquise, et levée par classes avec une rigueur soldatesque.

Une lettre suppliante fut enfin adressée au roi, comme seul remède en cette extrémité, par les membres de la communauté rennaise , affligée de tant de maur qu'elle n'avait point mérités. Le ministre, Arnaud de Pompone, leur répondit bientôt que « sa Biajesté avait reçu avec ml^ » tisfiiction les témoignages qu'ils avaient donnés de leur » douleur pour une telle émeute , et du zèle qu'ils avaient » déployé pour la réprimer. »

Le roi lui-même daigna leur écrire. Quoi qu'il en soit , le cousin royal, duc de Chaulues , abusa un peu des pleins pouvoirs que lui donnait Sa Majesté. A défaut des lettres de M""® de Sévigné , sa contemporaine , qui était sur les lieux, nous pourrions citer les siennes même en témoignage. Les juges enfin se lassèrent de condamner et les bourreaux de pendre. Le calme était revenu , Tordre régnait, comme nous dirions aujourd'hui, mais bien des familles étaient dans la désolation , les unes privées de leur fortune, les autres de quelques-uns de leurs membres. Les dépenses extraordinaires qu'entraînent toujours ces troubles pesèrent longtemps sur la ville. Elle dût payer des indemnités, à titre de récompenses, à tous ceux qui avaient fait preuve de zèle pour réprimer l'émeute. Le sergent de ville et le concierge Yves Pinot reçurent chacun 50 1. sur les octrois pour leurs peines extraordinaires. Les quatre tambours de la milice eurent 40 1., mais ces dépenses n'étaient rien auprès de celles qu'occasionnèrent

550 HI0TOIRB SB BBHIIBS.

les logementft de troupes, leiH^ subaislaaceft et les remèdes fournis aux soldats malades par les apolhiGalrea. Quelque touché que ftit le roi, d'après sa lettie, des tànoignages du repentir de aos conatoyens, il ne les en punit pas moins fort rigoureusement. Cependant il se contenta de déroger pour une fois seulement aun coutumes et usages privilégiés de la communauté, en ordonnant d*élire un nouveau syndic avant le temps prescrit. Il paraît que l'an» cien avait démérité en ne prévenant pas l'émeute au liai de rétouffer. L'édit du roi , sous ce rapport, était bien plus coupable que le syndic.

Le duc de Chaulnes , plus curieux d'embellir la ville que de se concilier l'afTeciion des habitants , fit faire à cette époque, par corvées, la promenade du mail. 11 fut défendu aux bateliers de décharger aucune marchandise sur ledit cours.

(^1676.) Un sinistre vint bientôt glacer d'un nouvel effroi les âmes timorées dans notre dté* Le feu du ciel incendia les tours de Toussaints , et leur réparation , adjugée cinq ans après à Yves Pinot, coûta 600 1. Franklin n'était pas encore venu nous révéler les effets de l'électricité, et nous enseigner les moyens de s*en préserver. L'ignorance est toujours crédule et poltronne en face des phénomènes naturels.

Notre ville faisait pourtant ses progrès inl^dlectuels , à en juger par le nombre croissant de ses imprimeurs. Nous en trouvons un nouveau établi, sous le nom de Guillaume Champion , à l'enseigne de l'image de Notre-Dame , rue Saint-Michd.

Les établissements religieux continuaient de se multiplier avec persévérance. Les Hospitalières présent^eiit à la communauté une requête tendbnte à obtenir l'usage de l'église Saint- Yves, leur chapelle intérieure étant désormais trop étroite. Elles obtinrent l'autorisation qu'elles demandaient , mais à la condition de ne se serrir du maître-

HtTOIBB DB RBimU. 5SI

aatel qu'aux haires qui ne troubleraient point le gardien et autres chapelains de Vhôpital; de ne placer dans l'église aucun tronc , plats , boites ni personne pour quêter ; enfin d'entretenir l'édifice conTenablement, et de, le relever s'il tombait en ruines.

