‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 83 sur 354 · I.IVBE XII. — pnOCI.AMATlOK A I.'aRMÉE · texte numérisé non relu

I.IVBE XII. — pnOCI.AMATlOK A I.'aRMÉE

it'ur de la fabrication des armes, dont le civisme lui est connu, dont les talents sont essentiels à cet établissement important, détenu depuis longtemps à la maison d’arrêt de la section de Popincourt. Le comité de Sûreté générale est prié de se rappeler que la liberté de ce citoyen a déjà été promise trois ou quatre fois(l). » Ce n'était pas non plus sans peine qu'au commencement de brumaire le comité de Salut public s’était opposé à de nouvelles visites domiciliaires annoncées par divers comités de surveillance.

Une telle mesure était, selon Robespierre, de nature à troubler la tranquillité publique, à favoriser les ennemis de la liberté ; et, de sa inain,*il écrivit l’arrêté par lequel il fut fait défense à qui que «• fût de s’y prêter (2). Vers le même temps, et pour concilier les droits de l’humanité avec les exigences rigoureuses du salut de la République , le comité enjoignait au directoire du département de veiller attentivement à ce qu’il ne fût commis ni exactions ni vexations, à l’égard des prisonniers, de la part des préposés à la garde des maisons de détention, et il l’autorisait à punir très-sévèrement les coupables (3).

Pour entretenir dans les cœurs le feu sacré, la haine des tyrans, l’enthousiasme de la liberté, il arrêta que, dans tous les théâtres de la République, la Marseillaise, connue alors sous le nom d'hymne de la liberté, serait chantée régulièrement tous les décadis et chaque fois que le public la demanderait. Ses proclamations aux armées, on les connaît. Rien de beau, de sublime souvent, comme ce sursum corda révolutionnaire. En voici une rédigée et écrite par Maximilien; rtous la donnons intégralement comme une preuve de plus de l’erreur où sont tombés tous ceux qui, sur le témoignage intéressé et peu véridique de Carnot, quand il s’agit de Robespierre, ont prétendu que ce dernier s’occupait peu ou point des affaires de l’armée : . '

« Soldats républicains, de lâches satellites de la tyrannie ont fui devant vous. A votre approche ils ont abandonné Dunkerque et leur artillerie; ils se sont hâtés d’échapper à leur ruine entière en mettant la Sambre entre eux et vos phalanges victorieuses. Le fédéralisme a été pris, frappé dans Iiyon ; l’armée républicaine est entrée dans Bordeaux pour lui porter le dernier coup. Les défenseurs de la République viennent de détruire les repaires des . ,

(1) Lettre signée : Carnot, C.'A. Prieur, Couthon, Piobespierre, Barèreei Billaud- Vareiine.

(i) Minute signée de Robespierre, Carnot, Billaud-Varenue et Barère. (Archivet.) (3) Arrêté en date du brumaire, signé de Barèrr, Carnot, C.*A. Prieur, Robert Lindet, Billaud-Varenne et Robespierre. (Registre des délibérations..., 435 a a 72.)

niSTOIHE ut HUUESPltRRE

rebelles de l,i Vendée. Ils ont exterminé leurs cohortes sacrilèges. Cette terre coupable a dévoré elle-ménie les monstres qu'elle a produits; le reste va tomber sous l'indignation populaire. Partout où la tyrannie n’a point trouvé l’appui de la trahison, la victoire a suivi les dignes enfants de la liberté, et le génie du peuple français a triomphé. Soldats républicains, il reste encore au delà de la Sambre, il reste sur les bords du Rhin et de la Moselle, à Toulon même, il reste des esclaves féroces armés contre la sainte cause que nous défendons. Ils sont couverts du sang de vos femmes et de vos enfants, du sang des représentants de la nation. O douleur! il y en a jusque dans nos cités; il en reste dans l’exécrable Toulon. Le moment est venu de punir tous leurs forfaits; l’heure fatale des tyrans sonne, et c'est par vos mains qu’ils doivent périr.

« Soldats républicains, la patrie vous regarde, la gloire vous appelle, les mines de vos frères égorgés vous implorent ; les représentants de la nation vous encouragent et vous disent : Marchez I frappez! Que dans un mois le peuple français soit vengé, la liberté affermie, la République triomphante! Que les tyrans et les esclaves disparaissent de la terre ; qu’il n’y reste plus que la justice, le bonheur et la vertu (1) ! »

Les frontières du Rhin et de la Moselle étaient en effet les plus menacées, mais Saiiit-Just et Le Ras étaient là. « Soutenez l’espérance des patriotes, » leur écrivait le comité en leur envoyant un plan de c.ampagne et en leur promettant des renforts; «exagérez les .secours que nous vous annonçons, et méditez un grand coup (2). » A quelque temps de là le grand coup était frappé; et, dans la séance du d" frimaire (21 novembre), aux Jacobins, Robespierre pouvait dire avec raison, après avoir fait part des prodigieux succès obtenus sous l’énergique impulsion de Saint-J ust et de Le Bas, que pour arriver à ces brillants résultats il avait été nécessaire d’envoyer deux représentants du peuple qui eussent à la fois de la tête et du cœur (3). Il fallait à toutes les gloires républicaines la sanction de cette société fameuse, foyer ardent de patriotisme. Aujourd’hui que ce nom de Jacobin est devenu presque une injure aux yeux de certaines gens, tant la calomnie s’est acharnée sur la mémoire d<!

(i) Proclamttion en date dn 4 bniiuaire de l'ao 11. Nous derons à roblîgcanee de M. Chambry la commanicatioD de l’origiDal de cette proclamation.

Lettre signée : Billaud-Varcnne, G -A. Prieur, Robespierre, Carnet , Robert Lindet et Barèrc. L’original de cette lettre faisait partie de l'ancienne collection Por* liez (de l'Oise).

(3) Journal dex débats et de la correspondance de la toeiété des Jaeobinij numéro , et Jfonifeur du 4 frimaire (!24 novembre 1793).

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