IV
Après Ift victoire du 45 vendémiaire , qu'elle devait k Bonaparte , la convention termina sa longue dictature , en installant les pouvoirs qui devaient lui succéder.
 peine le directoire (ut-il organisé , que notre TiUe , dans un mémoire énergique y s'empressa de lui peindre les besoins de la commune , et de lui demander les se<x>urs que sa position rendait indispensables. L'agitation , oée à l'occasion des élections , continuait toujours ; des rassemblements nocturnes avaient lieu à Tauberge dite le Due de Bretagne , à l'extrémité du faubourg l'Evéque. Des visites domiciliaires, faites à l'improviste parla troupe, parvinrent à les dissoudre sur ce point. Il (ut défendu de sortir de la ville avec des armes à fini. On fit abattre tous les arbres autour de l'arsenal dans un rayon de cent toises, de peur de surprise. Tous les bateaux furent coulés sur la rivière dans un délai de quarante-huit heures, par ordre du général Rey. On transféra encore des prisonniers de guerre anglais à Saint-lfalo pour y attendre un échange.
Cependant la douceur du nouveau régime , qui ne devait pas tarder à dégénérer en faiblesse , comme toute réaction à la violence , se faisait déjà sentir dans notre ville. La munid^lité était obligée de se défendre contre des calomnies -que son zèle n*avait pu lui épargner.
Nous rencontrons pourtant ici sur les registres (A) de ses dâibérations , un fait qui prouve l'estime qu'elle mëritait. Le maire Leperdit « expose que les citoyens Le
(I] Cm mémet rcgtotres ont éU la toaroe où noua avom polié Ifli llitu ralrtUi à Pépoqne révolutloiuiam dant notn Tille.
aiSTOIBB DB BBNNBS. 485
» Presire de ChÂteaugiron , Talhouet de Bonomour , Bel- » lier de la Fresnière , Dubois-Dessausais , et autres per- » sonnes bienfaisantes, lui donnèrent l'an dernier diffié- » rentes sommes pour distribuer aux pauvres ; que ces » dons sont relatés sur les registres de la municipalité , » quoique ce fût à lui particulièrement qu'on eftt donné * ces sommes pour en faire la distribution aux malheu<^ » reux j sans être tenu d*en rendre compte. Il demande » acte de la représentation qu'il fait de la liste des indi- » geàts malheureux qu'il a soulagés avec les deniers lui » donnés , contenant la quotité de ce qu'il a compté à » chaque individu , montant en total à 2^490 1. 45 s.
» Le procureur de la commune entendu , Je corps mu- » nidpal , obten^pérant aux désirs du citoyen maire , sur » son réquisitoire , lui a décerné acte par lui demandé , » en lui' observant que les personnes bienfaisantes qui lui » ont donné des aumônes pour distribuer aux malheu- » reux 9 savaient qu'il était incapable de les faire tourner » à d'autres usages. »
La municipalité s'honorait dans l'hommage qu'elle rendait ainsi à la probité si bien reconnue de son maire» Quoi qu'il en soit, elle allait céder la place à de nouveaux élus. Les assemblées primaires, conformément à la loi , avaient renouvelé les membres du conseil municipal , et Leperdit les proclama , puis se retira avec ses anciens collègues aux cris de : Vive la république !
M. Philippe Jouin , premier élu , fut nommé au scrutin par ses collègues , président de la nouvelle administration municipale y car la vieille dénomination de maire était supprimée. M. Corbière feisait aussi partie de cette administration , bien qu'il eût été élu juge de police par la précédente. Si Leperdit ne fut plus au nombre des officiers municipaux , il continua de siéger parmi les notables adjoints au conseil , car on le trouve désigné par la nouvelle municipalité pour Foffice de minager , c est-à-dire , de commissaire chargé de la rédaction des mercuriales.
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Bient&t la conuftiiitie de Rennes fut mise en écat de siage et privée du nouveau régime oonstitutioanel , sans qu*aacMn événevaeni grave eût paru motiver cette exœsaive prudence. Quoi qu'il en soit ^ deux officiers municipaux demeurèrent en permanence. Le général La BaroU lière, qui oommandail alors la garnison, exigea de chaque propriétaire une déclaration des armes et munitions qii*il possédait. Une sourde agitation naquit alors -et entretint dans Tesprit du pouvoir les soupçons de rojaUsme nés contre la commune de Rennes à Tépoque des dernières élections. Malheureusement de petites circonstances Tenaient parfois fortifier cette opinion.
