‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 215 sur 354 · LIVRE XIV. — EBTHOUSl.VSMB POCR «AXIMIUEK · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — EBTHOUSl.VSMB POCR «AXIMIUEK

(le bornes et revêtit toutes les formes. Dans certaines communes on se fit un devoir d’apprendre par camr les morceaux les plus frappants de son discours (t). Ce fut de toutes parts un immense concert de louanges. Il n’est pas jusqu’à l’impur Guffroy qui, saisi d’émotion, ne se soit écrié à propos de ce discours : 4 Français, empressez-vous de vous le procurer tout entier; lisez et relisez-le dans vos foyers; il sera senti par les âmes françaises; les enfants y ont applaudi et j’ai vu couler des larmes vertueuses (ï). » Robespierre fut véritablement inondé de lettres de félicitations. « Toi qui éclaires l’univers par tes écrits, saisis d'effroi les tyrans et rassures le cœur de tous les peuples, » lui écrit l’un, « tu remplis le monde de ta renommée ; tes principes sont ceux de la nature, ton langage celui de l'humanité; ton génie et ta sage politique sauvent la liberté; tu apprends aux Français, par les vertus de ton cœur et l’empire de la raison, à vaincre ou mourir pour la liberté et la vertu, et à la France, jadis si fière et si hautaine, à adorer l’égalité (3). > — « Tous les braves Français sentent avec moi de quel prix sont vos infatigables efforts pour assurer la liberté, » lui avait écrit antérieurement un de ses fervents admirateurs. « La couronne civique, le triomphe, vous sont dus, et ils vous seront déférés, en attendant que l’encens civique fume devant l’autel que nous vous élèverons, et que la postérité révérera tant que les hommes connaîtront le prix de la liberté (4). » Ici, c’est une dame nommée Saint-Val qui lui adresse ces lignes : « Quels travaux immenses, quelle marche rapide à l'immortalité! L’histoire ne peindra jamais assez parfaitement tant de vertus, de talents et de courage (3)1 » Là, c’est une

(Registre des arrêtés et délibérations du comité de iialut public, Arr/itrei436 a a 73.)

(1) Lettre écrite au nom de la municipalité de Nantua uui représentants en mission a Ljon, en date du 18 prairial. (Catalogue Cbaravay, 1862.)

(2) Hcmçyff ou le Frank en redette, numéro 131. Guffroj, comme on Ta vu plus liaut, cessa la publication de son journal , en se fondant sur ce qu’on lui avait fait perdre les abonnements du ministère de la guerre. Qu’aurait dit Camille d’un désintéresaeinent si patriotique, lui qui s’épui.sa à reprocher h Hébert les subventions que le Fère Duchesne recevait du ministère de la guerre?

(3) Lettre de J.>P. Besson. DcManosque, le 23 prairial. {Papiers inédits, t. Il, P 116. )|Klle figure sous le numéro i & la suite du rapport de Courtois.

(4) Cette lettre est de beaucoup antérieure à floréal. Elle est du 17 juillet 1792 et

porte la signature de Jaingon. Nous la citons ici, parce qu’elle offre un échantillon curieux des fraudes thermidoriennes. Au lieu de la couronne civique que porte le manuscrit, le rédacteur du rapport de Courtois t écrit, en soulignant le mot. la couronne (voy. p. 13 et 122 , faux qui lui fournit l'occasion d’écrire avec sa risible emphase : «< Tant d’encens brûlé ne rassasiait pas encore l'avide amhilion du tvran, il lui fallait une couronne, et l’on a vu un flatteur assez lâche pour la lui offrir. (P. 13 du rapport.) Voyez aux Archives l'original de la lettre de Jamgoii. *

(5) Papiers inédits, t. 11, p. 120 ; numéro IV, â la suite du rapport de Courtois. J’ai

jeune Nantaise, dont le mari avait péri dans la guerre de la Vendée, et qui lui offre sa main avec quarante mille livres de rente. « Tu es ma divinité suprême et je n’en connais pas d’autre sur la terre que toi. Je te regarde comme mon ange tutélaire et ne veux vivre que sous tes lois. Elles sont si douces que je fais le serment, si tu es aussi libre que moi, de m’unir k toi pour la vie (1) ! » Mais, si Robespierre pouvait être sensible à tant d’hommages partis du cœur, il n’élail pas homme k se laisser séduire par la perspective d’un mariage d’argent.

L’enthousiasme, avons-nous dit, revêtit toutes les formes. Tantôt c’est un père qui lui écrit ; « La nature vient de me donner un fils; j’ai osé le charger du poids de ton nom. Puisse-t-il être aussi utile et aussi cher à sa patrie que toi! Mes vœux... les vœux d’un père, ne voient rien au delk (2). » Tantôt c’est un de ses anciens camarades qui veut k toute force le revoir. « Je veux rassasier mes yeux et mon âme de les traits , et mon âme, électrisée de toutes les vertus républicaines, rapportera chez moi de ce feu dont tu embrases tous les bons républicains (3). » A chaque instant, dans ces lettres, reviennent les expressions : Flambeau, colonne, pierre angulaire de l’édifice de la République française (4), génie incorruptible, protecteur des patriotes, homme éloquent et vraiment philosophe (5). » Si considérable fut le nombre des lettres enthousiastes adressées k Robespierre dans le cours de son existence révolutionnaire, que Courtois lui-même le taxa d'infini et qu’il se contenta de publier celles dans lesquelles il crut trouver des armes contre Maximilien dans l’excès même d’enthousiasme dont elles étaient animées. Dans toutes on le salue comme un apôtre de la liberté et de l’égalité, non comme un maître ou un aspirant k la dictature, ce k quoi ne prêtaient guère ni les actes ni les paroles de Robespierre. Si le conseil général de la commune de Marion lui écrit qu’k la fin d’un Te Deum on a mêlé aux cris de : Vive la République! celui de : Vive Robespierre! c’est parce qu’il sait bien que c’est k lui qu’est dû le

rétabli les noms des divers signataires de ces lettres d'après les originaux conserves aux Archives,

(1) Celte lettrCt qui a figuré à diverses reprises dans les ventes d’autographes, est du 13 prairial, et signée : veuve Jakin.

(2) Papiers inédits, t. il, p. 1â5. i/origiual, signé : Jacques Molines, fait partie de la collection Beuchot.

(31 Cette lettre figure sous le numéro XIX à la suite du rapport de Courtois. Voy. f'apterr in^dtfs, t. Il,p. 133. En tête de l'original conservé aux Archives, et signé : Dubois (d’Amiens), on lit, de la main de Courtois, flagorneries,

(é) Lettre eu date du S8 floréal. Papiers inédits, t. Il, p. 127.

(5) Lettre de Peys et de Rompillon, Papiers inédits, 1. 11, p. 134.

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