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de niétiasemeiit pi'iil-ôlre pour un palliote égaré, demanda rudenionl le rappel de Unliem, s'étonnant que ce représentant eût 1)U faire l’apologie de Ciistine et lerniiner sa mission par un acte aussi incivique. Ce rappel fut sur-le-elianip voté par la Convention, laquelle conlirma, séance tenante, un arrêté du comité dt? Salut public désignant de nouveaux commissaires prés rarmée du Nord (1).
Le soir, aux Jacobins, un aide de camp de. Lavalette, envoyé par le général Favart, commandant de la place de Lille, et en (pii les républicains avaient pleine contiance, donna des explications trèsplausihb's sur la conduite respective des généraux Lavalette. et Lamarliére. l'n membre nommé Portallier, tout en ne trouvant pas mauvais qu’on eût parlé en faveur de Lavalette, ijuoiipie noble, réclama, en s’appuyant de l’autorité d’Hébert, la proscription de tous les nobles. Cette motion fut fortement appuyée par le député Chasbîs. Celui-ci aurait voulu ipie les nobles fussent chassés de tous les enqilois et ne pussent rentrer au service de la Uépubliquequ’api-ès avoir donné pendant dix ans d’incontestables |ireuvcs de civisme. Alors Uobespierre : «Je n’ai pas besoin de faire ma profession de foi sur les nobles, mais tous ces lieux communs sur la noblesse, qn’on vous répète maintenant, nous écartent de l’objet le plus intéressant qui puisse nous occuper en ce moment, la défense de Lille. » Après avoir rappelé ce qu’il avait dit à ce sujet dans la journée à la Convention, il trouva étrange qu’on se fût tant appesanti sur lu noblesse de Lavalette, quand Larnarlière et Custine, qui étaient non moins nobles, avaient trouvé parmi des représentants du peuple de si ardents défenseurs. 11 montra la dénonciation contre Lavalette jointe îi une dénonciation non moins calomnieuse dirigée contre Boucliotte, le mini.stre patriote, et vit dans (.■ette coïncidence l’indice d’un coHiplot aristocratique; puis, mi terminant, il engagea ses concitoyens à se méfier des gens dont les dénonciations sans fondement n’avaient d’autre but que de courtiser le peuple (2). Moins de huit jours plus tard, la Convention nationale, apri's avoir entendu un rapimrt de Jean-Hon Saint-André, déchargeait Lavalette de toute accusation et traduisait le général Larnarlière au tribunal révolutionnaire comme jiréveuu de (.■oniploi contre la sûreté de la Répu-
(t) Voila CO qui faisait dire ti Ouhem,— latum. aprOs Thermidor, contre la réaction.
qu'il nrait été cou» les couteaux de Rohespierre, pour répondre h Thuriot, qui, de
Tenu réactionnaire fufieux , demandait ironiquement h la Coatriition d'autoriser Ouhem h faire le panégyrique de Robespierre. Voy. le Monileur du 28 thermidor au II (15 août 1794).
(î) Journal des débats et de ta correspondance delà société des Jacobins^ numéro 457.
ilISTOIRK DE ROBESPIERRE
blifluft (1). Quant h Bouchotle, Robespierre venait de nouveau à son aide dans la séance du 26 juillet, et, pour la seconde fois, le maintenait à son poste en obtenant de l'Assemblée le rapport d'un décret rendu la \eille îi la demande de Dartigoj te malgré les protestations de Boucher Saint-Sauveur, décret en vertu duquel ce ministre que sa probité sévère et son patriotisme rendaient cher aux républicains se trouvait implicitement destitué (2). Bouchotte, échappé sain et saufaux orages de la Révolution, a vécu une longue vie, et, dans des mémoires encore inédits, a rendu, j'aime a ie croire, pleine justice à celui qui, sans le connaître personnellement, l’avait à diverses reprises défendu contre d'injustes attaques; mais le pauvre Lavalette, moins heureux, devait payer de sa tète, en Thermidor, la protection de Robespierre.