Les nouvelles fêtes inventées par le directoire et consacrées à la jeunesse ^ aux époux , à la . reconnaissance , aux victoires , étaient célébrées sans enthousiasme , souvent avec une économie suspecte. Ce moyen de moralisation ^ sans base religieuse , n'avait aucune prise sur l'esprit du peuple. Gomme distraction y ces fêtes sans attrait manquaient encore leur but politique.
La fête de la république était celle qui excitait encore le plus d'enthousiasme. Célébrée le 4 ^^vendémiaire de diaque année, elle en marquait le commencement, et ranimait le désir de compléter VœuVre commencée en 89 , mais si souvent interrompue par les nécessités tyranniques des circonstances et l'oppression dictatoriale qui en découlait, sous le nom désormais inapplicable de république.
La Bretagne , malgré la chute des chefs de la Vendée, luttait encore sans espoir. Hoche revenait pour y comprimer un reste de guerre civile. Il avait rétabli son quartier-général à Rennes. De là il publia ces ordres du jour où respire ce caractère ferme et humain qui lui valut le titre de pacificateur de l'Ouest. La persuasion et la force , ses deux grands moyens de pacification , amenèrent la soumission de tous les chefs royalistes. Les environs de Rennes redevinrent tranquilles au moins pour quelque
UMnpi y car Hocke éXmigtkéy la diowamaôe ae dcvni pas tarder à renaître. Le directoire récompensa le pacîfioa«> teoren lui offrant des amea et des AevBnLy etReimes fiûiUt le voir sucoonber sous le pistolet d'un assassin €fûi l'attendait à la sortie du spectacle. L'auteur de celte m* minelle teniatÎTe, nommé Morîo^ fut saisi et enqirisoaBé à Rennes.
Le retour de la paix , dont notre Tille derait sa part à Hoche y amena des loisirs fitvofables à ses intérêts privés^ et 'Surtout au besoia impatient de plaisirs qui s'emparait comme une folle réaction, de toutes les classes de la société. Sous ce rapport, les fêtes du directoire fieiTorî*sèrent cette tendance et exprimèrent Uune des faces des mcBurs du temps.
Du moina les pau/f res gagnèrent quelcpie chose à eettie ardeur de dissipation qui succédait eomtoàe le soleil à la tempête. Le .dixième de Ift reoetie des spectacles fiit aUribué aux filles de la charité , et perçu à Rennes pour la première fois à cette époque.
Malheureusement ce secours était bien insuffisant. Les hôpitaux manquaient de paÎA et lea administrateurs roulaient se retirer. On refusa leur démission jusqu'à ce qu'ils * fussent remplacés, et l'on s'adressa au trésor public qui était impuissant à secourir tant de détresse.
On dansait cependant , et l'on on.T rait les prisons aux prêtres détenus. Tandia que la municipalité était occupée à œt acte de déaMnoe, elle eut à repousser de nouveUes calomnies qui l'accusaient de tolérer des marchés publics et considérables de fusils , et d'avoir mal accueilli le l^jia* latcur Lanjuinais. Une délibération Ait prise pour démentir ces fiûts injurieux, et le conunissaire du directoire eiécutif , Corbière , fut chargé d'en transmettre une expédition aux journaux, le Républicain Français et l'Ami des Lois, qui avaient iffij^imé ces odieuses inculpations dont le but, disait^on, était d'amener la suspension du
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régime conâtitudonDel dans notre ville. Gela ue tarda pas en effet.
On s'occupait des listes des candidats aux fonctioDs publiques exigées par la loi du 23 fructidor an lY. Les assemblées primaires et communales qui devaient choisir enu*e ces candidats et nommer aux diverses fonctions, étaient ouvertes à tout citoyen inscrit sur le registre ci» vique tenu par la municipalité, conformément à l'art. 8 de la constitution. Elles étaient donc soumises à des influences diverses; chaque parti voulait faire triompher ses candidats , et il en résultait dans la ville une certaine fermentation dont nos élections modernes ^ ne donnent qu'une faible idée.
Le nom de Corbière sortit de Vume pour la députatioa au corps législatif. Vanier fils , son substitut , lui succéda dans ses fonctions de commissaire du directoire exécutif.
