ROBESPIERRE, U GRÈCE
Madame, pardonnez d’apparentes rigueora;
Entouré d'assassins et de conspirateurs.
Je n'ai dû vous montrer qu'un visage sévé-re;
Mais toujours deux beaux yeux désarment ma colère; l'rét à sécher vos pleurs, j'éprouve en voua voyiiui Tout l’intérét qu'inspire un tendre sentiment.
Votre père n'est point sans doute irréprochable,
Maia de tous les morteU fdi*il le plus eoupibla.
Ici je fais la loi, je puais on j'abaoos.
. Et too sort, en on Bol, ne dépend que de vous.
LUCItÉCC.
Quoi 1 vous pouvez aimer !
* ROBESPIREiE.
Dieu! si j'aime! Ah! madame.
Rien ne peut égaler le transport qui m'eaflamoie.
trcRkiB.
Je dois vous épargner d'iDOliles diteours;
Rien da plut cher pour moi que l’anteur de nea jours;
lion. Dès le lendemain de Thermidor parut une Vie secréte, peUr tique et curieuse de Robespierre, déjà mentionnée par nous, et dont l'auteur voulut bien reconnaître que « ce monstre feignit de vouloir épargner le sang (1) ». Pareil aveu ne sortira pas de la plume du citoyen Montjoie, que dis-je! du sieur Félix-Christophe-Louis Ventre de Latouloubre de Galart de Montjoie, auteur d’une Hùtoire de la conjuration de Robespierre qui est le modèle du genre, parce qu’elle offre les allures d’une oeuvre sérieuse, et semble écrite avec une certaine modération. On y lit cependant des phrases dans le genre de celle-ci ; « Chaque citoyen arrêté étoit destiné à la mort. Robespierre n’avoit d’autre soin que de grossir les listes de proscription, que de multiplier le nombre des assassinats. Le fer de la guillotine n’alloil point assez vite à son gré. On lui parla d’un glaive qui frapperoit neuf têtes à la fois. Celle invention lui plut. On en fit des expériences à Bicêtre, elles ne réussirent pas ; mais l’humanité n’y gagna rien. Au lieu de trois, quatre victimes par jour, Robespierre voulut en avoir journellement cinquante, soixante, et il fut obéi (2). » Il faut, pour citer de semblables lignes, surmonter le dégoût qu’on éprouve. C’est ce Montjoie qui prête à Maximilien le mot suivant : « Tout individu qui avait plus de 15 ans en 1789 doit être égorgé (3). » C’est encore lui qui porte à cinquante-quatre mille le chiffre des victimes mortes sur l’échafaud durant les six derniers mois du règne de Robespierre (4). Y a-t-il assez de mépris pour les gens capables de mentir avec une telle impudence'? Eh
Mai* RU prix de Tbonneur, t’il fiut lauvcr »oo pire, r.Vbt, e( o'ea doutes pat, l'buooeur que je préfère. lUppeiez TOR bourreaux.
ftuBesPibauK.
Tu bravre ma boolé!
Kb bieUftu recevroB le prix Je la fierté!
Ow'vo l'arrête, •uldii*!...
Le nom de fauteur de cette belle œuvre nous a échappé, et c'est dommage. 11 est bon que le nom d*Aniius vive a côté de celui de Socrate. Le roman moderne offre quelques équivalents d'inepties pareilles. C'est pitié! Est-ce que c'est un métier bien bonnéte que d'habiller a sa fantaisie un personnage historique, de le peiudre suivant ses caprices et ses passions en uiarcbanl a pieds joints sur toute espèce de vérité, et de le présenter ainsi à la masse des lecteurs crédules et superficielst Je le demaude aux gens de bonne foi. Le roniau ne devrait jamais se faire le complice du pamphlet.
(1) rie tecrète, poUiiqu» et eurUuté de MaximUieu Robespierre, tuitie de plusieurs ûMcdoies sur la conspiration sans pareiiU, par L. Duperroo, avec une gravure qui lOprésente une main tenant par les cheveux la tête de Maximilien, in-li de 3C pages.
{"i) Histoire de la conjuration de Hobeepiorret par Montjoie, p. 149 de l’édit, in.-^ de 1795 (Lausanne).
(3) Ibid., p. 154.
(4J iôid., p. 158.