Or, ;i cette même heure, Custine se trouvait à Paris, où le comité de Salut public l'avait mandé afin qu’il eût à rendre compte de sa conduite. I.es plus graves pré.somptions pesaient sur ce général, que ses liaisons avec les Girondins désignaient aux soupçons des patriotes. Appelé du commandement de l'armée du Rhin îl celui de l'armée du Nord, après un échec regrettable, il avait été , à cette occasion , l’objet des plus vives attaques. « Quand un général a des torts, » écrivait dans le courant du mois de mai le rédacteur d'un journal populaire, « on se contente de le changer de destination ; » et il accusait formellement (msline d'avoir livré Francfort à l’ennemi. A l'appui des griefs articulés contre ce général, il citait une lettre adressée par lui au duc de Brunswick, ù la date du 5 mai, lettre dans laquelle Custine avouait son aftliclion de n'avoir pu propager la bonne opinion qu’il avait eue jusqu'ici du roi de Prusse et du duc de Brun.s\vick, ce duc qui avait lancé contre la France le manifeste que l’on connaît. « J’e.spère, » ajoutait Custine en témoignant l'espérance de conserver l’estime des uns et des autres, « j'espère obtenir celle d'un prince que .sa sagesse, .sa philosophie et l'amour qu'il porte aux peuples qu’il gouverne, appelaient à être le soutien de l'opprimé et le pacificateur du monde (3). » Qu'en écrivant cette lettre, Custine n’ait pas eu la
(1} Honileur du i août 1793, séaucedu 31 juillet.
(2) Monxleur du 28 juillet 1793, et Journal det lUbals et <Ui décrets de la Contention, numéro 312, p. 336.
(3j Vu;, duos le nuoiéro 201 des Héoolutions de Paris, rurlicle intitulé : Vn mol fur Cxutine, et U lettre It suite, p. 3i5, 346.
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moindre intention coupable, on peut le croire, puisque lui-niCme la livra îi la publicité; mais de telles lignes, tombées de la plume d’un général placé îi la tète des armées de la République, dénotaient au moins une grande légèreté, et il n’y avait rien d’étonnant îi ce qu’aux yeux des républicains elles équivalussent presque ;i une trahison. La conduite ultérieure du général ne fut pas de nature îi modifier l’opinion défavorable des patriotes à .son •
égard, et nous avons dit comment, à l’armée du Nord, il s’était fait l’écho complaisant des calomnies girondines contre certains membres de la Montagne.
A peine îi Paris, on le voit se mêler au groupe des mécontents, et sa présence est saluée des cris de Vive Custine! par les contre-révolutionnaires du Palais-Royal. Tout cela fut dénoncé à la Convention par Bazire ; et, de plus, ce représentant accusa le général de distribuer de l’argent à certaines femmes afin qu’elles excita.ssent un mouvement en sa faveur. Il n’en fallut pas davantage à l’Assemblée pour décréter sa mise en état d’accusation. « La nation a des doutes sur Custine, » s’écria de son côté Danton, « il faut qu’il soit jugé. » Et il demanda que le ministre de la guerre et le comité de Salut public fussent chargés de rendre compte de tous les faits à la charge de ce général (1). Il n’y avait là rien de très-grave encore. Mais voilà que coup sur coup arrivent les plus fâcheuses nouvelles. Mayence a capitulé, et l’on apprend que, par un billet de Custine, le commandant de la place avait été engagé à la livrer aux Prussiens; et les représentants Soubrany et Montant, le général Houchart, écrivaient comme d’nn commun accord : « Faites arrêter Custine, c’est un traître (2). » Ce n’est pas tout ; d’après une lettre du général Favart, on l’accusait encore d’avoir à dessein dégarni Lille d’une partie de son artillerie de siège ; on lui reprochait d’avoir recommandé à son successeur à l’armé du Rhin d’épargner les Prussiens, et l’on se rappelait involontairement la mission secrète dont son fils avait été chargé jadis auprès du roi de Prusse |iar Uumouriez. Le 2R juillet, son ancien apologiste, Barèrc, vint à la Convention présenter contre lui un rapport foudroyant à la suite duquel il fut décrété d’accusation.