(4797.) La liberté complète, entière, n'était encore possible pour aucun des partis. Chacun d'eux ne voulait que la moitié de la vérité qui lui convenait , et cherchait à semer le désordre là où il ne pouvait rester maître. Le serment de haine à la royauté , qui fut bientôt exigé des nouveaux élus , n'écarta point tous ceux dont on redou* tait la présence aux affaires.
La municipalité, qui venait de renouveler la moitié de ses membres ) conformément à l'art. 485 de la constitution , se vit obligée de lutter contre des désordres de plus d'une espèce. Des duels , des rixes violentes avaient lîeu tous les jours en public. On se dispensait de porter la cocarde tricolore imposée à tous les citoyens et citoyennes par la loi du 5 avril 93. Enfin une nuit, quelques jours après l'anniversaire du 44 juillet, l'arbre de la liberté de la place d'armes fut abattu par un malheureux fou. Le lendemain une proclamation de la municipalité apprit que l'auteur de l'attentat avait été saisi , et autorisa la garde municipale indignée à en replanter un immédiatement à
HisTODUB HE ftXNiias. 489
la même place , « sauf à le replacer en saisoD convenable » en cas que la chaleur le fasse périr. »
A toutes ces causes d'aigreur et de réaction vint s'en joindre une nouvelle. Une pétition calomnieuse fut déposée par une main inconnue au corps-de-garde. La municipalité s'y transporta , sur la dénonciation du chef de poste y et après l'avoir lue , en envoya des copies au directoire, au corps législatif, au ministre. Toutes ces précautions ne la sauvèrent pas du coup qu'elle redoutait ; elle était désormais suspecte. Son obéissance même aux lois était transformée en délit. Elle avait rouvert au culte catholique les ^lises du Collège, de Saint-Germain , Saint- Melaine, Saint-Aubin, Saint-Etienne, Saint-Laurent et Saint-Hélier. L^acte était légal , mais inopportun , comme on dirait aujourd'hui à la tribune.
Au milieu de cette irritation, à laquelle faisaient à peine diversion les succès répétés et glorieux de nos armées, vint tout^-coup retentir la nouvelle des événements du 'IS fructidor. Le général Rouland commandait alors à Rennes. Tout individu sans cocarde tricolore fut arrêté et puni selon la rigueur des lois. Bientôt celle du 49 fructidor vint annuler toutes les élections faites par les assemblées primaires, et un arrêté du directoire destitua la municipalité.
Le citoyen Parcheminier , l'un des' administrateurs nommés par le même arrêté, fut élu au scrutin par ses collègues, président de l'administration municipale. Il institua un jury pour les fêtes républicaines , et en nomma membres les citoyens Rabillon , littérateur et professeur de l'école centrale , Lemierre , musicien , qui déjà avait dirigé plus d'une fois les symphonies patriotiques.
Ce nouveau jury eut bientôt une solennelle occasion de prouver son utilité. Hoche venait de mourir à l'âge de vingt-neuf ans, au milieu de ses victoires. La république perdait un de ses héros les plus purs. Toute k
Fjaooe le plcimît. Reiuwi, qui Fafiit
ne pouTait tarder .à csfnnnier aes ragrtts d'i
fioulooreuse. La fAte fimëraire, onkimée par le oarps
législatif êmm umie réteftdtte de la répoblîqiie, scwwité^é
fixée au 50 Tendénniie (24 aeuàm). EHe Ibt nemise à
Bennes au lendemaîo ^ 4^ bnunaire , i cavse du manraîs
temps.
Ia perte du grand homme ne tarda pas à se £ûre seo* tir encore à notre ^He* Son absence avak fiût renaître la chouannerie; les rigueurs du directoire ne rétouflEèrent pas , en rappelant les mesures de la terreur.
Au milieu de ces inquiétudes qui fiûsaient cfaindic le retour des mauvais jours passés , la nouvdle de la paix se répandit à Rennes. Les succès du jeune Bonaparte en Italie avaient plus d'une {bis excité l'admiration dans nos murs» Le traité de Caai^o*Formio venait y mettre ie comble ^ en procurant à k France une paix glorieuse dont elle était avide. Aux premiers bruits qui drculèreot à Rennes , la compagnie de garde nationale à cheval partit pour aller à la rencontre du courrier et protéger ses dépèches. Elle rentra quelques heures après avec lui , entourée et suivie d'une grande affluence de peuple qui s'était porté sur la route, et qui les escorta aux cris de Vive la république ! La paix est faite ^vec l'empereur !
