‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 33 sur 354 · I.IVIIE XI. — l'OUTIOUE DE RODESPIEnilE · texte numérisé non relu

I.IVIIE XI. — l'OUTIOUE DE RODESPIEnilE

l'on tendrons défendre les ministres du culte, par respect pour le principe de la liberté. Il était sage, selon lui, de ne pas rompre trop brusquement avec certaines habitudes et certains préjugés invétérés. C’est pouniuoi, dans la séance du 31 juillet 1793, à la Convention , il demanda une étude plus approfondie de la loi du maximum, dont, en beaucoup d’endroits, les ennemis de la Révolution liraient parti pour tramer leurs complots en s’adressant à la cupidilé et aux passions égoïstes. Le comité de Salut public préparait alors un projet destiné, au dire de Robespierre, ii assurer l’abonilance et la tranquillité publique. Déjà, peu de jours auparavant, Maxiiuilieii avait réclamé contre certains articles de la loi terrible punis- •sant de mort les accapareurs. Il aurait voulu, par exemple, (lu’on eftt égard aux habitudes du peuple, qui souvent fai.sait provision di; sucre sans avoir l’intention d’accaparer. Mais sa réclamation n’eut aucun succès. « Comment, » lui dit son ami le vieux Raffron du Trouillet, « il semble que vous voulez transiger avec le crime.... Je demande contre les accapareurs de sucre, comme contre tous les autres accapareurs, la peine de mort (1). » Et le sucre resta au nombre des denrées dont l’accaparement devait envoyer tant d’obscures victimes à l’échafaud.

Un peu plus tard, Robespierre s’élèvera également contre l'exce.ssive rigueur d’une loi proposée par Collot d’Herbois, laquelle rangeait parmi les suspects les marchands convaincus d’avoir vendu à un prix exagéré les objets de première nécessité. Et certes on ne pouvait l’accuser de favoriser l’agiotage ou les accaparements, lui qui si éloquemment avait, en toute occasion, Bétri régoisme de la plupart des riches. Sans doute, disait-il, en songeant aux maux causés par les accapareurs, on ne saurait trouver de loi trop sévère jiour les réprimer; mais le législateur, ajoutait-il, n’élait-il pas obligé parfois de suspendre les mouvements de son indignation pour pe.ser les inconvérMsnts do telles mesures à l’aide desquelles on risquerait d’atteindre les malheureux? « Je suppose votre loi entre les mains d’une administration corrompue; si elle prête à l'arbitraire, le riche accapareur, en corrompant le magistrat infidèle, échap]icraà la loi, qui alors pè.sera sur l'indigent. Ce ne sont pas des principes sévères ni des lois rigoureuses qui nous manquent, mais leur exécution, et c’est dans le vague d’une loi que les administrateurs malintentionnés trouvent les moyens d’en éluder l’exécution Il faut mettre

une différence entre une mesure particulière et une loi générale (|ui, étant vague, donnerait les moyens à des administrateurs jieu

(1) Hercurc universtî, numéro du ^8 juillet 1793.

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pulriuies du vexer les buiis citoyens. » C’élail là le langage de la véritable sagesse; l’Assenildée .s’y rendit en ajournant la proposition de Collol d'ilerbois (1).

Non moins prudente était la politique conseillée par Robespieroe à l'égard des étrangers. On commem;ait à s'inquiéter beaucoup de la masse d'individus qui, venus de difl'érent.s pays, aflluaient à Paris, où on les voyait figurer pour la jiluparl au nombre des plus violents exagérateurs. La société des Jacobins en était infestée. Faut-il s’étonner que la défiance des patriotes se suit émue quelquefois même outre mesure? Nier l’inlluence désastreu.se des étrangers sur la Révolution française, ce serait nier l'évidence même. On sait les manumvres odieuses devant lesquelles ne recula pas le ministre Pitt, et dont sa mémoire restera éternellement llétrie. C’était par les étrangers que se tramaient les complots les plus criminels; par eux que toute la République était inondée de ces a.ssigiiats faux i|iii jetaient la perturbation dans notre crédit ; par eux que les ennemis de l’intérieur, encouragés et soutenus, multipliaient leurs machinations. «Il faut enfin vous dire une vérité qui me pèse depuis longtemps sur le cœur, » s’écria Robespierre aux Jacobins dans la séance du 2'J juillet I7!)3, « c’est que je vois ici beaucou)) trop de mines autrichiennes et prussiennes (2). » Cette exclamation lui était échappée à propos d’une demande de service d’un oHicier- autrichien qui se vantait d’avoir dé.serté les drapeaux de son pays par amour pour la France. Ce seul fait de s’appuyer du titre de déserteur auprès d’une société patriotique, était déjà, aux yeux de Maximilien, une assea mauvaise recommandation. Les prétendus déserteurs pouvaient bien n’élre que des espions, et une longue expérience, disait-il, devait rendre suspects à la nation ces sujets autrichiens. L'n décret de la Convention ayant ordonné l’arrestation de tous les déserteurs étrangers accourus à Paris, il engageait si's collègues à donner au maire, chargé de la police de la ville, le conseil de tenir la main à l’exécution de ce décret. Si l’ofiicier en t|ueslion était vraiment de bonne foi, il serait, ajoutait-il, dédommagé d’une tribulation passagère par la confiance et l'amitié des patriotes.

Duhem appuya très-chaudement cette proposition; mais, allant beaucoup plus loin , il la généralisa , et réclama la mise en état d’arrestation, indistinctement, de tous les étrangers en résidence à Paris. Robespierre rep^-it aussitôt la parole ; « La proposition

U) Voy. le Honileur du 21 s«|itembre 1793, séance du 18. "i, Journal la Moniagnâ, numéro 60.

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