‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 118 sur 354 · LIVRE XII. — BELLE COMICITE ll’AUfiCSTIX ROBESPIERRE Ht · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — BELLE COMICITE ll’AUfiCSTIX ROBESPIERRE Ht

Nous avons, anttrieurenlent, dit quelques mois de la mission d’Augustin dans le Midi. Il y déploya une activité au moins égale à celle de Saiiit-Just et de Le Bas sur le Rhin, et, comme eux, ne contribua pas peu à assurer le triomphe des armées de la République. Ses dépêches au comité de Salut public et ses lettres particulières fi son frère, lettres dont quelques-unes vont, pour la [iremière fois, apparaître dans l’hisloire, témoignent de son ardeur patriotique, de la sûreté de .son coup d'œil, de sa pénétration et de ses aptitudes militaires. Dès les premiers jours du mois de novembre, il signalait au comité l’incapacité de Garteaux. « Nous devons vous le déclarer, » écrivait-il, « ce général n’est point fait pour commander en chef. Je crains que ceux-là n’aient à se repentir qui lui ont créé une place au-dessus de ses lalenset de son républicanisme... (1). » Nous avons dit plus haut comment, à la demande de Maximilien, Garteaux fut remplacé par Dugommier La nomination de ce dernier satisfit complètement Augustin et lui parut d’un bon augure, a Le général Dugommier est digne de la conliance des réjuiblicains, » lisons-nous dans une do ses lettres au comité de Salut public. « Il sait inspirer l’amour de la liberté, réchaulTer les Ames tièdes. Un jour qu’on lui deniandoit comment il faisoit pour se faire aimer des soldats, il fit cette réponse qui vous peindra son Ame : C'est que je les aime (2). »

Dans cette même lettre, Augustin promettait au comité de promjits résultats. Toutefois, il ne dissimulait pas le fAcheux état où se trouvaient les armées du Midi. La disette de vivres était affreuse. Les déparleiuenls du Var et des Alpes-Maritimes, épuisés, ne pouvaient plus fournir le nécessaire. 11 réclamait donc des subsistances à tout prix. Du reste, il avait, de concert avec ses collègues, autorisé les fournisseurs à user de tous les moyens possibles pour obtenir des blés de l’étranger, sûrque la Gonvention ne désapprouverait point ses arrêtés à cet égard. Un moyen infaillible, selon Robespierre jeune, de procurer à la République des ressources immédiates, c’était une irruption iirochaine et rapide au cœur de l'Italie. Par cette diversion, pensait-il, on retremperait l’énergie de l’armée et l’on épouvanterait les alliés. Elle devenait chaque jour plus

(1) Robespierre jeune, repréeeniant du peuple près l'arméo dMtalie, au comité de Salut public. Lettre en date du 2 novembre 1793. Voj. Papiers inédits..., t. Il, p. 78.

(2) Robespierre Jenne an comité de Salut public. Lettre en date du 26 brumaire an II, de Nice. Papiers inédits.,., i. U, p« 103.

HISTOIRE OE IIOIIESIMERIIE

facile et plus nécessaire à ses yeux : plus facile en raison des dispositions favorahles des Génois, qui, en se déclarant pour la neutralité, avaient déjoué les calculs du ministre britanniijue, et n’avaient plus d'autre parti à jirendrc pour leur gloire et leur intérêt que de s'allier ouvertement aux amis de la liberté ; plus nécessaire à cause des besoins de l’armée et de l’epnui où la plongeait sou inactivité. I.e système du jeune proconsul était de reporter la guerre sur le territoire ennemi et d’y faire vivre nos armées, comme cela se pratiquait déjà sur les bords du Rhin (1). On voit à qui appartient l’idée première des campagnes d'Italie où devait s’immortaliser Bonaparte, lequel, lié tri'«-intimement avec Augustin comme nous avons eu déjà l’occasion de le dire, fut peut-être le conlident de ces projets d’invasion de l’Italie, dont il ét;dt appelé à devenir plus tard le glorieux exécuteur.

lin mois après avoir tracé la leUre dont nous venons de rendre compte en quelques mots, Robespierre jeune écrivait à sou frère, d’OIlioiiles, le 58 frimaire an II (18 décembre 17iU) : « La République est triomphante, les puissances coalisées sont anéanties; demain 5U, nu plus tard, nous entrerons dans la ville infâme. Le plan du comité de Salut public a été suivi et hâté p.ar les représentans près l’armée. Le 5ü, à deux heures après minuit, malgré la pluye la plus forte, l'armée de la République a attaqué la redoute anglaise élevée sur une hauteur qui défend les forts de Ralaguier et de l’Aiguillette, et qui par conséquent maîtrise la rade, ce que tu verras facilement à l’ins])ection de la carte. Les tyrans avoient épuisé toutes les ressources de l’art, l’aspect de cette forteresse étoit effroyable; les républicains ont bravé cet a.silc de la tyrannie... Cette formidable redoute a été emportée de vive force, après un combat meurtrier. Nous avons pris cinq cents prisonniers dans la redoute, tué ou ble.ssé le reste. La déroute des esclaves est couiplette; nous avons percé le cœur de la coalition en nous emparant de cette forteresse. Aussitôt après, les postes les plus iuiportans ont été abandonnés; nous les avons occupés successiivement. Li' sang républicain a cessé de couler. La redoute elle fort Faron, les forts d'.Actiques, Lamalguc, sont ail pouvoir des armes de la République... La vengeance nationale commence, les défenseurs de la liberté sont aux portes do l’infûme Toulon. Tu t’arrêterois trèspeu aux détails, je me dispense de te les donner aujourd’hui, je partirai demain ou après-demain jiour Paris... »

Uuant à la part glorieu.se qu’il jiril à ce fait d’armes d’une si

(1) Lettre en date du ^ brumaire, u6i ru;/râ.

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