LIVRE XV. — LES AUTORITÉS DE COURTOIS bS
— peut venir d’un mouvement louable, naquit chez le premier de i’égoîsme et de l’envie (1). Quel égoïste en effet! Jamais homme ne songea moins li ses intérêts personnels; l’humanité et la patrie occupèrent uniquement ses pensées. Quant îi être envieux, beaucoup de ses ennemis avaient de fortes raisons pour l’être de sa renommée si pure, mais lui, pourquoi et de qui l'aiirait-il été ? S’il était amoureux de la gloire, n’en avait-il pas h revendre, et existait-il dans la République une réputation comparable h la sienne? Ce fut bien là un de ses plus grands crimes aux yeux de ses adversaires.
Un exemple fera voir jusqu’où l’exécrable Courtois a poussé la déloyauté. Dans les papiers trouvés chez Robespierre il y a un certain nombre de lettres anonymes, plus niaises et plus bêtes les unes que les autres. Le premier devoir de l’homme qui se respecte est de fouler aux pieds ces sortes de lettres, monuments de lûcheté et d’ineptie. Mais les Thermidoriens ! ! Parmi ces lettres s’en trouve une que le rapporteur dit être écrite sur le ton d’une réponse, et qui n’est autre chose qu’une plate et ignoble mystification. On y parle ù Robespierre de la nécessité de fuir un théâtre où il doit bientôt paraître pour la dernière fois ; on l’engage îi venir jouir deh trésors qu’il a amassés ; tout cela écrit d'un style et d’nne orthographe impossibles. Courtois n’en a pas moins feint de prendre cette lettre au sérieux, et après en avoir cité un assez long fragment, auquel il a eu grand soin de restituer une orthographe usuelle afin d’y donner un air un peu plus véridique, il s’écrie triomphalement : « Voilà l’incorruptible, le désintéressé Maximilien (2)1 » Non, je ne sais si dans toute la comédie italienne on trouverait un fourbe pareil.
(1) P. 23 du rapport.— Le rapporteur teut bien atouer (p. 25) que quelques hommes tuptrIieitU ont cru an courage de Robespierre. D'après Courtois, ce courage n'itaii que de rinsolence. li j a toutefois là un aveu inrolomaire dont il faut tenir compte, surtout quand on songe que tant d'écrivains, parmi lesquels on a le regret de voir figurer M. Tbiers, — je ne parle pas de Proudhon, — ont fait de Robespierre un être raitde, timide, pusillanime.
(2) Rapport de Courtois, p. 54. — On a bonté vraiment d’être obligé de prémunit le lecteur contra de si grossières inventions. Voici cette lettre dont lea Thermidoriens ont cru avoir tiré un si beau parti, et que nous avons transcrite aux Archiva sur l'original, en en respectant soigneusement l’orthographe : « Sans doute vous être inquiette de ne pas avoire reçu plutôt des nouvelles des effet que vous m'avez fait addresser pour continuer le plan de faciliter votre retraite dans ce pays, soyez tranquille sur tout les objets que votre adresse a su me fair parvenir depuis le commencement de vos crainte personnel et non pat sans snjèt, vous savez que je ne doit vous faire de reponce que par notre courrier ordinaire comme il a été interrompu par sa dernière course, ce qui est cause de mon retard aujurd'huit, mais lorsque vous la rêcevêrez vous emploirêz toute la
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IIISTOinE IIE ROBF.SPIERnF.
Ail reste, de quoi n'étaient pas capables des gens qui ne reculaient point devant des faux matériels? Courtois et ses amis, comme s'ils eussent eu le pressentiment qu’un jour ou l’autre leurs fraudes finiraient par être découvertes, refusaient avec obstination de rendre les originaux des pièces saisies chez les victimes de Thermidor. Il fallut que Saladin, au nom de la commission des Vingt et un, chargée de présenter un rapport sur les anciens membres des comités, menaçât Courtois d’un décret de la Convention, pour l’amener â une restitution. Mais cet habile artisan de calomnies eut bien soin de ne rendre que les pièces dont l’existence se trouvait révélée par l’impression, et il garda le reste ; de sorte que ce fameux rapport qui depuis si longues années fait les délices de la réaction est à la fois l’œuvre d’un faussaire et d’un voleur.
Nous avons déjà signalé en passant plusieurs des fraudes de Courtois, et le lecteur ne les a sans doute pas oubliées. Ici, au lieu des écrivains mercenaires dont parlait Maximilien, on a généralisé et l’on a écrit : les écrivains ; là, au lieu d’une couronne civique, ou lui fait offi'ir la couronne, et cela suffit au rapporteur pour l’accu.ser d’avoir aspiré à la royauté. Mais de tous les faux commis par les
vigilance que Tciige la nesesUé de fuir un theftire ou vous devez bientôt paraître etdisparaiire pour la dernière fois; il est inutil de vous rappeller toutes les raison qui vous expose car ce dernier pas qui vient de vous mettre sur le soffa de la présidence vous rnprorhe de l'echafaut ou vous verriez cetie canaille qui vous crachèrait au visage comme elle a fait à ceux que vous avez jugé l'Egaliié, dit d’Orléans, vous en fournit un assez grand ôxemple. — Ainsy, puisque vous être parvenu à vous former ycj un trésor sudisant pour exister longtems ainsy que les personnes pour qui jen naits reçu de vous vous attendre arec grande impatience pour rire avec vous du rôle que vous aurez jouée dans le trouble dune natiou aussy crédul qu’avide de nouveauté. O peuple dans ton sistême chimérique dune Egalité qui ne sont que des mois et ces memes mots vous rendent le jouet de tout lunivers. Ce meme peuple née dans la vraix croiançe d'un Dieu ses laissé persuader quil n’en nexistë point, et bien convaincu dans cette erreur, il finit par reconnaître un être suprême pour nier un Dieu, mais aujourd'huit vous reconnoitré avec vérité que Pitt voua traduira a la gnilliotioe, il vien de vous en approcher tous eu vous détruisant votre armée navalle si vantée depuis 8 mois ou vous deviez plante larbre libertas en Angleterre tous ces projets son manqué pitl l'emporte il ne vous reste plus despoire, la révolution de pologne ne vous sera daucun secours, prenéz voire partis dnprcs nos arrangement, tout et disposé, la fumé de la contrerevoluiion se fait sentir jüsquicy.
c( Je finis notre courrier parti je vous attend pour repouce. »
Celle leiire, d'un fou ou d'un mystificateur, porte en suscripiion : « Au cyloyen cytoyen Robespierre, presideut de la Convention national, en son liotcl, a Paris. » (ArchiceSf F 7, 443l>.)