‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 56 sur 354 · LIVRE XI. — IL IIÉFESD LE COMITÉ ItE S.\LUT PUIII.IC 1 il · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — IL IIÉFESD LE COMITÉ ItE S.\LUT PUIII.IC 1 il

au plan général arrêté pour la campagne de la Vendée; le second, tenant îi la main une lettre de Bentabole datée d’Arras , annonça que subsistances et administrations allaient très-mal dans le Nord.

Tout cela tombait d’aplomb sur le comité de Salut public. Enfin liriez, un des commissaires de la Convention îi Valenciennes lors de la reddition de cette ville, donna lecture d’un mémoire sur la situation de l’année du Nord, mémoire dans lequel il reprocha au comité de Salut public de garder le silence et de ne pas prendre les mesures nécessaires. Ces reproches injustes devaient profondément loucher les hommes dévoifés qui siégeaient au comité de Salut public; mais autre chose en augmenta singulièrement l’amertume, ce fut l’approbation que sembla leur donner la Convention en décrétant l’inipre.ssion du mémoire de Briez, et en adjoignant son auteur au comité. C’était une sanglante ironie. Merlin (de Thion- ^

ville) et Delauiiay (d’Angers) apportèrent aussi leur contingent rie critiques mal fondées.

Billaud-Varenne ]irit la parole pour défendre les actes du comité auquel il appartenait, et qui, dit-il, frémissait depuis quaranlr^ huit heures de l’horrible coalition formée par tous les intrigants, dont le but était d’anéantir la République et la Convention nationale, laquelle, ajoula-l-il avec raison, répondait en masse du salut public. Barère vint après, et parla au nom de tous ses collègues. Il parla longuement, après avoir promis, dès le début, de déjouer les intrigues et les dénonciations artilicicuses d’une secte de petits ambitieux. Il répondit il tous les reproches, expliqua trèsnettement les mesures prises par le comité, niais"tout cela en termes humbles et prolixes. Du mémoire de Briez qui, après avoir rendu à renneini une ville frontière, n’avait pas craint de prendre à partie le comité de Salut public, pas un mot!

Tant d’habiletés et de précautions oratoires ne pouvaient convenir au caractère, à la franchise de Robespierre. Se dirigeant d’un pas rapide vers la tribune : « Si ma qualité de membre du comité de Salut public, » dit-il, « doit m’empêcher de m’expliquer avec une entière indépendance sur ce qui s’ est passé, je l’abdique ii l’instant, et après m’être séparé de mes collègues, que j’estime et que j’honore (et l’on sait que je ne suis pas |)i-odigue de ce sentiment), je vais dire il mon pays des vérités nécessaires. » Après cet exorde, il flétrit, aux applaudissements de l’Assemblée, comme un enneini de la patrie, celui qui cherchait à avilir, !i diviser et à paralyser la Convention, soit qu’il siégeât dans cette enceinte ou qu’il y filt étranger, soit qu’il agît par sottise ou par perversité. Ce projet d’avilissement, il existait, disait-il, là où le patriotisme devrait ré-

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gmif t“l dans des clubs se préteiulant plus que patriotes. On voit tout de suite la double ullusiou. Ouebpies inenihrcs envieux et prévenus entreprenaient une guerre injuste contre le coniité de Salut public, ajoutait-il, et traitaient eoinine des jirolecteurs de l’aristocratie ceux qui, au milieu des poignards et au péril de leur vie, avaient ici détendu les droits du peuple et de la liberté; niais la Convention ne permettrait pas la continuation de ce lAche système d’attaques, car sa gloire était liée au succès des travaux des hommes qu’elle avait investis de sa confiance. Kt dans quel moment venait-on lancer contre le comité de Salut public des traits empoisonnés! « On nous accuse de ne rien faire, » poursuivait Maximilien, » mais a-t-on rétléclii l’i notre position? Onze armées à diriger, b“ poids de l’Europe entière à porter, partout des traîtres ;i démasquer, des émissaires soudoyés par l’or des ])uissances étrangères ii déjouer, des administrateurs inlidéles îi surveiller, partout à aplanir des obstacles et des entraves à l’exécution des plus sages mesures, tous les tyrans à combattre, tous les conspirateurs i’i intimider, eux qui se trouvent presque tous dans une caste si puissante autrefois par ses richesses et encore par ses intrigues : telles sont nos fonctions. » Se demandant ensuite comment, sans unité d’action, sans secret dans les opérations, et surtout sans la certitude de trouver un appui dans la Convention, le gouvernement triompherait de tant d’obstacles et de tant d’ennemis, il ne pouvait qu’attribuer à l’extrême ignorance ou à la plus profonde perversité ce jeu (lu’on semblait se faire de chercher à avilir la Convention dans ceux de ses membres à c|ui elle avait confié le timon des aft'aires.

Le comité de Salut |uiblic destituait-il un général encore couvert de l’éclat d’un triomphe apparent, on lui imputait à crime sa fermeté même. On critiquait s<'s travaux sans les connaître; on le dénonçait pour avoir remplacé deux ofliciers nobles par des généraux patriuteSj tandis iiu’à côté de cela on ne cessait de déclamer contre les nobles. On osait lui rei)rocher ses choix ; mais n’élait-ce pas à Jourdan, au Successeur de llouchard, (jii’était due la victoire de Hondschoote? Valaient-ils moins les ofliciers ]>lacés à la tête des armées de la Moselle et du Rhin'/ Et cependant ils étaient encore un prétexte de calomnies contre le comité. Uuelle était donc la cause de ces dénonciations? « Ah !» s'écria-t-il alors, « cette journée a valu à l’itt, j’ose le dire, plus de trois victoires. A quel succès, en effet, peut-il ])rélendre, si ce n’est à anéantir le gouvernement national que la Convention a établi, à nous diviser, à nous faire déchirer de nos propres mains? Et si nous passons dans l’Europe pour des imbé-

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