Une salve de vingt-sept coups de canon , par ordre du général Rouland , vint bientôt confirmer l'heureuse nouvelle. La ville et les faubourgs s'illuminèrent spon* tanément ; la foule inondait les rues et manifestait sa joie par de nouvelles acclamations. A sept heures du soir, la municipalité sortit aux flambeaux, accompagnée des autres autorités civiles et militaires, précédée d'un piquet de cavalerie , des tambours et de la musique, escortée d'un détachement de grenadiers et de chasseurs de la garde nationale, et proclama solennellement sur chaque place, à chaque carrefour, la paix avec Tempereur, en ajoutant,
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à la grande joie des audileun attentifii , que le vainqueur de ritatte et k général Desaix viendraient bientôt dan» notre dté. En effet le directoire , déjà embarrassé de la gloire de son jeune général y songeait à l'exiler du théftttre de ses exploits ^ et avait donné l'ordre d'annoncer œ voyage qui ne devait jamais se réaliser. L'espoir seul n'en excita pas moins un grand enthousiasme.
On profita du calme que répandait ce grand événement pour renouveler la demande de l'établissement défi-' nitif d'une école d'artillerie , qui déjà avait été accordée à notre ville en l'an III , et qui fut confirmée quelques mois après par un nouvel arrêté du directoire (25 plu-viâse an VI )• Il devait s'écouler encore bien du temps avant que cet arrêté reçût son exécution complète. Le droit était établi; le &it suivra.
On n'avait guère cessé de rechercher les plaisirs publics, même dans les moments de crise. Les bals uotor' mes redoutes f les concerts des pauvres, les spectacles continuaient avec la même ardeur. Le théâtre, transféré depuis quelque temps dans un ancien jeu de paume, au haut de la place du Champ-Jacquet, reçut une nouvelle entrée plus facile, celle qui existe encore aujourd'hui.
(1798.) Cette douce quiétude fut bientôt troublée par un nouveau coup de foudre. Le conseil des cinq cents décida que l'assemblée électorale accordée par la loi au chef-lieu^ serait, pour cause d*indignité, transférée à Dol. L'administration municipale réclama avec vivacité. Quoi qu'il en soit , le corps législatif maintint sa décision , et notre malheureuse commune se plaignit en vain d'être poursuivie par un système de diffamation , dont elle avait plus d'une fois éprouvé les effets.
Cette disgrâce imméritée n'empêcha pas de célébrer avec enthousiasme 9 quelques jours après, la (ète de la paix de Campo-Formio. L'hymne de la liberté par Mehul y fut exécuté et demandé à plusieurs reprises, en pré»
492 HISTOIRE DE RBlimS.
senoe de la statue de la Paix élevée sur un vaste globe , dans le temple qui lui avait été consacré^ place de li Révolution , sous le dôme de l'ancienne chapelle du Calvaire.
Une nouvelle fête, celle de la souveraineté du peuple, créée par le directoire , fut célébrée sur la Motte , deux mois après, et eut du moins Tattrait de la nouveauté pour notre population qui commençait à se blaser sur ces spectacles populaires. Gomme ceux donnés à Catherine de Russie y ils n*étaient qu'un masque gai sur un visage souffrant.
Le commerce de Rennes eut alors sa bourse j où il se réunissait tous les jours pairs de la semaine. L'instîtutioo n'a pas prospéré ; le sol n'y était sans doute pas favorable.
Parmi les fêtes qui continuèrent d'animer notre ville à la surface y nous devons citer encore celle de l'agriculture. C'était un germe fécond que s'efforcent de développer nos comices agricoles , et que l'avenir recueillera avec soin pour l'utiliser dans de meilleures conditions.
(Au VII.) La conscription militaire , qui devait fiiire tant de torts à l'agriculture , venait d'être décrétée sur le rapport de Jourdan au corps législatif, et la loi du 5 vendémiaire en ordonnait la première application , en demandant deux cent mille conscrits. L'Ille-et- Vilaine fiit dispensée de fournir pour cette fois son contingent, destiné au maintien de la tranquillité intérieure. Mais afin d'habituer les esprits à ce nouveau mode de recrutement, on exigea l'inscription de tous ceux qu'atteignait la loi sur des tableaux ouverts à ce sujet dans chaque municipalité. La population de notre ville s'élevait alors officiellement à 24,954 âmes.
