‹ Histoire de Robespierre; d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits (volume 4)Chapitre 125 sur 188 · I.IVItK l\. AI)>llltAI!I.!: liKI'ONSI. A I.OLVKT Ml · texte numérisé non relu

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Il ét;iit impossible, je le rép^te, d'expliquer plus naturellement et avec plus d'oloquencc des événements dont on ne pouvnit charger exclusivcnu'Mt la mémoire de quelques hommes, qu'à la condition de laisser peser sur toute une population une accusation de lâcheté mille fitis plus odieuse que n'eût été la cruauté (ie ceux h qui les Girondins avaient h présent la prétention de les attribuer. Gomme R )bespicrre< aurait eu beau jeu h retourner l'accusation contre ses adversaires! mais en déclinant toute solidarité dans ces événements, il si^ montra généreux, s'inspira uniquement de sa conscience, et donna, je persiste à le dire, la seule explication véritable, celle qui restera vraie devant l'histoire.

Son dénonciateur, en des termes violents et outrageux dont on a la satisfaction de ne pas trouver d'équivalent dans sa réponse, lui avait reproché d'avoir continuellement tourmenté, méconnu et outragé le Corps léyislalif, espèce de figure oratoire, disait Robespierre, par laquelle Louvet travestisait deux pétitions qu'au nom du conseil général de la commune il avait eu mission, lui Robespierre, de présenter à l'Assemblée législative. Nous avons parlé dans notre précédent livre des trois occasions oi!i Robespierre avait été chargé d'exprimer des vœux au sein du Gorps législatif, deux fois par la commune, une fois par sa section. Une députalion de la commune était venue un jour prier l'Assemblée de supprimer le directoire du département, lequel, sur la proposition de Lacroix, avait été transformé en simple commission des contributions publiques. Le décret de l'Assemblée ayant été dénaturé par le ministre de l'intérieur, la députation de la commune était revenue pour se plaindre, et à ce sujet Maxirnilion s'était trouvé accusé par Louvet, dont l'allégation avait été soutenue par Lacroix, d'.ivoir menacé le Gorps législatif du tocsin, s'il n était pas fait droit aux prétentions de la commune. Robespierre, tenant à ne laisser sans réponse aucune des inculpations de son accusateur, réfuta vivement celle-ci; comme on l'a vu déjà, Lacroix s'était trompé. Ouehin'un, en effet, dans un momentd'humeur avait tenu le propos imputé à Maximilicn, propos assez compréhensible d'ailleurs au lendemain même d'une révolution violente, mais lui-même en avait sur-le-champ blâmé l'auteur. Un ancien membre de l'Assemblée législative, nommé Renaud, étranger aux passions qui divisaient la Gonvention, se leva alors et dit : « J'atteste le fait que vient d'énoncer Robespierre (1). »

(1) Ce qui n'avait pas empOelu! lîi'issol, tant il y avait une touchante entente entre les Girondins pour calomnier Roliespierre, d'i'-crirc dans son faciuni ; « Un jour il menaça de faire sonner le tocsin. » Voyez celil)pne de lîrissot dans VHistoirc parlementaire, t. X\, p. 13.>.

512 HISTOIRE DE IlOBESPIERRE

Cet incident vidé (1), il avait à répondre à un autre reproche, celui d'avoir dénoncé, le jour même des massacres, quelques hommes du parti de la Gironde ^qu'il supposait vendus à Brunswick et dont, avait insinué Louvet, il aurait voulu compromettre la sûreté. Nous avons rapporté plus haut ses explications si claires à cet égard, nous passerjons donc rapidement. « J'ai déjà, ^) dit-il, « répondu à cette infamie en rappelant que j'avois cessé d'aller à la commune avant ces événements qu'il ne m'étoit pas plus donné de prévoir que les circonstances subites et extraordinaires qui les ont amenés (2). » En dénonçant, après beaucoup d'autres membres, dans la soirée du 2 septembre et non pas du 1*% un parti puissant vendu à Brunswick, avait-il indiqué nommément quelqu'un? Cela est au moins douteux. Ses paroles n'ont pas été recueillies ; et le procès-verbal de la commune, déjà cité par nous, mentionne son discours en trois lignes (3). Peut-être désigna-t-il Carra et Brissot ; nous avons dit pourquoi ; mais on sait quel démenti énergique, non relevé, il donna à Vergniaud le jour où ce dernier lui

