UVRE XII
MARIAGE IIE l’IIILII'l'E LE LAS
votes (le sou hôte, et ceh’ii-ci, de son côté, élait trop rigide et trop pur pour écouter une autre voix que celle de sa conscience. L'ii soir, Il table, Robespierre s’étant vaguciueiit informé de ce qu’il avait fait au tribunal ’ révoluliouiiaire, où il avait siégé dans la journée : « Maximilien,» lui répondit Duplay, «je ne vous demande jamais ce <iuc vous faites au comité de Salut public. » Robespierre comprit la discrétion de son vieil ami, et, sans mot dire, il lui serra affectueusement la main (t).
M™' Duplay était la digne compagne de cet homme de bien. Elle partageait en toutes choses les sentiments de son mari. Son admiration pour Maximilien n’avait pas tardé à s’accroître de l’alfeclion profonde qu’il inspirait à ceux qui, en l’aiiprochant, pouvaient apprécier la bonté et lapifreté de son conir. Cinq enfants, avons-nous dit déjîi, quatre filles et un garçon, étaient nés de son mariage avec Duplay. Sophie, la seconde de ses tilles, «avait, on le sait, épousé dès l’Assemblée constituante un avocat d’issoirc, en Auvergne, nommé -Auzat (2). Restaient donc, quand Maximilien vint .s’installer dans la maison de Duplay, Éléonore, qui était l’aliiée ; Victoire, ([ui ne fut jamais mariée, et Élisabeth, la plus jeune des filles, celle qui épousa Le Ras.
Le dévouement sublime de cet héroïque Conventionnel que, dans la journée du 9 Thermidor, un cri de la conscience poussa résolûment ù la mort, nous fait un devoir de lui consacrer au moins quelques lignes. Phili|)pe Le Ras avait alors vingt-huit ans. Il était fils d'un nolairc de Erevent en.’Vrtois. .Après avoir fait de bonnes études au collège de Montaigu, à Paris, il venait d’être reçu avocat au Parlement lorsque éclata la Révolution, dont il adopta avec enthousiasme les iirinciiies. Elu membre de la Convention par le département du Pas-de-Calais, on quelques cau.ses plaidées avec éclat lui avaient acquis une grande notoriété, il s’immortalisa dans des missions que nous avons racontées ailleurs (3). Coinpalrioto de Robespierre, il n’avait jui s’empêcher de vouer la plus vive amitié ;’i l’homme qui lui parut vouloir avec le plus de désintéressement et de sincérité la gloire et raffermissement de la République. Ce ne fut cependant pas chez les hôtes dp Maximilien qu’il aperçut pour la jireinière fois et qu’il aima celle (jui était destinée à devenir sa femme. Un jour, étant allé saluer Charlotte Robespierre dans une
(1) J’ai recueilli ce fait de la bouclie même de M. Le Bas. Vovci ii ce sujet le üic^ (ionnaiie eucyclupédique de l'hili|i{ie Le Bas, uu mol Ui'I'lav.
Aiuul u'edu|i|>a pointu la pi'OïCi'ipliuH qui, après Tbeniiidor, frappa presque toutes les per»ouue» suspecles de quclituo uUacliumeul pour Robespierre*
^3; Vuy. üuA'c Histoire de Sailli- JuU.