Un nouveau couvent , celui des filles du séminaire de la sainte Vierge, fut fondé par M**® Budes, dont elles prirent le nom, dans la rue d'Orléans, depuis le Pont* Neuf jusqu'au carrefour Toussaiots ; mais elles transférèrent plus tard leur établissement ailleurs.

Les religieuses de Notre-Dame de Charité et de Refuge de la Trinité aggrandirent leur enclos de quelques vieilles mabons que leur donna la communauté , et d'un vaste jardin pris dans les fossés le long de la Lice.

Pendant que les maisons religieuses naissaient de toutes parts dans nos murs , le duc de Chaulnes de son côté forçait la viUe non seulement à souftHr , mais à faire les établissements qu'il jugeait utiles. Il lui enjoignit par ordonnance de rechercher aux environs du pré Raoul un lieu propre à bâtir un manège, ce qu'elle s'empressa de faire, et elle désigna le lieu où existent encore les édifices cons* tmits à cette époque , et qui ont jusqu'à nos jours servi au même usage.

Le despotisme royal pesait de plus d'une manière sur notre cité. Un arrêt du 24 septembre attribua exclusive-^ vementau domaine la possession des remparts, murailles, portes, fossés et terrains de fortifications qui, abandonnés à la ville, avaient été affermés parles maires et édievins* On traita d'usurpation un droit ancien qui avait souffert déjà, il est vrai, plus d'une exception.

(4679.) Notre ville obéissait de loin à l'impulsion du grand ministre Colbert; elle s'occupait de l'extinction de la mendicité, œuvre inachevée, léguée par le passé aux administrations modernes, qui auraient dû chercher là leur plus beau titre à la reconnaissance de leurs conci—

332 aiSTOIE£ 1>K ftBNlfXS.

toyeiis. Des lettres-patentes du roi autorisèreot la création cl*un hôpital général destiné à la réclusion des pau- Tres de Fun et de l'autre sexe; et en attendant qu'on en eût choisi remplacement et construit les édifices , il fut décidé que l'hospice de la santé serait consacré à l'établissement provisoire, auquel on réunit l'hôpital Saint- Yves et celui du petit Saint-Méen, avec tous leurs revenus. Seize directeurs furent chargés de l'administration , et l'évéque, le président du parlement, le procureur-général en firent de droit partie. On lui créa des ressources en lui accordant un débit de viande pendant le carême, en exigeant à son bénéfice un droit de 6 1. 8 s. de chaque officier reçu au parlement, et de 3 1. 8 s. de ceux admis au présidial, en imposant aux marchands une taxe de 5 1. 8 s. pour leurs brevets d'apprentissage, et de 40 s. aux gens de métiers. Les compagnons^ et les pauvres acquéraient le droit de maîtrise après six ans de service à l'hôpital, dont le roi voulut être conservateur et protecteur, en faisant mettre l'écusson de ses armes sur la principale porte; mais parmi tous les privilèges accordés au nouvel établissement, il en est un qui peint avec naïveté cette époque d'arbitraire : il fut enjoint, par ordonnance royale, aux testateurs de faire un don à l'hôpital, et aux notaires d'insérer cet avis dans l'acte testamentaire qu'ils étaient appelés à rédiger, sous peine de 6 I. d'amende.

Pour compléter les droits dudit hôpital et atteindre plus sûrement le but de son institution , « il fîit fait dé- » fense à toutes personnes ,• de quelque qualité et condi- » tion qu'elles fussent, valides ou invalides, de l'un et i» de l'autre sexe, de mendier en aucuns lieux de la ville, » sous peiné de prison pour la première fois, du fouet » pour la seconde, et d'être rasées et mises au cachot, u ou autres peines à l'arbitrage des directeurs, qui avaient » toute juridiction sur les pauvres, excepté pour les

mSTOIRB DE RBNNBS. 585

>» crimes à renvoyer devant les juges ordinaires. >» Afin d'assurer Texëcution de leurs jugements , un nombre illimité d*archersy en casaques particulières à la marque de Thôpitaly fut mis à la disposition des directeurs , qui eurent le droit d'avoir dans l'intérieur de leurs maisons des poteaux, carreaux et prisons, celles de sa Majesté pouvant leur servir au besoin. Mais la force est une base vicieuse pour (aire le bien; aussi, malgré son utilité, l'établissement s'est écroulé et ne s'est point relevé. Il ne pouvait l'être sur les mêmes fondements; honneur à l'administration municipale, qui, comprenant son époque, renouvellera, avec d'autres moyens dont l'expérience est faite, cette indispensable institution de notre civilisation moderne.