(1) Le Moniteur est muet sur cet incident. Voyez le Jounml des débals et des décred de la Cûuienlion^ numéro 48, p. 82. D'après Robespierre, la vérité de son récit fut aussitôt attestée par plnsieui-s membres de l'Assemblée législative, députés à la Convention. Leltre de Robesinerre à ses commettans, numéro 4, p. 180.

(2) C'est ici que M. Micbelet, avec sa légèreté baliituelle, accuse Robespierre d'avoir menti pour la seconde fois ; et cela parce que, repolissant avec borreur cette insinuation de Louvet qu'il avait voulu compromettre la sûreté de quelques députés en les dénonçant durant les exécutions, Robespierre avait répondu à celle infamie en rappelant qu'il avait cessé d'aller à la commune avant ces événements, — ce qui était vrai, — et que rien n'avait pu les lui faire prévoir. A quoi donc a pensé M. Michelet en insinuant que Robespierre avait voulu dissimuler sa présence à la commune dans les soirées du 1"^ et du 2 septembre? ^'t. IV, p. 482. C'est, en vérité, par trop naïf I M. Micbelet s'imagiue-t-il que les 288 membres du conseil général l'eussent attendu pour donner un démenti à Robespierre? Celui-ci vint à la connnune le 1" septembre pour y donner lecture d'une adresse aux quarante-buit sections, dont la rédaction lui avait été confiée; il revint le 2, parce que ce jour-lii la gravité des événements lui fit un devoir d'être à son poste de conseiller ; mais tout nous porte à croire qu'au moment où, après quelques autres membres, il parla, lui aussi, d'un parti puissant qui projetait de mettre Brunswick sur le trône, il ignorait encore les exécutions que, d'après sa propre déclaration, il n'apprit que par le bruit public et plus tard que la plus grande partie des citoyens. Ce jour -là, en effet, l'assemblée électorale avait commencé ses opérations; et à partir du lendemain Robespierre cessa de fréquenter le conseil général pour se consacrer tout entier à ses fonctions d'électeur. Voyez aussi la discussion lumineuse de ^ï. Louis Blanc. Hisloire de la Bévolulion. t. VII, p. 373 et 374.

(3' M. Micbelet est d'avis « qu'il ne nomma pas » (p. 477;. Pourquoi donc écrit-il plus loin que « durant les exécutions, il vint, dénonça et de la langue égoi-gea ses ennemis )) ''p. 481) ? Ces contradictions sont familières à M. Miclielet. Hélas! quel mal, de la plume, il a fait ii cet illustre Robespierre !

Ah '. malheur i l'apotre et malheur au tribuu !

Et voyez la justice de M. Michelet 1 Ces cris de fureur déchaînés contre Robespierre par les Girondins : A la guilloline, Robespierre ! et les poignards invoqués par Louvet, il s'est bien gardé d'en dire mot, lui qui à cliaqne page revient sur cette dénonciation d'un parti vendu à Brunswick.

LIVKK 1\. ADMIHAIiLI-: RKPONSli A LOUVET. 513

reprocha d'avoir incriminé la plupart des membres de la Gironde. Et quand l'impudent Louvet, qui de son propre aveu n'assistait plus aux séances du conseil général, lui prêta, dans cette réplique dont la Convention refusa d'entendre la lecture, une phrase où se trouvent inculpées îa Gironde en masse et la commission des Vingt-et-un tout entière, il commit un abominable mensonge (1) ; mais c'était un moyen de grossir le nombre des ennemis de Robespierre.

