‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 109 sur 314 · UVRE VU. — FUREURS DES GIRONDINS; ODIEUSES CALOMNIES 2S · texte numérisé non relu

UVRE VU. — FUREURS DES GIRONDINS; ODIEUSES CALOMNIES 2S

leor ayoir fait subir cet échec ; la publication du Défenseur de la Cans" titution acheva de les exaspérer.

xxvm

Les petites choses, ils les interprétaient à mal, ils les lui imputaient à crime. La proposition de briser les traités qui unissaient h FraDce aux cantons suisses ayant été agitée aux Jacobins^ Rokspierre la combattit très-vivement. Tout en convenant que les (fficiers suisses au service de la France étaient entachés d^aristocratie» i considérait comme une mesure imprudente et souverainement impo- . iitique de rompre avec les cantons au moment où déjà l'on se trouvait eo lutte avec une partie de TEurope (1). L'assemblée, à sa voix, rejeta tttie motion. Eh bien ! il n'en fallut pas davantage au journal de Brissot pour publier , avec une intention perfide , que Robespierre s'était opposé à ce qu'on parlât de déchirer les capitulations avec les cantons, et que la cour et ses partisans comptaient beaucoup sur les régiments suisses (2). Quelques jours plus tard, du reste, Robespierre ODvint qu'il pouvait bien s'être trompé en s'opposant à ce que l'on ^scQtât la question relative aux capitulations avec les cantons siisses, et lui-même proposa à la société de remettre cette question à Tordre dujour (3).

Le lendemain même de l'apparition du premier numéro du Di- /ftiettr de la Constitutiùn, recommençait dans les journaux giron- &s, dans la Chronique de Paris , dans le Patriote français^ une ^f^f^ à outrance, impitoyable et sans l'ombre de loyauté contre l'au- ^ du nouveau journal. Dans un article intitulé Encore des pourf^^ 1^ journal de Brissot avançait les insinuations les plus calomnieuses. Voici un échantillon de la polémique girondine : « Pourquoi

Joëlle il avait cependant offert ses services en 1814. Rentré dans Tadministration 2«"J* révolution do Juillet, il fut placé à la tôte du département du Nord, gu'il ™iiittit jusqu*en 1839. Mis à la retraite à cette époque, il mourut dix ans

(1) tourna/ de9 débats et de la correspondance de la Société des Amis de la Constitution, "»»û*n> 194.

(2) Patriote françois^ numéro 1014.

(3) J^rtui des débats et de la correspondance dt la Société des Amis de la Constitution, »offl*n> 198.

T. Il n

M. Robespierre et ses partisans se sont-ils obstinément opposés à la guerre défensive? — c'est offensive qu*il aurait fallu dire; le mensonge ne coûtait rien aux rédacteurs des journaux girondins, — nous n*en savons rien ; mais l'ancien ministère, mais ses agents^ mais toutes les feuilles autrichiennes et coblentziennes ont tenu la même conduite. » Narbonne, énergiquement soutenu par les Girondins, n'avait jamais voulu que la guerre restreinte, comme Brissot à l'origine; et, à ce propos, un journal, qui récemment avait prêté au parti de la Gironde un appui intéressé, venait de lui reprocher rudement son peu de mémoire. « M. Brissot ne voyoit que Coblenlz, ne vouloit détruire que Coblentz, et prétendoit que la Révolution seroit faite aussitôt après (l). » Si quelques personnes avaient ardemment souhaité la guerre, c'étaient les émigrés, puisque de la conflagration générale devait résulter, ils le croyaient du moins, la ruine de la Révolution; «donc, vous êtes leurs complices, vous, les promoteurs de la guerre, aurait pu dire Robespierre aux Girondins; mais avant de retourner contre ses adversaires les armes déloyales dont ils se servaient pour l'attaquer, il attendra patiemment. Citons encore : « Pourquoi M. Ro* bespierre et ses partisans n'ont-ils pas voulu que les membres contribuables de la société des Jacobins fussent tenus de présenter leurs quittances? nous n'en savons rien, mais Coblentz et l'Autriche savent que leur cause triomphera, si on ne paye pas les contributions. > Quelle bonne foi dans la polémique ! Et tout l'article était sur ce ton. En terminant, et par une étrange interversion des rôles, cet organe des rancunes girondines accusait Robespierre d'avoir décrié le Patriote fran^ çois, la Chronique^ en un mot tous les journaux patriotiques, et lui reprochait, en quelque sorte, d'avoir, à son tour, entrepris un journal (2). C'était bien là, en effet, ce qui présentement causait tant d'irritation aux Girondins comme Brissot, Condorcet et Girey-Dupré. 0 Basiles 1 Escobars de la liberté, aurait pu répondre Robespierre, depuis quelques mois je suis décrié, diffamé, assassiné moralement d^^ toutes les feuilles dont vous disposez, et aujourd'hui vous ne "^ ï^^^ mettez même pas le libre exercice du plus sacré des droite du citoyen; vous semblez me faire un crime d'avoir pris en main pour me défendre l'arme dont chaque jour vous vous servez contre moi.

Non moins déloyale, non moins outrageuse se montra la Chronigm de Paris. A l'époque où, après la session de l'Assemblée constituante, Robespierre se trouvait à Arras, le journal de Condorcet avait publié,

(1) hétolfUions de Paris^ numéro 149, p. 289.

(2) Patriote françoit, numéro 1014 (du 20 mai).

Page 1