‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 44 sur 354 · LIVRE XI. — PAMÉLA ET FRANÇOIS DE NEUFCHATEAD · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — PAMÉLA ET FRANÇOIS DE NEUFCHATEAD

jireuvcs réitérées d'inrivisme données par les acteurs et actrices de ce théâtre depuis l’origine de la Révolution, ordonnait, par un ' arrêté, la fermeture du théâtre et l’arrestation de l’auteur de Paméla et des comédiens (1); arrêté qu’au bruit des applaudis.sements la Convention convertissait en décret, dans sa séance du 3, sur le rapport de Barére(2). On se ferait difiicilemenl une idée du déchaînement auquel donna lieu la conduite des comédiens du Théâtre-Français. Telle était l’exaspération contre eux, que le jeune ami de Danton , Alexandre Rousselin , émit la proposition que a tous les pensionnaires ordinaires du ci-devant Veto » fussent détenus jusqu’à la paix dans des maisons de force, jetés, h cette époque, a sur les plages d’un pays despotique, » et qu’afin de purifier leur local on y établît un club pour les sans-culottes des faubourgs Saint-Marceau et Saint-Antoine (3). Le surlendemain il réitéra sa proposition, et se. plaignit surtout de ce que le comité de Sûreté générale eût autorisé certaines exceptions en faveur des comédiens frappés du décret d’arrestation. A quoi Robespierre répondit que, dans un comité composé de vingt-quatre personnes, plusieurs d’entre elles avaient pu peut-être se montrer accessibles aux sollicitations de princesses de théâtre, mais que ces exceptions étaient nulles, le comité de Sûreté générale ayant à exécuter et non pas à interpréter le décret de la Convention (4).

Robespierre n’avait pu s’empêcher de témoigner l’étonnement où il avait été plongé en apprenant que l’auteur de Paméla était Fançois de Neufehâteau (S), à qui il portait une estime toute particulière. Membre de l’Assemblée législative, François de Neufehâteau avait toujours voté avec les patriotes les plus énergiques, et , tout récemment, il avait été proposé pour ministre en concurrence avec Paré, auquel la protection de Danton avait obtenu la préférence. Son arrestation provisoire — il avait été tout simplement mis en arrestation chez lui — ne paraît pas l’avoir brouillé avec Robespierre, dont il resta l’admirateur, et auquel il adressa les vers les plus élogieux, vers qu’il essaya bien de racheter plus tard dans un discours

(1) Registres des dilibératioDS et arretés du comité de Salut public, séance du 9 septembre. Étaient présents : Hérault-Séchelles, C. A. Prieur, Carnot, Thuriot, Robespierre, Prieur (de la Marne).

(2) Vo;. le Moniteur du 5 septembre 1793.

(3) Journal dee débuts et de la correspondance de tu eociéU det Jacobins, nnméro 490. Séance du 4 septembre.

(4) Ibid., numéro 491. Séance du 6.

(5) Séance des Jacobins du 1" septembre. Vojr. le Journal des dibaie et de la corretpondante de la locUU dee Jacobine, numéro 488 , ubi suprd.

HISTOIRE IlE ROBESPIERRE

sur l’anniversaire du 9 Tlierniidor, mais dont on ne lui fil pas moins un crime (1).

La présidence de Robespierre, inaugurée par le décret fameux sur la levée en masse, se trouva signalée par des événements d’une importance capitale, et dont la portée fut tout d’abord incalculable. Mais, comme nous l’avons dit, plus audacieuses étaient les tentatives des ennemis de la Révolution, plus gigantesques étaient les efforts de la République pour les surmonter. Au milieu de tout cela l’Assemblée trouvait le moyen de continuer ses discussions sur le Code civil ; les séances des 24, 29 et 31 août 1793 y furent en partie consacrées (2). Par un hasard assez singulier, ce fut sous la présidence de Maximilien que l’athéisme se révéla hautement, et, pour la première fois, afficha ses prétentions à la barre de la Convention. C’était le dimanche 23 août. Une députation d’instituteurs venait de présenter une pétition par laquelle ils réclamaient l’instruction gratuite et obligatoire, quand un des enfants qui accompagnaient la députation, et auquel on avait fait la leçon, demanda qu’au lieu de les prêcher au nom d’un soi-disant Dieu, on les instruisit dos principes de l’égalité, des droits de l’homme et de la constitution. C’était le prélude des folies héhertistes. Le mouvement d'indignation et les murmures improbaleurs par lesquels la Convention accueillit celle étrange et inutile attaque contre la Divinité témoignèrent du moins que la grande majorité de l’Assemblée n’était pas disposée à tomber dans l’abîme du matérialisme (3).

Ce fut également sous la présidence de Maximilien que Billaud-Varenne rendit compte d’une mission dans les départements du Nord, dont il avait été chargé dans les derniers jours du mois précédent. La désorganisation de l’armée était extrême vers celte partie de la République. L’esprit des troupes était excellent, leur courage au-

(t) VoT. le Moniteur du 3 floréal an Vil (âà avril 1799). L'auteur de l'article fraa* (OÙ de üeufchàteau dans la Biographie universelle , Lamoureux , passe légèrement sur les hymnes et les vers de François. 11 signale seulement une prière que le dietaieur Bobetpierre lui avait commandée pour sa fête à l'Èlre~Suprime. On ne traite pas plus cavalièrement Tbistoire que la plupart de ces faiseurs de notices biographiques. Étaitce aussi \t dictateur Robespierre qui avait commandé à Chénier et à tant d'autres des odes et des hymnes sur cette soleuuitét

(2; Moniteur des 26 août et !•' septembre 1793; Journal des débats et des décrets de la Convention t numéros 349 cl 350.

(3) Jfonileur du 27 août.

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