Revenons à cette magnifique défense dont la fin est empreinte d'un caractère de grandeur qui acheva de subjuguer la Convention. Robespierre ne pouvait manquer, en passant, de dire un mot ni du dernier rapport de Roland, signal de cette levée de boucliers contre lui, ni de cette lettre énigmatique gauchement présentée, disait-il, à la curiosité de l'Assemblée, lettre anonyme dont on connaissait Fauteur, ce vilMarcandier, ni de tous ces journaux, pamphlets et libelles distribués à grands frais dans toutes les communes par les soins du ministre de l'intérieur. « 0 homme vertueux, homme exclusivement, éternellement vertueux, oh vouliez-vous donc aller par ces routes ténébreuses? Vous avez essayé l'opinion... Vous vous êtes arrêté, épouvanté vous-même de votre propre démarche... Vous avez bien fait; la nature ne vous a moulé ni pour de grandes actions, ni pour de grands attentats... Je m'arrête ici moi-même, par égard pour vous... Mais une autre fois examinez mieux les instruments qu'on met entre vos mains... Vous ne connoissez

^1} Dans sa brochure A Maximilien Robaspieire et à ses royalistes, Louvet qui, de rage, a ijerdu tout à fait la tête, place à la date du 1" septembre la scène qui n'eut lieu que le 2 au soir à la commune. Le 1«'' septembre il ne fut question ni de Brunswick ni de ses partisans, comme on peut s'en rendre compte par le procès-verbal de la commune. Voici maintenant les paroles qiie Louvet, qui n'assistait pas ii la séance, met dans la bouche de Robespierre : « Personne n'ose donc nommer les traîtres ? eh bien ! moi, pour le salut du peuple, ie les nomme. Je dénonce le liberticide Brissot, la faction de la Gironde, la scélérate commission des Vingt-et-im de rAsseml)Iée nationale. Je les dénonce pour avoir vendu la France à Brunswick et pour avoir reçu d'avance le prix de leur lâcheté. » Combien Louvet, homme d'imagination et menteur passé maître, dut regretter de ne pas avoir inséré ce petit discours dans sa iDremière Robespierride 1 (P. 42 de sa brochure, éd. de l'an III.) Un historien de nos jours, si l'on peut appeler de ce nom un véritable pamphlétaire, M. Mortimer Ternaux, a, sur la foi de Louvet, attribué ces paroles à Robespierre. Mais M. Mortimer Ternaux, qui n'y regarde pas de si près, qui ne distingue pas les assemblées de section ordinaires, des assemblées de section fonctionnant comme assemblées primaires, ne s'est pas aperçu que Louvet avait positivement confondu la séance du l'^"' septembre avec celle du 2, -et il a fait, lui, un double emploi. Après avoir montré Robespierre prononçant, le l"^, les paroles citées plus haut, il lui fait tenir lelendemain un langage identique. ^laintenant, ce qui est plus grave, M. Mortimer Ternaux se garde bien d'indiquer la source impure 011 il a puisé ces paroles, en sorte que le lecteur de bonne foi peut croire qu'il lésa trouvées dans un document authentique, et non dans un libelle plein de fiel et de boue. Nous avons donc raison de dénier à cet écrivain le titre d'historien, et après avoir signalé chez lui des supercheries ou des erreurs capitales, nous croyons devoir dédaigner denous occuper désonnais d'une œuvre qu'il est impossible de prendre au sérieux.