Une eomnsigiiie île suppléants avait été formée dans la carde mniiîitii^iie^ P'^^^^ dispenser du service ordinaire, fUOTetiUfinr ïine raxe, ceux qu'une absence, nne affaire
BISTOiaB DB HBlINBfl. 403
quelconque empêcheraient de se présenter à l'appel; mais Û concession ayait vite d^néré en abus. On réorganisa cette compagnie , dont l'existence fut la première source des négligences dans le senrioe personnel. Et cependant il devenait de jour en jour plus indispensable. La chouannerie renouait sa trame; Georges Cadoudal recrutait à Rennes même. La guerre civile préparait de nouveaux dangers à notre'ville, qui n'en dormait pas moins tranquille y comptant sur son beffroi pour la reveiller quand il serait utile. Cette cloche du befilToi , installée dans les tours Saint-Pierre, fut maintenue à son poste par la municipalité, et continua de sonner le couvre-feu chaque soir à dix heures.
Le marché au poisson fut établi alors près de la halle à la boucherie , et l'administration du bureau de bienfaisance fut séparée de celle des hospices.
Sur ces entrefiûtes , la nouvelle de l'assassinat des ministres français à Rastadt (A709) parvint à Rennes, et leur mémoire y fut honorée d'une pompe funèbre.
Notre ville, épargnée par la conscription , utilisait sa garde nationale, en y puisant tantôt des colonnes mobiles 9 tantôt des ocunpagaies fraoches , qui parcouraient le pays et le maintenaient tranquille au moins à la surface.
( An Vni. ) Cette situation pénible était sans cesse aggravée par de nouvelles alertes J Le général Rouland déclare un jour k la municipalité que la ville est en danger; les chouans doivent l'attaquer la nuit suivante. La population s'agite, et l'imagination grossit le mal. En allant à la source de ces bruits alarmants, on découvre qu'ils s'appuient uniquement sur le témoignage d'un grenadier qui a vu rentrer le soir des ouvriers avec leurs instruments. La municipalité , malgré la requête du général , déclare qu'il n'y a pas lieu de prendre des mesures extraordinaires, et se borne à ordonner des visites domiciliaires pour le jour suivant.
494 HUTomc m umoft^
Toutes ces causes l%ères n'entreteDaient pM nunas l'inipiiëtude. On reçut , comme une compensation y trok dépêches télegraphi()ttes , dont Tune annoDÇik le reuvar de Bonaparte^ et les deux aotras les wstoires de TariBée d'Helvétie et de celle de Holhnde.
Le directoire y en transmettant ces nouvelles ai» départements, prenait, on le yoît, ses précautions contre le vainqueur de TEgypte , qui revenait sans ordre , soos pré* texte de venger les humiliations de la France^ La joie fut unanime dans notre ville. La prookwlatioil des trois dépêches eut lieu au son de la musique et des salves d*artillerie. Une illumination générale et spontanée ténsoigna de Tenthousiasme public, qui ne se manifesta pas moins par les crb de vive Bonaparte ! auxquels on mêla , non cooune protestation , mais comme expression de Topiniim commune , ceux de vive la république ! On commençait à croire le directoire impossible , mais, on téwt une association qui ne Tétait gtlère moins.
La Bretagne > désolée par ses diouans^ crut voir l'homme qui la délivrerait de cette plais que Hocfae ne pouvait plus guérir.
Elle ne se doutait guère des moyicns qui seraient eni* plojés pour arriver à Ce but. Au moment on notre ville, heureuse de ses espérances , faisait un appel aux bourses de ses citoyens pour Téclairage de ses nies , et empruntait 6,000 h pour ses hôpitaux, die- fiit subitement déclarée en état de si^eet administrée ÉtiUitairement* La municipalité perdit tous ses poumts; W droit de police même lui fut cnlefvé. ...
Ge fut dans œs circonstances que la nouvelie de la révolution du 'IB brumaire parvint è BjcnnesA Cet événement semblait attendu ; si la joie fut moins put^Mquement manifestée qu'au retour de BomiparSe, eUenenfotpas moins mianime. Quelques esprits seids virent les ooaséquenoes éloignées de ce fait qui n'était qu'une nouvelle et ands-
DB BMKMS. 40S
cietise liolatioii de cette liberté légale tant proclamée depuis 89* La marne n'en jugea que la nécessité présente et y applaudit.