‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 332 sur 354 · LIVRE XV — MOCVEMENT DES SECTIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XV — MOCVEMENT DES SECTIONS

les registres des procès-verbaux des assemblées seclionuaires (I); puis les résumés de ces procès-verbaux, insérés par Courtois à la suite de son rapport sur les événements du 9 Thermidor (2) ; enfin les rapports adressés îi Barras par les divers présidents de section quelques jours après la catastrophe (3). Mais ces trois sources d’informations sont également suspectes. De la dernière il est îi peine besoin de parler; on sent assez dans quel esprit ont dû être conçus des rapports rédigés îi la demande expresse des vainqueurs quatre ou cinq jours après la victoire. C'est le cas de répéter le décevant axiome : Malheur aux vaincus!

Suivant les procès-verbaux consignés dans les registres des sections et les résumés qu’en a donnés Courtois, il semblerait que la pfus grande partie des sections (assemblées générales, comités civils et comités révolutionnaires) se fussent, dès le premier momentj jetés d’enthousiasme entre les bras de la Convention, après s’étre énergiquement prononcées contre le conseil général de la commune. C’est là, on peut l’affirmer, une chose complètement contraire à la vérité. Les procès-verbaux sont d’abord, on le sait, rédigés sur des feuilles volantes, puis mis au net, et couchés sur des registres par les secrétaires. Or, il me paraît hors de doute que ceux des 9 et 10 thermidor ont été profondément modifiés dans le sens des événements; ils eussent été tout autres si la commune l’avait emporté. N’ont point tenu de procès-verbaux, ou ne les ont pas reportés sur leurs registres, les sections duiViw^um (Louvre){i), du Pont-iVcM/" (5), des

(1) Ces registres îles procès-verbaux des sections existent aux Xrcèicci de la prèfec • ture de police, où nous les avons consultés avec le plus grand soin. Malheureusement Us ne sont pas complets ; il en manque seize qui ont été ou détruits ou égarés. Ce sont les registres des sections des Tutleriex, de la République, de la Montagne (Butte-des- Moulins), du Contrat «octal, de Bonne-Houtelle, det Amie de la Patrie, PoUeonniére, Popinconrt, de la Maison-Commune , de la Fraternité, des Invalidée, de la Fontaine- Crmelle, de la Croix-Bouge , Beau repaire, du Panthéon français et des Sans-Culottes. (Archives de la préfecture de police.)

(2) Voyez ces résumés plus ou moins exacts ii la suite du rapport de Courtois sur les événements du 0 Thermidor, de la p. 126 à la p. 182.

(3) Archives, F 7. 1432.

(4) Suivant Courtois, cette section ne se serait réunie qu'aprée la victoire remportée sur les traîtres. Voy. pièces h l'appui de son rapport sur les événements du 9 Thermidor, p. 146.

(5) D'après Courtois, cette section, dans l’enceinte de laquelle se trouvaient la mairie et l'administration de police, n'aurait pas voulu se réunir en assemblée générale, et elle se serait conduite de manière è mériter les éloges. On comprend tout l'inlérét qu'avait Courtois h présenter l’ensemble des sections comme s'étant montré hostile k la commune. Voy. p. 153.

HISTOIRE UE ROUESPIERRE

Qniux^-Vinyts (faubourg Saint-Antoine) (1), de la Réunion (2), de l'Indimibililé (3) et des Champs-Élyséi’s (4). De ces six sections, la preiuière et la derniiTe seules ne prirent pas résolûment parti pour la coniniune; les autres tinrent pour elle jusqu’au dernier raoinent. Plus ardente encore se montra celle de ÏObservatinre, qui ne craignit pas de transcrire sur ses registres l’extrait suivant de son procès-verbal : « La section a ouvert la séance en vertu d’une convocation extraordinaire envoyée par le conseil général de la coninnine. Un membre a rendu compte des événemens importans qui ont eu lieu aujourd’hui. L’assemblée, vivement affligée de ces événemens alarmaiis pour la liberté et de l’avis qu’elle reçoit d’un décret qui met hors la loi des hommes jusqu’ici regardés comme des patriotes zélés pour la défense du peuple, arrête qu’elle se déclare permanente et qu’elle ajourne sa séance à demain, huit heures du matin... (3) » Mais toutes les sections n’eurent pas la même fermeté.

Selon moi , voici ce qui se passa dans la plupart des sections parisiennes. Elles savaient fort bien quel était l’objet de leur convocation , piiisqu’à chacune d'elles la commune avait adressé la proclamation dont nous avons cité la teneur. Au premier moment elles durent prendre parti pour le conseil général. A dix heures du soir, vingt-sept sections avaient envoyé des commissaires pour fraterniser avec lui cl recevoir ses ordres (G). Nous avons sous les yeux les jiouvoirs régulièrement donnés îi cet eflet par quinze d’entre elles il un certain nombre de leurs mcmbrcs(7), sans compter l’adhé-

(1) Pour ce qui coucerne cette seciiou» Courtois paraît avoir écrit sa rédaction d'après des rapports verbaux. (Voy. p. 173.) A cette section appartenait le général Rossignol, lequel, malgré son attachement pour Robespierre, qui l'avait si souvent défendu, trouva grâce devant les Thermidoriens, a Le général Rossignol, » dit Courtois, « s'est montré à la section des Quinze-Vingts, et n’a pris aucune part h ce qui peut avoir été dit de favorable pour la commune.., » (P. 174).

(2) Le commandant de le force armée de cette section avait prêté serment à la commune, mais Courtois ne croit pas qu'il te soit éloigné de la voie de l'honneur fp. 145). Livré néaumoins au tribunal révolutionnaire, ce commandant eut la chance d'être, acquitté.

(3) Courtois paraît avoir eu entre les mains la minute du procès-verbal de la séance de cette section, qui, dit-il, flotta longtemps dans rincertilude sur le parti qu'elle prendrait (p. 142).

(4j ff La section des Champs-Rijsées, » dit Courtois, «a cru plus utile de défendre de ses armes la Convention, n (P. 141).

(5) Archives de la préfecture de police.

(6) C'est ce qui résulte du procès-verbal même de la section de Uutius Saetola. {Archives de la préfecture de police.)

(7) Pouvoirs émanés des sections de la FraUmité, de roèrerrofotre. du Faubourg du .Vurd, de J/ultu» Srcrtola, du Finwfère, de la Croix-Rouge, Popincourt, Karai, du

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