pas l'aboïiiinable histoire de l'homme à la missive énigmatique ; cherchez-la, si vous en avez le courage, dans les monumens de la police... Vous saurez, un jour, quel prix vous devez attacher à la modération de l'ennemi que vous voulez perdre. Et croyez-vous que si je voulois m'abaisser à de pareilles plaintes, il me seroit difficile de vous présenter des dénonciations un peu plus précises et mieux appuyées? Je sais qu'il y a loin du dessein profondément conçu de commettre un grand crime à certaines velléités, à certaines menaces de mes ennemis dont j'aurois pu faire beaucoup de bruit. D'ailleurs je n'ai jamais cru au courage des méchans. Mais réfléchissez sur vous-même, et voyez avec quelle maladresse vous vous embarrassez dans vos propres pièges... Vous vous tourmentez depuis longtemps pour arracher à l'Assemblée une loi contre les provocateurs au meurtre; qu'elle soit portée, quelle est la première victime qu'elle doit frapper? N'est-ce pas vous qui avez dit calomnieusement, ridiculement, que j^aspirois- à la tyrannie? N'avezvous pas juré par Brutus d'assassiner les tyrans? Vous voilà donc con- Taincu, par votre propre aveu, d'avoir provoqué tous les citoyens à m'assassiner. N'ai-je pas déjà entendu, de cette tribune même, des cris de fureur répondre à vos exhortations? Et ces promenades de gens armés qui bravent, au milieu de nous, l'autorité des lois et des magistrats! Et ces cris qui demandent les têtes de quelques représentants du peuple, qui mêlent à des imprécations contre moi vos louanges et l'apologie de Louis XVI ! Qui les a appelés ! qui les égare, qui les excite? Et vous parlez de lois, de vertu, d'agitateurs!...

« Mais sortons de ce cercle dinfamies que vous nous avez fait parcourir, et arrivons à la conclusion de votre libelle.

« Indépendamment de ce décret sur la force armée que vous cherchez à extorquer par tant de moyens, indépendamment de cette loi tyrannique contre la liberté individuelle et contre celle de la presse, que vous déguisez sous le spécieux prétexte de la provocation au meurtre, vous demandez pour le ministre une espèce de dictature militaire, vous demandez une loi de proscription contre les citoyens qui vous déplaisent, sous le nom d'ostracisme. Ainsi, vous ne rougissez plus d'avouer ouvertement le motif honteux de tant d'impostures et de machinations; ainsi,, vous ne parlez de dictature que pour l'exercer vous-même sans aucun frein; ainsi, vous ne parlez de proscription et de tyrannie que pour proscrire et pour tyranniser; ainsi, vous avez pensé que pour faire de la Convention nationale l'aveugle instrument de vos coupables desseins, il vous suffiroit de prononcer devant elle un roman bien astucieux, et de lui proposer de décréter, sans désemparer , la perte de la liberté et son propre déshonneur ! Que me

M VUE IX. AUMUURLE lŒPONSE A I.OUVET 515

reste-t-il k dire contre des accusateurs qui s'accusent eux-mêmes?., r Et alors, terminant avec une sorte de pitié dédaigneuse dont resta mortellement blessé l'orgueil des Girondins, il disait : « Ensevelissons, s'il est possible, ces méprisables manœuvr€s dans un éternel oubli. Puissions-nous dérober aux regards de la postérité ces jours peu glorieux de notre histoire, oii les représentans du peuple, égarés par de lâches intrigues, ont paru oublier les grandes destinées auxquelles ils étoient appelés. Pour moi, je ne prendrai aucunes conclusions qui me soient personnelles; j'ai renoncé au facile avantage de répondre aux calomnies de mes adversaires par des dénonciations plus redoutables. J'ai voulu supprimer la partie offensive de ma justification. Je renonce à la juste vengeance que j'aurois le droit de poursuivre contre mes calomniateurs. Je n'en demande point d'autre que le retour de la paix et de la liberté. Citoyens, parcourez d'un pas ferme et rapide votre superbe carrière. Et puissé-je, aux dépens de ma vie et de ma réputation même, concourir avec vous à la gloire et au bonheur de notre commune patrie (1)! »

Tel était ce discours magistral, véritablement magnifique. Nous avont dû l'analyser avec quelques développements et en mettre d'assez longs extraits sous les yeux de nos lecteurs, parce qu'il est le véritable point de départ de l'influence de Robespierre sur la Convention. Les Girondins, on ne peut se le dissimuler, s'étaient imaginé qu'ils auraient facilement raison de lui ; il avait eu beau se tenir à l'écart depuis l'ouverture de la Convention, son nom seul inquiétait leur ambition. Mais le jour oi^i ce vieil athlète de la liberté, — si jeune encore! — entreprit de se défendre, il les écrasa. A leur exaspération on va juger combien grande fut leur déception.

