‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inéditsChapitre 93 sur 354 · LIVRE XII. — M.VL CAUSÉ PAR l'IIÉRERTISME · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — M.VL CAUSÉ PAR l'IIÉRERTISME

chose nouvelle amuse pemlant un certain temps; une foule d’hommes s’engouèrent du culte de la déesse Raison, comme plus tard d'autres se prosterneront devant les missions et courront un cierge h la main aux processions. Puis, quelle magnifique occasion pour les contre-révolutionnaires de semer partout la désolation et d’inspirer aux gens faibles et crédules la haine de la République ! Comme on dut rire il Coblentz et il Londres quand on upffrit les beaux exploits des sectateurs d’Hébert!

Rome avait soigneusement respecté jadis la religion et les mœurs des peuples vaincus par elle; mais les vandales delà Révoluiion se ruèrent sur 'les consciences comme si le salut de la République était intéressé il ce qu’on n’allAt plus à la messe. Ce fut alors que >la Terreur s’abattit sur les plus humbles chaumières. Bientôt, d'un bout de la France ii l’autre, retentit un immense cri de dé.sespoir. Quoi! disaient les mères éperdues, nous n’aurons plus le droit Je faire baptiser nos enfants! Et des murmures de malédiction s’élevaient de toutes parts contre la jeune et glorieuse République.

« L’oppression dure», écrivait* en nivôse le représentant Godefroy à Robespierre ; « partout le peuple est entraîné par quelques esprits qui prétendent s’illustrer en criant qu’il faut envoyer tous les prêtres îi la guillotine, et incarcérer tous ceux qui parleront encore des cérémonies du culte catholique... Si on leur parle tolérance, ils vous disent ; Bientôt vous reverriez le peuple célébrer son culte, si vous le laissiez faire. Donc que la tyrannie des opinions existe... Eb bien! ces hommes aveugles qui se larguent fièrement du nom de philo.sophes tombent en contradiction avec eux-môuies. Tantôt ils vous disent: Le peuple est à la hauteur de la Révolution; tantôt ils disent ; Il y a encore des fanatiques, et bientôt, si on n’y tenoit* la main, les cérémonies religieuses reparaîtroient. Voilà l’état des choses (!]... » 11 faut lire les correspondances particulières pour se former une idée du mal causé par l’hébertisme. Dans le courant de frimaire, un Lyonnais du nom de Jérôme Gillet s’adressait en ces termes à Maximilien Robespierre, comme au citoyen le plus capable de tirer le pays de Tabîme où on le précipitait à plaisir :

« Le mal est grand, la plaie est profonde... Je parcours les campagnes qui nous avoisinent, elles ne sont plus reconnaissables. La stupeur, la pâleur, la douleur et la consternation sont peintes sur tous les visages... Le moribond appelle son pasteur pour entendre de sa bouche des paroles de paix et de consolation, et le pasteur

(1) Lettre in^fïite de Godofroy, député de l’Oise, k Max, Robespierre (de Coiirtaulin, le 10 ijitôse). Collection Portiei (de l’Oise).

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