‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 66 sur 354 · LIVRE XII. — COMITÉS DE SUIIETÉ CÉNÉRALE ET DE SALl'T PUBLIC · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — COMITÉS DE SUIIETÉ CÉNÉRALE ET DE SALl'T PUBLIC

à la fin (le chaque mois des résultats de leurs travaux à la Convention nationale (1). Ainsi, le |irincipal instriimenl du gouverneiiient rtîvolutionnain! pour la sûreté intérieure de l'État était le comité de Sûreté générale, ayant comme agents directs et sous .sa surveillance immédiate tous les comités révolutionnaires de la République. Et ce fut pourquoi, après Tliermidor. Billaud-Varenne, obligé de défendre le comité de Salut public contre les imputations de Lecointre, eut soin de rappeler à ce député que les relations journalières avec le tribunal révolutionnaire, rinspectioii des prisons, etc., étaient dans les attributions spéciales du comité de Sûreté générale (2). 11 y cul bien, pendant quelques semaines, un bureau de police au sein même du comité de Salut public, bureau dont nous aurons à nous occuper as.sez longuement; mais il dut cesser ses opérations précisément à cause des réclamations du comité de Sûreté générale qui se plaignit qu’on empiéiût sur ses attributions. Et de ([uels membres, au moment oii nous sommes, se composait ce dernier comité? De douze députés dont la plupart étaient ou devinrent les plus impitoyables ennemis de Robespierre. C'étaient Amar, Punis, Boucher Suint-Sauveur, David, Lavicointerie, Cuft'roy, Ruhl, Moïse Bayle, Voiillaiid, Le Bon, Vadier et Le Bas. Dans ce nombre, deux amis intimes de Maximilien, le peintre David et Le Bas; encore celui-ci allait-il être presque coiistaininent en mission. Si vers ce timips-là Punis écrivait ii Robespierre; : « Bonjour, amant de la |iatrie, je vous embrasse de toute mon ûme, et m'eu rapporte au surplus à votre sagesse... (3), » c’était à propos d'iiincominissioii dont l'avait chargé Danton, duquel il était surtout l'ami et l'intime conlideiit, comme nous l'avons dit di“jà. Nulle, comiilétement nulle était donc, dès celte époque, l'intluence de Robespierre sur le comité de Sûreté générale.

Pénétrons maintenant dans l'intérieur du comité auquel il appartenait, et voyons si les membres de ce comité étaient hommes à subir un joug quelconque et à s’incliner docilement devant la volonté d’un de leurs collègues. Avec, lui siégeaient, — il importe de remettre ces noms sous les yeux de nos lecteurs, — Barère, Carnot, Couthoii, C.-A. Prieur, Saint-Just, Hérault-Séchelles, Prieur (de la Marne), Collot d'Herbois, Jean-Bon Saint-André, Billaud-Varenne et Robert Lindet, douze membres en tout. Le grand comité di' Salut public n’avait pas di‘ président, comme on l’a écrit quehpie-

(Il Voy, le rapport de Billaud-Varenne cl le décreià la suite dans VflUtoire paWementaire. t. XW. p. 1Î51 et suiv.

(2) liépoHse de J,~S. üiUaudà Laurent Lecointre.

(3; Lettre do l'uuis à Bobespierre, dans les Papiers laeV/i/s..., i. p.

fois par eiTcur(l) ; elles attributions de chacun de ses membres n’étaient point parfaitement délimitées, quoi qu’on en ait dit. Tous participaient à tout. Carnot et C.-A. Prieur, il est vrai, comme militaires, s’occupaient assidûment de la guerre, mais ils n’en prenaient pas moins part à toutes les opérations du comité. Il n’y eut jamais d’organisation bien régulière. Nous avons sous les yeux plusieurs projets d'organisation où nous voyons, par exemple, Sainl- Just et Carnot figurer !i la fois dans la .section de la guerre et de la marine et dans celle des commissaires de la Convention (2). Deux membres du comité étaient chargés de conférer avec les députations et les citoyens, qu’on recevait de midi ù deux heures. Le comité tenait deux séances par jour ; celle du matin durait depuis huit heures jusqu’à deux, heure à laquelle les membres du comité .se rendaient à la Convention. Ils rentraient en séance le soir, à .sept heures, et y restaient souvent une partie de la nuit. Sur la proposition de Robespierre, il fut décidé que le comité nommerait des rapporteurs pour toutes les affaires particulières; qu’il ne délibérerait jamais en pré.sence d'aucun étranger, et que les noms de tous ses agents, secrétaires ou autres, seraient remis à chacun de scs membres (:t). Il fut de ])lus convenu qu’une fois par .semaine le comité de Sûreté générale se réunirait à celui de Salut public, afin de .se concerter avec lui sur les moyens d’assurer la liberté et la tranquillité générale (t). Kntin, chaque soir, à dix heures, le conseil exécutif était tenu de se rendre dans son sein pour le renseigner sur l’état général delà Répuhlique (.l). Tout arrêté du comité de Salut public devait être revêtu de la signature de trois de ses membres au moins. Le travail avait été réjiarti en cinq bureaux auxquels ressortissaienl les affaires étrangères, l’extrait et l’enregistrement des pièces, la correspondance générale, les corps administratifs et les sociétés populaires, les opérations de la guerre et de la marine. A chacun de ces bureaux étaient attachés un certain nombre de secrétaires et commis. J’en ai comiité cent cinq jusqu’au 21 nivôse de l’an II (C).

Robespierre, ne trouvant pas convenable la salle où délibérait le

(1) Nolaninient M. Hippotyle Carnot, qui, dans ses Mémoires sur son père (t. l'r, p. 335), donne pour président liabituei au comité Prieur (de ta Marne).

(ÎJ drcAim, A F 11,23.

(3) Jbid.

(4) Minute de ta main de Robespierre, signée de lui, de C.-A. Prieur, Billaud-Varennc et Cotlot d'Hcrbois. ArrAtnes, ubisuprà.

(5) Arrêté signé de Biltand-Varenne, C.-A. Prieur, Carnot et Robespierre. Architei, iibi tuprà.

(6) Arrbivet, «Ai suprà.

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