Robespierre avait quitté la tribune au miheu des plus vives acclamations. On demandait k grands cris l'impression de son discours et

ri) Le Moniteur du 6 novembre 1792 et le Journal des débats et dea dedcU de la Convention, numéro 48, reproduisent h peu près in extenso le discours de Robespierre mais avec des inexactitudes et des variantes assez graves. Voyez le discours imprimé par ordre de la Convention, Réponse de Maximilien Robespierre à l'accusation de J.-B. iouref (de l'Imprimerie nationale, 1792, in-8° de 26). Voyez également les Lettres d-; M. Robespierre à ses comv^ellans, numéro 4, p. 145 à 186. Ce discoursa été reproduit dans VHistoire parlementaire, t. XX, p. 198, et dans les œuvres recueillies par Lapoi.neraye, t. II. p. 18-5.

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l'envoi aux quatre-vingt-trois départements. La Convention, presqu'à l'unanimité, — tant la Gironde avait perdu de terrain en quelques heures ! — vota l'impression. Le discours de Louvet ayant été tiré à quinze mille exemplaires, Merlin (de Tliionville) aurait voulu qu'on enjoignît au ministre de l'intérieur d'avoir à répandre celui de Robespierre à un chiffre égal, dans toute l'étendue de la République, ce dont se gardera bien Roland. Il était temps cependant de clore cette discussion; un grand nombre de membres réclamèrent l'ordre du jour. C'était là précisément ce que redoutaient les Girondins.

Louvet s'élance à la tribune, on refuse de l'entendre. Tandis que Saint-Just, Jean- Bon Saint-André, Manuel et Garnier s'inscrivent pour parler en faveur de l'ordre du jour pur et simple, Pétion, Delaunay, Barère, Buzot et quelques autres demandent la parole, les uns sur, les autres contre. — Je vais répondre à Robespierre, s'écrie Louvet, qui, furieux, s'obstine à rester à la tribune. '■ — Vous répondrez dans la Sentinelle, lui crie-t-on. — Mais Louvet, inébranlable, demande à parler contre le président. Ce n'était plus son ami Guadet. Surpris, le président consulte l'Assemblée pour savoir si elle veut entendre Louvet; à une très-grande majorité elle décide qu'il ne sera pas entendu.

Barbaroux, de son côté, se démenait comme un possédé. Il criait, gesticulait. Ne pas consentir à l'entendre, c'étaitle réputer calomniateur. Il voulait descendre à la barre, signer sa dénonciation, la graver sur le marbre. Voyant ses efforts demeurer infructueux, il use d'un stratagème qu'il croit ingénieux, quitte sa place et se rend à la barre où il réclame la parole comme citoyen. Mais il est accueilli par des murmures et des rires; on ne le prenait plus au sérieux. Cependant Véquivcque Barère, suivant l'expression de Robespierre qui le connaissait bien (1), était à la tribune. On se tromperait étrangement si l'on s'imaginait qu'il vint en cette circonstance prêter aide et assistance à Robespierre. Barère était toujours du parti des forts, et la Gironde était encore toute-puissante. Ce fut au contraire pour essayer d'amoindrir la victoire de Robespierre qu'après des considérations presque injurieuses pour lui, il proposa un ordre du jour motivé sur ce que la Convention ne devait s'occuper que des intérêts de la République. Ainsi ce n'était plus l'accusation enterrée sous l'ordre du jour pur et simple; on semblait mettre les parties dos à dos.

Pendant ce temps Barbaroux était resté à la barre, soutenu par Lanjuinais devenu l'un des coryphées du parti. Lne virulente apostrophe de Couthon parvint seule à l'en déloger, et, tout confus, il re-

(1] LeUrts de M. Hobespiei-re à ses rommctlans, miméro 8, p. 356.

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