Cela dit, et c’était indispensable, on comprendra mieux l’e.spèce d’acharnement que Robespierre va déployer contre Custine.
Déjà, à la séance du 24, il l’avait fortement inculpé à propos
(1) Uoniitur du 23 juillet <793 , séance du 22.
(2) Voir, pour tous les détails des griefs articulés contre Custine, la Koniltwr du 31 juillet 1793, et tes Révolulioiw da Parta, numéro 2tl, p. 44.
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de l’att'aiiT des généraux Lavalelle et l>aiiiarliére ; et il se montra peul-ôli'e d’autant plus acharné <|ue tout d’abord il était revenu sur son compte à la suite d’une visite d’un de ses alïidés nommé Jauberl. Touché d’une lettre adressée ]»ar cet oflicier à ses frères d’armes, il avait même (ironiis de rétracter ce (pi’il avait pu dire contre lui aux Jac<diins. Mais, informé par Labenette,*le rédacteur de l'Orateur (lu fV«p/c, qu’on avait abusé de sa conliance (1), Robespierre sentit se changer en sourdes colères ses bonnes dispositions (piand il œnnut les nouvelles dont nous avons donné un aper(;u, et surtout quand il vit les ennemis de Ta Rév(dution mettre tout en œuvre pour soustraire à la vindicte publiciue un général fortement prévenu de trahison. Sa colère redoubla quand on apprit la reddition de Valenciennes, (|ui avait ouvert ses portes à l’heure même où Custine avait été décrété d’aia-usntion, et la perte du camp lie Cé.sar, ([ui, situé à cinquante lieues de Paris, était de ce côté de la frontière la seule barrièrt! couvrant la capitale, (les revers désastreux étaient iuqtutés à la trahison de Custine, et son procès n’était pas encore commencé. Laisserait-on sans vengeance la Républiqiu( d(!venir la proie de l’élratiger’/ N’ètait-il pas temps de donner aux généraux un grand exemple de sévérité? Voilà c-e que se demandaient les patriotes les plus lértues.
Un jour, — léétait le 10 août t7!i:t, — Robespierre parut aux Jacobins, plus sombrt^ que de coulunu!, coniim* si déjà il eût porté le deuil de la patrie. Kt pourtant personne moins que lui ne se laissait aller au découragement. « Amis de la liberté, » dit-il, « vos armées ont éprou\é (b; nouveaux revers, vos <-nnemis reprennent une nouvelle audace ; tout cela tient à la même cause, à la scélératesse, à la trahison d’une part; à la faiblesse, à la crédulité de l’autre. » Après avoir récapitulé tous les faits à la charge de Custine, il ne put s’empêcher de trouver singulier le peu d'activité imprimé à la prociV dure. Le tribunal procédait avec la lenteur des anciens parlements; on était sensible aux pleurs et aux instances des femmes; mais les insurgés de Lyon et de la Vendée, qui égorgeaient les républicains par centaines, s’attendris.saient-ils aux douleurs des femmes des patriotes? Et quel était riiomme pour qui l'on implorait la pitié des jurés? Un général qui, avec la dernière barbarie, avait laissé mas- -sacrer dans Francfort des centaines de Français, et amiuel était due la perte des villes les mieux fortitiées. « Eh bien ! » s’écriait Robe.spierre, « sa tête est plus ferme sur ses épaules ipie la mienne. » Mais
(t) Vuy. à ce sujet, daus le journal de Murat, une lettre dr Labencltc il RobeS|derre, et une lettre de Joubert li Cuaiine, uuuicro i3U, du II juillet lltlS.