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ordonritii'ciii l’ari'oslation de tous les suspects à Rouen, à Toulouse, à Nîinos, à Montpellier, ji .\vignon, à Lorient, ii Brest, à Cherbourg. et leur transfèrement dans le Nord à cinquante lieues de leurs pays (1). Le 2i septembre, jour où Robespierre revint pour deux jours seulement, car il retomba presque aussitôt malade (2), le comité décréta rétablissement du télégraphe, nouvellement inventé par Chappe, sur les tours, clochers et emplacements choisis par l'inventeur. Ainsi la science ne restait pas stationnaire tandis que la Révolution marchait à pas de géant en aBranchissanI l’humanité.
A riieuie où Robespierre reparaissait, une sorte de croisade .s’était organisée contre le comité de Salut public. Elle avait pour meneurs un certain nombre de repré.sentanis revenus de mission et qui reprochaient au comité de n’avoir pas favorisé leurs créatures, ou suftisammcnt accueilli leurs réclamations. On y voyait figurer Merlin (de Thionville), ù qui l’on pardonnait difficilement la reddition de Mayence, et dont Robesjiierre écrivait, dans un rapport qu’il ne prononça pas d’ailleurs : « Merlin, fameux par la capitulation de Mayence, jilus que soupçonné d’en avoir reçu le prix (3). » Puis venaient Cochon de Lapparent et Rriez, coupables, aux yeux de Maximilien, de ne s’être point ensevelis sous les ruines de Valenciennes; les deux Gou|)illeau, dont la conduite dans la Vendée se trouvait fortement incriminée; Courtois, déjù dénoncé au comité de .Salut public comme déprédateur, et dont les liaisons avec Custine avaient été l'objet d’une grave dénonciation ( 4 ) ; son ami Bourdon (de l’Oise), qui avait à venger sa dernière humiliation aux Jacobins; Duhem, toujours furieux de son rappel, et Thuriot, qui venait de se séparer de ses collègues du comité, où du reste on ne le voyait guère, pour pas.ser dans le camp de leurs adversaires (3). Il faut ajouter à ce parti de mécontents dans la Convention la fac-
(i ) Registre dés délibérations et arrêtés du curoiié de Salut public, séance du 10 sepeinbre. Ëiaicqt présents : Barére, Bérault-Séchelles, Jean-Bon Saint-André, Carnot, C. A Prieur, Prieur (de la Marne). Architft, ubisuprà.
(2) Robespierre fut malade du 19 au 23 septembre et du 26 septembre au 2 octobre. Ses absences sont constatées par les registres du comité.
(3) Rapport sur la faction Fabre d'Ëglautine. Il ligure sous le numéro LU à la suite du rapport de Courtois. Voy, p. 199.
(A) Voy. une dénonciation de Saintexte contre Courtois à ce sujet dans le numéro 499 du Journal des débats et de la correspondance de la société des Jacobins, séance du 18 septembre. Voyez aussi — singulier rapprochement — ce que dit Courtois du général Cusiinc, dans son rapport (p. 15, en note).
(5) M. Carnot, dans ses Mémoires sur son père, attribue la démission Je Thuriot k des démêlés de celui-ci avec Robespierre (I. 1*% p. 347). Mais il aurait fallu appuver cette assertion de quelque preuve, et c'est ce que M. Carnot n’a pas fait, suivant d'ail-
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, liüii il'Hùlun t, laquelle comiuenvail îi se montrer, et dont les principaux chefs, après avoir accaparé les emplois les plus élevés au ministère de la guerre, supportaient diflicilemenl leur étal d'infériorité à l'égard des membres du comité de Salut public el' des représentants en mission.
L’agression commença le 21, îi propos d’une lettre du ministre de la guerre aimonçaiil la destitution des généraux Houchard, Landremont et Shoinbourg, et leur remplacement par les gém'“raux Jourdan, Delmas et Moreau. Ces mesures furent immédiatement l’objet du blilme des rei>résentants Duroy et Génissicu. Le premier demanda que le pouvoir exécutif ne pût suspendre, destituer ni remplacer les généraux sans avoir an préalable consulté la Convention. Billaud-Varenne répondit assez aigrement que ces destitutions avaient été décidées d'accord avec le comité de Salut public; Jean-Bon Saint-André, lui succédant, reprocha à Houcbard de s’étre entouré de contre-révolutionnaires. Mais le grand crime de ce général, aux yeux du comité, était de n’avoir pas su profiter de la victoire d’Hondsclioote. La querelle, un moment apaisée, se raviva à la lecture d’une nouvelle lettre de Bouchotte faisant à l’Assemblée part de la nomination de Vilain d’Aubigny comme second adjoint au ministère de la guerre pour la deuxième division. Ce d’Aubigny, grand ami de Danton et camarade de Saint-Just, — c’était à lui que Saint-Just avait écrit la fameuse lettre : « Arrachez-moi le cœur et mangez-le, vous deviendrez ce que vous n’ètes pas, grands! (1), » — ce. d’Aubigny, dis-je, avait été violemment poursuivi parla faction girondine, qui l’avait calomnieusement accusé d’avoir commis des vols aux Tuileries dans la journée dn 10 août, à laquelle il avait pris une part glorieuse. Avec une mauvaise foi évidente. Bourdon (de l’Oise) demanda si c’était ce même d’Aubigny qu’on élevait à un poste important du ministère de la guerre, où du reste il avait déjà, l’année précédente, occupé une haute position. Le comité de Salut public n’avait pas eu connaissance de cette nomination, il le déclara par la bouche de Billaud-Varenne (2). Nous verrons bientôt ce qu’il advint de cette afl'aire.
Ce n’était là que le prélude d’attaques plus sérieu.ses. Le lendemain, .Aimé Goupilleau, Duhem et liriez prirent tour à tour la parole. Le premier dénonça Rossignol comme ayant refusé de se conformer
leurs sa constante hahiiutle. Thuriot donna sa démission le 20 septembre, c'est-it-dire ptndanl la maladie de Robespierre.
(1) Au sujet des relatious de d’Aubigoy avec Saint-Just, voy. uoirt Histoire dt Saint-Just.
(2j VoT. U Uoniteur du septembre, séance du
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