‹ Histoire de Robespierre; d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits (volume 4)Chapitre 32 sur 188 · FÉVRIER 1792 — JUIN · texte numérisé non relu

FÉVRIER 1792 — JUIN

Situation des partis. — Lettre à la société des Amis de la Constitution de Strasbourg.

— Défense des sociétés patriotiques. — Eéclamation contre le comité de correspondance. — Irritation de Lomet. — Le manifeste impérial. — Effet qu'il produit aux Jacobins; opinion de Robespierre. — Quête aux Tuileries. — Les Marseillais sont en marche ! — Ils sont défendus par Ilobespierre. — Les massacres d'Avignon. — Décret d'accusation contre de Lessart. — Dumouriez est nommé ministre. — Aversion de Robespierre contre le débraillé révolutionnaire. — Sans-culottisme et bonnets rouges. — Dumouriez aux Jacobins. — Les Girondins auponvoir. — Impression de cet avènement sur Robespierre. — La question religieuse aux Jacobins. — Adresse rédigée par Robespierre. — Attaque de Guadet. — Admirable réponse de Robespierre.

— Appréciations diverses. — ^ladame Roland etrathéisme. — Robespierre indisposé. — Lettre d'Augustin. — Robespierre retire son adresse. — Débats relatifs aux soldats de Cliâteam-ieux. — André Chénier et le poëte Roucber. — Les bustes des vivants.

— Les tyrans seuls sont coupables ! — Violente attaque contre La Fayette. — Le prince de Hesse et Robespierre. — Arrivée des soldats de Châteam-ieux. — Les canons perfectionnés. — Nouvelle sortie contre La Fayette. — La fête de la Liberté.

— Mauvais vouloir du directoire de Paris. — Complaisance de Eéal poux les Girondins. — Robespierre se démet de ses fonctions d'accusateur public. — Éloge de Pétion. — Théroigne de Mériconrt et Robespierre. — La guerre déclarée à l'Autriche. — Comment elle doit être conduite selon Robespierre. — Il demande la destitution de La Fayette. — Jalousie des Girondins. — Calomnies de Condorcet. — Violente philippique de Brissot. — Guadet propose à Robespierre de se condamner à l'ostracisme. — Réponse de Robespierre. — Nouvelle calomnie de la Chronique de Paris. — Duport du Tertre nommé accusateur public. — Réfutation des discours de Brissot et de Guadet. — Tentative de Pétion pour apaiser les esprits. — Colèredes Girondins. — Flétrissure imprimée à Brissot et à Guadet. — Triomphe de Robespierre. — Les Bévolutions de Paris et la confession de François Robert. — Madame de Lacroix. — La Tribune des Patriotes. — Une page de TAmi du peuple. — Échec à la frontière. — Obsers-ations de Robespierre sur les moyens de faire utilement la guerre. — De la nécessité et de la nature de la discipline militaire. — Manœuvres de Brissot. — Le comité de correspondance des Jacobins et les sociétés affiliées. — Le Défenseur de la ConMitution. — Prospectus et exposition des principes. — Motion de Méchin combattue par Robespierre. — Fureur des Girondins ; odieuses calomnies. — Réponse à Condorcet. — Le juge de paix La Rivière et la liberté individueUe. — Condamnation de Lecointre à trois jours de prison. — Ser\-an au ministère de la guerre. — Dénonciation de Brissot contre le comité autrichien.

— Irritation croissante. — Séance permanente de l'Assemblée. — Odieuses insinuations de Brissot. — Robespierre fait suspendre les affiliations aux Jacobins. — Terrible réponse à Brissot et autres. — Le maréchal Rochambeau. — La société de Mancliester. — Des causes morales de la situation. — Honnemrs funèbres rendus à Simonneau. — Opinion de Robespierre sur les fêtes publiques. — Le camp de 20,000 hommes. — Du respect dû aux lois. — Les Girondins expulsés du pouvoir.

Nous marchons à grands pas vers l'heure des déchirements profonds. Dans ces mois de mars, d'avril et de mai, pendant lesquels nous suivrons Robespierre jour par jour, vont, d'une part, se prononcer de plus en plus le mouvement de résistance qui entraînera la monarchie aux abîmes; de l'autre, éclater avec une incroyable fureur des haines dont les longs débats sur la guerre avaient déposé le germe dans le cœur des Girondins. Trop souvent on a présenté ces hommes comme des modèles de* générosité et de désintéressement, comme des âmes sans fiel, comme de purs citoyens immolés par l'envie ; ces complaisantes appréciations ne sauraient tenir devant l'implacable vérité. Certes je ne prétends point révoquer en doute leur patriotisme; je ne voudrais même pas avoir pour eux de paroles ainères, car, je ne puis l'oublier, ils ont travaillé, eux aussi, à l'œuvre immense de la Révolution, et je n'imiterai pas ces étranges démocrates qui, pour glorifier la Gironde, frappent à tort et à travers sur les membres du comité de Salut public, sans se rendre exactement compte de la situation, et se font ainsi les échos des mensonges et des diatribes de la réaction. Mais ce qui est notre devoir d'historien, c'est d'exhumer et de mettre sous les yeux du public toutes les pièces d'un procès non suffisamment plaidé. On ne s'est pas assez appesanti sur les causes de la querelle qui divisa Robespierre et les Girondins. Les survivants de la Gironde, associés aux Thermidoriens, ont inondé la France de livres et de brochures dans lesquels, avec un rare cynisme, ils ont tout dénaturé, tout travesti (1), tandis qu'il n'était permis à aucune voix de s'élever afin de défendre la mém.oire des vaincus ; il est temps que justice soit faite et qu'à chacun soit laissée la responsabilité de ses actes. Depuis longtemps déjà d'éloquents écrivains ont protesté au nom de la justice éternelle; mais dans une œuvre d'ensemble il ne leur a pas été possible de s'arrêter aux questions de détail; il y avait là une lacune indispensable à combler pour que la vérité fût connue tout entière sur un des plus importants personnages de la Révolution française. Nous n'omettrons donc rien, absolument rien; et quand le lecteur aura vu avec quelle

(] ) Avons-nous besoin de citer les Esquisses de Dulaure, VEûramen critique de Baillciil, les Mémnires deLouvet, de ]\Ieillan, de Durand Maillane, etc.? On se demande seulement comment ces hommes ont été assez naïfs pour croire que tant de mensonges finiraient par passer pour des vérités historiques.

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