‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 72 sur 354 · LIVRE XII. — COUTHOn REMPLACÉ PAR FOL’CHÉ ET COLLOT · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — COUTHOn REMPLACÉ PAR FOL’CHÉ ET COLLOT

bla moins, en effet, à son langage que ses actes. A l'heure où il écrivait à Saint-Just la lettre remarquable dont nous avons cité quelques extraits, il se bornait encore à renvoyer devant la commission militaire les plus compromis parmi les chefs de la révolte ; tout indiquait de sa part l'intention formelle de conserver réellement à la République une de ses plus florissantes cités. Cependant, comme il était difficile de laisser au moins sans un semblant d'exécution un décret de l’Assemblée, Couthon, que ses infirmités empêchaient de marcher, imagina, le 3 brumaire (26 octobre), de se faire transporter dans un fauteuil sur la place de Bellecour; là, frappant d'un petit marteau d'argent une des maisons de la place, il dit : La loi le frappe; et ce fut tout (1). C’est justement là ce qui faisait écrire un peu plus tard à Collot d’Herbois que la destruction n’était qu’une hypothèse, et que Couthon s’était trompé. Aussi regrettait-il de n’avoir pas été avec lui (2). Cette façon de comprendre la destruction de Lyon n’était pas, comme on pense, du goût des enragés. Implicitement dénoncé aux Jacobins pour sa modération, Couthon revint à Paris, heureux d’avoir laissé intacte à la République cette grande cité que d’autres allaient prendre à tâche d’anéantir , et à sa place arrivèrent deux des plus terribles instruments de la Terreur, deux messagers de vengeance et de mort, Collot d’Herbois et Fouché.

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