(4680.) Cette tendance à l'abus de la force, que nous venons de signaler, se manifesta bientôt dans un autre fait relatif au même hôpital. Des quêtes, qui s'étaient iaites jadis pour l'hospice de la Santé, et dont l'usage avait été aboli par le Parlement, se renouvelèrent à l'époque où nous sommes, avec la différence que l'aumône facultative devint obligatoire. Une taxe des pauvres iiit imposée à chaque citoyen. Nous avons pu juger en Angleterre les conséquences d'un tel système.

Bien des années vont maintenant s'écouler, où nous n'aurons plus que quelques faits à glaner. Notre cadre nous interdit également les détails trop minutieux et les empiétements sur l'histoire générale. Bornons*nous donc à citer d'abord le vote fait par les États réunis à Dinan (4685), d'une statue à Louis XIY vivant, qui ne la verra pas élever, et que notre ville inaugurera quarante-et-un ans après le vote. Signalons en passant le retour de ces États à Rennes (4689), après une absence de quarantequatre ans; l'institution du premier intendant, M. de Pommereul (4690), et arrêtons-nous un instant à une époque importante dans nos fastes municipaux.

M. de Nointel venait de succéder à M. de Ponmiereul

354 HUTOIBB DB BSRNB».

dans l'intendance, dont le si^ à Rennes était alors à Thôtel de Brie; un édit créa l'office de maire, et Pierre Cardin, écuyer, en fut pourra par conuniasion du 47 août 4693, signée Louis. Le connétable Benjamin de Rayenel, sieur du Boisteilleul, protesta contre l'innovation , et la communauté seconda sa résistance. Il ne faut pas croire que le grand roi , sur lequel on s'est fait tant d'illusions, ne rencontra jamais qu'une soumission serfile, un dévoùment aveugle à son despotisme. On déf<ui» dit à la communauté rebelle d'élire aucun échevin avant que l'office de maire f&t rempli. Le procureur syndic, Charles Avril, sieur des Plantes, donna enfin sa démission, et l'on procéda à l'installation de son successeur.

Divers édits avaient réglé d'avance ses droits et ses devoirs , car la tradition du passé était rompue par la volonté royale qui, violant ses propres engagements, avait mis sa signature à la place de la coutume.

Le nouveau maire, qui n'était plus qu'un officier du roi auquel il prêta serment , fut autorisé à porter la robe rouge, comme les principaux officiers des présidiaux, qui ne virent pas cela d'un bon œU , et furent menacés de 500 1. d'amende s'ils s'y opposaient. Il eut des gages qui le remboursèrent peu à peu de la finance payée par lui. Son entrée au parlement , où il eut droit de se faire recevoir, lui coûta 400 1., parce que le taux de ses finances excédait 6,000 1. Il présida et convoqua les assemblées de l'hôtel de ville à l'exclusion de tous autres. Il eut des assesseurs à gages comme lui , et sous le nom de conseillers, qui avaient droit de préséance sur les procureurs du roi.

Les seigneurs , acquéreurs de charges de maires , furent autorisés à les fidre exercer par leurs officiers dans leurs terres.

Les réunions du corps de ville devaient se faire dans son hôlel ; mais il était en reconstruction. Les séances furent

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tenues au couvent des religieux Minimes. La gratification de deux livres de bougie blanche, outre la rétribution ordinaire aux grandes solennités j fut maintenue.

Un autre édit (A 094) reforma la milice et attribua au maire les fonctions de colonel.

