‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 115 sur 354 · ST · texte numérisé non relu

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lieu des applaudissements (1). Mais, hôlas! le lendemain même du jour où, grâce ù son cher camarade do collège. Desmoulins obtenait ce triomphe, il lançait dans le public le plus étincelant, le plus courageux, mais aussi le plus inconsidéré des pamphlets : nous voulons parler de son numéro 3 du Vieux Corde/ier, lequel, en raison inême des acclamations dont le saluèrent tous les ennemis de la Révolution, dut contrister les patriotes les plus sincères, ceux-lù mêmes qui gémissaient comme Camille des excès où certains énergumènes semblaient prendre à tâche de plonger la République. Nous reviendrons sur ce fameux numéro 3, le chef-d’œuvre de Desmoulins.

A cette époque continuait, au sein de la Convention, contre le comité de Salut public, une guerre sourde dont les fâcheux résultats n'allaient pas tarder à se produire. Ces ennemis du grand comité, c'étaient, selon Robespierre, « des fripons démasqués dont la sévérité contrastait ridiculement avec les rapines que leur reprochait la voix publique (2). » C’étaient Dubois-Crancé, Merlin (de Thionville), Bourdon (del’Oise), Philippeaux, les deux Goupillau, et l’ex-marquis de Maribon-Montaut, qui vouait comme on sait à la guillotine cinq cents membres de la Convention nationale (3). Dans la séance du 22 frimaire (12 décembre], Barère ayant annoncé à l'Assemblée que les pouvoirs du comité étaient expirés, la faction insista pour qu’il fût intégralement renouvelé. Cette motion fut adoptée, et l’opération du renouvellement remise au lendemain (i).

Mais était-il bien prudent de désorganiser le gouvernement dans les circonstances actuelles , de déplacer tout à coup le centre du mouvement révolutionnaire imprimé à la France? Grâce au comité, les projets de la contre-révolution avaient été déjoués sur tous les points du territoire, les chaînons du fédéralisme brisés, ses fauteurs partout reconnus, poursuivis et frappés; grâce ù ce comité, l’éuei^ gie du peuple français, doublée par l’amour de la liberté, ne s’était pas démentie; déjà, de toutes parts, l’ennemi commençait à être refoulé sur son territoire; Toulon était ù la veille de tomber au pouvoir des troupes républicaines, et c’était dans un pareil moment qu’on venait proposer à la Convention de porter la main sur son comité et de livrer à des hommes nouveaux la direction des affaires de la République! Ne s’exposerait-on pas, d'ailleurs, à paralyser

(1) Voy. le Sfoniteur du 28 frimaire (18 décembre 1793),

(2) Projet de rapport de Robespierre sur U faction Fabre d'Églantine.

(3) Ibid. Voyez aussi le Vieux Cordelier, numéro 3.

(4) Journal des débats et des décrets de la Convention^ numéro 450.

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