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.NEClîSSITt: DE LICENCIEU LES OEFlCIEi'.S
Le projet des comités fut adopté, après que l’Assemblée eut repoussé par la question préalable la proposition du licenciement. Ainsi, comme l’avait dit Robespierre au début de son discours, au milieu de toutes 'les aristocraties détruites restait seule l’aristocratie militaire. Combien il fallait que vous fussiez dans le cœur du peuple, ô Révolution immortelle, pour résister à de tels décrets qui remettaient vos destinées entre les mains de vos ennemis! Ah! s’écria le journal de Mirabeau, comme si l’ombre de son glorieux fondateur eût plané sur lui, « le vertueux Robespierre est le seul qui ait eu le courage d’élever la voix contre ce projet de décret. Mais avec quelle force de raisonnement n’a-t-il pas démontré la nécessité du licenciement! Avec quelle force de principes n’a-t-il pas pulvérisé le projet des comités ! Avec quelle force de style n’a-t-il pas fait le triste tableau des troubles qui agitent l’armée et dévoilé les longues iniquités des chefs (1)! » Mais l’Assemblée nationale marchait à grands pas vers la réaction.
lien, proclamé citoyen français par la Commune de Paris, nu mois d’avril 1790, lettre puldiée dans le numéro B1 des l{êvoluliotis de France et des Boyaumes... C’est dans votre journal, Monsieur, que je désirerois de voir i>asser à rimmortulité un des plus beaux traits qui honorent notre liberté, et un de ces hommes qui est devenji aujourd’hui le plus cher à la patrie. Itobespierre mérite la couronne civique ; Kobespierre, levé tout seul au milieu du sénat le 11 de ce mois, jour à jamais déplorable! lorsqu’on a mis aux voix le licenciement des officiers. Que faisoient donc dans ce moment là les autres enfants de la patrie, ceux que nous avons tant chéris jusqu’à présent, les amis ardens de la lîépuljliqueV Ce Romain qui mérita le nom de Père de la patrie, et qui osa sauver la République le 5 décembre, trouva au moins dans le sénat deux opinions qui se lovèrent avec lui, et qui appuyèrent courageusement son avis. Il y en eut bien quelqu’un qui, au dire de Salluste, quitta lâchement sa jdacc, mais Sinalus, mais Caton se mirent du côté do Cicéron, et la patrie fut sauvée. ICt vous no l’avez ]>as osé ce 11 juin, Pétion, Anthoine, Buzot citant d’autres que je passe sous silence pour leur honneur, et que Robespierre a fait rougir lorsqu’il promenoit ses regards h droite et à gauche, se tenant immobile, tout seul, à la décision de cette fatale question d’où dépendoit le salut du peuple? Qu’il étoit beau de voir un citoyen au milieu de huit cents soi-disuns pères cmiscripts, au milieu de toute l’Assemblée nationale, reprocher, par sa seule attitJide, leur pusillanimité, leur foiblesse, et je dirois presque leur lâcheté à ses collègues î 11 me sembla l’entendre dire à tous ce que ce brave Lacédémonien disoit a Pausanias la veille de la bataille de Platée, où Mardonius fut tué et les Perses taillés en pièces : « Je me moque de toutes les autres résolutions et conclusions « lâches ut timides de ce faux conseil, h (V. Plutarque, Vie d'Aristide.) (^ue David, que Iloudon, (pie Pajou rcipréscntent notre cher Kobesj)ierre dans la ferme et héroïque attitude du 11 juin; c'est la seule que la postérité doit connoître. Chabrias fut bien copié dans la posture où il se dispo.sa à comliattrc les ennemis; sa statue étoit un genou appuyé contre son bouclier, et présentant la pique en avant ; la statue de Robespierre sera celle d’un seul citoyen debout parmi les autres assis, que je ne dis pas citoyens, mais députés.
« Signé : PlO.
• Ce 1.5 juin 1791 .»
(1) Courrier de Provence, numéro 300, p. 1.59. Le journal de Brissot ne fut pas moins élogieux pour Robespierre : « On ne peut rien d’ailleurs opposer au tableau ellVayant que M. Robespierre a fait de toutes les vexations, les inquisitions, les horreurs com-
Robespierre avait été plus heureux la veille, dans la discussion concernant les incompatibilités législatives, en appuyant un amendement de Régnault, tendant à faire prononcer rincompatibilité des fonctions municipales, administratives et judiciaires avec les fonctions législatives, non-seulement pendant chaque session, coname le proposait le comité de constitution , mais pendant la durée de la législature. U était absurde , selon lui , qu’un même homme pCU cumuler le mandat de législateur et Tautorité du fonctionnaire public, puis(iu’il se trouverait inviolable comme législateur et responsable comme fonctionnaire. L’Assemblée, applaudissant à ces paroles, déclara les fonctions municipales, administratives et judiciaires imcompatibles avec celles de la législature (1).
Le 10 juin, le jour même où il réclamait en vain le licenciement des officiers, de l’armée, Robespierre recevait des électeurs du département de Paris un éclatant témoignage d’estime et d’affection. Ce jour-là, en effet, les citoyens composant l’assemblée électorale du département de Paris se réunissaient à huit heures du matin, sous la présiJence de Lacépède, à l’archevêché, et nommaient Robespierre, à une majorité considérable , accusateur public près le tribunal criminel du département de Paris (2). D’André, qui avait obtenu quatre-vingt-dixneuf voix, fut ensuite nommé substitut de l’accusateur public par
mises dans la plupart des régimens par les olTiciers. tSl. Cazalès appelle cela des calomnies, mais trop de voix s’élèvent en faveur de ces faits pour qu’ils soient des calomnies. » {Patriote franroix^ numéro 673).
(1) Point\du jour, numéro 69B, et Moniteur du 10 juin 1791.
(2) Il y etit deux tours de scrutin ; au premier, 235 élccteiu's prirent part au vote; la majorité absolue était de IIB A-oi.x. Robespierre obtint 116 suffrages: il en avait en réaiité réuni 118; mais deux bulletins, ne portant que son nom sans la qualiHcation de député, ne lui fui'ent pas comptés, après une longue discussion, à la suite de laquelle l’assemblée électorale décida (ju’un second tour de .scrutin aurait lieu. Les citoyens qui aprè.s lui réunirent le plus de voix furent d’André, député (49 voix) ; Martineau, député (16 voix); Fréteau, député (12 voix), et Rœderer, député (5 voix) ; Rétioii , n’obtint que 3 voix. Au second tour, il y eut 372 votants; la niajorité’ absolue était de 167 voix. Robespierre en obtint 220, non compris cinq bulletins où son nom n’était pas suivi de la qualification de député. Après lui venaient d’André (99 voix), et Martineau (241. « D’après ce résultat, dit le procès-verbal, M. le présidents proclamé, au nom de l’assembléê électorale, accusateur public du tribunal criminel du déjïarteinent de Paris, M. Robespierre, député à l’Assemblée nationale. Agé de {l'âge est resté en àlanc), demeurant rue Saintonge, au Marais. {Archives de l’empire B, I A, 5, cote 14.)