L'année suivante un nouveau maire y M. du Baty-Rallier, succéda au premier, sans que les registres nous disent s*il était décédé. Toutefois l'hérédité de la charge fut une r^le inobservée dès le commencement , car le nouveau titulaire, qui n'était pas l'héritier du précédent , paya une finance qui s'élevait à 22,550 1. , plus 2,255 1. de décime, qu'on appelait les 2 sols pour livre, puis 70 1. de marc d'or ou du droit de sceau.

Nous trouverons bien d'autres preuves de ce que nous avons dit plus haut de l'instabilité des institutions sous un gouvernement absolu.

Le nouveau maire prêta serment , selon l'usage, devant le parlement , et ses conseillers assesseurs le prêtèrent à leur tour entre ses mains. Julien BouUet, sieur de la Babiuardière, l'un des anciens échevins, avait présidé à l'installation en présence de l'intendant , marquis de Nointel , commissaire du roi.

Pendant que notre ville changeait de maire, la Bretagne changea de gouverneur. Le duc de Chaulnes donna, bon gré, mal gré, une démission 'volontaire , pour faire place au fils naturel de Louis XIV, Louis^Alexandre de Bourbon , comte de Toulouse.

Trois incendies se succédèrent comme autant d'avertissements donnés à notre ville, du malheur qui la menaçait, bidépendamment des seaux de cuir fournis par la conununauté, il n'existait point alors d'autres secours que ceux apportés volontairement et sans ensemble par les dr toyens sur le lieu du sinistre. Aussi le zèle était-il récompensé pour qu'il ne iSt pas dé&ut. La milice bourgeoise qui, par son oiganisation, aurait pu prêter des secours

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beaucoup plus efficaces en pareil cas ^ ue paraît pas avoir été jamais convoquée pour un tel service.

Le séminaire des pauvres écoliers. de Rennes, situé hors ville, à main droite en sortant de la porte Blanche, acquit alors du domaine royal le terrain sur lequel il était construit, vis-à-vis la tour Meslin, et qu'il ne faut confondre ni avec rétablissement en face, aujourd'hui maison de détention, ni avec l'établissement postérieur des dames Budes, qui n'eut lieu qu'après (^1 738). Le petit séminaire pour les prêtres ne fut établi à Rennes qu'en 4708.

Notons ici la naissance de la Chalotais dans nos murs (nOi) et l'achèvement des tours Saint-Pierre, puis le passage de quelques évéques et notabilités administratives ou gouvernementales.

Monseigneur Charles-François de la Yieuville avait laissé en mourant (^1677) le siège épiscopal à Jean-Baptiste de Beaumanoir de Lavardin, qui l'occupa jusqu'en 47^15, et eut pour successeur Christophe-Louis-Turpin Crissé de Sanzai.

Le maréchal de Chàteaurenaud était venu occuper à Rennes l'hôtel de Montbarot, en qualité de lieutenantgénéral du comte de Toulouse (4704).

L'intendant, M. de Nointel, avait été remplacé par M. Feydau de Brou (4708), qui lui-même le fut bientôt par M. Ferrand (4740). La fin du règne presque séculaire de Louis XIV approche (4742); avant de passer à une autre époque, inscrivons un fait honorable pour notre ville : le malheureux esprit de fiscalité dont était empreint le pouvoir, avait poussé ce dernier dans des voies illégales, qui devaient tôt ou tard porter le pays à des actes de résistance, dernier levain de cette vieille indépendance que Loub XIV lui-même n'avait pu étouffer. Le don gratuit offert par les États pour prix de la conservation de ses franchises était devenu obligatoire. Les villes durent subir, sans murmurer, leur part de cette

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sorte d'emprunt forcé. Rennes cependant , taxée à la scHume de 'i 20,000 1. , osa faire quelques remontrances bien humbles. Un arrêt dû conseil la força de se soumettre à la loi commune. Ce ne devait pas être le dernier effort de la Bretagne contre l'arbitraire.

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