‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 65 sur 354 · LIVRE XII. — PRÉDICTIOÎI DE LA VICTOIRE 'DE WATICRIES · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — PRÉDICTIOÎI DE LA VICTOIRE 'DE WATICRIES

cncouragenients furent accueillis par de chaleurcusc.s acclamations, il est îi peine be.soin de le dire.

Telle était la foi de Robespierre dans le succès des armes de la République, succès préparé par les incessants travaux du comité, que, quatre jours après, il prononçait encore ces paroles, qu’il faut citer tout entières : « Demain sera un jour fameux dans ■les fastes de la République; demain toutes les forces de la tyrannie se mesurent cohtre celles de la liberté; demain est un jour qui aura une grande influence sur le sort des despotes coalisés : il se livre . an grand combat sur nos frontières.

(I Si la fortune favorise la cause de la vertu, du courage et de la liberté, la victoire est à nous. Si cela n’arrivait pas, qu’on se rappelle que la République, que la liberté sont impérissables, et que nous ne serons pas terrassés. Voici l’alternative dans laquelle nous sommes : Si les tyrans sont vaincus, les tyrans sont perdus. Si les tyrans sont vainqueurs, si ta victoire est infidèle aux drapeaux républicains, les républicains n’en .seront que plus terribles, car ils apprendront îi se défier de leurs propres frères; leurs coups n’en seront que plus assurés, et tous les calculs de la prudence humaine accompagneront leurs futures opérations. Cette fois les tyrans n’ont pas choisi nos généraux. S’il arrive un échec, sans doute il faut l’attribuer !i la perfidie, non pas des généraux, je crois que nous pouvons répondre d’eux, mais :’i quelques agents secrets qui -pCut-ctre se sont cachés parmi nos troupes, y fomentent des troubles de toute espèce, y causent des accidents. Si donc un échec arrive, si l’armée recule, tout le peuple français doit se lever et lui .scn'ir d’arrière-garde... » — Ici l’enthoiisiasmo dont était saisi l’orateur se communique à toute la salle. Los chapeaux, les mains .sont levés en l’air aux cris mille fois répétés de vive la République! — « Si, au contraire, » reprend Robespierre, « et je n’en doute pas, nous remportons une victoire, nous la poursuivrons avec acharnement, et la mort du dernier des despotes en sera le fruit. Quel que .soit donc l’événement qui nous sera annoncé, il nous trouvera toujours fermes, inébranlables, préparés au malheur comme îi jouir, sans en abuser, de la prospérité. Quant ii nos représentants, ils rallieront la France entière .sous les drapeaux de la victoire et de la liberté; ils vous montreront l’exemple du courage et du dévouement. Résolus à mourir pour la patrie, ils traceront de leur sang le signal de la vengeance, et vous leur devrez encore une

au peuple, en tout et partout, de s'abslenir; qui toujours contrecarrait, tans les entendre, les plaus de Cambon, de Carnot... » (Idiet générales de la IlévoluHon au XtX' siècle.)

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leçon » (I). Nous avons déjà ru l’occasion de rrniarqucr de quelle sorte de don prophétique était doué Robespierre ; c’était le 1 1 octobre (iO' jour du i" mois) qu’il s'ex|)riniait ainsi aux Jacobins ; le 15 la République remportait la victoire de Watignies.

Ces premiers échecs de la coalition n’élaient pas encore de nature à la découi'ager et à briser les liens criminels qui l’unissaient aux ennemisde rintéricur. Triompher de la République en désorganisani ses linanccs, en la minant par l'intrigue, en fomentant dans son sein des factions toujours renaissantes, telle était surtout l’espérance lies puissances étrangères; et cela commençait à leur paraître plus facile (jue de vaincre la Révolution par leurs armes et sur les champs de bataille. Mais le comité de Salut public veillait. Tout en portant son attention au dehors, il se montra au dedans plus ferme que jamais. Atiii de pouvoir agir plus sûrement, il avait, dès le 10 octobre (Itr jour du f'' mois), proposé à la Convention, par la bouche de Saint-Just, de déclarer révolutionnaire le gouvernement jusqu’à la paix, com|)renunt très-bien que si la constitution était faite pour conserver, pour maintenir la Ré[iublique, elle était impuissante à la fonder, comme le disait Robespierre. La mettre à exécution en de pareilles conjonctures, c’était permettre à .ses ennemis de la détruire en l’invoquant. Elle fut donc sifspendue lirovisoirement par le décret ijui déclara révolutionnaire le gouvernement jusqu’à la paix, et qui plaça sous la surveillance directe du comité de Salut public le conseil exécutif, les mini.sti’cs, les généraux et les corps constitués, sauf au comité à rendre compte de ses actes tous les huit jours à la Convention nationale (2).

Le mécanisme du gouvernement révolutionnaire se trouva complété, quelques semaines plus tard, par l’adoptiou d’un décret rendu sur un long rapport de Rillaud-Varenne. En vi;rtu de ce nouveau décret, le comité de Salut publie demeurait chargé, pour les mesures de gouvernement et de salut public, de l’inspection immédiate de tous les coiqis constitués et de tous les fonctionnaires; quant à ce qui concernait les personnes, la police générale et intérieure, cette inspection appartenait particulièrement au comité de Sûreté générale. L’un et l’autre comités étaient tenus de rendre conqite

(1) Journal des dibals el de la correspondanre de lasonélédes Jacobins^ numéro 5M

(2) Voy. à ce sujet noire /listoire de Saint-Jus/, t. I. p. 279, de l’ôdiJion Melin • et Cens.

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