‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 230 sur 354 · SS · texte numérisé non relu

SS

parce qu’ils s’ètaient convaincus de l'inefTicacité de leur ministère, que les rédacteurs de la loi de prairial prirent le parti de le supprimer; mais, en agissant ainsi, ils violèrent un principe sacré, celui du droit de la défense, et ils ont donné aux malédictions hypocrites de leurs ennemis un semblant de raison.

Couthon avait à peine terminé la lecture du décret, qu’un patriote connu, le député Ruamps, en réclamait l’ajournement, menaçantde se brûler la cervelle s’il était adopté sans délai. Lécointre (de Versailles) appuya la proposition. Alors Barère demanda s’il s’agissait d’un ajournement indéfini. « Non, non, » s’écrièrent plusieurs voix. « Lorsqu’on propose une loi tout en faveur des patriotes , » reprit Barère, « et qui assure la punition prompte des conspirateurs, les législateurs ne peuvent avoir qu’un vœu unanime ; » et il demanda que l’ajournement ne dépassât pas trois jours. — « Deux seulement, » répliqua Lecointre. On voit avec quelle impudence mentirent les membres du comité quand, après Thermidor, ils prétendirent que le décret avait été présenté pour ainsi dire à leur insu. Robespierre quitta le fauteuil pour combattre toute espèce d’ajournement, et l’on put connaître par ses paroles que les tentatives d’assassinat dont certains représentants avaient été l’objet n’étaient pas étrangères aux dispositions rigoureuses de la loi. Le nouveau décret augmentait, dans une proportion assez notable, le nombre des jurés. Or, chaque jour, le tribunal passait quelques heures sans pouvoir remplir ses fonctions, parce que les jurés n’étaient pas au complet. Robespierre insista surtout sur cette considération. Depuis deux mois l’Assemblée n’avait-clle pas réclamé du comité une loi plus étendue encore que celle qu’on présentait aujourd’hui? Pourquoi donc un ajournement? La loi n’était-elle pas entièrement en faveur des patriotes et des amis de la liberté ? Était-

]ias ji qui ce titre puiite nuire autant qu’k moi ; si l'on sait bien que j'ai défendu la Capil et la Cordai, l'on ignore que le tribunal m’aroit nommé d’office leur défenseur, et cette erreur est encore propre h m'aliéner l'esprit de ceux de mea concitoiena qui seroient, du reste, les plus disposés h me rendre justice.

a Cependant, citoiens, votre intention, en exigeant de nous un certificat de civisme, n'est pas qu'un titre honnorable et votre confiance, plus honnoraàle encore, me tachent d'incivisme.

a Je demande que le tribunal veuille bien m'accorder, s'il croit que je ne l'ai pas démérité, un témoignage ostensible de sa bienveillance, en déclarant dans les termes et dans la forme qu'il jugera convenables, de quelle manière je remplis comme cimien mes devoirs de défenseur, et jusqu'à quel point je suis digne, sous ce rapport, de son estime. — Chauveau.

R Ce 30 germinal, l'an deux de la République, une et indivisible. »

La suscription porte ; « Au citoien Dumas, président au tribunal révolutionnaire. »

L'original de cette lettre est aux Archita.

Page 1